Londres calling

dimanche 24 mai 2015

Les bijoux And Mary

Screen Shot 2015-05-20 at 10

 

Un peu Beatrix Potter, un poil Sylvanian Families... Just kitsch comme il faut. Les petits bijoux et poignées en porcelaine de la marque écossaise And Mary m'ont tapé dans l'oeil. Comment résister au pendentif fraise quand Wimbledon approche, et pourquoi pas une petite théière autour du cou pour accompagner votre Alice in Wonderland tea party cet été?

 

And-Mary

Fondée en 2009 par Neil and Alison, qui vivent dans les Scottish Borders avec leurs chiens Elvis, Edith, Bob et Marley (points bonus pour les noms des canins), And Mary c'est une collection grandissante de pièces en porcelaine finies à la main. Le couple s'inspire d'objets trouvés dans les marchés vintage et brocantes, et ont un penchant certain pour tout ce qui arbore ailes, poil ou plumes.

Screen Shot 2015-05-20 at 10


Vous êtes fan de bijoux rigolos? Vous aimerez sans doute mon billet sur Tatty Devine...

Posté par llleeeaaa à 10:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


mercredi 20 mai 2015

James Rebanks, le berger qui tweete

Christopher Nunn
Photo: Christopher Nunn


Plus de 60,000 lecteurs suivent James Rebanks, berger du Lake District, sur Twitter. Sous le nom @herdyshepherd1, il y partage des photos de ses chiens Tan et Floss et de son troupeau de Herdwick sheep, ou raconte ses journées bien remplies à foncer sur son quad pour récupérer des brebis égarées, sauver des agneaux et réparer des enclos sous la pluie. Avec autant de boulot, il doit s'endormir très vite le soir – pas besoin de compter ses moutons...

Un succès inattendu, renforcé par la sortie de son livre, The Shepherd's Life, un véritable phénomène: trois semaines après sa sortie, ce best-seller en était déjà à son septième tirage. Un livre que l'on s'arrache, donc, parce qu'il offre une toute autre vision du Lake District que celle des poètes romantiques ou guides touristiques dont on a l'habitude. Une vision d'un homme complètement immergé dans la nature qui l'entoure, le rythme des saisons, et l'histoire de ses champs perchés sur de vertes collines.

JS62020818

JS62020821

Issu d'une famille de bergers travaillant depuis plus de 600 ans dans la région, Rebanks raconte son histoire et sa vie quotidienne dans la bien-nommée Eden Valley, au nord-est du district. Un métier et une manière de vivre qui sont peu connus du grand public, puisque rares sont les fermiers ayant le temps d'écrire et la plume facile.

Rebanks a pourtant quitté l'école à 16 ans, dégouté par ses professeurs qui voulaient faire de lui quelqu'un, avec un 'vrai' métier. Mais comme la plupart de ses camarades de classe, Rebanks rejette cette 'éducation', et rentre travailler à la ferme familiale. Plus tard, il décide d'explorer sa passion pour les livres (découverte grâce à sa grand-mère) et prend des cours du soir. Il passe ses A-Levels et remporte une place à Oxford, où il étudie l'histoire et remporte une distinction. Un parcours atypique auquel on doit ce beau livre.

JS62020815

Screen Shot 2015-05-06 at 13

Screen Shot 2015-05-06 at 13

Screen Shot 2015-05-06 at 13

Car d'après les extraits que j'ai pu lire, Rebanks écrit vraiment très bien, et nous emporte dans un autre monde, nous rappelant cette connexion à la nature qui nous manque à nous, citadins; ainsi que la beauté d'un travail physique, et ce sens de la communauté et de la famille, qui l'entoure et s'entraide. Un passage où il raconte comment les bergers utilisent un manteau de la peau d'un agneau mort pour recouvrir un agneau orphelin et ainsi tromper la brebis pour qu'elle s'occupe du petit d'un autre m'a particulièrement fasciné. Tout ce savoir ancien, ces traditions à découvrir.

Screen Shot 2015-05-06 at 13

Screen Shot 2015-05-06 at 13

> The Shepherd's Life: A Tale of the Lake District, James Rebanks, £16.99, Allen Lane/Penguin

Posté par llleeeaaa à 09:44 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 13 mai 2015

Feeling blue

Screen Shot 2015-05-13 at 11

Je me suis enfin remise du choc des résultats des élections de la semaine dernière. Le parti des Conservateurs a été réélu sans problème à la surprise générale (on pensait avoir droit à une autre coalition). La faute en grande partie à un système first past the post pas du tout représentatif des souhaits des électeurs (un système proportionnel aurait favorisé les petits partis comme les Verts ou UKIP), aux Écossais qui ont préféré faire bande à part en votant SNP, et à un parti travailliste sans panache. L'Angleterre est une mer de bleu, avec seulement des petits îlots de rouge, voir vert, dans certaines villes comme Londres, et Brighton & Hove (dont quelques habitants ont des tendances séparatistes!).

À quoi s'attendre à présent que les Tories sont encore au pouvoir pour cinq ans? Ils sont entourés par des MPs qui feront tout pour s'opposer à leurs plans (y compris certains MPs ultra-conservateurs, anti-Cameron), mais ils vont quand même tenter cela:

1. Ils ne vont pas aider les milliers de gens qui se noient en Méditerranée, fuyant guerre et pauvreté: 'Qu'on les renvoie chez eux!', dit Theresa May, ministre de l'intérieur, qui propose d'interdire la liberté d'expression à certains extrémistes (les Islamistes hein, pas ceux de droite).
2. Ils vont tout faire pour ne plus jamais devoir se soumettre au European Human Act, qui protège pourtant les droits de tous les Britanniques devant la cour européenne. Qu'ils nous laissent punir en paix, dit Michael Gove, nouveau ministre de la justice et supporter de la peine de mort...
3. Ils vont essayer de privatiser la NHS, petit à petit, sans trop le crier sur les toits. 'Qu'on me laisse dégraisser le mammouth', dit Jeremy Hunt, ministre de la santé, qui par ailleurs adore l'homéopathie (un point commun avec le Prince Charles) et pense que le droit à l'avortement devrait être restreint...  

Ils ont aussi un ministre de l'égalité qui ne croit pas que les homosexuels méritent les mêmes droits que les hétéros, et sont également anti-BBC, anti-syndicats, anti-sécurité sociale... (Et anti-anti-fox hunting: Cameron veut re-légaliser la chasse au renard, car évidemment il n'y a pas de problème plus pressant dans ce pays, où plus de 900,000 personnes on fait appel aux banques alimentaires l'année dernière, une augmentation de 163%)

Et last but not least, anti-Europe... Car c'est cela le plus gros non-dit de cette campagne électorale: pour tenter de gagner des votes du UKIP et faire plaisir aux plus extrémistes dans leurs rangs, les Conservateurs ont promis un référendum sur le Brexit d'ici 18 mois, c'est-à-dire la sortie du UK de l'Union Européenne. Une sortie financièrement désastreuse, qui provoquerait sans doute la fin du United Kingdom, l'Écosse (et le Pays de Galles) étant à gauche et pro-européenne. Bref, on a pas fini de rigoler!

