Londres calling

samedi 16 janvier 2016

Poppie's Fish & Chips

Screen Shot 2016-01-07 at 13

Où manger un bon fish & chips à Londres, that is the question. Eh voilà une très bonne adresse pour vous: Poppie's Fish & Chips à côté de Spitalfields Market (il y en a un autre à Camden également). C'est tout simplement un des meilleurs fish & chips que j'ai mangé dans la capitale; le poisson est cuit comme à la vapeur dans sa croûte de pâte à frire, les frites superbes, et les sauces parfaites.

Un tel délice s'explique tout d'abord par la qualité des ingrédients: le poisson (aiglefin, cabillaud, sole et plie...) vient d'Écosse ou de Cornouailles, et les patates sont des Maris Piper fraîchement débarquées des champs (et les glaces sont préparées par Minghella sur l'Isle of White...) Et ensuite par l'expérience de son patron, Pat 'Pop' Newland, qui a commencé dans le métier en 1952, à 11 ans, en coupant les journaux pour envelopper les fish & chips d'un café du East End (aujourd'hui les siens sont emballés dans des faux journaux d'époque, loi oblige).

Screen Shot 2016-01-07 at 14
Photo: Leon Neal

Poppie's a aussi son propre poissonnier, qui prépare les filets chaque matin, des chefs qui cuisent le poisson 8 minutes pas plus, et un secret: changer la pâte à frire chaque 30 minutes pour que la texture soit toujours parfaite. Quant à la déco, elle est vintage à souhait, avec jukebox, serveuses en robes 1950s et photos de vieilles stars du East End aux murs.

Screen Shot 2016-01-07 at 14

Screen Shot 2016-01-07 at 14

N'oubliez pas de commander des mushy peas (une préparation style purée à base de pois à grain ridé), qui ajouteront un peu de verdure à votre assiette, ainsi que d'arroser vos chips de malt vinegar, les deux accompagnements traditionnels. Si vous êtes courageux, vous pouvez aussi goûter à un plat typique du East End, les jellied eels (anguilles en gelée) – perso je n'ai jamais osé.

Sachez que cette adresse est adorée des touristes comme des Londoniens, qui s'y précipitent les vendredis, jour traditionnel du fish & chips. Donc réservez, ou venez en dehors des heures de repas (et avec une grosse faim, les portions sont énormes...). Sinon, s'il ne pleut pas, on peut faire takeaway et s'assoir aux alentours (ce qui par ailleurs est la façon la plus authentiquement anglaise de déguster cette spécialité, à défaut d'être dans sa voiture parquée au bord de la mer, un vendredi soir sous la pluie).

> Poppie's Fish & Chips, 6-8 Hanbury Street, London E1 6QR, Tel: 020 7247 0892. Métro: Liverpool Street

D'autres bons fish & chips: Rock Sole Place, Covent Garden; Sutton & Sons, Stoke Newington; et une liste de Time Out par ici.

Posté par llleeeaaa à 10:57 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

jeudi 7 janvier 2016

Le pouvoir du French accent

Screen Shot 2016-01-07 at 13

Poster par One Must Dash


Vous n'arrivez pas a prononcer squirrel ou Worcestershire? Vous pouvez pas faire la différence entre hungry et angry? On vous répond tout de suite en Français quand vous achetez un sandwich à Londres? Pas de panique: votre accent français est un atout. Les Anglais en raffolent (même si l'accent British est tout aussi attirant pour les étrangers). Ici on s'en sert pour vendre tout tout tout, des parfums aux voitures, et même aux Petits Filous...


Une prononciation à la Française fait vendre, surtout quant il s'agit de produits typiquement Français ou qui correspondent aux clichés que les étrangers ont sur le pays (d'où la place du village idyllique ci-dessus). Alors en plus quand on ajoute une star du foot (même les Anglais s'y mettent), ou un côté rétro, ça cartonne!


Comme l'explique cet article, la magie de l'accent français tient dans la difficulté de prononcer des voyelles à l'anglaise, et de mettre l'accentuation sur la bonne syllabe dans un mot. C'est aussi son côté mystérieux qui plaît: un Anglais peut savoir d'où vient géographiquement et socialement un de ses compatriotes dès qu'il ouvre la bouche, mais pas un Français ou une Française...

Si vous êtes en train d'apprendre l'anglais, ne vous en faites donc pas trop sur votre prononciation! Beaucoup de Français ont trop peur de parler, mais c'est en pratiquant qu'on apprend! Au pire quelqu'un se moquera de vous en disant "Petit Filous... make your bonz gro ztrunger."

Posté par llleeeaaa à 13:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 16 décembre 2015

Beep beep

Screen Shot 2015-10-21 at 11

Dans les années 1950, le UK était le deuxième exportateur de voitures au monde après les États-Unis, avec des marques comme Bentley et Rolls-Royce devenues symboles du luxe à quatre roues autour du monde. Après une période de déclin, son industrie automobile est en pleine résurgence. Le UK aujourd'hui est un centre de production important, avec des usines comme la géante Ford Dagenham dans l'est de Londres ou la super hi-tech Nissan dans le Sunderland.

Le résultat de plus d'un siècle d'expertise en pistons et volants en cuir? Une belle brochette de véhicules devenus des classiques (les Anglais adorent les vintage cars, comme le montre le succès de festivals annuels comme le Goodwood Festival of Speed (photo ci-dessus). Voici quelques-unes des plus belles automobiles inventées par les Britanniques.

 

Rolls-Royce Silver Ghost, 1906

Screen Shot 2015-10-21 at 10

Ce fantôme d'argent est ainsi nommé car ses créateurs voulaient souligner combien son moteur était silencieux et sa carrosserie en aluminium solide. Célébrée comme étant 'la meilleure voiture au monde', c'est aussi l'une des plus chères. Le fait qu'elle ne tombe pas en panne constamment – elle a roulé pendant 24,000km sans problème, un record à l'époque – contrairement à tout les autres modèles, a été essentiel à son succès.

 

Austin Seven, 1922

Screen Shot 2015-10-21 at 10

Screen Shot 2015-10-21 at 10 Screen Shot 2015-10-21 at 10

La 'Baby Austin' et le 'Motor for the Millions', cette voiture, fabriquée à Coventry, est l'un des modèles les plus populaires jamais produit pour le marché britannique. C'est la première voiture anglaise de série au prix abordable, et de nombreuses familles dans les années 1930 casaient enfants et valises dans cette minuscule auto pour partir en vacances.

 

Bentley Speed Six, 1926

Screen Shot 2015-10-21 at 10

La classe, tout simplement. C'est une voiture de course que les riches play-boys anglais des années 1920s conduisaient pour aller épater les petites Françaises, et gagner des prix bien sûr – cette Bentley, malgré sa taille de géante, fut championne du Mans à deux reprises.

