Londres calling

mercredi 24 juin 2015

Idris Khan, artiste troublant

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Petit coup de projecteur sur le travail de l’artiste britannique Idris Khan, né en 1978 à Birmingham. Je suis fan de ses oeuvres souvent mystérieuses et poétiques, voir fantomatiques. En superposant des centaines de photos ou peintures des mêmes bâtiments, textes ou photographies, il crée une oeuvre trouble et captivante à la fois.

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J'aime énormément sa série sur Londres créée pour le New York Times, dont vous pouvez voir les images ici (et en un peu plus grand sur le site du quotidien, par ici.)

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Khan a aussi superposé toutes les pages du Coran, toutes les sonates Beethoven, et toutes les fameuses photos de gazomètres de Bernd & Hilla Becher. C’est un tout fait d’un myriade de sommes, qui selon l’artiste est une exploration des thèmes de la mémoire, l’expérience et de la créativité.

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Basé à Londres, Khan travaille à la fois la répétition et l’effacement, ajoutant des strates et effaçant des détails suivant des méthodes préétablies. Le résultat est une sorte de méditation sur le sur-excès d’image dans notre société de l’information, un encouragement à regarder d’une autre façon notre héritage culturel.

Vous pouvez en apprendre plus sur le site de la galerie Victoria Miro qui le représente.

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mercredi 17 juin 2015

Magna Carta

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Il y a 800 ans cette semaine que se signait dans une prairie au bord de la Tamise la fameuse Magna Carta des Britanniques – et cela en partie grâce à leur ennemis de toujours, les Français. En effet, excédés par le racket de leur roi Jean Sans-Terre, qui leur pompait tout leur argent pour aller se faire battre à plate couture par ces Froggies, en 1215 les puissants barons britanniques ont exigé une nouvelle panoplie de lois pour se protéger de leur roi (en France, bien sûr, on a fait plus fort quelques siècles plus tard en lui coupant tout simplement la tête).

Les Britanniques sont très fiers de cette grande charte à laquelle ils attribuent tous les mérites, y compris celui d'être tout  simplement le fondement de leur démocratie (une monarchie parlementaire, puisqu'ils n'ont toujours pas coupé la tête à leur reine – quoique si Charles hérite enfin, il y a bien des chances...) ainsi que celle des États-Unis. La Magna Carta, c'est tout simplement la fin du roi tout-puissant, au dessus de tout droit.

Les points clés de ce texte sont les suivants:

le roi ne peut lever des impôts sans l'accord des barons (ceux-ci sont aujourd'hui représentés par le parlement)
 les femmes ont le droit d'hériter des biens de leurs maris, et ne sont pas obligées de se remarier
les enfants ont le droit d'hériter des biens de leurs parents (leurs tuteurs ne peuvent pas mettre les mains dessus)
une peine doit être proportionnelle au crime commis, et personne ne peut être emprisonné sans un procès équitable
 la justice doit être rendue sans délai, et sans être achetée
 on utilisera désormais des mesures standardisées (pint etc) pour empêcher la fraude chez les commerçants
 tout commerçant peut entrer en Angleterre pour y travailler et la quitter librement

Mais bon il contient quelques perles qu'on préfère vite oublier:

 personne ne peut être arrêté ou emprisonné pour meurtre à la suite d'une dénonciation faite par une femme – sauf son mari
 les héritiers peuvent être donnés en mariage, mais pas a quelqu'un d'une classe sociale moins élevée
 aucune ville ni aucune personne ne peut être forcée à construire un pont sauf ceux et celles ayant déjà d'anciennes obligations
 si un homme meurt alors qu'il a des dettes chez un Juif, sa femme n'aura pas besoin de les rembourser

Le document a été un véritable échec, puisqu'il n'a pas réussi à empêcher la guerre civile entre le roi Jean et ses barons. Et seulement trois de ses clauses d'origines – mais pas des moindres – sont restées dans les grimoires britanniques: une loi garantissant la liberté de la Church of England; les droits et privilèges de la toute-puissante City of London; et l'interdiction des arrestations arbitraires et de la corruption de la justice.

Vous pouvez voir un exemplaire de la Magna Carta à la British Library de Londres (ou se trouve aussi en ce moment l'étonnante oeuvre d'art de Cornelia Parker, une tapisserie de la page wikipedia sur la Magna Carta). Il y en a également à la Bodleian Library d'Oxford, Lincoln Cathedral, et Salisbury Cathedral.

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dimanche 14 juin 2015

Ceviche Old Street

Bon Vivant
Photo: Bon Vivant

De chef du département musique à Disney à chef autoditacte, ès spécialités péruviennes, Martin Morales a un parcours hors du commun. En 2010, il décide de tout lâcher pour s'adonner à sa vraie passion, la cuisine de son pays, jusqu'alors inconnue du grand public londonien. Il vend sa maison pour ouvrir Ceviche Soho, un succès immédiat. Le pari a réussi: après le succès de l'ouverture de son bar, de son restaurant Andina, et de son livre de cuisine, Morales (ci-dessous) vient d'ouvrir un troisième resto très sympa.

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Il est situé juste à côté du métro d'Old Street dans un lieu magnifique, l'ancien Alexandra Trust Dining Rooms, une cantine Victorienne ouverte par Sir Thomas Lipton, propriétaire de la marque de thé du même nom, pour servir des repas chauds mais pas chers aux ouvriers du East End – plus de 100 serveuses distribuaient jusqu'à 12,000 repas par jours. Aujourd'hui, le rythme dans la cuisine ouverte est toujours aussi effréné, mais la clientèle a bien changé (Old Street est le Silicon Roundabout après tout)

Noble Russell
Photo: Noble Russell

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L'espace a été restauré avec soin, les briques vernies nettoyées, et des meubles et boiseries en bois sapele foncé installé. Le résultat est superbe, et coloré, grâce aux murs couverts d'oeuvres d'art créées par des artistes contemporains péruviens.

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L'ambiance est plus bar que restaurant, et les petits plats à partager arrivent très très vite. J'ai adoré les ceviches, comme le Don Ceviche au bar et le Tiradito Chifa au thon, préparé avec le leche de tigre (lait de tigre), la délicieuse marinade au citron vert péruvienne, mais ce sont les plats plus inattendus comme les Tequeños de Ají de Gallina, des espèces de raviolis frits au poulet, la salade de poulpe ou le Pastel de Choclo, une espèce de cake au maïs et à la féta, qui m'ont vraiment ravis.