Posté par llleeeaaa à 12:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 6 mai 2015

Mrs, Ms ou Miss?

Miss_blanc

Qu'apprends-je en surfant le net francophone? Les féministes françaises pensent que Mademoiselle, c'est une case en trop. Personnellement, je suis bien d'accord, mais voyons un peu comment cela se passe au Royaume-Uni. Ici comme en France, les pauvres mecs n'ont pas le choix, c'est Mr ou rien. Par contre, les femmes ont trois possibilités:

1. Miss Que l'on prononce... Miss (ou missis, au pluriel). Ce titre honorifique pour femmes célibataires uniquement date du 17ème siècle. C'est une contraction de mistress, un titre utilisé à l'époque pour toutes les femmes. Ensuite, au 20ème siècle, les actrices ou célébrités se faisaient souvent apeller Miss so and so (untel)... Aujourd'hui il est surtout réservé à celles qui portent des couettes et font de la trottinette.

2. Mrs Que l'on prononce... Missis, est aussi une contraction de mistress, mais pour les femmes mariées uniquement. À l'origine, on appelait les femmes mariées Mrs John Smith, du nom de leur mari. Elles n'avaient le droit d'être Mrs Jane Windsor, gardant le titre et reprenant leur nom de jeune fille, seulement à la mort de leur mari.

3. Ms Que l'on prononce... Mizz. Ce terme est l'équivalent exact de Mr, dans le sens ou il ne précise pas le statut matrimonial de la femme. Ms a la même étymologie que les deux autres options, mais avait un peu été délaissé. Et cela jusque dans les années 1970 (et oui la France a 40 de retard!) lorsque les féministes américaines décident de le récupérer (lire un article du Guardian sur cette histoire). Aujourd'hui c'est le terme le plus utilisé dans les lettres ou le business dans les pays anglo-saxons.

Depuis que j'ai appris cette histoire il y a quelques années, je coche toujours la case Ms sur les formulaires britanniques, pour faire honneur à toutes ces féministes sans qui je n'aurais pas le droit de voter, d'avoir un compte en banque ou d'avorter. Mais en fait mon option préférée ce serait de pouvoir cocher la case HM, Her Majesty. Ou à la rigueur, Dame (Chevalier. Enfin chevalière, quoi. Décidément on en fini pas avec le sexisme linguistique!). Ça, ça serait la classe! ; )

Mise à jour: il y a désormais une nouvelle option qui rapellera à certains le jeu de société Mister X!

4. Mx  Que l'on prononce... soit meuks, soit aim-ex. Il s'agit d'un titre "gender neutral" pour personnes transgenres, ou tous ceux qui ne veulent pas révéler leur genre. Il est déjà utilisé par le gouvernement britannique sur la plupart de ses formulaires, par certaines grandes banques pour s'adresser à leurs clients, et devrait bientôt être ajouté au dictionnaire. Une option que très peu d'entre nous auront besoin d'utiliser, mais néanmoins très utile pour faire avancer les droits des personnes transgenres (entre 300,000 et 500,000 au UK), et faire reconnaître la complexité de l'identité de genre.

Posté par llleeeaaa à 13:10 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 29 avril 2015

Les cartes postales de Gram Hilleard

Screen Shot 2015-04-29 at 11
Photo: Gram Hilleard

Le photographe londonien Gram Hilleard ne reconnaît plus sa ville, transformé par les promoteurs immobiliers en espace stérile. Alors pour faire réfléchir à ce phénomène (dont je vous parlais déjà ici), il a créé une série de fausses cartes postales représentant ce nouvel aspect de la capitale. Fini Buckingham palace, Big Ben et les cabines téléphoniques rouges; bonjour tours de verre, espaces corporate et boutiques indépendantes fermées...

Un coup de gueule qui ne changera rien mais que les Londoniens parmi vous comprendront sans peine. La carte postale ci-dessous dénonce les caméras de surveillance omniprésentes, mais aussi la prolifération des espaces publics appartenant à des groupes privés:

Screen Shot 2015-04-29 at 11

Celle-ci est inspirée par le genre typiquement britannique du saucy seaside postcard:

Screen Shot 2015-04-29 at 11

Grues et tours sans charme à l'horizon...

Screen Shot 2015-04-29 at 11

Screen Shot 2015-04-29 at 11

Et la disparition du vieux Soho...

Screen Shot 2015-04-29 at 11Photos: Gram Hilleard

Ces cartes postales sont exposées à la Offsite Gallery jusqu'au 7 Juin.

Posté par llleeeaaa à 11:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,



samedi 25 avril 2015

Carte postale du... North Norfolk

NorthNorlk

Avec de charmants petits villages aux maisons en galets et moulins à vents, de verts pâturages, un train à vapeur, de grandes maisons historiques, de magnifiques plages de sable fin, des marais pleins d'oiseaux et même une foule de phoques, le North Norfolk à tout pour plaire. La zone entre Holkam et Cromer, dont je vous parle ci-dessous, vaut particulièrement le détour. Il y a assez à faire pour y passer un long week-end, ou même de belles vacances d'été à la plage...


Où donc?

Le North Norfolk est situé dans la région du East Anglia, au nord-est de Londres. Le county est connu pour être plat, très plat, et très rural, avec de grandes plages au bord de la Mer du Nord. Pour vous rendre dans cette région en transport public, il vous faut prendre un train Greater Anglia de London Liverpool Street à Cromer (2h40), avec un changement à Norwich; cela coûte entre £30 et £50. Une fois sur place, vous pouvez vous déplacer facilement en bus entre toutes les petites villes côtières et touristiques grâce au très pratique Coasthopper. C'est parfait pour ceux qui veulent faire de grandes balades le long du Norfolk Coastal Path. Sinon, le North Norfolk est à environ 3h de voiture de Londres. 

Cromer

On peut se promener sur la jetée où les enfants viennent pêcher le crabe; marcher sur la plage jusqu'aux falaises et aux champs de caravanes; monter tout en haut du clocher de l'église pour de belles vues; aller voir la plage/port où des tracteurs tirent les bateaux au sec (comme à Hastings), ou encore visiter le musée des sauveteurs, situé juste à côté. Et surtout manger de délicieux fish n' chips, du Cromer crab et glaces à No 1 Cromer

IMG_4489

IMG_4494

IMG_4514

IMG_4505

IMG_4518

IMG_4529

S'il pleut on peut aussi aller visiter Felbrigg Hall, une propriété du National Trust; s'il fait trop beau les enfants aimeront la plage de West Runton, où il y a énormément de flaques entre les rocher (rock pools) et où l'on trouve des fossiles.