 

Morgan 44, 1936

Screen Shot 2015-10-21 at 11

Entièrement fabriquée à la main à Malvern, la Morgan 44 est un cabriolet léger et facile à manoeuvrer. Mais surtout, la Morgan est très belle, avec son visage aux grands phares et ses protège-roues brillants. Ce qui explique la liste d'attente d'au moins six mois pour cette voiture sportive sur le marché depuis presque un siècle.

 

Land Rover, 1948

Screen Shot 2015-10-21 at 10

La version britannique de la Jeep, la Land Rover tient ses couleurs du fait qu'elle était fabriquée avec des surplus de l'armée (la compagnie construisait des moteurs d'avion pendant la guerre). Des 4X4 faites pour durer: des 1.5 millions de Land Rover construites (c'est la plus ancienne voiture encore en construction), on dit qu'au moins les deux-tiers sont toujours opérationnelles. Un succès partagé par sa descendante, la Range Rover.

 

Morris Minor, 1948

Screen Shot 2015-10-21 at 10

La 'Moggie' est l'ancêtre de la Mini (aussi par Alec Issigonis). Elle est moins connue mais toute aussi charmante, et il y en avait sur toutes les routes du UK: c'est la première voiture britannique à avoir été vendue à plus d'un million d'exemplaire. Comme sa cousine allemande la Beetle, elle a de jolies courbes et était un plaisir à conduire pour des automobilistes dont c'était souvent la première voiture.

 

Lotus Seven, 1957

Screen Shot 2015-10-21 at 10

Screen Shot 2015-10-21 at 10

Simple et légère, cette petite voiture peut être conduite sur route comme sur circuit. Facile à assembler et modifier, elle a fait la joie de nombreux mécaniciens et pilotes de course du dimanche. C'est aussi la voiture de Patrick McGoohan dans The Prisoner.

 

Aston Martin DB5, 1963

Screen Shot 2015-10-21 at 11
Élégante et puissante, la voiture de James Bond a un design ultra-léger conçu par des Italiens, mais fut produite en Angleterre. C'est aussi la voiture que Paul McCartney s'est empressé d'acheter pour célébrer le succès des Beatles aux États-Unis.

 

Mini Cooper, 1959

Screen Shot 2015-10-21 at 10

La star incontournable de cette liste, vendue en petit modèle dans tout magasin de souvenirs londonien qui se respecte. Cette deux-portes trop mignonne, icône des Sixties, est adorée de tous – 5.3 millions de Mini originales furent vendues – sauf peut-être ceux qui ont de grandes jambes... Tout fan se doit de visionner le film culte de 1969, The Italian Job.

 

Jaguar E-Type, 1961

Jaguar E Type

Screen Shot 2015-10-21 at 10 Screen Shot 2015-10-21 at 10

Une supercar à un prix abordable, la E-Type fit tout de suite sensation. Comme la minijupe et les Beatles, elle est devenue un symbole des Swinging Sixties. Ses fans: Brigitte Bardot, Tony Curtis, Steve McQueen (et James Bond!). Son élégance lui vaut une place dans la collection permanente du Museum of Modern Art de New York.

 

Ford GT40, 1964

GT40

Sa marque est américaine, mais le design (par Eric Broadley) et la production (à Slough!) de cette voiture de course est 100% britannique. L'origine de sa création? Henry Ford II voulait à tout prix battre Ferrari (qu'il avait essayé de racheter sans succès) au Mans. Et il a réussi grâce à la GT40, qui pouvait pousser jusqu'à 320km/h – incroyable pour l'époque.

 

McLaren F1, 1992

Screen Shot 2015-10-21 at 10

La voiture de série la plus rapide au monde (380km/h), la McLaren F1 est une originale: le siège du conducteur se trouve au milieu, il y a de la place pour les bagages malgré le look de voiture de course, et ses portières s'ouvrent en élytre... Ralph Lauren comme Rowan Atkinson (Mr Bean) en sont fans.

Posté par llleeeaaa à 14:20 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 18 novembre 2015

Et pendant ce temps là en Angleterre...

Screen Shot 2015-11-18 at 14


Boire une pinte avec son pote au pub, même si celui-ci est sous les eaux... C'est ce qu'ont fait John et Steve au Kirkstall Bridge Inn de Leeds, alors que la région subit de graves inondations. Mais comprenez-vous, c'était plein à l'intérieur ("tout le monde mangeait son Sunday Roast") et l'eau ne montait plus ("alors autant s'assoir dans le beer garden et boire un verre"). Le verdict: il faisait froid. "Les premières 15 minutes [!] étaient difficiles, mais ensuite c'était étonnamment agréable". "Les autres clients nous ont  trouvé bien stupides", raconte John, et "à la fin la patronne nous a crié dessus, et nous avons du sortir de l'eau comme des gosses qui avaient fait une bêtise."

Morale de l'histoire: rien ni personne n'empêchera les Anglais – ou les Français – de boire un coup en terrasse.


PS: Désolée pour le manque de billets de ces derniers mois, j'ai tout simplement trop de travail. Mais je ne vous oublie pas, et dès que j'ai cinq minutes je reprend le blog. Ce ne sont pas les idées qui manquent...

Posté par llleeeaaa à 14:11 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 23 septembre 2015

Snaps + Rye

Screen Shot 2015-09-23 at 11

Quand je vais du côté de Notting Hill, je ne manque jamais de m'arrêter au Spice Shop et Rough Trade pour faire le plein d'épices exotiques et de nouveaux sons. Et je fait toujours un petit tour sur Golborne Road, une rue charmante avec un marché et des boutiques de meubles d'occasion très sympas (dont Les Couilles du Chien, ha ha), des magasins marocains et la fameuse Trellick Tower de Goldfinger à l'horizon.

Je vais désormais rajouter un autre arrêt obligatoire quand je suis dans le coin: un déjeuner à Snaps + Rye – le seul et unique café danois de Londres apparemment. C'est un petit resto sympa où l'on peut déguster du yaourt skyr, des smørrebrød au saumon, des frikadeller et des petits plats joliment présentés.

On y retrouve toutes les ingrédients typiques du pays, snaps, pain de seigle, betterave en saumure, sirop de réglisse et compote de pomme...

Screen Shot 2015-09-23 at 11
Photo: floresemnottinghill.com

Screen Shot 2015-09-23 at 11

Screen Shot 2015-09-23 at 11

J'y ai dégusté du jus de bouleau Sealand, ainsi qu'une assiette Sun Over Golborne (ci-dessous), une version du plat danois Sol over Gudhjem avec du maquereau fumé, un jaune d'oeuf, de la betterave et des câpres – tout est très frais et délicieux. Quant au dessert, c'est tout simplement le meilleur que j'aie mangé depuis le cheesecake de chez Honey & Co. Il s'agit du Gammeldags Æblekage, une espèce de crumble divin avec de la compote de pomme et de la cannelle.

