Londres calling

mercredi 25 mars 2015

Savage Beauty, l'expo Alexander McQueen au V&A Museum

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Ça avait pourtant mal commencé: ayant acheté mon billet un mois à l'avance, pour un après-midi en semaine (un créneau que je pensais plutôt calme), je me suis retrouvé à faire la queue, pendant 20 minutes, avant de pouvoir rentrer. Même une fois à l'intérieur, j'ai du me mettre sur la pointe des pieds pour admirer certaines des robes d'Alexander McQueen. Comme en plus, en guise de brochure, on m'a mis donne pour patienter une publicité à peine déguisée pour la marque de bling bling qui sponsorise le truc, je me suis dis que je m'était fait complétement avoir.

Eh bien j'ai tout de suite changé d'avis, car cette exposition dédié au couturier Lee Alexander McQueen, né à Lewisham en 1969, mort à Mayfair en 2010 – toute une trajectoire – est simplement spectaculaire. Ses créations extraordinaires, faites de plumes et de diamants, sont présentées des décors magiques (créés par ses collaborateurs Sam Gainsbury et Joseph Bennett) et accompagnée par de la musique – le résultat est captivant.

"I want to be the purveyor of a certain silhouette or a way of cutting, so that when I'm dead and gone people will know that the 21st century was started by Alexander McQueen," dit le couturier, pas humble pour un sou, mais avec raison – la première pièce, dédiée à l'influence qu'à eu son apprentissage de tailleur à 16 ans, sur Saville Row, est remplie de vestes, de ses pantalons 'bumsters', tous avec des coupes magnifique. McQueen disait commencer par dessiner les silhouettes de profil, le côté le plus difficile.

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Étudiant à la fameuse St Martins School of Arts, il emballe le monde de la mode (en particulier Isabella Blow) avec ses créations originales. "I find beauty in the grotesque, like most artists. I have to force people to look at things," disait-il. L'expo retrace toutes ses influences, de ses origines écossaises, au gothique victorien et Jack the Ripper, aux voyages lointains, et la nature.

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J'ai particulièrement aimé ses robes en plumes, fleurs séchées et en coquillages, ainsi que la salle 'tribale' avec des costumes inspiré des cultures primitives, mais l'exposition est très complète et l'on retrouve des créations de la plupart de ses collections.

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La pièce maîtresse de l'exposition est sans aucun doute le Cabinet de Curiosité, un espace avec des hauts plafonds et des étagères remplies de créations plus belle les unes que les autres. 

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L'occasion d'admirer de plus près les accessoires magnifiques, comme les bijoux créés par Shaun Leane, et les chapeaux de Philip Treacy:

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L'occasion également de voir des clips de ses shows, toujours présenté de manière provocante ou théatricale (McQueen ayant aussi travaillé pour les créateurs de costumes de théâtre Angels & Berman): les mannequins se déplacents sur un jeux d'échec géants, sont entourée par une ligne de feu ou se font sprayer de la peinture sur leurs robes blanches par des robots automobiles. La salle suivante montre uneKate Moss fantomatique apparaissant dans un hologramme.

Si vous ne pouvez pas y aller, explorez ce mini-site du V&A pour plus de photos et d'informations.

> Savage Beauty, jusqu'au 2 août, V&A Museum (Métro: South Kensington).

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samedi 21 mars 2015

Le "cup of tea effect"

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C'est une des conséquences les moins visible (enfin pour ceux qui ont vu quelque chose à travers les nuages) de l'éclipse de vendredi. Tout en écoutant Total Eclipse of the Heart de la chanteuse galloise Bonnie Tyler (trois fois plus demandée sur internet que d'habitude), les Anglais ont allumé leur télé pour suivre cela en direct, en buvant une tasse de thé. Le résultat: une augmentation de la demande en électricité de 600 MW, l'équivalent de 240,000 bouilloires. Pas grand chose, mais seulement parce qu'il ne faisait pas beau.

La National Grid était préparée, car elle a l'habitude de gérer ce qu'on appelle le TV pick up, ou 'cup of tea' effect – un phénomène typiquement britannique. Nulle part ailleurs tant de personnes regardent les mêmes shows à la télé en même temps; nulle par ailleurs tant de personnes allument leurs bouilloires (ou ouvrent leurs frigos) en même temps, et sur une si courte période (et cela même alors qu'il y a maintenant la télé sur demande).

Les plus grand pickups ont été enregistrés après:
- l'éclipse de 1999 (3000 MW)
- la demi-finale England v West Germany, Coupe du Monde 1990 (2800 MW)
- la fin de la série télé The Thorn Birds en 1984 (2600 MW)
- le quart de finale England v Brazil, Coupe du Monde 2002 (2570 MW)
- le marriage royal de William et Kate le 29 avril 2011 (2400 MW)
- l'épisode de Eastender du 5 avril 2001, durant lequel on apprend
qui a tiré sur Phil... (2290 MW)
- la finale England v Australia, Coupe du Monde de rugby 2003 (2110 MW)
- la victoire d'Andy Murray à Wimbledon en 2013 (1600 MW)

Comme le montre cette vidéo, le National Grid Energy Balancing Team est chargé de réguler tout ça. Ils sont bien préparés pour la hausse de demande qui a lieu tout les soirs à 21h (à la fin de soap operas comme Eastenders, plus de 1.75 millions de bouilloires sont allumées en même temps), et la baisse qui a lieu les jours comme le Boxing Day après Noël. Par contre, les matchs sportifs et les competitions de tennis, imprévisibles, sont un challenge. Ces power surges sont parfois équivalent à la consommation totale en électricité de la ville de Londres.  

Voilà de quoi vous faire méditer la prochaine fois que vous allumez votre boulloire!

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mercredi 18 mars 2015

Discworld, de Terry Pratchett

Discworld

 

La mort de l'écrivain Terry Pratchett, auteur de la série Discworld, la semaine dernière a fait la une des journaux ici, car en Angleterre, la science-fiction n'est pas seulement une affaire de geeks (autre explication, également plausible: la population anglaise consiste en grande majorité de geeks). Certains, pour rendre hommage au grand écrivain populaire, ont même décidé de cacher son nom dans le code internet, pour qu'il vive éternellement et universellement sur le web (une idée inspirée par son 33ème livre, Going Postal).   

Discworld, c'est l'histoire des habitants d'un monde étrange en forme de disque, posé sur le dos de quatre éléphants eux-mêmes perchés sur le dos d'une tortue géante. C'est aussi et surtout une façon de parodier notre société, et de parler de toutes sortes de problèmes culturels, politiques ou scientifiques contemporains – l'étiquette fantasy est incroyablement réductrice dans ce cas. Small Gods parle de religion et de fanatisme, Making Money de capitalisme et The Witches de l'importance de l'esprit critique.

Comme Pratchett lui-même l'expliquait: "Recent Discworld novels have spun on such concerns as the nature of belief, politics and even journalistic freedom. But put in one lousy dragon and they call you a fantasy writer." ("Le thème des derniers romans Discworld ont inclus des questionnements sur la nature de la croyance religieuse, la politique et la liberté de la presse. Mais il suffit d'inclure un pauvre dragon et on se fait catalogué écrivain de fantasy")

Les romans de Discworld, ce sont le genre de livres avec couvertures criardes que l'on trouve dans toutes les gares et aéroports du pays, le genre de livre que j'ignore d'habitude en me disant que ce n'est pas mon genre. À force de les voir, et d'en entendre parler (ils se sont vendus à plus de 80 millions d'exemplaires, et traduits en 37 langues), j'ai craqué et j'ai ouvert The Colour of Magic, le premier de cette série. Et je me suis bien amusée. Ce livre, décrit par Pratchett comme étant un hommage au 25 ans passés à lire de la fantasy (tout a commencé à 13 ans, lorsqu'il a lu Lord of the Rings en 25h) regorge de blagues et suit les aventures du pauvre Rincewind, magicien raté qui s'en prend plein la figure.