Sheringham

Le prochain bourg juste un peu plus à l'ouest sur la côte s'appelle Sheringham. Le bord de mer est beaucoup moins joli (mais le Funky Mackerel Café vaut le coup d'oeil!), par contre, il y a une petite rue commerçante et un marché populaire les samedis. Mais surtout, il y a une magnifique gare à l'ancienne, avec un très joli café. On peut y prendre un train à vapeur du North Norfolk Railway, ou Poppy Line.

Sheringham

IMG_4585

IMG_4588

Tiré par les locomotives Black Prince, Mayflower ou Ring Haw, le train va de Sheringham à Holt, en passant juste au pied du magnifique Sheringham Park. Ce parc, créé par Humphrey Rupton en 1812, est une forêt de rhododendrons et d'azalées qui sont particulièrement magnifiques fin Mai, début juin.

IMG_4618

IMG_4638

Il suffit de suivre l'allée principale pour se retrouver sur une colline avec un panorama superbe, et avec un peu de chance le train à vapeur passera juste au bon moment.

IMG_4648

IMG_4674

IMG_4682

IMG_4685

Holt

Un peu plus au sud, en s'éloignant de la mer, on trouve le joli bourg de Holt, connu pour ses cours et ses boutiques. On peut y faire des emplettes, acheter des vieilles bouteilles de lait et autres antiquités à Owl Town Antiques, et s'acheter un picnic au Byfords deli. Ou peut-être s'arrêter déjeuner à The Barn, un petit café très sympa qui sert des gâteaux incroyables.

IMG_4613

IMG_4601

IMG_4604

IMG_4609

Comme dans toute les villes et villages du coin, on y trouve de jolie maisons en galets...

IMG_4853

Blakeney

En suite, il faut s'arrêter à Blakeney, où l'on peut acheter des tickets pour les excursions en bateau (voir ci-dessous), mais aussi faire une jolie promenade dans les marais qui séparent le village de la mer.

IMG_4693

IMG_4712

IMG_4721

IMG_4724


Morston


Morston est un miniscule village mais il a deux atouts majeurs: l'excellent pub the Anchor Inn, où l'on se régale (crabe, soupe de poisson, rôti de porc du Norfolk sauce aux pommes, treacle pudding) dans un cadre chaleureux; et le petit port d'où partent les excursions en bateau (dont Bishop Boats)pour aller voir le Blakeney Point et sa colonie de phoques. Il faut attendre la marée, et puis on file vers le banc de sable, où les phoques se prélassent (au soleil couchant, si l'on est chanceux comme nous)

IMG_4733

IMG_4742

IMG_4762

IMG_4799

IMG_4774

IMG_4785

IMG_4794


Holkham

Après toute cette nature, un peu d'architecture: juste un peu à l'ouest se trouve Holkham Hall, l'une des dix résidences les plus somptueuses d'Angleterre. Construit à la fin du 18ème, ce palais de style Palladien est aujourd'hui la maison de Lord et Lady Coke. On peut visiter ses jardins, et certaines pièces comme le fameux Marble Hall, et une très belle bibliothèque:

IMG_4924

IMG_4953

Holkham

IMG_4893

Il y a aussi un magnifique village juste à côté, et l'une des plus belles plages du pays au bout de l'allée qui mène à la mer. Une étendue immense de sable, sans un stand de frites à l'horizon.

IMG_4868

Wells next the Sea

Enfin, le dernier arrêt de ce petit voyage est la ville de Wells next the Sea, qui a un joli port, un restaurant de fruits de mer très sympa, le Crab House Café, ainsi qu'un petit train miniature qui transporte les touristes vers une plage de sable magnifique, connue pour ses centaines de beach hut colorées:

IMG_4886

IMG_4880

IMG_4970

IMG_4977

IMG_4978

IMG_4983

IMG_4985

Sous le soleil, cela donne envie de louer une des ces petites cabanes et d'y rester quelques jours...

IMG_4995

On peut toujours prolonger les vacances en continuant sur la côte vers Burnham Market, Hunstanton et King's Lynn, mais ce sera pour une prochaine fois...

Posté par llleeeaaa à 17:02 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 20 avril 2015

Le jardin secret de Johanna Basford

Screen Shot 2015-04-17 at 12


Véritable phénomène du monde l'édition, Johanna Basford a inventé à elle seule le livre de coloriage pour adulte au Royaume-Uni. Un genre qui remporte un succès inattendu en France comme en Angleterre, où cinq sur 11 des plus grands bestsellers en ce moment sont des carnets à colorier. Basford, 31 ans, originaire d'Écosse, a vendu plus de 1,4 million de ses livres, remplies d'illustrations fantaisistes de jardins parfaits à la végétations luxuriante.

Basford a passé toute son enfance dans la nature, à construire des cabanes et nager dans le loch (ses parents sont pisciculteurs, ses grand-parents étaient jardiniers), et son amour pour les fleurs, les animaux et les insectes est sans fin. Si elle n'avait pas fini illustratrice, elle serait devenue fleuriste, dit-elle. Et ce n'est pas pour rien que son livre préféré, c'est Alice au Pays des Merveilles, et son univers enchanté.

JohannaB
Photo: Lifestyleetc

Après avoir monté son entreprise de papier-peints faits à la main, elle s'est reconvertie dans l'illustration. Fine businesswoman, Basford s'est fait connaître en distribuant certain de ses dessins gratuitement. Lorsqu'on lui a demandé si elle voulait faire un livre de coloriage pour enfant, elle a répondu du tac au tac: non, mais un pour adulte, avec plaisir! Après une minute d'hésitation, l'éditeur lui a donné carte blanche.

Ses livres, comme Secret Garden et Enchanted Forest, ont remporté un succès inattendu. Et ses lecteurs/colorieurs sont nombreux, et divers, cherchant dans cette activité absorbante et presque méditative une sorte de thérapie: 'I have Wall Street bankers, people in hospital recovering from strokes and other illnesses doing the books. Psychologists and therapists tell me they give them to their patients. Teenagers do them to beat exam stress. Lots of people email me to say they're using the books to get through a tough time.'

Screen Shot 2015-04-17 at 12
Photos: Cultpens

Elle crée toutes ses illustrations en noir et blanc, à la mains, et recommande des Staedtler Triplus Fineliners pour les colorier.

 

 

Screen Shot 2015-04-17 at 12

Screen Shot 2015-04-17 at 12

 Screen Shot 2015-04-17 at 12

Screen Shot 2015-04-17 at 12
Photo: Gentlemancrafter

Vous pouvez voir les oeuvres de ses lecteurs ici. C'est facile de devenir accro, mais attention à ne pas déborder!

Posté par llleeeaaa à 13:03 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

vendredi 17 avril 2015

Honey & Co

Screen Shot 2015-03-19 at 18


Un jour où j'avais envie de vacances, et ma copine de falafels, on a décidé d'aller essayer Honey & Co, un café près de Warren Street. Recommandé par tous les gourmets de Londres, c'est un tout petit espace avec un joli sol en carreaux où l'on peut déguster des petits plats du Moyen-Orient préparés par le couple Israélien Sarit Packer et Itamar Srulovich – photo ci-dessous, regardez comme ils sont mignons!