Screen Shot 2015-09-23 at 11

> Snaps + Rye, 93 Golborne Rd, London W10 5NL, 020 8964 3004. Métro: Westbourne Park ou Ladbroke Grove. Ouvert du mardi au dimanche (breakfast; brunch; lunch) et du jeudi au samedi pour diner (menu dégustation)

(Et il y aussi l'excellente Nordic Bakery...)

Posté par llleeeaaa à 11:48 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :



samedi 8 août 2015

Ça pousse

,Pousse

On a tendance à penser que dans les campagnes bien arrosées du Royaume-Uni il ne pousse que de moutons, voire avec un peu de chance des patates pour les fish & chips et de l'avoine pour le porridge du matin. Mais on a bien tort: progrès agricoles, serres géantes et changement climatique permettent aux Anglais de faire pousser toutes sortes de céréales, fruits et légumes inattendus. Petite récolte ci-dessous:

Abricots
Grâce surtout à la Bardsley Farm dans le Kent, la récolte d'abricot est passé de 30 tonnes à 200 tonnes en un ans. Apparemment, ils sont très sucrés, grâce au climat maritime de la région, chaud la journée et froid la nuit.

Thé
Depuis 2005, le domaine de Tregothnan en Cornouailles du sud vend du tea véritablement britannique. Un exploit qui s'explique par le savoir-faire historique botanique de la maison, fondée en 1334, et le climat particulier de cette région humide qui ressemble à celui de Darjeeling au pied de l'Himalaya. Ils essayent à présent d'y faire pousser du café et des bananes... Il a aussi des producteurs de thé en Écosse: la Wee Tea Company, dont le Dalreoch Smoke White Tea a reçu une médaille d'or au Salon du Thé de Paris cette année.

Quinoa
Les bobo britanniques raffolent de ce superfood, Hodmedod en fait pousser des tonnes dans les champs du Essex mais n'arrive jamais à faire face à la demande qui croit chaque année. Prochain défi: faire pousser du teff, cette céréale éthiopienne très bonne pour la santé.

Olives
Mais oui, on peut déguster des olives britanniques grâce à Huggit's Farm dans le Kent. Un terrain versant sud, 200 oliviers et une récolte qui file directement chez tous les meilleurs restaurateurs du coin.

Vin
Je vous avais déjà parlé du champagne Nyetimber, un des meilleurs au monde. Et bien il n'est plus le seul a tenter les Britanniques: Augjourd'hui il y a plus de 470 vignobles, couvrant 5,000 acres, en Angleterre et au Pays de Galles. L'année dernière, ils ont produit plus de 6.3m de bouteilles, un record.

Mozzarella
Grâce à son troupeau de bufflonnes, Laverstock Park Farm, dans le Hampshire, fabrique de la mozzarella aussi bonne qu'en Italie à ce qu'on dit.

Poivre du Sichuan
Ainsi qu'amandes, noix de pécans, kiwi, goyaves... tout pousse à Otter Farm dans le Devon, ou Mark Diacono passe son temps à expérimenter avec de nouvelles plantes et d'anciennes variétés.

Piments
Cela fait plus de 20 ans que l'on fait pousser des piments par ici, par exemple à la South Devon Chilli Farm ou ils produisent plus de 100 variétés. Peppers by Post vous permet même de faire pousser chez vous le Dorset Naga, l'un des piments les plus forts au monde.

Tomates
De leur base sur la très ensoleillée Isle of Wight, le Tomato Stall fait pousser toutes sortes de tomates, de la Kumato à la Red Tiger. Quand on sait comme il est difficile de trouver des tomates qui ont du goût par ici, on comprend leur importance...

Wasabi
Les premiers en Europe à avoir réussi à faire pousser du wasabi, The Wasabi Company a passé plus de trois ans à expérimenter et adapter les méthodes traditionnelles japonaises. L'emplacement de leurs fermes en Angleterre reste un secret, tant ils ont peur de se faire voler leur technique!

Et enfin, il y a aussi une ferme du future, Thanet Earth. Géante et hydroponique, elle s'étend sous des kilomètres de verrières et produit tomates, concombres et poivrons – un concurrent sérieux pour les Espagnols....

Posté par llleeeaaa à 18:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

jeudi 16 juillet 2015

Une soirée au théâtre

Screen Shot 2015-07-16 at 12

 

Il y a quelques années, un Londonien pouvait se permettre d'aller voir une comédie musicale de temps en temps. Demain, il lui faudra probablement vendre son appartement pour pouvoir avoir la chance de voir un spectacle. Les prix grimpent de manière vertigineuse: le ticket le plus cher en 2014 c'était Billy Elliot, £97. Cet année on double la mise, avec £202 pour The Book of Mormon. Le prix moyen est passé de £42 à £85 en un an seulement.

Chaque année, plus de 14 millions de spectateurs vont voir un show dans le West End (l'industrie du spectacle rapporte au moins £585 millions chaque année). Beaucoup sont des touristes, puisque c'est une étape obligatoire d'un séjour à Londres, surtout pour les Américains.

Les Londoniens ont toujours aimé une bonne pièce de théâtre – à l'époque de Shakespeare, on estime qu'un tiers des habitants de la capitale allait au théâtre au moins une fois par mois. Aujourd'hui, on y  va toujours – mais on achète seulement des tickets à prix réduits (comme ça il nous reste de l'argent pour aller au pub après).

D'habitude, je les achète au kiosque TKTS à Leicester Square, le jour même. Il y a aussi un site pour comparer les différents prix proposés, et des discounts sur le très très moche Theatre Monkey. (ils ont aussi un guide des places à éviter). Quant au National Theatre sur la South Bank, il propose chaque année des places à £15, et même parfois £5 pour les moins de 25 ans. Quand aux enfants, ils entrent gratuitement dans tous les théâtres londoniens durant le mois d'août, grâce à l'initiative Kids Week.

Un autre manière d'avoir des tickets pas chers, c'est de prendre des places moins comfortable, debout ou tout en haut ("in the gods", au poulailler) – cela coûte seulement £8 au Royal Opera House; le Royal Albert Hall en propose aussi. Il faut prendre des jumelles, et un manteau comfortable faisant office de coussin. Pour £10, on peut voir Carlos Acosta danser au Royal Opera House par exemple.