D'autres personnages apparaissent ensuite, comme Death (la mort), qui parle toujours en PETITES MAJUSCULES, Granny Weatherwax, une sorcière pleine de sagesse qui défini le mal comme étant "lorsque l'on traite des personnes comme des choses"; Sam Vines, un policier qui déteste l'autorité; et Moist von Lipwig, le brigand et escroc au nom tout simplement parfait.

Discworld, c'est Tolkien qui ne se prend pas au sérieux et qui parle d'humains plutôt que de hobbits; c'est un cousin du également très drôle The Hitchiker's Guide to the Galaxy. C'est surtout plein de bons mots et de citations tout simplement parfaites (on dit souvent que Pratchett est l'un des auteurs les plus dignes d'être cité, après Shakespeare and Wilde).

Chaque fan a son préféré, du "So much universe, and so little time"; au philosophe "The presence of those seeking the truth is infinitely to be preferred to the presence of those who think they’ve found it" et "Wisdom comes from experience. Experience is often a result of lack of wisdom” ou encore “The trouble with having an open mind, of course, is that people will insist on coming along and trying to put things in it.” Personnellement, j'aime beaucoup le “If you have enough book space, I don't want to talk to you.” (Si tu as assez de place pour tout tes livres, je ne veux pas te parler").

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mercredi 4 mars 2015

Dishoom

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Situé à Covent Garden, King's Cross (ci-dessus) et Shoreditch, les trois restaurants Dishoom suivent tous une recette qui marche: des petits plats épicés délicieux, mélange d'influence indiennes et britanniques; un décor au charme suranné inspiré par les vieux cafés iraniens de Bombay; et le service rapide et efficace d'une opération rondement menée.

C'est ouvert toute la journée, on peut donc y prendre un petit dèj du tonnerre (voté de nombreuses fois comme étant l'un des meilleurs de Londres) ou juste s'y arrêter pour une tasse de massala chai.

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Pour vous transporter dans le Bombay des années 1950, les propriétaires sont allés chiner en Inde; le résultat ravira les fans de vintage:

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Samosa ou chicken tikka, on y sert des classiques...

The Cutlery Chronicles
Photo: TheCutleryChronicles

..ainsi que de très bons cocktails, y compris un Bombay Pimms et un chaijito qu'il faut s'empêcher de descendre trop vite en attendant une table (car c'est impossible de réserver pour moins de six personnes, et il y a toujours la queue aux heures de pointes).

Dishoom drinks
Photo droite: LondonFoodie

Park & Cube
Photo: Park & Cube

Je vous recommande les Gunpowder potatoes, cuites puis légèrement écrasées avec un mélange d'épices, d'onions frais et de coriandre – un délice.

CulinaryAdventuresoftheSpicescribe
Photo: CulinaryAdvenutresoftheSpicescribe

Et pour finir j'ai beaucoup aimé le crumble à l'ananas et au poivre...

Lanisays
Photo: Lanisays

Et pour couronner le tout, un repas pour deux avec cocktails ne coûte que £35 environ. De quoi donner envie de revenir!

Dishoom Covent Garden: 12 Upper St. Martin’s Lane WC2H 9FB. King's Cross: 5 Stable Street N1C 4AB. Shoreditch: 7 Boundary Street E2 7JE.

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lundi 23 février 2015

Mash-ups

Tout journaliste sait que l'on peut faire dire n'importe quoi à n'importe qui – tout est dans l'édition d'un texte ou le montage d'une video. C'est ce qu'a prouvé encore une fois Cassetteboy, nom sous le quel se cachent les spécialistes de video mash-ups Michael Bollen and Steve Warlin. À l'automne dernier leur video du rap de Cameron (ci-dessus) à fait un tabac. Ironiquement, c'est Cameron lui-même qui a légalisé l'utilisation d'un nombre restreint de clips normalement protégé par des copyright dans des videos à but satirique.

Cassetteboy se sont aussi attaqués aux infos et à l'émission The Apprentice. Il y a aussi ces videos de Swede Mason sur la question écossaise, et l'émission Masterchef. Et bien sur, les mash-up musicales sont toujours à la mode.

 

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jeudi 19 février 2015

Les jours de la semaine

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Une des premières choses que l'on apprend, quand on apprend l'anglais, ce sont le nom des jours de la semaine. Si familiers, et si différents, ils ont été adaptés aux dieux germaniques plutôt que de simplement repris des dieux romains comme en français. Ici les jours prennent toujours une majuscule, et rappellent clairement les origines nordiques des Britanniques. Contrairement aux Américains qui commencent leurs calendriers avec un dimanche, la semaine des Anglais commence le lundi:


Monday

Du vieil anglais Mōnandæg, ou Jour de la Lune. Une traduction directe du latin dies lunae, puisque le dieu de la lune dans la mythologie nordique s'appelle Máni. Si en français on pense tout de suite aux lundis au soleil, ici on est plutôt à parler de Monday blues (le retour au travail après le weekend)  genre "Blue Monday" (une chanson de New Order) et I Don't Like Monday des Boomtown Rats (Bob Geldof) et parfois Happy Mondays (un groupe de rock de Manchester). Selon la vieille comptine anglaise, "Monday's child is fair of face" (l'enfant du lundi a un beau visage)


Tuesday

Du vieil anglais Tīwesdæg. Cette fois-ci le dieu en question et Tiw, spécialiste es combat et stratégie de bataille, et donc un parfait contrepoint au dieu Romain Mars. Ici pas de Mardi Gras, mais un Shrove Tuesday, aussi connu comme le jour des crêpes (vous venez de le rater, c'était hier, ce n'est pas la même chose que la Chandeleur). Il y a aussi le Ruby Tuesday des Rolling Stones. "Tuesday's child is full of grace."


Wednesday

Sans aucun doute le plus difficile à écrire et prononcer, Wednesday vient du vieil anglais Wōdnesdæg, du dieu Wodan (connu aussi plus au nord sous le nom d'Odin), un dieu très important en Angleterre jusqu'au 7ème siècle (mais qui n'a pas grand chose à voir avec Mercure qui nous a donné mercredi). Le mercredi des Cendres se dit Ash Wednesday ici aussi. Au UK, le Black Wednesday fait référence à la crise financière de Septembre 1992, quand le gouvernement conservateur a dû retirer la livre sterling du système européen (et a fait gagner des milliards à George Soros). "Wednesday's child is full of woe" (pleine de malheur – peut-être pourquoi la fille de la famille Addams s'appelle Wednesday?)


Thursday

Du vieil anglais Þūnresdæg, du mot thunor, qui a donne "thunder" (tonnerre), Thursday est bien évidemment associés au dieu Thor, le plus fort de tous, et par extension au dieu Jupiter (Jeudi). Chaque année, lors de Maundy Thursday, la reine distribue des pièces de monnaies spéciales. Les Pet Shop Boys commence leur weekend les Thursday: Ici on dit souvent "Thursday is the new Friday" pour justifier les sorties au pub tardives les jeudi soirs... "Thursday's child has far to go" (l'enfant du jeudi à du chemin à faire).   


Friday

Du vieil anglais Frīgedæg, Friday tire son nom de la déesse Frige ou Freya, la femme d'Odin (dont l'équivalent latin est Vénus). Ici on se souhaite volontiers "Happy Friday" mais on dis pas trop TGIF (thank god it's friday) comme les Américains. On est superstitieux en Angleterre aussi, et on a peur du Friday 13, (quand aux marins anglais, ils n'aiment pas les vendredis en général, peut importe la date). Friday I'm in Love des Cure est plus positif, tout comme "Friday's child is loving and giving" (aimant et généreux).