Screen Shot 2015-03-19 at 19

Screen Shot 2015-03-19 at 18

Et bien nous n'avons pas été déçues – ce fut un vrai régal. J'irais même jusqu'à dire que c'est là-bas que j'ai découvert pour la première fois la raison d'être des falafels. Jusqu'alors, j'avais cru que c'était des boules de purée de pois chiches frites – bof. En fait, ce sont des petits nuages de pois au goût délicat et à la coque croquante à souhait... Cela vaut la visite, surtout quand c'est accompagné par de jolies salades de légumes de saison (c'est le mezze pour deux, à prendre en entrée)

Kitchengoodies
Photo: Kitchengoodies

J'ai ensuite pris une assiette de mafroom, des boulettes de poisson aux herbes servies avec une sauce tomate épicée (presque comme une soupe de poisson) et du couscous... miam.

Dimshum
Photo: Dimshum

Mais il y a aussi de l'agneau épicé et du poulet rôti sauce fromage de chèvre. Et en boisson, des limonades et thés froids rafraîchissants, ainsi que des vins français et italiens.

Le truc incroyable, à ne rater sous aucun prétexte (même les serveuses semblent totalement accros) c'est ce dessert: le cheesecake au miel de Regent's Park sur lit de cheveux d'ange. Apparemment le secret c'est de mélanger de la féta avec le cream cheese. Vous m'en direz des nouvelles.

Foliejolie
Photo: FolieJolie

Accompagné par un café à la cardamone, c'est équivalent à un vol direct pour l'autre côté de la Méditerranée. En parlant de dépaysement, n'oubliez pas d'allez faire un tour au petit coin: c'est une mini-cour avec vue sur la cuisine, et c'est vraiment trop mignon.

Enfin avant de repartir, vous pouvez même acheter des confitures et cookies pour la route. Et si vous voulez y retourner, il parait que les petits-déj/brunch sont aussi super.

Hollyhock
Photo: Hollyhock

> Honey & Co, 25a Warren St, W1T 5LZ. Métro Warren Street. Réservations essentielles: Tel 020 7388 6175.

 

Posté par llleeeaaa à 12:21 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 12 avril 2015

Dernières nouvelles

Screen Shot 2015-04-12 at 20

 

• Casse du siècle à Hatton Garden des centaines de diamants envolés; les voleurs seraient peut-être à l'origine de l'incendie de Holborn

• Pour la première fois, la Boat Race permettait aux femmes de concourrir le même jour et sur le même parcours (mais pas en même temps, faut pas exaggérer!) – un projet soutenu par Helena Morrissey, big boss et mère de 9 enfants, et la présentatrice vedette Clare Balding...

• Il a des millions de barrils de pétrole enfoui sous le sud du pays

• La campagne électorale bat son plein (et on a tous déjà envie de faire comme l'écolière ci-dessus)

Londres est hyper poluée – vendredi dernier en particulier était horrible – mais aucune intervention du gouvernement pour essayer de résoudre le problème...

Un nouveau design pour les pylons électriques britanniques

• Ici on sort de la case prison avec £45 en poche. Comment s'en sortir, et comment ne pas récidiver?

• Sue Perkins du Great British Bake Off est favorite pour remplacer Jeremy Clarkson à Top Gear. Fingers crossed!

• fini la paix, on peut désormais téléphoner dans le Tube (enfin si on a le bon téléphone)

les patins à roulette ont été inventés à Londres (au 18ème, par un Belge!)

Posté par llleeeaaa à 20:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 8 avril 2015

Valises et portmanteaux

Screen Shot 2015-04-08 at 18

‘Bobo’, ‘adulescent’, ‘informatique’, 'motel' ou même ‘franglais’ – vous avez sûrement déjà entendu un mot-valise – les Québécois sont particulièrement friands de ces néologismes, comme ‘courriel’ et ‘clavardage’… Mais il ne faut pas les confondre avec les mots composés, car ils consistent d'éléments tronqués plutôt que de mots entiers. Ainsi, 'étoile de mer' ou starfish est un mot composé; une version valise serait plutôt 'étmer' ou 'stish'.

En Anglais cela s’appelle des portmanteau words, car portmanteau désignait autrefois une valise à deux compartiments, tout comme ces mots créent un nouveau sens en alliant deux différents concepts. Ce terme a été inventé  en 1871 par nul autre que Lewis Carroll, auteur de Alice in Wonderland  (qui fête cette année ces 150 ans) et Through the Looking-Glass. Dans ce dernier, Humpty Dumpty explique à Alice: "You see it's like a portmanteau—there are two meanings packed up into one word."

Carroll a inventé de nombreux mots-valises; certains, comme chortle (chuckle + snort), un rire-grognement traduit en français par gloussement, étant devenus très courant en Anglais. Mais il n'est pas le seul: il me semble que de ce côté de la Manche on adore créer de nouveaux mots. Que ce soit pour rire, pour inventer un nouveau concept, pour adapter la langue au monde d'aujourd'hui – peu importe les raisons, on crée des portmanteaux à la pelle.

Les médias les utilisent pour décrire des couples célèbres comme Brangelina (Brad Pitt + Angelina Jolie), des nouveaux concepts comme le glamping (glamour + camping, ou camping de luxe) ou metrosexual, (metropolitan + heterosexual; citadins soucieux de leur apparence), ainsi que des nouveaux moyens de communication, comme edutainement (education + entertainment), docudrama (documentary + drama), blog (web + log), vlog (video + log) ou emoticon (emotion + icon).

Souvent, il suffit de changer le début d'un mot pour lui donner des connotations bien différentes: un documentaire de rock devient rockumentary; un faux documentaire mockumentary; un documentaire scandaleux shockumentary. Parfois, un mot met le doigt sur l'air du temps, comme bankster (banker + gangster) pendant la dernière crise financière, un phénomène de société comme sexting (sex + texting), ou un problème contemporain comme les chuggers (charity + muggers) qui tentent de vous recruter à leur cause en vous alpaguant sur le trottoir, ou les workaholics (work + alcoholic) et shopaholics.

Certains mots portmanteaux comme brunch (breakfast + lunch) ou smog (smoke + fog) sont anciens; d'autres viennent de la fin du 20ème siècle, comme bootylicious (booty + delicious; voluptueuse); bodacious (bold + audacious; fabuleux) et chillax (chill + relax). Il y aussi les très courants mocktail (mock + cocktail; cocktail sans alcool); spork (spoon + fork), jeggings (jeans + leggings)... J'aime particulièrement frenemy (friend + enemy; un soi-disant ami dont les actions sont plutôt celle d'un ennemi); ginormous (gigantic + enormous) et affluenza (affluence + influenza; stress/grippe causé par la surexposition à la société de consomation).

Enfin, ces dernières années ont vu apparaître des "portmanteaux pour hommes", transformant un mot neutre ou à connotation féminine en vocabulaire de genre masculin: une histoire d'amitié entre mec se dit bromance (brother + romance); un mec qui met du mascara est un guyliner (guy + eyeliner); un sac pour homme est un manbag (man + handbag); un mec avec une poitrine a des moobs (man + boobs); des leggings pour mecs ce sont des meggings (male + leggings)...