 

Posté par llleeeaaa à 13:22 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 9 juillet 2015

Very British Problems

Screen Shot 2015-06-24 at 17


Petit exemple sympa d'humour anglais: le compte twitter Very British Problems, devenu livre à succès. Écrit par le Londonien Rob Temple, il est plein de cette auto-dérision adorée des Britanniques qui rigolent en buvant leur Earl Grey.

Ce sont des exagérations bien sûr, mais il a toujours du vrai dans ses observations des comportements, non-dits et maladresses typiquement British. Tweet de ces derniers jours: "Suddenly remembering your tea and necking it like a massive, lukewarm shot"; "Things most said at a British BBQ: 1. It was nice yesterday 2. Can I borrow a jumper? 3. Quick bring the cushions in!!!" et "You know, I might just do that" - Translation: Nope" Incompréhensible pour les gens qui n'habitent pas par ici, mais très clair pour ceux qui ont la chance de connaître des Anglais et de travailler avec eux...

Si vous préférez votre humour twitter avec une pincée de célébrité, vous pouvez également lire les réactions de Shakespeare, Voldemort et même la reine. L'écrivain Samuel Pepys réécrit son fameux journal en live, quelques siècles plus tard; quant à Larry le chat de 10 Downing Street, il donne dans le commentaire politique. Mon préféré c'est Dieu, mais il est Américain (!). Et Malheureusement TFL Travel Alerts est en break, mais c'était très drôle. 

Ah et un autre compte rigolo: celui de Big Ben...

Posté par llleeeaaa à 12:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mardi 7 juillet 2015

7/7, 10 ans plus tard

Quelques jours après avoir marqué une minute de silence pour les victimes de l'attentat en Tunisie, les Britanniques se souviennent d'un autre incident qui a touché le coeur de leur capitale le 7 juillet 2005. Voici un article que j'avais écris pour La Tribune de Genève à l'époque, montrant la réaction des Londoniens après que des terroristes se soient fait explosé dans leur métro et sur leur bus.


FATALISTES, LES LONDONIENS SONT RENTRES A PIED

Cela devait arriver. Hier, dans les rues de Londres, c’est le caractère inévitable de la situation qui primait dans les esprits. Les Londoniens ne sont pas fatalistes, mais réalistes. Après des années à craindre les bombes de l’IRA, ils se sont fait à l’idée : Londres est une cible de choix pour les terroristes de tout pays, et contrôler les milliers de bus et de métros qui circulent chaque jours à travers la ville est une tâche impossible.

Vers midi pourtant, dans les rues commerçantes à quelques minutes de marche à peine de la gare de King’s Cross, où une bombe a tué au moins 21 passagers, tout était comme d’habitude. Tous les magasins étaient ouverts, les restaurants et pubs bondés, et les agences immobilières recevaient même des clients. Seul signe des attentats: l’entrée de la station de métro était fermée, et pas un seul des fameux bus rouges à deux étages, symboles de la ville, ne circulait.

Mais plus près des scènes des attentats, une atmosphère surréelle régnait dans les rues. Le silence d’abord était surprenant. A part quelques véhicules de secours, pas une voiture en vue, et presque aucun trafic sur les plus grands arcs de circulation qui ceinturent la ville. Et partout, des milliers de gens sur les trottoirs en train de marcher calmement, encadrés par d’innombrables policiers en vestes jaunes fluorescentes, chargés d’aider les gens à trouver leur chemin entre les rues barrées.

Mis à part les témoins des attentats, encore sous le choc, les citadins ne paraissaient pas si surpris, et surtout très peu paniqués par la situation. En quatre heures de marche au centre de la ville, pas une scène d’affolement. Le plus grand problème pour des milliers de citadins était de savoir comment rentrer chez eux. Faisant preuve de solidarité, les taxis prenaient plusieurs passagers en même temps, mais beaucoup restaient coincés au centre-ville. « J’ai été à King’s Cross, j’ai essayé la gare Victoria, mais tout est fermé, aucun train ne circule» explique cette passante qui habite en banlieue. « Je ne sais plus comment rentrer à la maison.» 

Aux alentours de King’s Cross, une des plus grandes gares et station de métros du nord de Londres, de nombreux touristes et voyageurs se retrouvaient perdus, tirant leurs bagages sous la pluie. « Je suis vraiment sous le choc. C’est la première fois que je viens en Angleterre, et je viens d’arriver de l’aéroport. Je ne sais pas comment retrouver mes amis maintenant,» dis Ladislav Tvaruzek, étudiant à Prague. « Mais tout le monde m’aide, et les policiers distribuent des cartes de la ville.» Comme lui, de nombreux touristes se sont retrouvé coincés près de la station de métro Russell Square, qui se situe juste à côté du British Museum. Le musée et toutes les autres attractions touristiques fermées, les touristes n’avaient pas d’autre choix que de marcher vers leur hôtel.

Tous les usagers quotidiens du tube, le métro londonien, pensent de temps à autre au scénario catastophe, surtout lorsqu’une rame est en panne ou une station évacuée - ce qui arrive régulièrement d’ailleurs. Mais ces jours-ci, les citadins étaient plus occupés à fêter leur futurs Jeux Olympiques et assister à Live 8, le concert de charité géant organisé pour le G8. James, un consultant financier croisé en fin d’après-midi, s’étonne d’ailleurs qu’aucun incident n’ait eu lieu samedi dernier, alors que des centaines de millier de personnes étaient rassemblées à Hyde Park. « Pourquoi ont-ils attendus jusqu’à aujourd’hui ? Pourquoi pas hier soir, alors qu’il y avait foule à Trafalgar Square pour fêter la victoire de Londres pour les JO ?» se demande-t-il.

Ljiliana Mitevska, une jeune Macédonienne faisant un stage à la City, raconte : « J’était en retard, j’arrivais juste au métro lorsque j’ai appris qu’il y avait eu des explosions. J’ai décidé de rentrer chez moi et en arrivant à la maison, je me suis rendue compte que l’un des métros avait explosé juste avant Moorgate, la station où je descend d’habitude.» Comme la majorité des sept millions d’habitants, elle à l’impression d’y avoir échappé belle.

Posté par llleeeaaa à 09:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 5 juillet 2015

HMS Belfast

5DII
Photo: 5DII

Cela ne vous a sans doute pas échappé: il y a un navire de guerre amarré en plein centre de Londres – une position très stratégique entre la mairie, Tower Bridge et la Tour de Londres. Pas de panique: il s'agit du musée flottant HMS Belfast, une annexe du Imperial War Museum. Après être passée devant des milliers de fois, j'en ai enfin fait le tour il y a quelques semaines, et je vous en recommande la visite.