Peut-être connaissez-vous le Friday Night, Saturday Morning des Specials (repris avec succès par Nouvelle Vague).

Saturday

Le seul jour qui aie gardé sa forme latine, du dieu Saturn, père de Zeus (en Scandinavie on dit plus prosaïquement Lordag, le jour de la lessive – rien à voir avec les dieux.) Mais bon, "Saturday's child works hard for a living" (travaille dur pour gagner sa vie). The Saturdays c'est aussi un girls band pourri comme le UK sait si bien en inventer.


Sunday

Du vieil anglais Sunnandæg, le jour du soleil. En Anglais on garde les anciennes connotations païennes, alors que dans les langues romanes comme le français, on a changé le nom en jour du seigneur (dies dominica). Le Sunday du groupe londonien Bloc Party fait référence au boozy sundays adorés des Anglais, qui passe souvent le week-end a cuver leurs soirées. Il y a aussi le Sunday Times et les énormes Sunday papers. "But the child who is born on the Sabbath day Is fair and wise and good in every way" (L'enfant du dimanche est beau, et sage et bon)

Ah si seulement on avait des semaines de huit jours comme le chantaient les Beatles!

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dimanche 15 février 2015

Leighton House Museum

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Un véritable palais des mille et une nuits se cache derrière la façade de briques rouges de la maison du peintre Frederic Leighton, près de Holland Park. Depuis la rue, il n'y a qu'un petit bout de toit en forme de dôme et de drôles de créneaux en forme de petites pyramides qui mettent la puce à l'oreille, mais dès qu'on pousse la porte on se retrouve loin, très loin de Londres, dans un cadre digne d'un sultan. Une demeure originale pour un grand personnage excentrique comme les Anglais savent si bien en faire.

Peintre de l'époque victorienne, admiré de tous, Frederic Leighton était un fils de médecins du Yorkshire devenus riches au service de la famille royale russe. Sa carrière artistique démarra sur des chapeaux de roue: son premier grand tableau fut acheté par la reine Victoria herself. Il fini par devenir président de la Royal Academy, et est le seul artiste ayant eu l'honneur d'être anobli.

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Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre de son tableau ci-dessus, The Painter's Honeymoon (1864), Leighton ne s'est jamais marié. Aucun journal ni lettres privées n'ont été retrouvés, sa vie privée reste donc un secret complet. Par contre on sait tout de ses passions intellectuelles, apparentes dans le décor incroyable de sa maison.

Voyez le Arab Hall, une pièce conçue comme écrin pour sa collection d'art du Moyen-Orient, assemblée à la suite de nombreux voyages, et pour impressionner visiteurs (qui comptaient les plus grands noms de l'époque, du poète Robert Browning à l'artiste William Morris) et futurs clients. Elle est embellie avec du carrelage syrien datant du 17ème siècle:

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Tout est magnifique dans cette maison, escaliers compris:

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Au milieu trône un paon, symbole du mouvement Aesthetic auquel Leighton faisait partie. Ce courant artistique visait à réintroduire de la beauté dans un monde de brutes en créant des oeuvres d'art mélangeant le meilleur des cultures du monde entier. Une philosophie apparente dans la maison de Leighton, où cohabitent des mosaïques comme à Pompeï, des vases japonais, des coffres turques et tableaux de la Renaissance italienne.

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Normal pour un petit Anglais ayant grandi à Florence, Bruxelles, Frankfurt et Paris, et ayant appris son métier à Rome et en Allemagne. On peut s'imaginer l'artiste en plein travail dans son studio, aux grandes fenêtres ouvrant sur un jardin où poussent les narcisses:

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Après toutes ces grandes pièces, quelle surprise de voir la petite chambre (la seule chambre à coucher dans cette énorme maison!), toute simple en comparaison, où dormait le grand homme:

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Si vous en avez l'occasion, c'est sympa de visiter la maison lors d'une des ouvertures tardives (jusqu'à 20h30) de l'année. La prochaine aura lieu le jeudi 19 février.  

> Leighton House Museum, 12 Holland Park Road. Métro: Kensington ou High Street Kensington. Ouvert de 10h à 17.30 tous les jours sauf les mardis.

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mercredi 4 février 2015

Typically British

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Image: Toy Cassidy/Flickr

 

D'après l'historien David Starkey (réputé pour être le grincheux de service), la liste des caractéristiques typiquement britanniques est surprenante: "British values are “queuing, drunkenness, nostalgia, loving pets, self-loathing, wit and eccentricity” (faire la queue, s'ennivrer, la nostalgie, aimer les animaux, le dégoût de soi, l'esprit, et l'eccentricité.  Une liste faite en réponse à celle du gouvernement, qu'il trouvait "banale" et trop "gentille" (“Freedom of speech wasn’t won by being nice, it has been won by struggle with religion.”)

Comme en France, où l'on parle de valeurs républicaines,  la montée du terrorisme islamiste et des partis types FN et UKIP ont motivé le gouvernement à pousser les écoles à promouvoir les British values suivantes: “democracy, the rule of law, individual liberty and mutual respect and tolerance of those with different faiths and beliefs”.

Une décision qui ne fait pas l'unamité du public ni des professeurs. Comme l'explique ce directeur d'école, ce ne sont pas des valeurs British mais universelles: "All this talk about British values rather worries me. We try very hard to promote fundamental values but I don’t believe the British have an absolute monopoly on respect, honesty, trust or the importance of intelligent questioning. I don’t think Socrates would feel they are British values.”

D'autres font preuve de 'wit' (value voulant aussi dire "discount")

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Les commentaires des Brits glanés sur le net proposent d'autres caractérisiques: "Humour, self-deprecation, stoicism, fairness";  "Tolerance, Non judgmentalism, fairness, self deprecation and stoicism"; "Secularism, individual liberty, freedom of expression". Certains n'y vont pas de main morte du côté du self-loathing, avec des suggestions comme: "apathy"; "I don't think we have values anymore.";  "A growing culture of fear, state interference and threat in education"; "a tremendous feeling of superiority - especially about the modesty that they so loudly trumpet."

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samedi 31 janvier 2015

The Delaunay

Lady Loves Cake
Photo: LadyLovesCake

L'autre jour j'ai enfin découvert le Delaunay, ce grand café à la Viennoise (ouvert par les propriétaires de l'excellente Brasserie Zédel) et très vite adopté par les Londoniens. Située à Aldwych, à deux pas de Covent Garden, c'est une grande brasserie chic qui se cache derrière une entrée qui pourrait être celle d'un grand hôtel.

Delaunay

Mais on est rassuré dès qu'on voit le comptoir à bretzel et plats à l'emporter:

OneHandinthe CookieJar

La salle est grande, et bondée. Il vaut mieux réserver si vous voulez pouvoir goûter aux charmes de ce lieu à l'ambiance Mittel-Europa, avec ses garçons sur leur 31, ses nappes blanches et sont décor rétro à souhait. C'est l'endroit parfait pour un brunch, puisqu'une de leurs spécialités se sont les viennoiseries, bien sûr.

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Au menu: des schnitzels géants, des salades, des saucisses, des plats du jours anglais, français et italien, des oeufs, des fruits de mer... Les würsts, servies avec de la choucroutes et une salade de pomme de terre, sont délicieuses.

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Il y a aussi d'excellents desserts, comme ce strudel aux pommes, massepain et graines de pavot – un rêve:

Andy Hayler

Sans compter des sacher torte et des coupes de glace absolument énormes, et toutes les options végétariennes, afternoon tea, brunch, breakfast et à l'emporter...