Man est aussi utilisé comme un préfixe péjoratif pour décrire des moments de sexisme ordinaire, comme dans mansplaining (man + explaining; le fait dE donner des explications souvent incorrectes sur un ton condescendant pour bien montrer qu'il sait tout et est le plut fort); mantisocial (man + antisocial, comportement antisocial typiquement masculin, comme pisser partout) et manterrupting (man + interrupting, le fait d'interrompre d'une conversation pour prouver qu'il est le plus intéressant). Le mot composé manspreading (le fait de s'assoir avec les jambes super écartée pour marquer son territoire) est du même genre.

Posté par llleeeaaa à 19:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 1 avril 2015

Poldark

Screen Shot 2015-04-01 at 16


Move over Downtown Abbey! La série dont tout le monde parle aujourd'hui c'est Poldark, un costume drama qui se joue au 18ème siècle en Cornouailles. Robes à corset, chevauchées, duels, combats de classes, histoire d'amour impossible: c'est du grand spectacle et les Anglais en redemandent – surtout l'office du tourisme des magnifiques Cornouailles, ravi de l'intérêt qu'on lui porte (tout promet d'être complet cet été, c'est comme l'effet Broadchurch).

Basé sur romans historiques de Winston Graham, déjà adaptés dans les années 1970 par la BBC avec énorme succès, Poldark est l'histoire d'un capitaine de l'armée britannique qui rentre chez lui et apprend que son père est mort, son héritage ne vaut rien, et sa belle se marie avec son cousin. Face à l'adversité, il remonte les manches, aide ses prochains, et marie sa bonne. Tout un programme...

Ross Poldark est joué par Aidan Turner, un acteur irlandais autrefois excellent en vampire dans Being Human (je recommande) et en nain dans The Hobbit. Ici il trouve un rôle à la mesure de ses boucles, un gentleman rebel dont tout le monde tombe amoureux. Selon la scénariste Debbie Horsfield, ce héros romantique emprunte à 'Darcy, Heathcliffe, Rochester, Rhett Butler et Robin des Bois' – bref, il va en briser des coeurs (Twitter explose à la moindre scène torse-poil, qui vaut à elle seule leur redevance télé selon certains)  

Tout cela est très bien filmé – en particulier les paysages idylliques des Cornouailles, les scènes sur les falaises près des mines d'étain, lorsque les femmes attendent les bancs de pilchard, ou que l'héroine Demelza (une excellente Eleanor Tomlinson) se promène dans les champs... En bonus, on entend cet accent si particulier, qui me fait tout de suite penser au grand large et aux pirates...

Screen Shot 2015-04-01 at 16

Screen Shot 2015-04-01 at 16

Si vous êtes en Angleterre, tout est sur BBC iPlayer...

Posté par llleeeaaa à 16:54 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 25 mars 2015

Savage Beauty, l'expo Alexander McQueen au V&A Museum

Screen Shot 2015-03-19 at 18


Ça avait pourtant mal commencé: ayant acheté mon billet un mois à l'avance, pour un après-midi en semaine (un créneau que je pensais plutôt calme), je me suis retrouvé à faire la queue, pendant 20 minutes, avant de pouvoir rentrer. Même une fois à l'intérieur, j'ai du me mettre sur la pointe des pieds pour admirer certaines des robes d'Alexander McQueen. Comme en plus, en guise de brochure, on m'a donné pour patienter une publicité à peine déguisée pour la marque de bling bling qui sponsorise le truc, je me suis dis que je m'était fait complétement avoir.

Eh bien j'ai tout de suite changé d'avis, car cette exposition dédié au couturier Lee Alexander McQueen, né à Lewisham en 1969, mort à Mayfair en 2010 – toute une trajectoire – est simplement spectaculaire. Ses créations extraordinaires, faites de plumes et de diamants, sont présentées des décors magiques (créés par ses collaborateurs Sam Gainsbury et Joseph Bennett) et accompagnée par de la musique – le résultat est captivant.

"I want to be the purveyor of a certain silhouette or a way of cutting, so that when I'm dead and gone people will know that the 21st century was started by Alexander McQueen," dit le couturier, pas humble pour un sou, mais avec raison – la première pièce, dédiée à l'influence qu'à eu son apprentissage de tailleur à 16 ans, sur Saville Row, est remplie de vestes, de ses pantalons 'bumsters', tous avec des coupes magnifiques. McQueen disait commencer par dessiner les silhouettes de profil, le côté le plus difficile.

Screen Shot 2015-03-25 at 12

Étudiant à la fameuse St Martins School of Arts, il emballe le monde de la mode (en particulier Isabella Blow) avec ses créations originales. "I find beauty in the grotesque, like most artists. I have to force people to look at things," disait-il. L'expo retrace toutes ses influences, de ses origines écossaises, au gothique victorien et Jack the Ripper, aux voyages lointains, et la nature.

Screen Shot 2015-03-19 at 18

Screen Shot 2015-03-19 at 18

J'ai particulièrement aimé ses robes en plumes, fleurs séchées et en coquillages, ainsi que la salle 'tribale' avec des costumes inspirés des cultures primitives, mais l'exposition est très complète et l'on retrouve des créations de la plupart de ses collections.

Screen Shot 2015-03-19 at 18

Screen Shot 2015-03-25 at 12

La pièce maîtresse de l'exposition est sans aucun doute le Cabinet de Curiosité, un espace avec des hauts plafonds et des étagères remplies de créations plus belle les unes que les autres. 

Screen Shot 2015-03-19 at 18

L'occasion d'admirer de plus près les accessoires magnifiques, comme les bijoux créés par Shaun Leane, et les chapeaux de Philip Treacy:

Screen Shot 2015-03-25 at 12

Screen Shot 2015-03-25 at 12

Screen Shot 2015-03-25 at 12

L'occasion également de voir des clips de ses shows, toujours présentés de manière provocante ou théatricale (McQueen ayant aussi travaillé pour les créateurs de costumes de théâtre Angels & Berman): les mannequins se déplacent sur un jeu d'échec géants, sont entourées par une ligne de feu ou se font sprayer de la peinture sur leurs robes blanches par des robots automobiles. La salle suivante montre une Kate Moss fantomatique apparaissant dans un hologramme.

Si vous ne pouvez pas y aller, explorez ce mini-site du V&A pour plus de photos et d'informations.

> Savage Beauty, jusqu'au 2 août, V&A Museum (Métro: South Kensington).