C'est une occasion unique de découvrir un bateau de guerre historique qui a participé au Débarquement – il aurait même été l'un des premiers à ouvrir le feu sur des positions allemandes sur Gold Beach, à 5h27, le 6 juin 1944. C'est aussi le seul navire de la Royal Navy ayant servi au D-Day qui n'a pas été mis à la casse à sa retraite, grâce à une association d'enthousiastes et d'historiens qui se sont battus pour le conserver.

NrsSmith
Photo: Mrs Smith

On ne s'en rend pas bien compte depuis la terre ferme, mais c'est un navire géant. On peut explorer de nombreux recoins de ses 9 ponts, en grimpant et descendant des échelles ou des escaliers très très raides (laissez vos mini-jupes et talons aiguilles à la maison), et en se perdant dans un labyrinthe de couloirs et de petites salles biscornues.

 

Screen Shot 2015-06-14 at 12

 

Dans ce bateau construit en 1938, on trouvera les dortoirs des 850 soldats, et leurs hamacs accrochés les uns sur les autres, au dessus des tables où ils patientaient en jouant aux cartes, ainsi que la cantine (où l'on peut prendre un café), une boulangerie, des réserves, une salle d'opération et un dentiste, un repriseurs de drapeaux et cordages, les ateliers des mécaniciens... On se rend compte que ce navire était réellement une ville en miniature, puisqu'il devait être autonome en toutes circonstances.

On est libre de visiter dans l'ordre que l'on veut, de grimper sur des trucs, de s'assoir dans la chaise (très inconfortable!) du capitaine, de bidouiller le radar ou de surveiller les ondes avec un expert dans la salle de radio. J'ai beaucoup aimé les petits détails – tout est dans l'état d'origine – comme les casiers pour ranger les drapeaux des sémaphores, les tuyaux qui sortent partout, les peintures qui s'écaillent ou le vieux lino par terre.

DSCF7194

Graeme

DSCF7196

DSCF7221

On peut aussi voir la salle des machines, et, très impressionnant, les magasins d'obus, avec un système ultra-perfectionné qui permettait de les remonter vers les canons en quelques secondes.

Danny Simpson 2

Danny Simpson
Photos: Danny Simpson, Graeme, Ibou

Et bien sûr il y a les canons – 12 6-inch guns, 12 4-inch dual-purpose guns, 16 2 lb. AA "Pom-Poms" guns, 8 Vickers 0.5 machine guns, and 6 21-inch torpedo tubes. Certains sont tout rouillés, d'autre entrain d'être réparés car ils sont régulièrement utilisés pour marquer des occasions importantes, comme l'anniversaire du D-Day l'année dernière. Les six canons de devant sont pointés vers une station-service de l'autoroute – cible facile (et exemple typique d'humour anglais). Incroyable de voir jusqu'où ils portent.

DSCF7204

5DII 2

Martin Hronsk´y
Photo: 5DII, Martin Hronsky

Finissez votre visite sur le pont principal, d'où autrefois étaient catapultés des hydravions utilisés pour attaquer les sous-marins allemands (ils atterrissaient dans l'eau et étaient repêchés par des grues sur les côtés du bateau), et où se trouve aujourd'hui un magnifique bateau à moteur en bois et des chaînes d'ancre géantes.

Vous l'aurez compris, c'est un endroit très intéressant qui marque bien plus les esprits qu'un cours d'histoire. Comptez une matinée entière pour le visiter, cela prend du temps de monter et descendre toutes ces échelles. Heureusement qu'il y a un bar avec de belles vues. Seuls bémols: les installations d'un artiste qui a déguisé les marins font vraiment tache, et c'est pas donné (£14.50).

> HMS Belfast, 10h-18h en été, 10h-17h en hiver, tous les jours sauf à Noël, £8/£14.50. Métro London Bridge.

 

Posté par llleeeaaa à 16:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 24 juin 2015

Idris Khan, artiste troublant

Screen Shot 2015-06-24 at 14

Petit coup de projecteur sur le travail de l’artiste britannique Idris Khan, né en 1978 à Birmingham. Je suis fan de ses oeuvres souvent mystérieuses et poétiques, voir fantomatiques. En superposant des centaines de photos ou peintures des mêmes bâtiments, textes ou photographies, il crée une oeuvre trouble et captivante à la fois.

Screen Shot 2015-06-24 at 14

J'aime énormément sa série sur Londres créée pour le New York Times, dont vous pouvez voir les images ici (et en un peu plus grand sur le site du quotidien, par ici.)

Screen Shot 2015-06-24 at 14

Screen Shot 2015-06-24 at 14

Khan a aussi superposé toutes les pages du Coran, toutes les sonates Beethoven, et toutes les fameuses photos de gazomètres de Bernd & Hilla Becher. C’est un tout fait d’un myriade de sommes, qui selon l’artiste est une exploration des thèmes de la mémoire, l’expérience et de la créativité.

Screen Shot 2015-06-24 at 14

Basé à Londres, Khan travaille à la fois la répétition et l’effacement, ajoutant des strates et effaçant des détails suivant des méthodes préétablies. Le résultat est une sorte de méditation sur le sur-excès d’image dans notre société de l’information, un encouragement à regarder d’une autre façon notre héritage culturel.

Vous pouvez en apprendre plus sur le site de la galerie Victoria Miro qui le représente.

Posté par llleeeaaa à 14:57 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 17 juin 2015

Magna Carta

Screen Shot 2015-06-17 at 14

Il y a 800 ans cette semaine que se signait dans une prairie au bord de la Tamise la fameuse Magna Carta des Britanniques – et cela en partie grâce à leur ennemis de toujours, les Français. En effet, excédés par le racket de leur roi Jean Sans-Terre, qui leur pompait tout leur argent pour aller se faire battre à plate couture par ces Froggies, en 1215 les puissants barons britanniques ont exigé une nouvelle panoplie de lois pour se protéger de leur roi (en France, bien sûr, on a fait plus fort quelques siècles plus tard en lui coupant tout simplement la tête).

Les Britanniques sont très fiers de cette grande charte à laquelle ils attribuent tous les mérites, y compris celui d'être tout  simplement le fondement de leur démocratie (une monarchie parlementaire, puisqu'ils n'ont toujours pas coupé la tête à leur reine – quoique si Charles hérite enfin, il y a bien des chances...) ainsi que celle des États-Unis. La Magna Carta, c'est tout simplement la fin du roi tout-puissant, au dessus de tout droit.