Cerise sur le gâteau forêt noire: les horaires. Le Delaunay est ouvert jusqu'à minuit en semaine, ce qui explique sans doute pourquoi il est devenu le repère de nombreux acteurs et professionnels du théâtre, qui peuvent foncer y manger un steak tartare et un banana split après une représentation.

> The Delaunay, 55 Aldwych, London WC2B 4BB. Tél: 020 7499 8558

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mercredi 28 janvier 2015

Wolf Hall

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La nouvelle série télé dont tout le monde parle ici c'est Wolf Hall, dont le premier épisode a été diffusé mercredi dernier sur BBC Two. Il a attiré plus de 4 millions de téléspectateurs, un record pour ces dix dernières années. Incroyable pour une série au sujet avant tout politique, historique et plutôt sérieux, au déroulement très lent et à la fin (tragique) déjà connu de tous.

Réalisé par Peter Kosminsky, un spécialiste des séries politiques contemporaines, la série est vraiment de très bonne facture – certains critiques ont même décidé que c'était "close to perfect". Elle se penche sur l'histoire de l'ascension puis la chute de Thomas Cromwell, parti de rien, et arrivé au sommet de la cour des Tudors. Cromwell est joué par le très grand acteur Shakespearien Mark Rylance, avec Damian Lewis en Henry VIII et Claire Foy en Anne Boleyn.

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Petite parenthèse historique: l'un des sujets principal de cette période, la Réforme, a changé le pays à jamais. L'histoire est si incroyable qu'on dirait qu'elle a été inventée: Henry VIII, catholique, veut divorcer de sa reine Catherine qui ne lui a pas donné de fils. Le pape refuse. Henry VIII, avec l'aide de Cromwell, se sépare de Rome et fonde la Church of England, dont il prend la tête. Ainsi, il est libre de se marier (et de se remarier: c'est lui le fameux roi aux six femmes).

Oui, l'Angleterre a changé de religion officielle non pas pour des raisons de dogme et de protestantisme, mais bien parce que le roi voulait une nouvelle femme et un héritier. Et tout cela à encore des répercussions aujourd'hui, puis que la Church of England a évoluer de manière bien différente par rapport au catholicisme. Ici, un prêtre peut être une prêtre, peut ce marier (et divorcer), et depuis la semaine dernière, un évêque peut même être une évêque.

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Pour revenir à la série: on a beaucoup parlé des costumes somptueux, et surtout des scènes magnifiques éclairées de manière authentique, c'est à dire à la chandelle uniquement. Certains ont trouvé cela trop sombre, moi j'ai adoré cette ambiance, comme dans ce dîner où l'ont rencontre Mathieu Almaric en ambassadeur de la France (à droite):

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Le tournage a eu lieu dans des palais historiques, les plus belles maisons médiévales et Tudor du pays, comme Montacute House et Barrington Court au Somerset, Broughton Castle et Chastleton House en Oxfordshire, Penshurst Place dans le Kent, Berkeley Castle dans le Gloucestershire et St Donat's Castle au Pays de Galles. Parfois, comme la scène ou Cromwell rencontre Anne Boleyn, se sont les endroits exacts où les rencontres historiques ont eu lieu. L'éclairage, les costumes, les acteurs, tout est superbe.

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Le prochain épisode de cette série de six sera diffusé ce soir. Si vous n'avez pas accès à la BBC ou au iPlayer, je vous recommande également les livres de Hilary Mantel sur lesquels cette série est basée. C'est une trilogie, mais pour le moment seul les deux premiers sont sortis.

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Après cinq ans passé a décortiquer les quelques informations que l'on a encore sur la vie et l'oeuvre de Thomas Cromwell, Mantel a réussi a rendre vivant ce personnage intriguant, self-made man à l'enfance malheureuse devenu roi des manoeuvres politiques et juridiques. C'est raconté de manière totalement innovatrice pour un livre de fiction à caractère historique, avec le point de vue de Cromwell comme point de départ de toutes les scènes. Au début c'est dur à suivre, mais après quelques pages on devient complètement acro.

En se penchant sur un personnage à la mauvaise réputation, et en montrant d'autre facettes de sa personnalité, Mantel parvient à nous faire explorer les années 1520s et leurs machinations politiques, ainsi que des thèmes comme le devoir, la loyauté et la royauté. Grâce aux descriptions parfaites, aux scènes très visuelles, au rythme finalement rapide, on sel laisse prendre au jeu des Tudors. Cela m'a donné envie de lire le livre de Mantel sur la révolution française, A Place of Greater Safety.

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mercredi 21 janvier 2015

Poundon? Longapour? Boredon?

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Illustration: Soul of the Soulless City via Minecraft, Tate Modern Project


Londres est-elle en train de perdre son âme? Partout poussent des tours destinées à être des clapiers de luxe, voir des bureaux toujours à moitié vides... Au moins 230 gratte-ciels de plus de 20 étages doivent être construits dans la prochaine décennie. C'est la vengeance du verre sur la brique et la Portland stone. Avec ses tours viennent des espaces publics qui ne le sont pas vraiment, les privately owned public spaces comme à Paternoster Square (où les manifestants ne sont pas bienvenus...).

Viennent aussi des espaces aseptisés, sans charme, aux angles droits et baies vitrées, qui sont à l'opposé du Londres que j'aime, ce joyeux foutoir architectural. C'est le fric qui règne, comme toujours dans la capitale, mais cette fois cela va trop loin – trop loin en direction de Dubai, je veux dire. Les quelques belles façades qui restent ne sont justement que des façades, les bâtiments dont elles formaient la devanture étant démoli pour pouvoir construire encore plus de bureaux open-bland. Tout cela me fait penser à Singapour, avec ses différences d'échelles incroyables et cette sensation d'être dans une vitrine plutôt que dans une ville.

Une ambiance, un bout d'histoire, un coin un peu secret... cela se perd vite, et finalement, entouré par ces tours, on pourrait être n'importe où. Même les pubs, ces lieux si typiques et accueillants, sont menacé – la plupart sont transformés en, je vous le donne en le mille, appartements de luxe... Cela rapporte plus. Des endroits comme Soho perdent leurs institutions et leurs néons (notamment Madame Jojo's); des marchés de Camden et Spitalfieds sont tout refaits, brillants comme des centres commerciaux; et maintenant c'est au tout de Tin Pan Alley, adoré des musiciens, d'être menacé. À quand le tour de Chinatown? Je ne parle même pas de Leicester Square, un scandale depuis des années, et qui pour empirer la situation va troquer un cinéma art déco pour un truc ultra-fade. Qu'est-ce qu'on s'ennuie!

Il n'y a pas que les buildings: les gens aussi changent. Enfin plutôt ils s'en vont. La hausse des loyers (je vous en parlais déjà ici) fait que certains n'ont pas le choix; d'autres, comme les jeunes familles par exemple, préfèrent Birmingham, Bristol ou Nottingham, où tout est moins cher qu'à Londres. Comme l'explique cet article, c'est l'âme de la capitale qui est en danger. Certains quartiers, où les maisons aux prix exorbitants appartiennent à des gens qui ne passent que quelques jours par an à Londres, se vident et deviennent des villes fantômes. Quant au centre historique, c'est simplement un parc d'attraction pour touristes, disent certains Londoniens. Ici tout est à vendre: la London Eye à Coca Cola, le télécabine à Emirates...

Et enfin, les commerces et restaurants: l'avalanche de chaînes s'est transformée en tsunami, avec les mêmes dix marques occupant chaque coin de rue – dans la City, on peut à présent voir le prochain Prêt à Manger depuis celui où l'on se tient (un peu comme les stations de métro à Paris, mais en pire). Les loyers commerciaux du centre sont eux aussi trop chers pour permettre aux indépendants de se lancer. Ils sont repoussés dans les marges et dans les banlieues. D'où cette engouement pour les food trucs, des pop-ups, des supper clubs...