Posté par llleeeaaa à 13:10 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

samedi 21 mars 2015

Le "cup of tea effect"

Screen Shot 2015-03-21 at 15

C'est une des conséquences les moins visibles (enfin pour ceux qui ont vu quelque chose à travers les nuages) de l'éclipse de vendredi. Tout en écoutant Total Eclipse of the Heart de la chanteuse galloise Bonnie Tyler (trois fois plus demandée sur internet que d'habitude), les Anglais ont allumé leur télé pour suivre cela en direct, en buvant une tasse de thé. Le résultat: une augmentation de la demande en électricité de 600 MW, l'équivalent de 240,000 bouilloires. Pas grand chose, mais seulement parce qu'il ne faisait pas beau.

La National Grid était préparée, car elle a l'habitude de gérer ce qu'on appelle le TV pick up, ou 'cup of tea' effect – un phénomène typiquement britannique. Nulle part ailleurs tant de personnes regardent les mêmes shows à la télé en même temps; nulle part ailleurs tant de personnes allument leurs bouilloires (ou ouvrent leurs frigos) en même temps, et sur une si courte période (et cela même alors qu'il y a maintenant la télé sur demande).

Les plus grand pickups ont été enregistrés après:
- l'éclipse de 1999 (3000 MW)
- la demi-finale England v West Germany, Coupe du Monde 1990 (2800 MW)
- la fin de la série télé The Thorn Birds en 1984 (2600 MW)
- le quart de finale England v Brazil, Coupe du Monde 2002 (2570 MW)
- le mariage royal de William et Kate le 29 avril 2011 (2400 MW)
- l'épisode de Eastender du 5 avril 2001, durant lequel on apprend
qui a tiré sur Phil... (2290 MW)
- la finale England v Australia, Coupe du Monde de rugby 2003 (2110 MW)
- la victoire d'Andy Murray à Wimbledon en 2013 (1600 MW)

Comme le montre cette vidéo, le National Grid Energy Balancing Team est chargé de réguler tout ça. Ils sont bien préparés pour la hausse de demande qui a lieu tous les soirs à 21h (à la fin de soap operas comme Eastenders, plus de 1.75 millions de bouilloires sont allumées en même temps), et la baisse qui a lieu les jours comme le Boxing Day après Noël. Par contre, les matchs sportifs et les compétitions de tennis, imprévisibles, sont un challenge. Ces power surges sont parfois équivalents à la consommation totale en électricité de la ville de Londres.  

Voilà de quoi vous faire méditer la prochaine fois que vous allumez votre bouilloire!

Posté par llleeeaaa à 15:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 18 mars 2015

Discworld, de Terry Pratchett

Discworld

 

La mort de l'écrivain Terry Pratchett, auteur de la série Discworld, la semaine dernière a fait la une des journaux ici, car en Angleterre, la science-fiction n'est pas seulement une affaire de geeks (autre explication, également plausible: la population anglaise consiste en grande majorité de geeks). Certains, pour rendre hommage au grand écrivain populaire, ont même décidé de cacher son nom dans le code internet, pour qu'il vive éternellement et universellement sur le web (une idée inspirée par son 33ème livre, Going Postal).   

Discworld, c'est l'histoire des habitants d'un monde étrange en forme de disque, posé sur le dos de quatre éléphants eux-mêmes perchés sur le dos d'une tortue géante. C'est aussi et surtout une façon de parodier notre société, et de parler de toutes sortes de problèmes culturels, politiques ou scientifiques contemporains – l'étiquette fantasy est incroyablement réductrice dans ce cas. Small Gods parle de religion et de fanatisme, Making Money de capitalisme et The Witches de l'importance de l'esprit critique.

Comme Pratchett lui-même l'expliquait: "Recent Discworld novels have spun on such concerns as the nature of belief, politics and even journalistic freedom. But put in one lousy dragon and they call you a fantasy writer." ("Le thème des derniers romans Discworld ont inclus des questionnements sur la nature de la croyance religieuse, la politique et la liberté de la presse. Mais il suffit d'inclure un pauvre dragon et on se fait catalogué écrivain de fantasy")

Les romans de Discworld, ce sont le genre de livres avec couvertures criardes que l'on trouve dans toutes les gares et aéroports du pays, le genre de livre que j'ignore d'habitude en me disant que ce n'est pas mon genre. À force de les voir, et d'en entendre parler (ils se sont vendus à plus de 80 millions d'exemplaires, et traduits en 37 langues), j'ai craqué et j'ai ouvert The Colour of Magic, le premier de cette série. Et je me suis bien amusée. Ce livre, décrit par Pratchett comme étant un hommage au 25 ans passés à lire de la fantasy (tout a commencé à 13 ans, lorsqu'il a lu Lord of the Rings en 25h) regorge de blagues et suit les aventures du pauvre Rincewind, magicien raté qui s'en prend plein la figure.

D'autres personnages apparaissent ensuite, comme Death (la mort), qui parle toujours en PETITES MAJUSCULES, Granny Weatherwax, une sorcière pleine de sagesse qui défini le mal comme étant "lorsque l'on traite des personnes comme des choses"; Sam Vines, un policier qui déteste l'autorité; et Moist von Lipwig, le brigand et escroc au nom tout simplement parfait.

Discworld, c'est Tolkien qui ne se prend pas au sérieux et qui parle d'humains plutôt que de hobbits; c'est un cousin du également très drôle The Hitchiker's Guide to the Galaxy. C'est surtout plein de bons mots et de citations tout simplement parfaites (on dit souvent que Pratchett est l'un des auteurs les plus dignes d'être cité, après Shakespeare and Wilde).

Chaque fan a son préféré, du "So much universe, and so little time"; au philosophe "The presence of those seeking the truth is infinitely to be preferred to the presence of those who think they’ve found it" et "Wisdom comes from experience. Experience is often a result of lack of wisdom” ou encore “The trouble with having an open mind, of course, is that people will insist on coming along and trying to put things in it.” Personnellement, j'aime beaucoup le “If you have enough book space, I don't want to talk to you.” (Si tu as assez de place pour tout tes livres, je ne veux pas te parler").

Posté par llleeeaaa à 10:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 4 mars 2015

Dishoom

Screen Shot 2015-02-04 at 10


Situé à Covent Garden, King's Cross (ci-dessus) et Shoreditch, les trois restaurants Dishoom suivent tous une recette qui marche: des petits plats épicés délicieux, mélange d'influence indiennes et britanniques; un décor au charme suranné inspiré par les vieux cafés iraniens de Bombay; et le service rapide et efficace d'une opération rondement menée.

C'est ouvert toute la journée, on peut donc y prendre un petit dèj du tonnerre (voté de nombreuses fois comme étant l'un des meilleurs de Londres) ou juste s'y arrêter pour une tasse de massala chai.

Screen Shot 2015-02-04 at 10

Pour vous transporter dans le Bombay des années 1950, les propriétaires sont allés chiner en Inde; le résultat ravira les fans de vintage:

Screen Shot 2015-02-04 at 10

Samosa ou chicken tikka, on y sert des classiques...

The Cutlery Chronicles
Photo: TheCutleryChronicles

..ainsi que de très bons cocktails, y compris un Bombay Pimms et un chaijito qu'il faut s'empêcher de descendre trop vite en attendant une table (car c'est impossible de réserver pour moins de six personnes, et il y a toujours la queue aux heures de pointes).