Les points clés de ce texte sont les suivants:

le roi ne peut lever des impôts sans l'accord des barons (ceux-ci sont aujourd'hui représentés par le parlement)
 les femmes ont le droit d'hériter des biens de leurs maris, et ne sont pas obligées de se remarier
les enfants ont le droit d'hériter des biens de leurs parents (leurs tuteurs ne peuvent pas mettre les mains dessus)
une peine doit être proportionnelle au crime commis, et personne ne peut être emprisonné sans un procès équitable
 la justice doit être rendue sans délai, et sans être achetée
 on utilisera désormais des mesures standardisées (pint etc) pour empêcher la fraude chez les commerçants
 tout commerçant peut entrer en Angleterre pour y travailler et la quitter librement

Mais bon il contient quelques perles qu'on préfère vite oublier:

 personne ne peut être arrêté ou emprisonné pour meurtre à la suite d'une dénonciation faite par une femme – sauf son mari
 les héritiers peuvent être donnés en mariage, mais pas a quelqu'un d'une classe sociale moins élevée
 aucune ville ni aucune personne ne peut être forcée à construire un pont sauf ceux et celles ayant déjà d'anciennes obligations
 si un homme meurt alors qu'il a des dettes chez un Juif, sa femme n'aura pas besoin de les rembourser

Le document a été un véritable échec, puisqu'il n'a pas réussi à empêcher la guerre civile entre le roi Jean et ses barons. Et seulement trois de ses clauses d'origines – mais pas des moindres – sont restées dans les grimoires britanniques: une loi garantissant la liberté de la Church of England; les droits et privilèges de la toute-puissante City of London; et l'interdiction des arrestations arbitraires et de la corruption de la justice.

Vous pouvez voir un exemplaire de la Magna Carta à la British Library de Londres (ou se trouve aussi en ce moment l'étonnante oeuvre d'art de Cornelia Parker, une tapisserie de la page wikipedia sur la Magna Carta). Il y en a également à la Bodleian Library d'Oxford, Lincoln Cathedral, et Salisbury Cathedral.

Posté par llleeeaaa à 15:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 14 juin 2015

Ceviche Old Street

Bon Vivant
Photo: Bon Vivant

De chef du département musique à Disney à chef autoditacte, ès spécialités péruviennes, Martin Morales a un parcours hors du commun. En 2010, il décide de tout lâcher pour s'adonner à sa vraie passion, la cuisine de son pays, jusqu'alors inconnue du grand public londonien. Il vend sa maison pour ouvrir Ceviche Soho, un succès immédiat. Le pari a réussi: après le succès de l'ouverture de son bar, de son restaurant Andina, et de son livre de cuisine, Morales (ci-dessous) vient d'ouvrir un troisième resto très sympa.

Screen Shot 2015-06-11 at 13

Screen Shot 2015-06-11 at 13


Il est situé juste à côté du métro d'Old Street dans un lieu magnifique, l'ancien Alexandra Trust Dining Rooms, une cantine Victorienne ouverte par Sir Thomas Lipton, propriétaire de la marque de thé du même nom, pour servir des repas chauds mais pas chers aux ouvriers du East End – plus de 100 serveuses distribuaient jusqu'à 12,000 repas par jours. Aujourd'hui, le rythme dans la cuisine ouverte est toujours aussi effréné, mais la clientèle a bien changé (Old Street est le Silicon Roundabout après tout)

Noble Russell
Photo: Noble Russell

Screen Shot 2015-06-11 at 13

L'espace a été restauré avec soin, les briques vernies nettoyées, et des meubles et boiseries en bois sapele foncé installé. Le résultat est superbe, et coloré, grâce aux murs couverts d'oeuvres d'art créées par des artistes contemporains péruviens.

Screen Shot 2015-06-11 at 13

L'ambiance est plus bar que restaurant, et les petits plats à partager arrivent très très vite. J'ai adoré les ceviches, comme le Don Ceviche au bar et le Tiradito Chifa au thon, préparé avec le leche de tigre (lait de tigre), la délicieuse marinade au citron vert péruvienne, mais ce sont les plats plus inattendus comme les Tequeños de Ají de Gallina, des espèces de raviolis frits au poulet, la salade de poulpe ou le Pastel de Choclo, une espèce de cake au maïs et à la féta, qui m'ont vraiment ravis.

Screen Shot 2015-06-11 at 13

Screen Shot 2015-06-11 at 13

Il y a aussi des plats de poulets rôti et des viandes grillées, ainsi que d'excellent cocktails (dont le pisco sour, bien sûr) et des bières Somos Libre, brassées pour le restaurant par la Hammerton Brewerie à Islington. Et si vous avez encore faim, n'oubliez pas qu'il y a aussi de très bons desserts, comme le Afrozónico, un gâteau au manioc, lait de coco, quinoa et miel tamarrilo.

> Ceviche Old Street, Tel: 020 3327 9463 (comme d'habitude à Londres il faut mieux réserver), 2 Baldwin Street, London, EC1V 9NU. Métro: Old Street

 

Posté par llleeeaaa à 12:32 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

samedi 6 juin 2015

Tomorrow's Store

Screen Shot 2015-06-03 at 11

En plein coeur de la City se trouve une petite boutique dédiée aux créations de jeunes designers et stylistes britanniques. On y trouve des petits cadeaux originaux, et en plus on aide une organisation caritative, le Prince's Trust. Fondé en 1979 par le Prince Charles, le trust aide les jeunes à se faire une place sous les nuages anglais avec des bourses, des cours, des coachs, ou des initiatives comme ce petit magasin.

Screen Shot 2015-06-03 at 11

Siitué pas très loin du fameux Spitalfield Market, et juste à côté du tout juste rénové Broadgate Circle et de ses nouveaux restaurants, Tomorrow's Store vend des objets charmants, comme des bijoux en plastic recyclés de Crowns From Ashes; des sets de tables en liège de Mind the Cork ou des  T-shirts avec des chats multicolores de Cats & Cartwheels, ainsi que des foulards, cravates, chapeaux originaux; et de nombreuses cartes et posters faits par de jeunes illustrateurs.

Screen Shot 2015-06-03 at 11

Si vous passez dans le coin, c'est l'occasion de faire une bonne action et de mettre la main sur un objet ou petit cadeau unique, fait en Angleterre.

> Tomorrow's Store, 9 Eldon Street, London EC2M 7LS. Métro: Moorgate ou Liverpool Street

Posté par llleeeaaa à 11:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 3 juin 2015

Jonathan Strange & Mr Norrell, de Susanna Clarke

Jonathan-Strange


Inévitablement qualifié de Harry Potter pour les grands, Jonathan Strange & Mr Norrell raconte l'histoire de deux magiciens anglais à l'époque victorienne. Je l'ai lu il y quelques années (il est paru en Angleterre en 2004) et il m'a enchanté; je vous en parle aujourd'hui car en ce moment passe sur la BBC une adaptation merveilleuse avec les excellents Bertie Cavell et Eddie Marsan dans les rôles titres.