Avant de me prendre pour la pessimiste de service, comprenez que je ne suis pas la seule à avoir ce sentiment: ces derniers mois, j'ai entendu "The game is up for Zone 1; soon it will exist only as a nucleus of tourist hell, the city will become defined by its sprawl and the heart of it will be like Centre Parcs", sur Vice. "The future is a clean, dull city populated by clean, dull rich people and clean, dull old people. The future is joyless Michelin-starred restaurants and shops selling £3,000 chandeliers," suggère The Telegraph. Londres est en proie à une crise d'identité, explique Citylab. Et tout récemment, The Guardian a renchéri, se demandant "Are we loosing the London we love?"

Est-ce le prix à payer pour un nouveau King's Cross, un nouveau parc olympique, une nouvelle Battersea Power Station, un nouveau métro géant (Crossrail)? Maybe... maybe not.

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mercredi 14 janvier 2015

Private Eye

Private Eye


Il n'y a pas d'équivalent exact du Charlie Hebdo en Angleterre, mais il y a un autre magazine qui questionne sans relâche les autorités, quelles qu'elles soit: Private Eye. Vous n'y trouverez pas de dessins provocateurs (d'ailleurs aucun média ici n'a reproduit les caricatures du prophète) mais des informations certainement très shocking sur la corruption de la classe politique, les magouilles de la famille royale, l'hypocrisie des propriétaires des médias et les machinations de grands dirigeants (ça rappelle Le Canard enchainé).

Né dans les années 60, Private Eye est un magazine satirique bimensuel tiré à environ 200,000 exemplaires. C'est donc l'un des magazines d'actualité les plus lu du pays (battu de justesse par le très sérieux The Economist, mais devant The Week). Chaque numéro contient une couverture mixant souvent photo et bulles BD, des pages rapportant les derniers scandales, des petits dessins, et une dernière partie complètement surréelle, avec parodies et blagues plus ou moins fines.

Covers

La mise en page n'est certainement pas leur point fort: tout est présenté de manière désuète ou à la manière d'un journal d'étudiant (d'ailleurs à l'origine s'en était un, The Salopian, fondé entre autre par le grand journaliste Paul Foot). On dirait que c'est toujours fait avec des machines à écrire, des ciseaux de la colle, et une presse offset. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, le contenu est de qualité (enfin dans la première partie sérieuse surtout), et provient à la fois des journalistes, des lecteurs et de whistleblowers.

Dans le dernier numéro par exemple, il y a les Rotten Borough Awards, qui récompensent les politiciens les plus pourris (le gagnant: le councillor David Hodge, du Surrey, qui s'est offert une augmentation de 60%, tout en refusant de payer un salaire décent de £7.65 par heure aux employés les moins bien payés du council); un éclairage sur qui sont vraiment les nouveaux Dames and Sirs adoubés par la reine cette année (du beau linge, vraiment); ou comment la famille royale empêche la BBC de diffuser le documentaire Reinventing the Royals...

Le rédacteur en chef de Private Eye s'appelle Ian Hislop, il est très drôle, vous l'avez peut-être vu dans l'émission Have I Got New For You.

Private

 

On y trouve beaucoup de in-jokes (blagues d'initiés) et de références et euphémismes obscurs. Il y a aussi des rubriques comme Ad Nauseam, sur les excès du monde de la pub, Street of Shame, sur le journalisme, ou HP Sauce (HP pour houses of parliament) sur les scandales politiques, et des comic strips montrant Ed Milliband en Mr Bean. Private Eye adore surtout renommer les choses: The Telegraph devient le Torygraph (tory c'est à dire Conservateur), la Serious Fraud Office devient la Serious Farce Office, la boite de sous-traitance Capita devient Crapita, et le Department for Transport (Dft) devient Daft (idiot). Cerise sur le gâteau: un mot croisé cryptique dont les réponses sont plus vulgaires les unes que les autres.

 

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vendredi 9 janvier 2015

À nous 2015

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Après avoir regardé en arrière avec le best of, allons de l'avant! Il se prépare tout plein de belles choses par ici cette année. Que ce soit côté culture ou politique, il va y avoir à faire. Voici à quoi vous attendre, mois après mois:


janvier

La meilleure façon de ne pas voir un des immeubles les plus moche de Londres – le Walkie Talkie – c'est d'être dedans. Trois restaurants et bars (Fenchurch Seafood Bar & Grill; Darwin Brasserie; Sky Pod) ainsi qu'une terrasse avec jardin ouvert au public sont perchés tout en haut de la tour et ouvrent ces jours-ci. L'endroit parfait pour un sunset cocktail? Ou un endroit corporate et boring? à voir...


février

La Hayward Gallery invite 7 artistes à se pencher sur l'histoire récente du Royaume-Uni pour son exposition History is Now (10 février - 26 avril). Avec des centaines d'objets historiques, et des thèmes comme la guerre froide, le féminisme et les célébrité, cela promet d'être intéressant.


mars

L'exposition Alexander McQueen: Savage Beauty (14 mars - 19 juillet) ouvre au V&A. Dédiée aux plus belles créations du styliste londonien, elle a déjà eu un grand succès à New York, donc réservez dès maintenant.


avril

On fête cette année les 150 ans du classique de la littérature britannique qu'est Alice in Wonderland de Lewis Carroll. Attendez-vous a de nombreuses pièces de spectacles, tea party et mini-festivals partout cette année. Le spectacle Alice Underground (2 avril – 31 mai) de la compagnie Les Enfants Terribles, dans The Vaults à Waterloo, semble particulièrement tentant...


mai

L'élection générale aura lieu le 7 mai – les Britanniques vont choisir un nouveau (j'espère!) premier ministre. Vous n'allez entendre parler que de ça dans les mois qui viennent...


juin

C'est le 800ème anniversaire de la Magna Carta, cette charte établissant les débuts de l'état de droit et de liberté individuelle, et fondement des textes de droits anglo-saxon, signée le 15 juin 1215. Vous pouvez la voir en vrai à Salisbury, Lincoln ou la British Library de Londres. Il y aussi des promenades découvertes sympa par ici. Et en parlant d'histoire, les Anglais fêtent aussi cette année deux victoires sur les Français: Agincourt et Waterloo!


juillet

La nouvelle galerie de l'artiste Damien Hirst, The Newport Street Gallery, devrait ouvrir cet été. Conçue par les architectes Caruso St John, elle est situé dans d'anciens entrepôts à Vauxhall, et s'étend tout le long d'une rue. On y trouvera plus de 2,000 oeuvres d'art, y compris des tableaux de Francis Bacon et Jeff Koons. Un nouveau concurrent pour la gallerie Saatchi...


août

Sherlock/Benedict Cumberbatch joue Hamlet de Shakespeare au Barbican (5 août-31 octobre). Tout est déjà sold out, mais le Barbican prévoit de vendre 100 billets par représentation, à £10 chacun. Bonne chance!


septembre

C'est l'arrivée du métro 24h! C'est-à-dire qu'à partir du 12 septembre, le métro (Jubilee, Victoria et la plupart de la Picadilly, Central et Northern) fonctionneront toute la nuit les vendredis et les samedis. Ah et aussi mais cela n'a rien à voir: l'artiste chinois Ai Wei Wei expose à la Royal Academy (19 septembre - 13 décembre). Le thème principal: la liberté de création. Cela promet.


octobre

C'est le London Film Festival (10-25 Octobre) avec son lot de premières et de stars, et c'est aussi la sortie du nouveau James Bond, Spectre. Comme Skyfall il est réalisé par Sam Mendes, avec Daniel Craig. Dans un tout autre genre, il y a aussi la sortie de Suffragette, un film dans lequel Meryl Streep joue la féministe britannique Emmeline Pankhurst...

novembre

Le National Maritime Museum se penche sur la fin du 17ème siècle en prenant pour guide Samuel Pepys, l'auteur d'un journal remarquable, racontant l'arrivée de la peste à Londres ou le grand incendie de 1666. 'Samuel Pepys: Plague, Fire and Revolution' (20 novembre – 28 mars): tout un programme.


décembre

Le quartier de King's Cross continue sa transformation incroyable – j'ai vraiment hâte de voir le résultat final. Prévu pour la fin de l'année: un nouveau parc dans un ancien gazomètre près du canal; un nouveau restaurant D&D London dans l'ancien bâtiment du German Gymnasium; un nouveau supermarché Waitrose ultra moderne avec école de cuisine géante. Jamie Oliver va aussi installer son QG, ainsi qu'un pub et restaurant, dans les très jolis Fish & Coal Buildings.