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Il y a aussi des plats de poulets rôti et des viandes grillées, ainsi que d'excellent cocktails (dont le pisco sour, bien sûr) et des bières Somos Libre, brassées pour le restaurant par la Hammerton Brewerie à Islington. Et si vous avez encore faim, n'oubliez pas qu'il y a aussi de très bons desserts, comme le Afrozónico, un gâteau au manioc, lait de coco, quinoa et miel tamarrilo.

> Ceviche Old Street, Tel: 020 3327 9463 (comme d'habitude à Londres il faut mieux réserver), 2 Baldwin Street, London, EC1V 9NU. Métro: Old Street

 

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samedi 6 juin 2015

Tomorrow's Store

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En plein coeur de la City se trouve une petite boutique dédiée aux créations de jeunes designers et stylistes britanniques. On y trouve des petits cadeaux originaux, et en plus on aide une organisation caritative, le Prince's Trust. Fondé en 1979 par le Prince Charles, le trust aide les jeunes à se faire une place sous les nuages anglais avec des bourses, des cours, des coachs, ou des initiatives comme ce petit magasin.

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Siitué pas très loin du fameux Spitalfield Market, et juste à côté du tout juste rénové Broadgate Circle et de ses nouveaux restaurants, Tomorrow's Store vend des objets charmants, comme des bijoux en plastic recyclés de Crowns From Ashes; des sets de tables en liège de Mind the Cork ou des  T-shirts avec des chats multicolores de Cats & Cartwheels, ainsi que des foulards, cravates, chapeaux originaux; et de nombreuses cartes et posters faits par de jeunes illustrateurs.

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Si vous passez dans le coin, c'est l'occasion de faire une bonne action et de mettre la main sur un objet ou petit cadeau unique, fait en Angleterre.

> Tomorrow's Store, 9 Eldon Street, London EC2M 7LS. Métro: Moorgate ou Liverpool Street

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mercredi 3 juin 2015

Jonathan Strange & Mr Norrell, de Susanna Clarke

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Inévitablement qualifié de Harry Potter pour les grands, Jonathan Strange & Mr Norrell raconte l'histoire de deux magiciens anglais à l'époque victorienne. Je l'ai lu il y quelques années (il est paru en Angleterre en 2004) et il m'a enchanté; je vous en parle aujourd'hui car en ce moment passe sur la BBC une adaptation merveilleuse avec les excellents Bertie Cavell et Eddie Marsan dans les rôles titres.

Le premier roman de Susanna Clarke (qui a mis dix ans à l'écrire), ce pavé est vite devenu un hit chez les amateurs de fantasy (comme Neil Gaiman, un fan) mais aussi de romans historiques. Écrit dans le style de l'époque (celui de Jane Austen ou Charles Dickens) avec certaines longueurs, et énormément de notes de bas de pages rapportant des centaines d'informations obscures, ce livre rend hommage à toutes sortes de traditions littéraires anglaise, du roman gothique au héros byronien romantique.

Il raconte l'histoire de deux magiciens aux personnalités opposées, qui rescussitent l'art de la magie disparu en Angleterre depuis 300 ans, et se frottent au monde mystique des fées (et il ne s'agit pas de Tinkerbells du tout...) et du Roi Corbeau. Sous la plume de Clarke, le Nord de l'Angleterre devient une terre romantique, faite de brume, châteaux hantés et bibliothèques labyrinthiques. Ses magiciens sont plein de défauts, mais font parler les statues de la cathédrale de York, voient leurs ennemis dans les miroirs, et font surgir des chevaux du sable d'une plage.

Des scènes cinématiques qui lui ont valu de nombreuses distinctions (dont le 2005 Hugo Award for Best Novel) mais qui ont eu bien du mal a être adaptées à l'écran, avec plusieurs projets d'adaptations abandonnés avant que la BBC entre en jeu. Pour s'évader un peu de ce monde de brutes, il n'y pas mieux que de se laisser envoûter par ce beau roman ou son adaptation au petit écran. Êtes-vous aussi tombés sous le charme de Mr Strange?

> Jonathan Strange et Mr Norrell publié en anglais par Bloomsbury et en Français par Robert Laffont.

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dimanche 24 mai 2015

Les bijoux And Mary

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Un peu Beatrix Potter, un poil Sylvanian Families... Just kitsch comme il faut. Les petits bijoux et poignées en porcelaine de la marque écossaise And Mary m'ont tapé dans l'oeil. Comment résister au pendentif fraise quand Wimbledon approche, et pourquoi pas une petite théière autour du cou pour accompagner votre Alice in Wonderland tea party cet été?

 

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Fondée en 2009 par Neil and Alison, qui vivent dans les Scottish Borders avec leurs chiens Elvis, Edith, Bob et Marley (points bonus pour les noms des canins), And Mary c'est une collection grandissante de pièces en porcelaine finies à la main. Le couple s'inspire d'objets trouvés dans les marchés vintage et brocantes, et ont un penchant certain pour tout ce qui arbore ailes, poil ou plumes.

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Vous êtes fan de bijoux rigolos? Vous aimerez sans doute mon billet sur Tatty Devine...

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mercredi 20 mai 2015

James Rebanks, le berger qui tweete

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Photo: Christopher Nunn


Plus de 60,000 lecteurs suivent James Rebanks, berger du Lake District, sur Twitter. Sous le nom @herdyshepherd1, il y partage des photos de ses chiens Tan et Floss et de son troupeau de Herdwick sheep, ou raconte ses journées bien remplies à foncer sur son quad pour récupérer des brebis égarées, sauver des agneaux et réparer des enclos sous la pluie. Avec autant de boulot, il doit s'endormir très vite le soir – pas besoin de compter ses moutons...

Un succès inattendu, renforcé par la sortie de son livre, The Shepherd's Life, un véritable phénomène: trois semaines après sa sortie, ce best-seller en était déjà à son septième tirage. Un livre que l'on s'arrache, donc, parce qu'il offre une toute autre vision du Lake District que celle des poètes romantiques ou guides touristiques dont on a l'habitude. Une vision d'un homme complètement immergé dans la nature qui l'entoure, le rythme des saisons, et l'histoire de ses champs perchés sur de vertes collines.