Le premier roman de Susanna Clarke (qui a mis dix ans à l'écrire), ce pavé est vite devenu un hit chez les amateurs de fantasy (comme Neil Gaiman, un fan) mais aussi de romans historiques. Écrit dans le style de l'époque (celui de Jane Austen ou Charles Dickens) avec certaines longueurs, et énormément de notes de bas de pages rapportant des centaines d'informations obscures, ce livre rend hommage à toutes sortes de traditions littéraires anglaise, du roman gothique au héros byronien romantique.

Il raconte l'histoire de deux magiciens aux personnalités opposées, qui rescussitent l'art de la magie disparu en Angleterre depuis 300 ans, et se frottent au monde mystique des fées (et il ne s'agit pas de Tinkerbells du tout...) et du Roi Corbeau. Sous la plume de Clarke, le Nord de l'Angleterre devient une terre romantique, faite de brume, châteaux hantés et bibliothèques labyrinthiques. Ses magiciens sont plein de défauts, mais font parler les statues de la cathédrale de York, voient leurs ennemis dans les miroirs, et font surgir des chevaux du sable d'une plage.

Des scènes cinématiques qui lui ont valu de nombreuses distinctions (dont le 2005 Hugo Award for Best Novel) mais qui ont eu bien du mal a être adaptées à l'écran, avec plusieurs projets d'adaptations abandonnés avant que la BBC entre en jeu. Pour s'évader un peu de ce monde de brutes, il n'y pas mieux que de se laisser envoûter par ce beau roman ou son adaptation au petit écran. Êtes-vous aussi tombés sous le charme de Mr Strange?

> Jonathan Strange et Mr Norrell publié en anglais par Bloomsbury et en Français par Robert Laffont.

Posté par llleeeaaa à 11:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 24 mai 2015

Les bijoux And Mary

Screen Shot 2015-05-20 at 10

 

Un peu Beatrix Potter, un poil Sylvanian Families... Just kitsch comme il faut. Les petits bijoux et poignées en porcelaine de la marque écossaise And Mary m'ont tapé dans l'oeil. Comment résister au pendentif fraise quand Wimbledon approche, et pourquoi pas une petite théière autour du cou pour accompagner votre Alice in Wonderland tea party cet été?

 

And-Mary

Fondée en 2009 par Neil and Alison, qui vivent dans les Scottish Borders avec leurs chiens Elvis, Edith, Bob et Marley (points bonus pour les noms des canins), And Mary c'est une collection grandissante de pièces en porcelaine finies à la main. Le couple s'inspire d'objets trouvés dans les marchés vintage et brocantes, et ont un penchant certain pour tout ce qui arbore ailes, poil ou plumes.

Screen Shot 2015-05-20 at 10


Vous êtes fan de bijoux rigolos? Vous aimerez sans doute mon billet sur Tatty Devine...

Posté par llleeeaaa à 10:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 20 mai 2015

James Rebanks, le berger qui tweete

Christopher Nunn
Photo: Christopher Nunn


Plus de 60,000 lecteurs suivent James Rebanks, berger du Lake District, sur Twitter. Sous le nom @herdyshepherd1, il y partage des photos de ses chiens Tan et Floss et de son troupeau de Herdwick sheep, ou raconte ses journées bien remplies à foncer sur son quad pour récupérer des brebis égarées, sauver des agneaux et réparer des enclos sous la pluie. Avec autant de boulot, il doit s'endormir très vite le soir – pas besoin de compter ses moutons...

Un succès inattendu, renforcé par la sortie de son livre, The Shepherd's Life, un véritable phénomène: trois semaines après sa sortie, ce best-seller en était déjà à son septième tirage. Un livre que l'on s'arrache, donc, parce qu'il offre une toute autre vision du Lake District que celle des poètes romantiques ou guides touristiques dont on a l'habitude. Une vision d'un homme complètement immergé dans la nature qui l'entoure, le rythme des saisons, et l'histoire de ses champs perchés sur de vertes collines.

JS62020818

JS62020821

Issu d'une famille de bergers travaillant depuis plus de 600 ans dans la région, Rebanks raconte son histoire et sa vie quotidienne dans la bien-nommée Eden Valley, au nord-est du district. Un métier et une manière de vivre qui sont peu connus du grand public, puisque rares sont les fermiers ayant le temps d'écrire et la plume facile.

Rebanks a pourtant quitté l'école à 16 ans, dégouté par ses professeurs qui voulaient faire de lui quelqu'un, avec un 'vrai' métier. Mais comme la plupart de ses camarades de classe, Rebanks rejette cette 'éducation', et rentre travailler à la ferme familiale. Plus tard, il décide d'explorer sa passion pour les livres (découverte grâce à sa grand-mère) et prend des cours du soir. Il passe ses A-Levels et remporte une place à Oxford, où il étudie l'histoire et remporte une distinction. Un parcours atypique auquel on doit ce beau livre.

JS62020815

Screen Shot 2015-05-06 at 13

Screen Shot 2015-05-06 at 13

Screen Shot 2015-05-06 at 13

Car d'après les extraits que j'ai pu lire, Rebanks écrit vraiment très bien, et nous emporte dans un autre monde, nous rappelant cette connexion à la nature qui nous manque à nous, citadins; ainsi que la beauté d'un travail physique, et ce sens de la communauté et de la famille, qui l'entoure et s'entraide. Un passage où il raconte comment les bergers utilisent un manteau de la peau d'un agneau mort pour recouvrir un agneau orphelin et ainsi tromper la brebis pour qu'elle s'occupe du petit d'un autre m'a particulièrement fasciné. Tout ce savoir ancien, ces traditions à découvrir.

Screen Shot 2015-05-06 at 13

Screen Shot 2015-05-06 at 13

> The Shepherd's Life: A Tale of the Lake District, James Rebanks, £16.99, Allen Lane/Penguin

Posté par llleeeaaa à 09:44 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 13 mai 2015

Feeling blue

Screen Shot 2015-05-13 at 11

Je me suis enfin remise du choc des résultats des élections de la semaine dernière. Le parti des Conservateurs a été réélu sans problème à la surprise générale (on pensait avoir droit à une autre coalition). La faute en grande partie à un système first past the post pas du tout représentatif des souhaits des électeurs (un système proportionnel aurait favorisé les petits partis comme les Verts ou UKIP), aux Écossais qui ont préféré faire bande à part en votant SNP, et à un parti travailliste sans panache. L'Angleterre est une mer de bleu, avec seulement des petits îlots de rouge, voir vert, dans certaines villes comme Londres, et Brighton & Hove (dont quelques habitants ont des tendances séparatistes!).

À quoi s'attendre à présent que les Tories sont encore au pouvoir pour cinq ans? Ils sont entourés par des MPs qui feront tout pour s'opposer à leurs plans (y compris certains MPs ultra-conservateurs, anti-Cameron), mais ils vont quand même tenter cela:

1. Ils ne vont pas aider les milliers de gens qui se noient en Méditerranée, fuyant guerre et pauvreté: 'Qu'on les renvoie chez eux!', dit Theresa May, ministre de l'intérieur, qui propose d'interdire la liberté d'expression à certains extrémistes (les Islamistes hein, pas ceux de droite).
2. Ils vont tout faire pour ne plus jamais devoir se soumettre au European Human Act, qui protège pourtant les droits de tous les Britanniques devant la cour européenne. Qu'ils nous laissent punir en paix, dit Michael Gove, nouveau ministre de la justice et supporter de la peine de mort...
3. Ils vont essayer de privatiser la NHS, petit à petit, sans trop le crier sur les toits. 'Qu'on me laisse dégraisser le mammouth', dit Jeremy Hunt, ministre de la santé, qui par ailleurs adore l'homéopathie (un point commun avec le Prince Charles) et pense que le droit à l'avortement devrait être restreint...  

Ils ont aussi un ministre de l'égalité qui ne croit pas que les homosexuels méritent les mêmes droits que les hétéros, et sont également anti-BBC, anti-syndicats, anti-sécurité sociale... (Et anti-anti-fox hunting: Cameron veut re-légaliser la chasse au renard, car évidemment il n'y a pas de problème plus pressant dans ce pays, où plus de 900,000 personnes on fait appel aux banques alimentaires l'année dernière, une augmentation de 163%)

Et last but not least, anti-Europe... Car c'est cela le plus gros non-dit de cette campagne électorale: pour tenter de gagner des votes du UKIP et faire plaisir aux plus extrémistes dans leurs rangs, les Conservateurs ont promis un référendum sur le Brexit d'ici 18 mois, c'est-à-dire la sortie du UK de l'Union Européenne. Une sortie financièrement désastreuse, qui provoquerait sans doute la fin du United Kingdom, l'Écosse (et le Pays de Galles) étant à gauche et pro-européenne. Bref, on a pas fini de rigoler!

Posté par llleeeaaa à 12:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 6 mai 2015

Mrs, Ms ou Miss?

Miss_blanc

Qu'apprends-je en surfant le net francophone? Les féministes françaises pensent que Mademoiselle, c'est une case en trop. Personnellement, je suis bien d'accord, mais voyons un peu comment cela se passe au Royaume-Uni. Ici comme en France, les pauvres mecs n'ont pas le choix, c'est Mr ou rien. Par contre, les femmes ont trois possibilités:

1. Miss Que l'on prononce... Miss (ou missis, au pluriel). Ce titre honorifique pour femmes célibataires uniquement date du 17ème siècle. C'est une contraction de mistress, un titre utilisé à l'époque pour toutes les femmes. Ensuite, au 20ème siècle, les actrices ou célébrités se faisaient souvent apeller Miss so and so (untel)... Aujourd'hui il est surtout réservé à celles qui portent des couettes et font de la trottinette.

2. Mrs Que l'on prononce... Missis, est aussi une contraction de mistress, mais pour les femmes mariées uniquement. À l'origine, on appelait les femmes mariées Mrs John Smith, du nom de leur mari. Elles n'avaient le droit d'être Mrs Jane Windsor, gardant le titre et reprenant leur nom de jeune fille, seulement à la mort de leur mari.

3. Ms Que l'on prononce... Mizz. Ce terme est l'équivalent exact de Mr, dans le sens ou il ne précise pas le statut matrimonial de la femme. Ms a la même étymologie que les deux autres options, mais avait un peu été délaissé. Et cela jusque dans les années 1970 (et oui la France a 40 de retard!) lorsque les féministes américaines décident de le récupérer (lire un article du Guardian sur cette histoire). Aujourd'hui c'est le terme le plus utilisé dans les lettres ou le business dans les pays anglo-saxons.

Depuis que j'ai appris cette histoire il y a quelques années, je coche toujours la case Ms sur les formulaires britanniques, pour faire honneur à toutes ces féministes sans qui je n'aurais pas le droit de voter, d'avoir un compte en banque ou d'avorter. Mais en fait mon option préférée ce serait de pouvoir cocher la case HM, Her Majesty. Ou à la rigueur, Dame (Chevalier. Enfin chevalière, quoi. Décidément on en fini pas avec le sexisme linguistique!). Ça, ça serait la classe! ; )

Mise à jour: il y a désormais une nouvelle option qui rapellera à certains le jeu de société Mister X!

4. Mx  Que l'on prononce... soit meuks, soit aim-ex. Il s'agit d'un titre "gender neutral" pour personnes transgenres, ou tous ceux qui ne veulent pas révéler leur genre. Il est déjà utilisé par le gouvernement britannique sur la plupart de ses formulaires, par certaines grandes banques pour s'adresser à leurs clients, et devrait bientôt être ajouté au dictionnaire. Une option que très peu d'entre nous auront besoin d'utiliser, mais néanmoins très utile pour faire avancer les droits des personnes transgenres (entre 300,000 et 500,000 au UK), et faire reconnaître la complexité de l'identité de genre.

Posté par llleeeaaa à 13:10 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 29 avril 2015

Les cartes postales de Gram Hilleard

Screen Shot 2015-04-29 at 11
Photo: Gram Hilleard

Le photographe londonien Gram Hilleard ne reconnaît plus sa ville, transformé par les promoteurs immobiliers en espace stérile. Alors pour faire réfléchir à ce phénomène (dont je vous parlais déjà ici), il a créé une série de fausses cartes postales représentant ce nouvel aspect de la capitale. Fini Buckingham palace, Big Ben et les cabines téléphoniques rouges; bonjour tours de verre, espaces corporate et boutiques indépendantes fermées...

Un coup de gueule qui ne changera rien mais que les Londoniens parmi vous comprendront sans peine. La carte postale ci-dessous dénonce les caméras de surveillance omniprésentes, mais aussi la prolifération des espaces publics appartenant à des groupes privés:

Screen Shot 2015-04-29 at 11

Celle-ci est inspirée par le genre typiquement britannique du saucy seaside postcard:

Screen Shot 2015-04-29 at 11

Grues et tours sans charme à l'horizon...

Screen Shot 2015-04-29 at 11

Screen Shot 2015-04-29 at 11

Et la disparition du vieux Soho...

Screen Shot 2015-04-29 at 11Photos: Gram Hilleard

Ces cartes postales sont exposées à la Offsite Gallery jusqu'au 7 Juin.

Posté par llleeeaaa à 11:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,