Dishoom drinks
Photo droite: LondonFoodie

Park & Cube
Photo: Park & Cube

Je vous recommande les Gunpowder potatoes, cuites puis légèrement écrasées avec un mélange d'épices, d'onions frais et de coriandre – un délice.

CulinaryAdventuresoftheSpicescribe
Photo: CulinaryAdvenutresoftheSpicescribe

Et pour finir j'ai beaucoup aimé le crumble à l'ananas et au poivre...

Lanisays
Photo: Lanisays

Et pour couronner le tout, un repas pour deux avec cocktails ne coûte que £35 environ. De quoi donner envie de revenir!

Dishoom Covent Garden: 12 Upper St. Martin’s Lane WC2H 9FB. King's Cross: 5 Stable Street N1C 4AB. Shoreditch: 7 Boundary Street E2 7JE.

Posté par llleeeaaa à 14:58 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

lundi 23 février 2015

Mash-ups

Tout journaliste sait que l'on peut faire dire n'importe quoi à n'importe qui – tout est dans l'édition d'un texte ou le montage d'une video. C'est ce qu'a prouvé encore une fois Cassetteboy, nom sous le quel se cachent les spécialistes de video mash-ups Michael Bollen and Steve Warlin. À l'automne dernier leur video du rap de Cameron (ci-dessus) à fait un tabac. Ironiquement, c'est Cameron lui-même qui a légalisé l'utilisation d'un nombre restreint de clips normalement protégé par des copyright dans des videos à but satirique.

Cassetteboy se sont aussi attaqués aux infos et à l'émission The Apprentice. Il y a aussi ces videos de Swede Mason sur la question écossaise, et l'émission Masterchef. Et bien sur, les mash-up musicales sont toujours à la mode.

 

Posté par llleeeaaa à 12:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 19 février 2015

Les jours de la semaine

Screen Shot 2015-02-18 at 16

 

Une des premières choses que l'on apprend, quand on apprend l'anglais, ce sont le nom des jours de la semaine. Si familiers, et si différents, ils ont été adaptés aux dieux germaniques plutôt que de simplement repris des dieux romains comme en français. Ici les jours prennent toujours une majuscule, et rappellent clairement les origines nordiques des Britanniques. Contrairement aux Américains qui commencent leurs calendriers avec un dimanche, la semaine des Anglais commence le lundi:


Monday

Du vieil anglais Mōnandæg, ou Jour de la Lune. Une traduction directe du latin dies lunae, puisque le dieu de la lune dans la mythologie nordique s'appelle Máni. Si en français on pense tout de suite aux lundis au soleil, ici on est plutôt à parler de Monday blues (le retour au travail après le weekend)  genre "Blue Monday" (une chanson de New Order) et I Don't Like Monday des Boomtown Rats (Bob Geldof) et parfois Happy Mondays (un groupe de rock de Manchester). Selon la vieille comptine anglaise, "Monday's child is fair of face" (l'enfant du lundi a un beau visage)


Tuesday

Du vieil anglais Tīwesdæg. Cette fois-ci le dieu en question et Tiw, spécialiste es combat et stratégie de bataille, et donc un parfait contrepoint au dieu Romain Mars. Ici pas de Mardi Gras, mais un Shrove Tuesday, aussi connu comme le jour des crêpes (vous venez de le rater, c'était hier, ce n'est pas la même chose que la Chandeleur). Il y a aussi le Ruby Tuesday des Rolling Stones. "Tuesday's child is full of grace."


Wednesday

Sans aucun doute le plus difficile à écrire et prononcer, Wednesday vient du vieil anglais Wōdnesdæg, du dieu Wodan (connu aussi plus au nord sous le nom d'Odin), un dieu très important en Angleterre jusqu'au 7ème siècle (mais qui n'a pas grand chose à voir avec Mercure qui nous a donné mercredi). Le mercredi des Cendres se dit Ash Wednesday ici aussi. Au UK, le Black Wednesday fait référence à la crise financière de Septembre 1992, quand le gouvernement conservateur a dû retirer la livre sterling du système européen (et a fait gagner des milliards à George Soros). "Wednesday's child is full of woe" (pleine de malheur – peut-être pourquoi la fille de la famille Addams s'appelle Wednesday?)


Thursday

Du vieil anglais Þūnresdæg, du mot thunor, qui a donne "thunder" (tonnerre), Thursday est bien évidemment associés au dieu Thor, le plus fort de tous, et par extension au dieu Jupiter (Jeudi). Chaque année, lors de Maundy Thursday, la reine distribue des pièces de monnaies spéciales. Les Pet Shop Boys commence leur weekend les Thursday: Ici on dit souvent "Thursday is the new Friday" pour justifier les sorties au pub tardives les jeudi soirs... "Thursday's child has far to go" (l'enfant du jeudi à du chemin à faire).   


Friday

Du vieil anglais Frīgedæg, Friday tire son nom de la déesse Frige ou Freya, la femme d'Odin (dont l'équivalent latin est Vénus). Ici on se souhaite volontiers "Happy Friday" mais on dis pas trop TGIF (thank god it's friday) comme les Américains. On est superstitieux en Angleterre aussi, et on a peur du Friday 13, (quand aux marins anglais, ils n'aiment pas les vendredis en général, peut importe la date). Friday I'm in Love des Cure est plus positif, tout comme "Friday's child is loving and giving" (aimant et généreux).

Peut-être connaissez-vous le Friday Night, Saturday Morning des Specials (repris avec succès par Nouvelle Vague).

Saturday

Le seul jour qui aie gardé sa forme latine, du dieu Saturn, père de Zeus (en Scandinavie on dit plus prosaïquement Lordag, le jour de la lessive – rien à voir avec les dieux.) Mais bon, "Saturday's child works hard for a living" (travaille dur pour gagner sa vie). The Saturdays c'est aussi un girls band pourri comme le UK sait si bien en inventer.


Sunday

Du vieil anglais Sunnandæg, le jour du soleil. En Anglais on garde les anciennes connotations païennes, alors que dans les langues romanes comme le français, on a changé le nom en jour du seigneur (dies dominica). Le Sunday du groupe londonien Bloc Party fait référence au boozy sundays adorés des Anglais, qui passe souvent le week-end a cuver leurs soirées. Il y a aussi le Sunday Times et les énormes Sunday papers. "But the child who is born on the Sabbath day Is fair and wise and good in every way" (L'enfant du dimanche est beau, et sage et bon)

Ah si seulement on avait des semaines de huit jours comme le chantaient les Beatles!

Posté par llleeeaaa à 10:00 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 15 février 2015

Leighton House Museum

Screen Shot 2015-02-15 at 12

Un véritable palais des mille et une nuits se cache derrière la façade de briques rouges de la maison du peintre Frederic Leighton, près de Holland Park. Depuis la rue, il n'y a qu'un petit bout de toit en forme de dôme et de drôles de créneaux en forme de petites pyramides qui mettent la puce à l'oreille, mais dès qu'on pousse la porte on se retrouve loin, très loin de Londres, dans un cadre digne d'un sultan. Une demeure originale pour un grand personnage excentrique comme les Anglais savent si bien en faire.