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Issu d'une famille de bergers travaillant depuis plus de 600 ans dans la région, Rebanks raconte son histoire et sa vie quotidienne dans la bien-nommée Eden Valley, au nord-est du district. Un métier et une manière de vivre qui sont peu connus du grand public, puisque rares sont les fermiers ayant le temps d'écrire et la plume facile.

Rebanks a pourtant quitté l'école à 16 ans, dégouté par ses professeurs qui voulaient faire de lui quelqu'un, avec un 'vrai' métier. Mais comme la plupart de ses camarades de classe, Rebanks rejette cette 'éducation', et rentre travailler à la ferme familiale. Plus tard, il décide d'explorer sa passion pour les livres (découverte grâce à sa grand-mère) et prend des cours du soir. Il passe ses A-Levels et remporte une place à Oxford, où il étudie l'histoire et remporte une distinction. Un parcours atypique auquel on doit ce beau livre.

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Car d'après les extraits que j'ai pu lire, Rebanks écrit vraiment très bien, et nous emporte dans un autre monde, nous rappelant cette connexion à la nature qui nous manque à nous, citadins; ainsi que la beauté d'un travail physique, et ce sens de la communauté et de la famille, qui l'entoure et s'entraide. Un passage où il raconte comment les bergers utilisent un manteau de la peau d'un agneau mort pour recouvrir un agneau orphelin et ainsi tromper la brebis pour qu'elle s'occupe du petit d'un autre m'a particulièrement fasciné. Tout ce savoir ancien, ces traditions à découvrir.

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> The Shepherd's Life: A Tale of the Lake District, James Rebanks, £16.99, Allen Lane/Penguin

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mercredi 13 mai 2015

Feeling blue

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Je me suis enfin remise du choc des résultats des élections de la semaine dernière. Le parti des Conservateurs a été réélu sans problème à la surprise générale (on pensait avoir droit à une autre coalition). La faute en grande partie à un système first past the post pas du tout représentatif des souhaits des électeurs (un système proportionnel aurait favorisé les petits partis comme les Verts ou UKIP), aux Écossais qui ont préféré faire bande à part en votant SNP, et à un parti travailliste sans panache. L'Angleterre est une mer de bleu, avec seulement des petits îlots de rouge, voir vert, dans certaines villes comme Londres, et Brighton & Hove (dont quelques habitants ont des tendances séparatistes!).

À quoi s'attendre à présent que les Tories sont encore au pouvoir pour cinq ans? Ils sont entourés par des MPs qui feront tout pour s'opposer à leurs plans (y compris certains MPs ultra-conservateurs, anti-Cameron), mais ils vont quand même tenter cela:

1. Ils ne vont pas aider les milliers de gens qui se noient en Méditerranée, fuyant guerre et pauvreté: 'Qu'on les renvoie chez eux!', dit Theresa May, ministre de l'intérieur, qui propose d'interdire la liberté d'expression à certains extrémistes (les Islamistes hein, pas ceux de droite).
2. Ils vont tout faire pour ne plus jamais devoir se soumettre au European Human Act, qui protège pourtant les droits de tous les Britanniques devant la cour européenne. Qu'ils nous laissent punir en paix, dit Michael Gove, nouveau ministre de la justice et supporter de la peine de mort...
3. Ils vont essayer de privatiser la NHS, petit à petit, sans trop le crier sur les toits. 'Qu'on me laisse dégraisser le mammouth', dit Jeremy Hunt, ministre de la santé, qui par ailleurs adore l'homéopathie (un point commun avec le Prince Charles) et pense que le droit à l'avortement devrait être restreint...  

Ils ont aussi un ministre de l'égalité qui ne croit pas que les homosexuels méritent les mêmes droits que les hétéros, et sont également anti-BBC, anti-syndicats, anti-sécurité sociale... (Et anti-anti-fox hunting: Cameron veut re-légaliser la chasse au renard, car évidemment il n'y a pas de problème plus pressant dans ce pays, où plus de 900,000 personnes on fait appel aux banques alimentaires l'année dernière, une augmentation de 163%)

Et last but not least, anti-Europe... Car c'est cela le plus gros non-dit de cette campagne électorale: pour tenter de gagner des votes du UKIP et faire plaisir aux plus extrémistes dans leurs rangs, les Conservateurs ont promis un référendum sur le Brexit d'ici 18 mois, c'est-à-dire la sortie du UK de l'Union Européenne. Une sortie financièrement désastreuse, qui provoquerait sans doute la fin du United Kingdom, l'Écosse (et le Pays de Galles) étant à gauche et pro-européenne. Bref, on a pas fini de rigoler!

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mercredi 6 mai 2015

Mrs, Ms ou Miss?

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Qu'apprends-je en surfant le net francophone? Les féministes françaises pensent que Mademoiselle, c'est une case en trop. Personnellement, je suis bien d'accord, mais voyons un peu comment cela se passe au Royaume-Uni. Ici comme en France, les pauvres mecs n'ont pas le choix, c'est Mr ou rien. Par contre, les femmes ont trois possibilités:

1. Miss Que l'on prononce... Miss (ou missis, au pluriel). Ce titre honorifique pour femmes célibataires uniquement date du 17ème siècle. C'est une contraction de mistress, un titre utilisé à l'époque pour toutes les femmes. Ensuite, au 20ème siècle, les actrices ou célébrités se faisaient souvent apeller Miss so and so (untel)... Aujourd'hui il est surtout réservé à celles qui portent des couettes et font de la trottinette.

2. Mrs Que l'on prononce... Missis, est aussi une contraction de mistress, mais pour les femmes mariées uniquement. À l'origine, on appelait les femmes mariées Mrs John Smith, du nom de leur mari. Elles n'avaient le droit d'être Mrs Jane Windsor, gardant le titre et reprenant leur nom de jeune fille, seulement à la mort de leur mari.

3. Ms Que l'on prononce... Mizz. Ce terme est l'équivalent exact de Mr, dans le sens ou il ne précise pas le statut matrimonial de la femme. Ms a la même étymologie que les deux autres options, mais avait un peu été délaissé. Et cela jusque dans les années 1970 (et oui la France a 40 de retard!) lorsque les féministes américaines décident de le récupérer (lire un article du Guardian sur cette histoire). Aujourd'hui c'est le terme le plus utilisé dans les lettres ou le business dans les pays anglo-saxons.

Depuis que j'ai appris cette histoire il y a quelques années, je coche toujours la case Ms sur les formulaires britanniques, pour faire honneur à toutes ces féministes sans qui je n'aurais pas le droit de voter, d'avoir un compte en banque ou d'avorter. Mais en fait mon option préférée ce serait de pouvoir cocher la case HM, Her Majesty. Ou à la rigueur, Dame (Chevalier. Enfin chevalière, quoi. Décidément on en fini pas avec le sexisme linguistique!). Ça, ça serait la classe! ; )

Mise à jour: il y a désormais une nouvelle option qui rapellera à certains le jeu de société Mister X!

4. Mx  Que l'on prononce... soit meuks, soit aim-ex. Il s'agit d'un titre "gender neutral" pour personnes transgenres, ou tous ceux qui ne veulent pas révéler leur genre. Il est déjà utilisé par le gouvernement britannique sur la plupart de ses formulaires, par certaines grandes banques pour s'adresser à leurs clients, et devrait bientôt être ajouté au dictionnaire. Une option que très peu d'entre nous auront besoin d'utiliser, mais néanmoins très utile pour faire avancer les droits des personnes transgenres (entre 300,000 et 500,000 au UK), et faire reconnaître la complexité de l'identité de genre.

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mercredi 29 avril 2015

Les cartes postales de Gram Hilleard

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Photo: Gram Hilleard

Le photographe londonien Gram Hilleard ne reconnaît plus sa ville, transformé par les promoteurs immobiliers en espace stérile. Alors pour faire réfléchir à ce phénomène (dont je vous parlais déjà ici), il a créé une série de fausses cartes postales représentant ce nouvel aspect de la capitale. Fini Buckingham palace, Big Ben et les cabines téléphoniques rouges; bonjour tours de verre, espaces corporate et boutiques indépendantes fermées...

Un coup de gueule qui ne changera rien mais que les Londoniens parmi vous comprendront sans peine. La carte postale ci-dessous dénonce les caméras de surveillance omniprésentes, mais aussi la prolifération des espaces publics appartenant à des groupes privés:

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Celle-ci est inspirée par le genre typiquement britannique du saucy seaside postcard:

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Grues et tours sans charme à l'horizon...

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Et la disparition du vieux Soho...

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Ces cartes postales sont exposées à la Offsite Gallery jusqu'au 7 Juin.

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samedi 25 avril 2015

Carte postale du... North Norfolk

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Avec de charmants petits villages aux maisons en galets et moulins à vents, de verts pâturages, un train à vapeur, de grandes maisons historiques, de magnifiques plages de sable fin, des marais pleins d'oiseaux et même une foule de phoques, le North Norfolk à tout pour plaire. La zone entre Holkam et Cromer, dont je vous parle ci-dessous, vaut particulièrement le détour. Il y a assez à faire pour y passer un long week-end, ou même de belles vacances d'été à la plage...


Où donc?

Le North Norfolk est situé dans la région du East Anglia, au nord-est de Londres. Le county est connu pour être plat, très plat, et très rural, avec de grandes plages au bord de la Mer du Nord. Pour vous rendre dans cette région en transport public, il vous faut prendre un train Greater Anglia de London Liverpool Street à Cromer (2h40), avec un changement à Norwich; cela coûte entre £30 et £50. Une fois sur place, vous pouvez vous déplacer facilement en bus entre toutes les petites villes côtières et touristiques grâce au très pratique Coasthopper. C'est parfait pour ceux qui veulent faire de grandes balades le long du Norfolk Coastal Path. Sinon, le North Norfolk est à environ 3h de voiture de Londres. 

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On peut se promener sur la jetée où les enfants viennent pêcher le crabe; marcher sur la plage jusqu'aux falaises et aux champs de caravanes; monter tout en haut du clocher de l'église pour de belles vues; aller voir la plage/port où des tracteurs tirent les bateaux au sec (comme à Hastings), ou encore visiter le musée des sauveteurs, situé juste à côté. Et surtout manger de délicieux fish n' chips, du Cromer crab et glaces à No 1 Cromer

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S'il pleut on peut aussi aller visiter Felbrigg Hall, une propriété du National Trust; s'il fait trop beau les enfants aimeront la plage de West Runton, où il y a énormément de flaques entre les rocher (rock pools) et où l'on trouve des fossiles.


Sheringham

Le prochain bourg juste un peu plus à l'ouest sur la côte s'appelle Sheringham. Le bord de mer est beaucoup moins joli (mais le Funky Mackerel Café vaut le coup d'oeil!), par contre, il y a une petite rue commerçante et un marché populaire les samedis. Mais surtout, il y a une magnifique gare à l'ancienne, avec un très joli café. On peut y prendre un train à vapeur du North Norfolk Railway, ou Poppy Line.

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Tiré par les locomotives Black Prince, Mayflower ou Ring Haw, le train va de Sheringham à Holt, en passant juste au pied du magnifique Sheringham Park. Ce parc, créé par Humphrey Rupton en 1812, est une forêt de rhododendrons et d'azalées qui sont particulièrement magnifiques fin Mai, début juin.

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Il suffit de suivre l'allée principale pour se retrouver sur une colline avec un panorama superbe, et avec un peu de chance le train à vapeur passera juste au bon moment.

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Holt

Un peu plus au sud, en s'éloignant de la mer, on trouve le joli bourg de Holt, connu pour ses cours et ses boutiques. On peut y faire des emplettes, acheter des vieilles bouteilles de lait et autres antiquités à Owl Town Antiques, et s'acheter un picnic au Byfords deli. Ou peut-être s'arrêter déjeuner à The Barn, un petit café très sympa qui sert des gâteaux incroyables.

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Comme dans toute les villes et villages du coin, on y trouve de jolie maisons en galets...

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Blakeney

En suite, il faut s'arrêter à Blakeney, où l'on peut acheter des tickets pour les excursions en bateau (voir ci-dessous), mais aussi faire une jolie promenade dans les marais qui séparent le village de la mer.

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Morston


Morston est un miniscule village mais il a deux atouts majeurs: l'excellent pub the Anchor Inn, où l'on se régale (crabe, soupe de poisson, rôti de porc du Norfolk sauce aux pommes, treacle pudding) dans un cadre chaleureux; et le petit port d'où partent les excursions en bateau (dont Bishop Boats)pour aller voir le Blakeney Point et sa colonie de phoques. Il faut attendre la marée, et puis on file vers le banc de sable, où les phoques se prélassent (au soleil couchant, si l'on est chanceux comme nous)

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Holkham

Après toute cette nature, un peu d'architecture: juste un peu à l'ouest se trouve Holkham Hall, l'une des dix résidences les plus somptueuses d'Angleterre. Construit à la fin du 18ème, ce palais de style Palladien est aujourd'hui la maison de Lord et Lady Coke. On peut visiter ses jardins, et certaines pièces comme le fameux Marble Hall, et une très belle bibliothèque:

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Il y a aussi un magnifique village juste à côté, et l'une des plus belles plages du pays au bout de l'allée qui mène à la mer. Une étendue immense de sable, sans un stand de frites à l'horizon.

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Wells next the Sea

Enfin, le dernier arrêt de ce petit voyage est la ville de Wells next the Sea, qui a un joli port, un restaurant de fruits de mer très sympa, le Crab House Café, ainsi qu'un petit train miniature qui transporte les touristes vers une plage de sable magnifique, connue pour ses centaines de beach hut colorées:

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Sous le soleil, cela donne envie de louer une des ces petites cabanes et d'y rester quelques jours...

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On peut toujours prolonger les vacances en continuant sur la côte vers Burnham Market, Hunstanton et King's Lynn, mais ce sera pour une prochaine fois...

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lundi 20 avril 2015

Le jardin secret de Johanna Basford

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Véritable phénomène du monde l'édition, Johanna Basford a inventé à elle seule le livre de coloriage pour adulte au Royaume-Uni. Un genre qui remporte un succès inattendu en France comme en Angleterre, où cinq sur 11 des plus grands bestsellers en ce moment sont des carnets à colorier. Basford, 31 ans, originaire d'Écosse, a vendu plus de 1,4 million de ses livres, remplies d'illustrations fantaisistes de jardins parfaits à la végétations luxuriante.

Basford a passé toute son enfance dans la nature, à construire des cabanes et nager dans le loch (ses parents sont pisciculteurs, ses grand-parents étaient jardiniers), et son amour pour les fleurs, les animaux et les insectes est sans fin. Si elle n'avait pas fini illustratrice, elle serait devenue fleuriste, dit-elle. Et ce n'est pas pour rien que son livre préféré, c'est Alice au Pays des Merveilles, et son univers enchanté.

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Photo: Lifestyleetc

Après avoir monté son entreprise de papier-peints faits à la main, elle s'est reconvertie dans l'illustration. Fine businesswoman, Basford s'est fait connaître en distribuant certain de ses dessins gratuitement. Lorsqu'on lui a demandé si elle voulait faire un livre de coloriage pour enfant, elle a répondu du tac au tac: non, mais un pour adulte, avec plaisir! Après une minute d'hésitation, l'éditeur lui a donné carte blanche.

Ses livres, comme Secret Garden et Enchanted Forest, ont remporté un succès inattendu. Et ses lecteurs/colorieurs sont nombreux, et divers, cherchant dans cette activité absorbante et presque méditative une sorte de thérapie: 'I have Wall Street bankers, people in hospital recovering from strokes and other illnesses doing the books. Psychologists and therapists tell me they give them to their patients. Teenagers do them to beat exam stress. Lots of people email me to say they're using the books to get through a tough time.'

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Photos: Cultpens

Elle crée toutes ses illustrations en noir et blanc, à la mains, et recommande des Staedtler Triplus Fineliners pour les colorier.

 

 

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Photo: Gentlemancrafter

Vous pouvez voir les oeuvres de ses lecteurs ici. C'est facile de devenir accro, mais attention à ne pas déborder!

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vendredi 17 avril 2015

Honey & Co

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Un jour où j'avais envie de vacances, et ma copine de falafels, on a décidé d'aller essayer Honey & Co, un café près de Warren Street. Recommandé par tous les gourmets de Londres, c'est un tout petit espace avec un joli sol en carreaux où l'on peut déguster des petits plats du Moyen-Orient préparés par le couple Israélien Sarit Packer et Itamar Srulovich – photo ci-dessous, regardez comme ils sont mignons!

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Et bien nous n'avons pas été déçues – ce fut un vrai régal. J'irais même jusqu'à dire que c'est là-bas que j'ai découvert pour la première fois la raison d'être des falafels. Jusqu'alors, j'avais cru que c'était des boules de purée de pois chiches frites – bof. En fait, ce sont des petits nuages de pois au goût délicat et à la coque croquante à souhait... Cela vaut la visite, surtout quand c'est accompagné par de jolies salades de légumes de saison (c'est le mezze pour deux, à prendre en entrée)

Kitchengoodies
Photo: Kitchengoodies

J'ai ensuite pris une assiette de mafroom, des boulettes de poisson aux herbes servies avec une sauce tomate épicée (presque comme une soupe de poisson) et du couscous... miam.

Dimshum
Photo: Dimshum

Mais il y a aussi de l'agneau épicé et du poulet rôti sauce fromage de chèvre. Et en boisson, des limonades et thés froids rafraîchissants, ainsi que des vins français et italiens.

Le truc incroyable, à ne rater sous aucun prétexte (même les serveuses semblent totalement accros) c'est ce dessert: le cheesecake au miel de Regent's Park sur lit de cheveux d'ange. Apparemment le secret c'est de mélanger de la féta avec le cream cheese. Vous m'en direz des nouvelles.

Foliejolie
Photo: FolieJolie

Accompagné par un café à la cardamone, c'est équivalent à un vol direct pour l'autre côté de la Méditerranée. En parlant de dépaysement, n'oubliez pas d'allez faire un tour au petit coin: c'est une mini-cour avec vue sur la cuisine, et c'est vraiment trop mignon.

Enfin avant de repartir, vous pouvez même acheter des confitures et cookies pour la route. Et si vous voulez y retourner, il parait que les petits-déj/brunch sont aussi super.

Hollyhock
Photo: Hollyhock

> Honey & Co, 25a Warren St, W1T 5LZ. Métro Warren Street. Réservations essentielles: Tel 020 7388 6175.

 

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dimanche 12 avril 2015

Dernières nouvelles

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• Casse du siècle à Hatton Garden des centaines de diamants envolés; les voleurs seraient peut-être à l'origine de l'incendie de Holborn

• Pour la première fois, la Boat Race permettait aux femmes de concourrir le même jour et sur le même parcours (mais pas en même temps, faut pas exaggérer!) – un projet soutenu par Helena Morrissey, big boss et mère de 9 enfants, et la présentatrice vedette Clare Balding...

• Il a des millions de barrils de pétrole enfoui sous le sud du pays

• La campagne électorale bat son plein (et on a tous déjà envie de faire comme l'écolière ci-dessus)

Londres est hyper poluée – vendredi dernier en particulier était horrible – mais aucune intervention du gouvernement pour essayer de résoudre le problème...

Un nouveau design pour les pylons électriques britanniques

• Ici on sort de la case prison avec £45 en poche. Comment s'en sortir, et comment ne pas récidiver?

• Sue Perkins du Great British Bake Off est favorite pour remplacer Jeremy Clarkson à Top Gear. Fingers crossed!

• fini la paix, on peut désormais téléphoner dans le Tube (enfin si on a le bon téléphone)

les patins à roulette ont été inventés à Londres (au 18ème, par un Belge!)

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mercredi 8 avril 2015

Valises et portmanteaux

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‘Bobo’, ‘adulescent’, ‘informatique’, 'motel' ou même ‘franglais’ – vous avez sûrement déjà entendu un mot-valise – les Québécois sont particulièrement friands de ces néologismes, comme ‘courriel’ et ‘clavardage’… Mais il ne faut pas les confondre avec les mots composés, car ils consistent d'éléments tronqués plutôt que de mots entiers. Ainsi, 'étoile de mer' ou starfish est un mot composé; une version valise serait plutôt 'étmer' ou 'stish'.

En Anglais cela s’appelle des portmanteau words, car portmanteau désignait autrefois une valise à deux compartiments, tout comme ces mots créent un nouveau sens en alliant deux différents concepts. Ce terme a été inventé  en 1871 par nul autre que Lewis Carroll, auteur de Alice in Wonderland  (qui fête cette année ces 150 ans) et Through the Looking-Glass. Dans ce dernier, Humpty Dumpty explique à Alice: "You see it's like a portmanteau—there are two meanings packed up into one word."

Carroll a inventé de nombreux mots-valises; certains, comme chortle (chuckle + snort), un rire-grognement traduit en français par gloussement, étant devenus très courant en Anglais. Mais il n'est pas le seul: il me semble que de ce côté de la Manche on adore créer de nouveaux mots. Que ce soit pour rire, pour inventer un nouveau concept, pour adapter la langue au monde d'aujourd'hui – peu importe les raisons, on crée des portmanteaux à la pelle.

Les médias les utilisent pour décrire des couples célèbres comme Brangelina (Brad Pitt + Angelina Jolie), des nouveaux concepts comme le glamping (glamour + camping, ou camping de luxe) ou metrosexual, (metropolitan + heterosexual; citadins soucieux de leur apparence), ainsi que des nouveaux moyens de communication, comme edutainement (education + entertainment), docudrama (documentary + drama), blog (web + log), vlog (video + log) ou emoticon (emotion + icon).

Souvent, il suffit de changer le début d'un mot pour lui donner des connotations bien différentes: un documentaire de rock devient rockumentary; un faux documentaire mockumentary; un documentaire scandaleux shockumentary. Parfois, un mot met le doigt sur l'air du temps, comme bankster (banker + gangster) pendant la dernière crise financière, un phénomène de société comme sexting (sex + texting), ou un problème contemporain comme les chuggers (charity + muggers) qui tentent de vous recruter à leur cause en vous alpaguant sur le trottoir, ou les workaholics (work + alcoholic) et shopaholics.

Certains mots portmanteaux comme brunch (breakfast + lunch) ou smog (smoke + fog) sont anciens; d'autres viennent de la fin du 20ème siècle, comme bootylicious (booty + delicious; voluptueuse); bodacious (bold + audacious; fabuleux) et chillax (chill + relax). Il y aussi les très courants mocktail (mock + cocktail; cocktail sans alcool); spork (spoon + fork), jeggings (jeans + leggings)... J'aime particulièrement frenemy (friend + enemy; un soi-disant ami dont les actions sont plutôt celle d'un ennemi); ginormous (gigantic + enormous) et affluenza (affluence + influenza; stress/grippe causé par la surexposition à la société de consomation).

Enfin, ces dernières années ont vu apparaître des "portmanteaux pour hommes", transformant un mot neutre ou à connotation féminine en vocabulaire de genre masculin: une histoire d'amitié entre mec se dit bromance (brother + romance); un mec qui met du mascara est un guyliner (guy + eyeliner); un sac pour homme est un manbag (man + handbag); un mec avec une poitrine a des moobs (man + boobs); des leggings pour mecs ce sont des meggings (male + leggings)...

Man est aussi utilisé comme un préfixe péjoratif pour décrire des moments de sexisme ordinaire, comme dans mansplaining (man + explaining; le fait dE donner des explications souvent incorrectes sur un ton condescendant pour bien montrer qu'il sait tout et est le plut fort); mantisocial (man + antisocial, comportement antisocial typiquement masculin, comme pisser partout) et manterrupting (man + interrupting, le fait d'interrompre d'une conversation pour prouver qu'il est le plus intéressant). Le mot composé manspreading (le fait de s'assoir avec les jambes super écartée pour marquer son territoire) est du même genre.

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mercredi 1 avril 2015

Poldark

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Move over Downtown Abbey! La série dont tout le monde parle aujourd'hui c'est Poldark, un costume drama qui se joue au 18ème siècle en Cornouailles. Robes à corset, chevauchées, duels, combats de classes, histoire d'amour impossible: c'est du grand spectacle et les Anglais en redemandent – surtout l'office du tourisme des magnifiques Cornouailles, ravi de l'intérêt qu'on lui porte (tout promet d'être complet cet été, c'est comme l'effet Broadchurch).

Basé sur romans historiques de Winston Graham, déjà adaptés dans les années 1970 par la BBC avec énorme succès, Poldark est l'histoire d'un capitaine de l'armée britannique qui rentre chez lui et apprend que son père est mort, son héritage ne vaut rien, et sa belle se marie avec son cousin. Face à l'adversité, il remonte les manches, aide ses prochains, et marie sa bonne. Tout un programme...

Ross Poldark est joué par Aidan Turner, un acteur irlandais autrefois excellent en vampire dans Being Human (je recommande) et en nain dans The Hobbit. Ici il trouve un rôle à la mesure de ses boucles, un gentleman rebel dont tout le monde tombe amoureux. Selon la scénariste Debbie Horsfield, ce héros romantique emprunte à 'Darcy, Heathcliffe, Rochester, Rhett Butler et Robin des Bois' – bref, il va en briser des coeurs (Twitter explose à la moindre scène torse-poil, qui vaut à elle seule leur redevance télé selon certains)  

Tout cela est très bien filmé – en particulier les paysages idylliques des Cornouailles, les scènes sur les falaises près des mines d'étain, lorsque les femmes attendent les bancs de pilchard, ou que l'héroine Demelza (une excellente Eleanor Tomlinson) se promène dans les champs... En bonus, on entend cet accent si particulier, qui me fait tout de suite penser au grand large et aux pirates...

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Si vous êtes en Angleterre, tout est sur BBC iPlayer...

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mercredi 25 mars 2015

Savage Beauty, l'expo Alexander McQueen au V&A Museum

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Ça avait pourtant mal commencé: ayant acheté mon billet un mois à l'avance, pour un après-midi en semaine (un créneau que je pensais plutôt calme), je me suis retrouvé à faire la queue, pendant 20 minutes, avant de pouvoir rentrer. Même une fois à l'intérieur, j'ai du me mettre sur la pointe des pieds pour admirer certaines des robes d'Alexander McQueen. Comme en plus, en guise de brochure, on m'a donné pour patienter une publicité à peine déguisée pour la marque de bling bling qui sponsorise le truc, je me suis dis que je m'était fait complétement avoir.

Eh bien j'ai tout de suite changé d'avis, car cette exposition dédié au couturier Lee Alexander McQueen, né à Lewisham en 1969, mort à Mayfair en 2010 – toute une trajectoire – est simplement spectaculaire. Ses créations extraordinaires, faites de plumes et de diamants, sont présentées des décors magiques (créés par ses collaborateurs Sam Gainsbury et Joseph Bennett) et accompagnée par de la musique – le résultat est captivant.

"I want to be the purveyor of a certain silhouette or a way of cutting, so that when I'm dead and gone people will know that the 21st century was started by Alexander McQueen," dit le couturier, pas humble pour un sou, mais avec raison – la première pièce, dédiée à l'influence qu'à eu son apprentissage de tailleur à 16 ans, sur Saville Row, est remplie de vestes, de ses pantalons 'bumsters', tous avec des coupes magnifiques. McQueen disait commencer par dessiner les silhouettes de profil, le côté le plus difficile.

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Étudiant à la fameuse St Martins School of Arts, il emballe le monde de la mode (en particulier Isabella Blow) avec ses créations originales. "I find beauty in the grotesque, like most artists. I have to force people to look at things," disait-il. L'expo retrace toutes ses influences, de ses origines écossaises, au gothique victorien et Jack the Ripper, aux voyages lointains, et la nature.

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J'ai particulièrement aimé ses robes en plumes, fleurs séchées et en coquillages, ainsi que la salle 'tribale' avec des costumes inspirés des cultures primitives, mais l'exposition est très complète et l'on retrouve des créations de la plupart de ses collections.

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La pièce maîtresse de l'exposition est sans aucun doute le Cabinet de Curiosité, un espace avec des hauts plafonds et des étagères remplies de créations plus belle les unes que les autres. 

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L'occasion d'admirer de plus près les accessoires magnifiques, comme les bijoux créés par Shaun Leane, et les chapeaux de Philip Treacy:

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L'occasion également de voir des clips de ses shows, toujours présentés de manière provocante ou théatricale (McQueen ayant aussi travaillé pour les créateurs de costumes de théâtre Angels & Berman): les mannequins se déplacent sur un jeu d'échec géants, sont entourées par une ligne de feu ou se font sprayer de la peinture sur leurs robes blanches par des robots automobiles. La salle suivante montre une Kate Moss fantomatique apparaissant dans un hologramme.

Si vous ne pouvez pas y aller, explorez ce mini-site du V&A pour plus de photos et d'informations.

> Savage Beauty, jusqu'au 2 août, V&A Museum (Métro: South Kensington).

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samedi 21 mars 2015

Le "cup of tea effect"

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C'est une des conséquences les moins visibles (enfin pour ceux qui ont vu quelque chose à travers les nuages) de l'éclipse de vendredi. Tout en écoutant Total Eclipse of the Heart de la chanteuse galloise Bonnie Tyler (trois fois plus demandée sur internet que d'habitude), les Anglais ont allumé leur télé pour suivre cela en direct, en buvant une tasse de thé. Le résultat: une augmentation de la demande en électricité de 600 MW, l'équivalent de 240,000 bouilloires. Pas grand chose, mais seulement parce qu'il ne faisait pas beau.

La National Grid était préparée, car elle a l'habitude de gérer ce qu'on appelle le TV pick up, ou 'cup of tea' effect – un phénomène typiquement britannique. Nulle part ailleurs tant de personnes regardent les mêmes shows à la télé en même temps; nulle part ailleurs tant de personnes allument leurs bouilloires (ou ouvrent leurs frigos) en même temps, et sur une si courte période (et cela même alors qu'il y a maintenant la télé sur demande).

Les plus grand pickups ont été enregistrés après:
- l'éclipse de 1999 (3000 MW)
- la demi-finale England v West Germany, Coupe du Monde 1990 (2800 MW)
- la fin de la série télé The Thorn Birds en 1984 (2600 MW)
- le quart de finale England v Brazil, Coupe du Monde 2002 (2570 MW)
- le mariage royal de William et Kate le 29 avril 2011 (2400 MW)
- l'épisode de Eastender du 5 avril 2001, durant lequel on apprend
qui a tiré sur Phil... (2290 MW)
- la finale England v Australia, Coupe du Monde de rugby 2003 (2110 MW)
- la victoire d'Andy Murray à Wimbledon en 2013 (1600 MW)

Comme le montre cette vidéo, le National Grid Energy Balancing Team est chargé de réguler tout ça. Ils sont bien préparés pour la hausse de demande qui a lieu tous les soirs à 21h (à la fin de soap operas comme Eastenders, plus de 1.75 millions de bouilloires sont allumées en même temps), et la baisse qui a lieu les jours comme le Boxing Day après Noël. Par contre, les matchs sportifs et les compétitions de tennis, imprévisibles, sont un challenge. Ces power surges sont parfois équivalents à la consommation totale en électricité de la ville de Londres.  

Voilà de quoi vous faire méditer la prochaine fois que vous allumez votre bouilloire!

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mercredi 18 mars 2015

Discworld, de Terry Pratchett

Discworld

 

La mort de l'écrivain Terry Pratchett, auteur de la série Discworld, la semaine dernière a fait la une des journaux ici, car en Angleterre, la science-fiction n'est pas seulement une affaire de geeks (autre explication, également plausible: la population anglaise consiste en grande majorité de geeks). Certains, pour rendre hommage au grand écrivain populaire, ont même décidé de cacher son nom dans le code internet, pour qu'il vive éternellement et universellement sur le web (une idée inspirée par son 33ème livre, Going Postal).   

Discworld, c'est l'histoire des habitants d'un monde étrange en forme de disque, posé sur le dos de quatre éléphants eux-mêmes perchés sur le dos d'une tortue géante. C'est aussi et surtout une façon de parodier notre société, et de parler de toutes sortes de problèmes culturels, politiques ou scientifiques contemporains – l'étiquette fantasy est incroyablement réductrice dans ce cas. Small Gods parle de religion et de fanatisme, Making Money de capitalisme et The Witches de l'importance de l'esprit critique.

Comme Pratchett lui-même l'expliquait: "Recent Discworld novels have spun on such concerns as the nature of belief, politics and even journalistic freedom. But put in one lousy dragon and they call you a fantasy writer." ("Le thème des derniers romans Discworld ont inclus des questionnements sur la nature de la croyance religieuse, la politique et la liberté de la presse. Mais il suffit d'inclure un pauvre dragon et on se fait catalogué écrivain de fantasy")

Les romans de Discworld, ce sont le genre de livres avec couvertures criardes que l'on trouve dans toutes les gares et aéroports du pays, le genre de livre que j'ignore d'habitude en me disant que ce n'est pas mon genre. À force de les voir, et d'en entendre parler (ils se sont vendus à plus de 80 millions d'exemplaires, et traduits en 37 langues), j'ai craqué et j'ai ouvert The Colour of Magic, le premier de cette série. Et je me suis bien amusée. Ce livre, décrit par Pratchett comme étant un hommage au 25 ans passés à lire de la fantasy (tout a commencé à 13 ans, lorsqu'il a lu Lord of the Rings en 25h) regorge de blagues et suit les aventures du pauvre Rincewind, magicien raté qui s'en prend plein la figure.

D'autres personnages apparaissent ensuite, comme Death (la mort), qui parle toujours en PETITES MAJUSCULES, Granny Weatherwax, une sorcière pleine de sagesse qui défini le mal comme étant "lorsque l'on traite des personnes comme des choses"; Sam Vines, un policier qui déteste l'autorité; et Moist von Lipwig, le brigand et escroc au nom tout simplement parfait.

Discworld, c'est Tolkien qui ne se prend pas au sérieux et qui parle d'humains plutôt que de hobbits; c'est un cousin du également très drôle The Hitchiker's Guide to the Galaxy. C'est surtout plein de bons mots et de citations tout simplement parfaites (on dit souvent que Pratchett est l'un des auteurs les plus dignes d'être cité, après Shakespeare and Wilde).

Chaque fan a son préféré, du "So much universe, and so little time"; au philosophe "The presence of those seeking the truth is infinitely to be preferred to the presence of those who think they’ve found it" et "Wisdom comes from experience. Experience is often a result of lack of wisdom” ou encore “The trouble with having an open mind, of course, is that people will insist on coming along and trying to put things in it.” Personnellement, j'aime beaucoup le “If you have enough book space, I don't want to talk to you.” (Si tu as assez de place pour tout tes livres, je ne veux pas te parler").

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mercredi 4 mars 2015

Dishoom

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Situé à Covent Garden, King's Cross (ci-dessus) et Shoreditch, les trois restaurants Dishoom suivent tous une recette qui marche: des petits plats épicés délicieux, mélange d'influence indiennes et britanniques; un décor au charme suranné inspiré par les vieux cafés iraniens de Bombay; et le service rapide et efficace d'une opération rondement menée.

C'est ouvert toute la journée, on peut donc y prendre un petit dèj du tonnerre (voté de nombreuses fois comme étant l'un des meilleurs de Londres) ou juste s'y arrêter pour une tasse de massala chai.

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Pour vous transporter dans le Bombay des années 1950, les propriétaires sont allés chiner en Inde; le résultat ravira les fans de vintage:

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Samosa ou chicken tikka, on y sert des classiques...

The Cutlery Chronicles
Photo: TheCutleryChronicles

..ainsi que de très bons cocktails, y compris un Bombay Pimms et un chaijito qu'il faut s'empêcher de descendre trop vite en attendant une table (car c'est impossible de réserver pour moins de six personnes, et il y a toujours la queue aux heures de pointes).

Dishoom drinks
Photo droite: LondonFoodie

Park & Cube
Photo: Park & Cube

Je vous recommande les Gunpowder potatoes, cuites puis légèrement écrasées avec un mélange d'épices, d'onions frais et de coriandre – un délice.

CulinaryAdventuresoftheSpicescribe
Photo: CulinaryAdvenutresoftheSpicescribe

Et pour finir j'ai beaucoup aimé le crumble à l'ananas et au poivre...

Lanisays
Photo: Lanisays

Et pour couronner le tout, un repas pour deux avec cocktails ne coûte que £35 environ. De quoi donner envie de revenir!

Dishoom Covent Garden: 12 Upper St. Martin’s Lane WC2H 9FB. King's Cross: 5 Stable Street N1C 4AB. Shoreditch: 7 Boundary Street E2 7JE.

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