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mardi 6 janvier 2015

Le Best of

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Illustration: jolie carte d'anniversaire par Ruka-Ruka, en vente chez Molly Meg


Cela fait cinq ans que j'écris ce blog pour mon plus grand plaisir (et j'espère pour le vôtre aussi). Je me penche sur toutes sortes de sujets, mais je trouve toujours cela fascinant de voir quels sont les billets qui sont le plus commentés et appréciés. Parfois, je ne comprend pas bien pourquoi certains articles – comme celui sur Where's Wally par exemple – deviennent très populaires, mais bon pourquoi pas!!!

Pour fêter cet anniversaire, voici un petit Best of des billets Londres Calling les plus populaires. Voilà ce que j'ai appris sur vous, mes chers lecteurs:

1.
Vous adorez la bouffe anglaise, si si! Enfin surtout le English breakfast (et toutes mes autres recettes aussi!)

2. Vous imprimez volontiers mes quelques balades illustrées (Tate Modern-Angel; Les Marchés du East End; Richmond; En Routemaster) pour vous promener à Londres. Tant mieux, parce que je planche dessus pendant des jours et des jours!

3. Vous aimez le côté pratique du blog, comme cet article sur les aéroports de Londres.

4. Vous êtes des radins affamés...

5. Et des fanas de shopping.

6. Vous voulez jurer allégeance à la reine et devenir Britannique?!?

7. Comme moi vous aimez les belles librairies, les polices d'écritures et les couleurs de Londres.

8.  Vous aimez mes petits dessins Londres vs Paris. D'ailleurs, cela vous plairait-il d'avoir un poster A3 de la série comme celui-ci? Si oui faites-moi signe pour que je voie si le projet est viable.

9. Vous vous demandez toujours Où habiter à Londres?

10. Les Britanniques sont encore parfois un mystère pour vous, comme pour moi.


Ah et aussi vous êtes surtout basés en France, et vous êtes de plus en plus nombreux! Pourvu que ça dure!


Y-a-t-il un billet Londres Calling qui vous a particulièrement plu, énervé ou marqué? If so, let me know dans les commentaires ci-dessous. Je le rajouterai à cette liste, que l'on trouvera en haut à gauche, dans la section Pages.

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dimanche 21 décembre 2014

Merry Christmas!

Sapin2011---copie

 

Avez-vous été sages comme des images? Really? Avez-vous laissé assez de commentaires sous mes billets, postés avec assiduité et gratuité pour vos beaux yeux, tout au long de l'année? (eh oui comme je vous l'expliquais ici, mon seul salaire, c'est vos commentaires, vos likes, vos recommendations, vos partages – il n'y a pas de pub ni de publireportages dans mes messages...)

Mmmmmm... emmmmm. Let's see... Bon d'accord, avec presque 200 commentaires, et plus de 207 333 visiteurs et 304 889 pages vues cette année, vous avez mérité de trouver un petit cadeau sous le sapin de Londres Calling...

Image 1

Comme chaque année, je vous ai préparé un calendrier A4 très pratique à mettre sur votre frigo, avec les jours de congé français en bleu, et les bank holidays anglais en rouge, comme ça vous pouvez tout prévoir, weekends à Paris ou à Glastonbury... Vous pouvez le télécharger par ici. Merry Christmas & Happy New Year!

 

 

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mercredi 17 décembre 2014

Le panto

Ian Olsson
Photo: Ian Olsson

Il n'y a pas de tradition de Noël plus déjantée que celle du pantomime, ou panto. Cette forme de théâtre rassemble tant de passions britanniques qu'elle est vraiment incontournable ici: on y trouve un peu de comédie musicale, des gags, des traits d'humour et des jeux de mots, des travestis, des costumes complètement fous, des commentaires sur la politique et les célébrités contemporaines, et un public qui se doit de participer et en redemande...

Chaque Noël les théâtres proposent un des ces spectacles familiaux, souvent basés sur un conte de fée (Jacques et le Haricot Magique, Cendrillon, La Belle au Bois Dormant...) ou des comptines ou livres pour enfant (Mother Goose, Aladdin, Peter Pan...) Ce n'est pas le choix qui manque – et les affiches se doivent d'être les plus colorées et ridicules possible, bien sûr:

Image 7


Comme Pierrot et Arlequin, les pantomimes proviennent de la tradition des commedia dell'arte italienne du 17ème siècle, très populaires en Angleterre (et en France, où Pierrot a fait un tabac). Inspiré par ces Italiens, les Anglais ont développé des harlequinades, des pièces muettes dans lesquels les amoureux Arlequin et Colombine échappent au père de celle-ci, Pantaloon et ses serviteurs Pierrot et Clown. Ensuite, dans les années 1800, ils ont ajouté à cette recette une pincée de contes de fée. (À la même époque, le fameux clown Joseph Grimaldi devient une méga-star.)

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Tout bon panto se doit d'incorporer:
• une scène de poursuite rocambolesque• quelques calembours et allusions sexuelles (qui doivent passer au dessus de la tête des enfants, car ceci reste un spectacle tout public)
• des mecs déguisés en filles (dont la Dame, souvent la mère du héro), et vice versa (une tradition qui vient sans doute du temps de Shakespeare, quand les acteurs devaient jouer tous les rôles puisque les femmes étaient interdites sur scène)
• la participation du public, avec des "He's behind you!" et des  "Oh, yes it is!" et "Oh, no it isn't!"
• des chansons mélangeant mélodies ultra connues et des drôles de paroles
• un animal, souvent le pantomime horse ou une vache.
• un choeur, qui chante et qui danse presqu'à chaque scène
• et des costumes bigarrés of course

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Vous pouvez-voir à quoi cela ressemble sur cette vidéo. Sinon allez voir ça de vos propres yeux! Time Out vous a préparé une liste.

 

D'autres traditions de Noël dont je vous ai déjà parlé:  les choses Christmassy; les mince pies et les sausage rolls; les Christmas hits, les Christmas jumpers; et The Swowman...

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dimanche 14 décembre 2014

Pork chops, apples and parsnips

Parsnips_web

Voici une petite recette hivernale simple et rapide qui met en valeur un légume très répandu en Angleterre: les parsnips. Ici on les trouve à côté de leurs cousines les carottes dans tous les supermarchés. Les panais – comme les rutabagas (swede) et les topinambours (Jerusalem artichokes) d'ailleurs – ne sont jamais passés de mode au UK, alors qu'en France ils ont été longtemps oubliés.

En Angleterre, on les sert bouillis, en purée, frits et surtout rôtis au four. À Noël, les panais rôtis sont un des légumes classiques (les choux de Bruxelles aussi) servi pour accompagner la fameuse dinde; on les retrouve aussi toute l'année sur les assiettes des Sunday roasts. Vous trouverez tout plein de parsnip recipes sur la BBC. Quand aux Écossais, ils appellent ça des neeps et ils les servent en purée (avec du rutabaga) avec le haggis bien sûr. Vraiment, on adore ça par ici.

 

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Ce plat mélange le côté sucré des panais (renforcé par un peu de miel), et légèrement caramelisés après être passé au four, avec des pommes plus acidulées, et des côtelettes de porcs toutes simples. Quelques feuilles de sauge relèvent le tout.

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Une poignée d'ingrédients super facile à trouver, et des saveurs vraiment typiquement britanniques... Car ici, avant l'arrivée des patates d'Amérique, c'étaient bien les panais et les carottes qui étaient au menu des Anglais. Leurs côté sucrés les a rendus populaires dès le Moyen-âge.

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Vous pouvez également rajouter des gousses d'ail, et des patates coupées en rondelles fines. C'est délicieux.

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Pork chops, apples and parsnips

Ingrédients (pour 4)
- 4 côtelettes de porcs
- 1 cuillère à soupe d'huile d'olive
- 2 cuillères à soupe de miel
- une grosse poignée de feuilles de sauge
- 3 gros panais
- 4 petites pommes rouges

1. Préchauffer le four à 220C. Peler les légumes, et couper les panais en bâtons et les pommes en quartiers.

2. Placer les côtelettes dans un plat à gratin, et arroser avec l'huile d'olive et le miel. Ajouter les légumes et les feuilles de sauge, et bien mélanger.

3. Mettre au four pendant 30 minutes. Tourner les côtelettes après 15 minutes pour qu'elles soient dorées des deux côtés.

4. Servir, arroser avec le jus de cuisson, et déguster avec du bon pain.

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jeudi 11 décembre 2014

Terror and Wonder: The Gothic Imagination, British Library

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Allergique au Père Noël et à l'odeur du sapin? Pourquoi ne pas aller voir la dernière exposition de la British Library, sur le monde du roman gothique. Ce genre inventé il y a 250 ans a depuis sa création a semé monstres, fantômes et zombies dans toutes les romans les plus lus du pays. Dickens, Brontë, Shelley... tous les plus grands noms de la littérature britannique (ainsi que les les plus grands succès populaires des dernières années, comme Harry Potter et Twilight) ont pioché dans le chaudron gothique et nous ont ensorcelés.

Tout a commencé avec The Castle of Otranto, 1764, par Horace Walpole, un fou d'architecture gothique qui s'est fait construire une villa monstre, Strawberry Hill, à Twickenham. À l'époque, le Moyen-Age et les oeuvres de Shakespeare (les trois sorcières de Macbeth) et Spenser (la Faerie Queen) était à la mode. Le roman de Walpole contenait de nombreux thèmes devenu essentiels au genre: le château hanté, les grandes familles et leur tragédies, les héroïnes/victimes...

Tue 20 Jan 2015

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L'expo nous permet de retracer ensuite les plus grands hit du gothique, avec l'aide de 200 objets rares, manuscripts (dont celui de Frankenstein et Dracula) et interview avec auteurs contemporains comme Neil Gaiman et Sarah Waters. On peut y voir des folies architecturals aujourd'hui disparues, comme Fonthill Abbey, ainsi qu'un kit d'outils à tuer les vampires:

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Il y a également des tableaux, comme cette reproduction du Nightmare d'Henri Fuselli:

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Photos: British Library

J'ai beaucoup aimé comprendre pourquoi le genre a tant plu aux Victoriens, et découvrir l'ancêtre de Batman, Spring-Heel Jack, que je n'avais pas eu la chance de rencontrer auparavant. Également très intéressant: l'opportunité de voir un exemplaire de la London Police Gazette (sur Jack l'Éventreur), une de ces magnifiques revues illustrées. En bonus, vous y trouverez aussi une robe en dentelle noire d'Alexander McQueen, et des photos des goths de Whitby (le port où serait arrivé Dracula aujourd'hui accueille un festival gothique tous les ans) par Martin Parr.

Une exposition très intéressante qui m'a permis de redécouvrir l'importance de ce genre littéraire, après avoir adoré lire Dracula et les contes d'Edgar Allan Poe pendant mes études. Si vous voulez lire un roman gothique classique mais un peu moins connu, je vous conseille The Woman in White de Wilkie Collins, un contemporain de Dickens.

 

> Terror and Wonder: The Gothic Imagination, jusqu'au 20 janvier, British Library, £10. Métro: Euston/King's Cross.


PS: J'en profite pour remercier tous ceux qui m'écrivent des gentils messages et commentaires, et qui me donnent envie de continuer à écrire ce blog... Thank you!

From Mary Shelley and Bram Stoker to Stanley Kubrick and Alexander McQueen, via posters, books, films - and even a vampire-slaying kit - experience the dark shadow the Gothic imagination has cast across film, art, music, fashion, architecture and our daily lives.

Beginning with Horace Walpole’s The Castle of Otranto, Gothic literature challenged the moral certainties of the 18th century. By exploring the dark romance of the medieval past with its castles and abbeys, its wild landscapes and fascination with the supernatural, Gothic writers placed imagination firmly at the heart of their work - and our culture.

Iconic works, such as handwritten drafts of Mary Shelley’s Frankenstein, Bram Stoker’s Dracula, the modern horrors of Clive Barker’s Hellraiser and the popular Twilight series, highlight how contemporary fears have been addressed by generation after generation.

Terror and Wonder presents an intriguing glimpse of a fascinating and mysterious world. Experience 250 years of Gothic’s dark shadow.

- See more at: http://www.bl.uk/events/terror-and-wonder--the-gothic-imagination#sthash.FncjEkge.dpuf

From Mary Shelley and Bram Stoker to Stanley Kubrick and Alexander McQueen, via posters, books, films - and even a vampire-slaying kit - experience the dark shadow the Gothic imagination has cast across film, art, music, fashion, architecture and our daily lives.

Beginning with Horace Walpole’s The Castle of Otranto, Gothic literature challenged the moral certainties of the 18th century. By exploring the dark romance of the medieval past with its castles and abbeys, its wild landscapes and fascination with the supernatural, Gothic writers placed imagination firmly at the heart of their work - and our culture.

Iconic works, such as handwritten drafts of Mary Shelley’s Frankenstein, Bram Stoker’s Dracula, the modern horrors of Clive Barker’s Hellraiser and the popular Twilight series, highlight how contemporary fears have been addressed by generation after generation.

Terror and Wonder presents an intriguing glimpse of a fascinating and mysterious world. Experience 250 years of Gothic’s dark shadow.

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From Mary Shelley and Bram Stoker to Stanley Kubrick and Alexander McQueen, via posters, books, films - and even a vampire-slaying kit - experience the dark shadow the Gothic imagination has cast across film, art, music, fashion, architecture and our daily lives.

Beginning with Horace Walpole’s The Castle of Otranto, Gothic literature challenged the moral certainties of the 18th century. By exploring the dark romance of the medieval past with its castles and abbeys, its wild landscapes and fascination with the supernatural, Gothic writers placed imagination firmly at the heart of their work - and our culture.

Iconic works, such as handwritten drafts of Mary Shelley’s Frankenstein, Bram Stoker’s Dracula, the modern horrors of Clive Barker’s Hellraiser and the popular Twilight series, highlight how contemporary fears have been addressed by generation after generation.

Terror and Wonder presents an intriguing glimpse of a fascinating and mysterious world. Experience 250 years of Gothic’s dark shadow.

- See more at: http://www.bl.uk/events/terror-and-wonder--the-gothic-imagination#sthash.MpJFBL8I.dpuf

wo hundred rare objects trace 250 years of the Gothic tradition, exploring our enduring fascination with the mysterious, the terrifying and the macabre - See more at: http://www.bl.uk/events/terror-and-wonder--the-gothic-imagination#sthash.MpJFBL8I.dpuf

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Two hundred rare objects trace 250 years of the Gothic tradition, exploring our enduring fascination with the mysterious, the terrifying and the macabre - See more at: http://www.bl.uk/events/terror-and-wonder--the-gothic-imagination#sthash.MpJFBL8I.dpuf
Two hundred rare objects trace 250 years of the Gothic tradition, exploring our enduring fascination with the mysterious, the terrifying and the macabre - See more at: http://www.bl.uk/events/terror-and-wonder--the-gothic-imagination#sthash.MpJFBL8I.dpuf

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jeudi 4 décembre 2014

Dernières nouvelles

Image 2Photo: PaulBarber

Voici quelques nouvelles et articles intéressants glanés sur le web ces derniers temps:

– C'est de nouveau la saison du Christmas Pudding Race (6 Décembre, Covent Garden). Ils sont fous ces Anglais.

– Autre type de course: l'influence américaine s'est fait sentir avec la folie du Black Friday, et ces scènes de consommateurs se battant pour acheter des télés géantes à tout petit prix. Un signe aussi de l'inégalité croissante, et du besoin de certains de trouver des combines pour se faire de l'argent avant Noël à tout prix (la plupart des télés sont destinées à être revendues sur Ebay...)

– Tony Blair a envoyé sa carte de Noël, et elle fait peur...

– À qui appartient la Grande-Bretagne? Nul ne sait! Cet article par le commentateur de gauche George Monbiot explique pourquoi le UK est encore un état féodal, pourquoi il y aurait besoin d'une réforme agraire, et pourquoi l'Écosse veut montre le chemin.

– Le Garden Bridge dont je vous parlais il y a quelques temps est-il en fait une très mauvaise idée? Cet article par l'expert en architecture Rowan Moore m'a convaincu que oui, c'est une très mauvaise idée.

– Il n'y a aucune protection des locataires en Angleterre, et la seule tentative – faible – d'y remédier n'a pas marché à cause de deux ordures ne méritant pas de représenter le peuple. Tout ce que ce bill souhaitait faire: interdire aux propriétaires de virer leur locataires s'ils demandent quelques chose d'un peu embêtant(comme réparer la douche par exemple...). Ça s'appelle revenge eviction... une belle tradition.

– J'ai beaucoup aimé cet article sur la ville de Stoke-on-Trent, spécialisée dans la fabrication de poteries. Une ville qui se mourrait, et qui grâce à des initiatives intéressantes, est en train de renaître. J'irai bien y faire un tour.

– Avez-vous suivi The Great Interior Design Challenge? C'est Changing Rooms meet Bake Off, pour ceux qui connaissent. J'adore.

– Le gouvernement de David Cameron n'est toujours pas très populaire... Voici comment la presse à présenter son Autumn Statement.

– La situation immobilière à Londres est telle qu'elle fait fuir les jeunes couples et familles pour des villes moins chères comme Birmingham... Cela pourrait créer un super renouveau du pays si ça se confirme. Par contre pour Londres mauvaise nouvelle...

– Il y a plein de nouvelles patinoires extérieures!

 

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mardi 25 novembre 2014

Abram Games et le Jewish Museum, Camden

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En ce moment ce trouve au Jewish Museum de Londres une petite exposition formidable sur le grand graphiste Abram Games, auteurs de centaines de posters plus beaux les uns que les autres. Sa devise, "maximum meaning, minimum means" (un maximum de sens, un minimum de moyens) décrit bien le style percutant de ses posters, pour des clients aussi divers que Guinness, l'île de Jersey, le Financial Times, ou le London Transport.

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Issu d'une famille d'immigrés juifs (à l'origine les Gamse, de Lettonie; son père était photographe), il a grandi dans l'East End de Londres, comme beaucoup de ses compatriotes. L'exposition regroupe quelques jolis portraits de famille, ainsi que le – très mauvais – bulletin scolaire du petit Abraham (comme quoi, l'école n'est pas tout dans la vie).

Car le petit Abraham devient grand. Il simplifie son prénom en Abram, commence sa carrière en tant qu'artiste freelance, et gagne de nombreuses commissions par force d'effort et de détermination. Parti de rien, il devient l'illustrateur préféré de très grandes organisations, et produit des posters pour le métro de Londres qui sont toujours parmi les favoris des Londoniens.

Il devient également le seul et unique Official War Poster Artist, participant à l'effort de guerre à coup de crayons bien placés (la Genevoise en moi à tout de suite remarqué que ces crayons étaient par ailleurs des Caran d'Ache – on peut les voir sur la table de son studio reconstitué pour l'expo). Le voici avec son fameux poster de la Blonde Bombshell, retiré car la femme sensée aider à recruter les Anglaises était jugée trop sexy à l'époque:

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J'ai beaucoup aimé apprendre comment il travaillait: méticuleusement, comme le montre son carnet soigné où sont notés toutes ses commandes, mais aussi avec une grande détermination. Après avoir pris l'avis de sa femme et ses enfants, il retravaillait leur idée préférée, la simplifiant jusqu'à la perfection, avant de l'envoyer à son client. Si celui-ci n'aimait pas son poster, il lui était tout simplement conseillé d'aller demander les services d'un autre graphiste.

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Ses deux créations les plus connues sont sans doute le Television Symbol (surnommé les Ailes de Chauve-Souris) pour la BBC (vous pouvez voir ce symbole animé par ici) ainsi que son logo (ci-dessous, à droite) pour le Festival of Britain.

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Enfin, last but not least, Games a dessiné de nombreux posters (souvent gratuitement) pour des causes juives et humanitaires, dont le poignant Freedom from Hunger contre la famine, pour l'ONU, où un enfant squelettique se transforme en epi de blé; et cette calligraphie pour l'Encyclopaedia Judaica:

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Pour en savoir plus vous pouvez également visiter le site d'Abram Games, tenu par ses enfants. Et si vous passez souvent en métro à Stockwell, sachez que les mosaïques bleues sont l'une de ses oeuvres (elles représentent un cygne, le nom d'un pub du coin):

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Je crois qu'une de mes oeuvres préférées est ce vitrail, que l'on trouve dans le musée – qui aurait cru que des médailles militaires pouvaient être aussi jolies?

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Je vous recommande également de visiter les autres étages de ce musée, situé dans une ancienne fabrique de piano à quelques pas du métro – et du marché – de Camden.

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Ce que j'ai beaucoup aimé c'est la galerie dédiée à l'histoire des Juifs au Royaume-Uni. Une histoire fascinante – on y apprend tout sur les différentes vagues d'immigration juives, et pourquoi ils ont été bannis de l'Angleterre pendant 300 ans; on y rencontre des vendeurs ambulants, des menuisiers et des tailleurs du East End, des baron Rothschild et premier ministre Disraeli; on y voit des objets domestiques (une magnifique maison de poupée moderniste) et des photos d'époque; des souvenirs poignants, comme les petites valises des enfants du Kindertransport. Vous pouvez voir 50 objets significatifs (dont la maison de poupée) par ici.

Il y a aussi une salle sur la religion juive, avec des objets sacrés magnifiques, et surtout une galerie retraçant la vie de Leon Greenman, survivant d'Auschwitz et des marches de la mort qui a consacré tout sa vie à se battre contre le fascisme pour que son histoire ne se reproduise plus.

 

> Designing the 20th Century: Life and Works of Abram Games; jusqu'au 18 Janvier. Jewish Museum London, ouvert dimanche-jeudi 10-17h; vendredi 10-14h; fermé pendant les fêtes juives. Métro: Camden.

 

Posté par llleeeaaa à 22:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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