Peintre de l'époque victorienne, admiré de tous, Frederic Leighton était un fils de médecins du Yorkshire devenus riches au service de la famille royale russe. Sa carrière artistique démarra sur des chapeaux de roue: son premier grand tableau fut acheté par la reine Victoria herself. Il fini par devenir président de la Royal Academy, et est le seul artiste ayant eu l'honneur d'être anobli.

adLeighton

Screen Shot 2015-02-15 at 12

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre de son tableau ci-dessus, The Painter's Honeymoon (1864), Leighton ne s'est jamais marié. Aucun journal ni lettres privées n'ont été retrouvés, sa vie privée reste donc un secret complet. Par contre on sait tout de ses passions intellectuelles, apparentes dans le décor incroyable de sa maison.

Voyez le Arab Hall, une pièce conçue comme écrin pour sa collection d'art du Moyen-Orient, assemblée à la suite de nombreux voyages, et pour impressionner visiteurs (qui comptaient les plus grands noms de l'époque, du poète Robert Browning à l'artiste William Morris) et futurs clients. Elle est embellie avec du carrelage syrien datant du 17ème siècle:

Screen Shot 2015-02-15 at 12

Tout est magnifique dans cette maison, escaliers compris:

Screen Shot 2015-02-15 at 12

Au milieu trône un paon, symbole du mouvement Aesthetic auquel Leighton faisait partie. Ce courant artistique visait à réintroduire de la beauté dans un monde de brutes en créant des oeuvres d'art mélangeant le meilleur des cultures du monde entier. Une philosophie apparente dans la maison de Leighton, où cohabitent des mosaïques comme à Pompeï, des vases japonais, des coffres turques et tableaux de la Renaissance italienne.

Screen Shot 2015-02-15 at 12

Normal pour un petit Anglais ayant grandi à Florence, Bruxelles, Frankfurt et Paris, et ayant appris son métier à Rome et en Allemagne. On peut s'imaginer l'artiste en plein travail dans son studio, aux grandes fenêtres ouvrant sur un jardin où poussent les narcisses:

Screen Shot 2015-02-15 at 12

Après toutes ces grandes pièces, quelle surprise de voir la petite chambre (la seule chambre à coucher dans cette énorme maison!), toute simple en comparaison, où dormait le grand homme:

Screen Shot 2015-02-15 at 12

Si vous en avez l'occasion, c'est sympa de visiter la maison lors d'une des ouvertures tardives (jusqu'à 20h30) de l'année. La prochaine aura lieu le jeudi 19 février.  

> Leighton House Museum, 12 Holland Park Road. Métro: Kensington ou High Street Kensington. Ouvert de 10h à 17.30 tous les jours sauf les mardis.

Posté par llleeeaaa à 15:13 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 4 février 2015

Typically British

Screen Shot 2015-02-04 at 10
Image: Toy Cassidy/Flickr

 

D'après l'historien David Starkey (réputé pour être le grincheux de service), la liste des caractéristiques typiquement britanniques est surprenante: "British values are “queuing, drunkenness, nostalgia, loving pets, self-loathing, wit and eccentricity” (faire la queue, s'ennivrer, la nostalgie, aimer les animaux, le dégoût de soi, l'esprit, et l'eccentricité.  Une liste faite en réponse à celle du gouvernement, qu'il trouvait "banale" et trop "gentille" (“Freedom of speech wasn’t won by being nice, it has been won by struggle with religion.”)

Comme en France, où l'on parle de valeurs républicaines,  la montée du terrorisme islamiste et des partis types FN et UKIP ont motivé le gouvernement à pousser les écoles à promouvoir les British values suivantes: “democracy, the rule of law, individual liberty and mutual respect and tolerance of those with different faiths and beliefs”.

Une décision qui ne fait pas l'unamité du public ni des professeurs. Comme l'explique ce directeur d'école, ce ne sont pas des valeurs British mais universelles: "All this talk about British values rather worries me. We try very hard to promote fundamental values but I don’t believe the British have an absolute monopoly on respect, honesty, trust or the importance of intelligent questioning. I don’t think Socrates would feel they are British values.”

D'autres font preuve de 'wit' (value voulant aussi dire "discount")

Screen Shot 2015-02-04 at 10

Les commentaires des Brits glanés sur le net proposent d'autres caractérisiques: "Humour, self-deprecation, stoicism, fairness";  "Tolerance, Non judgmentalism, fairness, self deprecation and stoicism"; "Secularism, individual liberty, freedom of expression". Certains n'y vont pas de main morte du côté du self-loathing, avec des suggestions comme: "apathy"; "I don't think we have values anymore.";  "A growing culture of fear, state interference and threat in education"; "a tremendous feeling of superiority - especially about the modesty that they so loudly trumpet."

Posté par llleeeaaa à 10:45 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

samedi 31 janvier 2015

The Delaunay

Lady Loves Cake
Photo: LadyLovesCake

L'autre jour j'ai enfin découvert le Delaunay, ce grand café à la Viennoise (ouvert par les propriétaires de l'excellente Brasserie Zédel) et très vite adopté par les Londoniens. Située à Aldwych, à deux pas de Covent Garden, c'est une grande brasserie chic qui se cache derrière une entrée qui pourrait être celle d'un grand hôtel.

Delaunay

Mais on est rassuré dès qu'on voit le comptoir à bretzel et plats à l'emporter:

OneHandinthe CookieJar

La salle est grande, et bondée. Il vaut mieux réserver si vous voulez pouvoir goûter aux charmes de ce lieu à l'ambiance Mittel-Europa, avec ses garçons sur leur 31, ses nappes blanches et sont décor rétro à souhait. C'est l'endroit parfait pour un brunch, puisqu'une de leurs spécialités se sont les viennoiseries, bien sûr.

Image 2

Image 3

Image 1

Au menu: des schnitzels géants, des salades, des saucisses, des plats du jours anglais, français et italien, des oeufs, des fruits de mer... Les würsts, servies avec de la choucroutes et une salade de pomme de terre, sont délicieuses.

Image 7

Il y a aussi d'excellents desserts, comme ce strudel aux pommes, massepain et graines de pavot – un rêve:

Andy Hayler

Sans compter des sacher torte et des coupes de glace absolument énormes, et toutes les options végétariennes, afternoon tea, brunch, breakfast et à l'emporter...

Cerise sur le gâteau forêt noire: les horaires. Le Delaunay est ouvert jusqu'à minuit en semaine, ce qui explique sans doute pourquoi il est devenu le repère de nombreux acteurs et professionnels du théâtre, qui peuvent foncer y manger un steak tartare et un banana split après une représentation.

> The Delaunay, 55 Aldwych, London WC2B 4BB. Tél: 020 7499 8558

Posté par llleeeaaa à 11:32 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :