Londres calling

jeudi 28 avril 2016

Alan Kitching, typographe

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J'ai découvert l'autre jour par hasard le travail d'Alan Kitching, un as du letterpress typographic design, c'est à dire de l'impression de caractère typographique. Dans son atelier The Typography Workshop à Kennington, dans le sud de Londres, il crée depuis des décennies des posters et des illustrations plus colorées les unes que les autres, utilisant sa collection infinie de caractères en métal.

Vous pouvez l'entendre parler de sa carrière, et le voir au travail dans ce petit film fait pour promouvoir la sortie de son livre, Alan Kitching: A Life in Letterpress:


Son talent inégalé pour la composition et la couleur – l'art de transformer les textes en images, en fait – à été mis en avant dans des projets récents pour The Guardian, la Royal Mail, la Tate Modern, le National Theatre et Borough Market, où vous pouvez toujours voir ses jolis signes.

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Sa persévérance, et sa résistance à abandonner cet technique d'impression jugée obsolète il y a quelques années, lui vaut d'être révéré par tout les jeunes designers d'aujourd'hui qui aiment le fait-main autant que les ordinateurs.

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Si vous voulez voir son travail de plus près, allez donc jeter un oeil à la petite expo qui lui est consacrée à Somerset House. On peut y voir de jolies créations, y compris une version du calligrame d'Appolinaire Il Pleut, et son travail pour le Guardian (ci-dessous):

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Photo: © Kevin Meredith

L'expo de graphisme Pick Me Up comprend également une exposition sur le travail d'une sélection de jeunes illustrateurs, et toute sorte de stands de petits studios et galeries, de Grey Jam à Clay Collective, proposant leurs créations originales. L'occasion de mettre la main sur un T-shirt totalement unique, ou de faire le plein de beaux livres et de cadeaux (comme les créations de Oh Deer) dans la boutique de l'expo.

> 'Alan Kitching: A life in Letterpress', Pick Me Up festival, jusqu'au 2 mai, Embankment Galleries, Somerset House, ouvert 10h-18h, mercredi et jeudi -21h, entrée £10, métro: Charing Cross/Covent Garden/Temple

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dimanche 24 avril 2016

La langue de Shakespeare

Calamity Meg
Photo: Shakespeare's Words by Calamity Meg

Le Royaume-Uni fêtait hier les 400 ans de la mort de Shakespeare à grand coup de spectacles et d'évènements spéciaux, de Stratford-upon-Avon où le Bard est né, à Londres, où il a fait carrière et changé la culture anglaise à jamais. Si vous vous promenez sur la South Bank aujourd'hui (de Westminster Bridge à Tower Bridge, en passant par le Globe, évidemment, pour faire le plein de joli cadeaux shakesperiens) vous pouvez voir 37 de ses pièces sur grand écran dans le cadre du projet The Complete Walk.

Son influence culturelle est énorme bien sûr, mais aujourd'hui j'aimerais célébrer son inventivité langagière... Ses pièces et poèmes ont contribué à standardiser la langue anglaise, sa grammaire et son vocabulaire, mais aussi ont popularisé de nombreux mots et expressions toujours utilisés aujourd'hui. Shakespeare aurait introduit dans le langage écrit, popularisé et inventé plus de 1 700 mots et expressions, comme "lonely" (seul/solitaire), "dwindle"(diminuer) ou les fameux "all the world's a stage" (le monde entier est un théâtre) et "the world is my oyster" (le monde m'appartient/est dans ma poche, incidemment à l'origine de la fameuse oyster card de TFL).


En voici une petite sélection:

"strange bedfellows" (The Tempest) : un drôle de tandem

“be-all and the end-all” (Macbeth) : le summum [le est-tout et le fini-tout]

“refuse to budge an inch” (Measure for Measure / The Taming of the Shrew) : refuser de bouger d'un poil

“cold comfort” (The Taming of the Shrew / King John) : maigre consolation

“a dish fit for the gods” (Julius Caesar) : un plat digne des dieux

“devil incarnate” (Titus Andronicus / Henry V) : diable incarné

“faint hearted” (Henry VI Part I) : faible

“milk of human kindness” (Macbeth) : le lait de la tendresse humaine

“full circle” (King Lear) : revenir à son point de départ

"seen better days" (Timon of Athens) : avoir connu des jours meilleurs

“good riddance” (Troilus and Cressida) : bon débarras

"fashionable" (Troilus and Cressida) : à la mode

“brave new world” (The Tempest) : le meilleur des mondes

“jealousy is the green-eyed monster” (Othello) : la jalousie est un monstre au yeux vert

“heart of gold” (Henry V) : coeur d'or

"addiction" (Othello): dépendance

“love is blind” (The Merchant of Venice) : l'amour est aveugle

“wild-goose chase” (Romeo and Juliet) : fausse piste [chasse à l'oie sauvage]

"all's well that ends well (All's Well That Ends Well) : tout est bien qui fini bien

"too much of a good thing" (As You Like It) : trop d'une bonne chose

"naked truth" (Love's Labour's Lost) : la pure vérité [nue]

"swag" (A Midsummer's Night Dream) : style, allure

"salad days" (Antony and Cleopatra) : années de jeunesse et d'inexpérience [les jours de salade]

“bedazzled” (The Taming of the Shrew): ébloui

“gloomy” (Titus Andronicus): sombre

“grovel” (Henry VI, Part II): ramper devant quelqu'un

"cruel to be kind" (Hamlet) : qui aime bien châtie bien

On estime que durant sa carrière Shakespeare a utilisé plus de 15 000 mots différents – à titre de comparaison, il y en a 5 642 dans l'Ancien Testament, et un paysan de l'époque avait un vocabulaire d'environ 300 mots. En empruntant à d'autres langues européennes, au grec et au latin, en changeant des noms en verbes et des verbes en adjectifs, en ajoutant des préfixes et suffixes à tout bout de champ, le grand dramaturge a réinventé sa langue et l'art de l'écriture.

Shakespeare aimait beaucoup à ajouter des préfixes comme "un-" (unsex, undeaf, unspeak, unshout, uncomfortable, uneducated, unlock, untie) pour renforcer le sens de ses lignes. Comme d'habitude, c'était un précurseur, puisqu'aujourd'hui beaucoup de nouveaux mots sont créés de la même manière, comme unfriend (sur Facebook), unfunny et untouristy...

 

 

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mercredi 20 avril 2016

Playtime

 

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Les Londoniens sont de grands enfants, c'est bien connu. Et rien ne leur plaît plus après une journée de travail que de passer leur soirée à boire des verres en jouant à un jeu. Heureusement, il reste encore quelques tables de billard et cibles de fléchettes (sans compter une piste de London skittles, une sorte de bowling que l'on peut essayer au Freemasons Arms à Hampstead) dans les pubs traditionnels de la capitale.

Mais depuis quelque années, c'est aussi devenu une vraie mode de transformer Londres en grand terrain de jeu pour kidults: nous avons maintenant un parc de trampolines, des soirées clubs avec piscine à balles et ballons sauteurs, un super café où l'on peut faire des robots en lego, une piste de pétanque au sec, une reconstitution du jeu télé Crystal Maze (un peu comme si on pouvait faire Fort Boyard en plein centre de Londres) qui vient d'ouvrir et qui affiche complet pour les prochains mois, et bientôt même un toboggan géant de Carsten Holler sur l'Orbit (cela ouvre ce printemps).

De nouveaux établissements cool et branchés reprennent le flambeau des jeux, et vous pouvez maintenant siroter votre pinte en lançant des fléchettes sans voir un seul bout de vieille moquette fleurie. Ping pong, bowling, jeux d'énigme et minigolf: il y en a vraiment pour tous les goûts. Voici les meilleures adresses de Londres pour les joueurs invétérés.

 

Bowling: All Star Lanes

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C'est quoi? All Star Lanes c'est une chaîne de bowling alley au décor rétro style Grease et diner américain classique. Le matériel vient tout droit des US, et certaines branches offrent aussi des espaces karaoké.
Au menu: des classiques américains, y compris burgers, surf n' turf, wings and ribs, chilli dogs, pancakes...
Où ça? Bayswater, Brick Lane, Holborn, Westfield Stratford
Et aussi: Bloomsbury Bowling Lanes

 

Minigolf: Plonk

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C'est quoi? Plonk propose des minigolfs au décor totalement kitsch – fausses fleurs, volcan, bambous, à quatre endroits différents.
Au menu: Bières, plus boissons style Tiki bar hawaïen et BBQ les weekends à Brixton
Où ça? Dalston, Brixton, Hoxton, Battersea et bientôt Victoria Park
Et aussi: Swingers, qui ouvre très bientôt

 

Babyfoot: Bar/Café Kick

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C'est quoi? Ouvert depuis des années, Café Kick et Bar Kick sont de véritables précurseurs du mouvement. Leur spécialité: le babyfoot – ou comme on dit par ici, le table football – et un décor rétro sympa avec vieilles affiches de foot et souvenirs sportifs. Bar Kick est plus grand, avec onze babyfoot Bonzini.
Au menu: Sandwich, salades, tapas
Où ça? Shoreditch High Street et Exmouth Market
Et aussi: Pizza Pilgrims Soho; Beers & Buns

 

Fléchettes: Flight Club

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C'est quoi? Avec ses jolies banquettes en cuir et ses luminaires originaux, Flight Club propose une version moderne d'un jeu très traditionnel. On peut y réserver une zone avec une cible, c'est parfait pour les groupes (jusqu'à 12 personnes).
Au menu: Mezze, pizza, burgers...
Où ça? Old Street/Finsbury Square
Et aussi: Old China Hand, Lamb & Flag

 

Ping pong: Bounce

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C'est quoi? Avec 2 branches et 28 tables, Bounce est le spécialiste londonien du table tennis. C'est très chic, fait pour les groupes et les fans de ping pong, qui n'auront même pas besoin de quitter la table pour se faire servir... à manger.
Au menu: Cocktails à base de gin, pizzas et plats d'inspiration plutôt méditerranéenne.
Où ça? Farringdon et Old Street
Et aussi: Ping, Sink

 

Roller disco: Bump

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C'est quoi? Bump est une roller disco nomade avec DJ et bar qui s'installera du 22 avril au 8 mai à Canary Wharf.
Au menu: boissons au Disco Ball Bar
Où ça? Canary Wharf
Et aussi: le London Friday Night skate

 

Jeux de société: Draughts

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C'est quoi? Un café dédié aux jeux de société, Draughts (jeu de dames) propose plus de 600 jeux différents, de Camel Up à Walk the Plank en passant par Risk et Pictionnary. Il a été financé grâce à une campagne Kickstarter et il est très populaire.
Au menu: Mezze et plats d'inspiration méditerranéene
Où ça? Haggerston
Et aussi: votre local, ou pub de quartier, se doit d'avoir 5-6 jeux de société pour les après-midi pluvieux...

 

Billard: 1920 Bar

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C'est quoi? Un bar au décor style New York, 1970, avec des tables de billard américain situé près de Farringdon, 1920 est ouvert depuis plus de 15 ans.
Au menu: Burger et apple crumble
Où ça? Clerkenwell
Et aussi: Efes Snooker Club, Riley's, Creechurch Club Room

 

Jeux d'arcade: The Four Quarters

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C'est quoi? The Four Quarters est un bar tout simple avec des jeux d'arcade retro comme Pac Man, Space Invader et Sega Rally.
Au menu: Bières artisanales et grill américain
Où ça? Peckham
Et aussi: Loading

 

Énigmes: Hint Hunt

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C'est quoi? Pour gagner auHint Hunt, ou la chasse aux indices,  une équipe de 3-5 personnes doit résoudre des énigmes pour pouvoir s'échapper d'une pièce fermée où a eu lieu un crime.
Au menu: Pas le temps de manger, il n'y a que 60 minutes pour trouver un moyen de sortir de là
Où ça? Euston
Et aussi: Clue Quest, Escape Hunt, Escape Rooms

 

Jeux vidéos: Meltdown

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C'est quoi? Le Meltdown Bar est un repère de geek qui attire les meilleurs joueurs de jeux vidéo (ou eSports) du monde avec ses consoles, PC, live stream et tournois.
Au menu: Cocktails
Où ça? Caledonian Road
Et aussi: Gamer Disco

 

Best of: The Four Thieves

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C'est quoi? The Four Thieves propose une très grande sélection de jeux différents, y compris mini course de voiture, ping pong et jeux d'arcade.
Au menu: British pub classics
Où ça? Battersea
Et aussi: The Lion; The Book Club

 

Bingo: Rebel Bingo

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C'est quoi? Offrant un style de bingo décrit comme "intense and emotional", Rebel Bingo est un mix de club, bingo et spectacle qui décoiffe.
Au menu: Boissons seulement
Où ça? Camden Mecca Bingo, The Clapham Grand
Et aussi: Gala Bingo Tooting pour le décor

 

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lundi 11 avril 2016

Alexis Soyer, un chef français à Londres

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On parle aujourd'hui d'une percée des chefs français à Londres: suivant les pas étoilés de précurseurs comme les frères Albert et Michel Roux ou Raymond Blanc, une nouvelle génération vient s'installer de ce côté-ci de la Manche. Au lieu de déléguer comme Ducasse, Robuchon et Gagnaire, des cuisiniers comme Hélène Darroze se mettent aux fourneaux anglais et y trouvent parfois plus de succès qu'à la maison. Arnaud Bignon au Greenhouse, Amandine Chaignot au Rosewood et Grégory Marchand, ancien Londonien et apprenti chez Jamie Oliver, qui vient d'ouvrir avec grand succès Frenchie à Covent Garden – la liste s'agrandit de plus en plus vite ces derniers mois.

Mais aucun d'entre eux ne peux espérer atteindre le même succès que leur ancêtre Alexis Soyer (1809-1858), le premier celebrity chef. Comme vous pouvez l'apprendre dans l'excellent biographie de Ruth Cowen, Relish: The Extraordinary Life of Alexis Soyer, Victorian Celebrity Chef, Soyer était non seulement un Français excentrique adorant les vêtements "à la zoug-zoug" (coupés en biais), mais aussi un cuisinier doué, auteur de best-sellers, philanthrope, héro de la Guerre de Crimée et inventeur de génie – son Magic Stove de 1849 est le premier réchaud de camping au monde.

Né en 1809 à Meaux-en-Brie, ce fils d'épicier fuit la révolte des Trois Glorieuses et suit les traces de son frère en Angleterre, où il devient en quelques années le cuisinier du très select Reform Club (où l'on peut encore aujourd'hui déguster ses Lamb Cutlets Reform). Ayant l'opportunité de rénover les cuisines du club, il les remplit de ses inventions brillantes: une machine à vapeur produisait l'énergie nécessaire pour pomper l'eau, faire chauffer les bains-marie, fonctionner les monte-plats et les ventilateurs; quant aux cuisinières, elles fonctionnaient au gaz (Soyer est le premier à cuisiner au gaz). Le tout était si étonnant que plus de 15000 visiteurs se sont pressés aux portes du club pour visiter les nouvelles cuisines où Soyer et son équipe préparaient pas moins de 5 repas différents par jour.

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Grâce à ses menus extravagants (comprenant des plats comme miroton de homard, soupe à la tortue, crevettes au Champagne et gelée de framboises à la Fontainebleau), sa personnalité, ses inventions et ses livres à succès, il devient le cuisinier le plus connu d'Angleterre. Tel un Jamie Oliver Victorien, le chef au béret crée une marque de sauces pour Crosse & Blackwell (à l'origine produites près de Charing Cross Road) que l'on retrouve vite sur toutes les tables. Il cuisine un petit-déjeuner royal pour 2000 personnes le jour du couronnement de Queen Victoria en 1838, puis ouvre un 'pop-up' restaurant et parc d'attraction, le Soyer's Symposium, à l'emplacement du Royal Albert Hall (une entreprise risquée qui devient faillite commerciale).

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Mais ce n'est pas tout: Soyer créa aussi un livre de cuisine simple pour aider les gens à mieux manger à moindre coût, A Shilling Cookery for the People; des soupes populaires pour les pauvres Huguenots de Spitalfields; des cuisines portables qui pouvait nourrir 26000 personnes par jour pendant la Grande Famine d'Irlande, et sauva la vie à de nombreux soldats de la guerre de Crimée en transformant les cuisines de l'hôpital de Scutari, changeant les recettes des rations des soldats et leur apportant ses Magic Stoves (qui seront utilisés par l'armée britannique jusque dans les années 1980!).

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Une vie bien remplie qui se termina sans le sous, et sans reconnaissance du gouvernement... Mais Soyer restera à jamais dans les livres d'histoire comme le premier celebrity chef d'Angleterre et l'inventeur du réchaud – pas mal pour un fils d'épicier étranger qui ne savait pas écrire!

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lundi 4 avril 2016

The Enchanted April, de Elizabeth Von Arnim

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Voici un roman à lire par une belle journée de printemps, si possible assise au soleil dans une chaise longue près d'un parterre de fleurs éclatant ou sous une glycine parfumée. Cette histoire toute simple mais merveilleusement écrite, est un vrai un rayon de soleil. Quatre femmes très différentes répondent à une annonce dans le Times: "À louer pour tout le mois d'avril: château médiéval italien au bord de la Méditerranée" et cette escapade loin de leur train-train quotidien et du temps gris de leur pays (comme je les comprend!), va changer leur vie.

Décrit comme "a charming thing", The Enchanted April, est un conte léger qui connut un grand succès lors de sa publication en 1922. Dans la lignée de Midsummer Night's Dream pour son côté féerique et The Secret Garden pour le bucolique, précurseur de A Room With a View ou peut-être même de Bridget Jones' Diary, ce roman à la fois drôle et romantique nous offre des portraits de femmes précis, des points de vue uniquement féminins, et des descriptions de toute beauté des paysages et des jardins méditerranéens.

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Le tout reflète parfaitement le talent, l'esprit et l'attitude originale de son auteur, Elizabeth von Arnim (1866 – 1941), que je viens tout juste de découvrir alors que c'était une véritable star littéraire à l'époque. Née Mary Annette Beauchamp, elle faisait partir du monde littéraire anglais: amante d'HG Wells, ami de George Bernard Shaw, cousine de Katherine Mansfield, et patronne d'EM Forster, le tutor de ses enfants. Von Arnim a vécu dans 35 maisons différentes, en Australie, Angleterre, Allemagne, Suisse et USA, avec ses 5 enfants et 14 chiens, et adorait recevoir des foules d'invités dans ses châteaux.

Pour écrire ce livre, elle s'est inspirée d'un séjour à Castello Brown, Portofino, ainsi que de sa vie privée (un mariage tumultueux avec le comte Von Arnim de Pomeranie) et de son amour pour les voyages. Elle a l'oeil pour remarquer les petits détails de comportement et de psychologie humaine, les problèmes de communication, les différences de classes sociales... Et tout cela fini avec un happy ending, bien sûr.

> The Enchanted April, par Elizabeth von Arnim est publié en livre de poche anglais par Vintage Classics et Penguin Books ou français par 10/18. Il y a aussi une adaptation cinéma de Mike Newell datant de 1992.

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lundi 28 mars 2016

Strange and Familiar, Barbican Art Gallery

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Strange and Familiar: voici une exposition au Barbican Centre qui vaut le coup d'oeil. Elle rassemble des images datant de 1930 à aujourd'hui, prises par 23 photographes étrangers différents venus faire des reportages au Royaume-Uni. Sélectionnées par le grand photographe britannique Martin Parr, elles permettent de se faire une vision d'ensemble du pays, sa culture et son histoire. On y trouve de la poésie, du reportage de guerre, des clichés – bouteilles de lait sur le pas de la porte – et surtout des images étonnantes, que l'on soit Anglais ou non.

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London 1953, par Cas Oorthuys

De l'espionne soviétique Edith Tudor Hart qui montre le East End de Londres dans toute sa misère aux portraits de citadins faisant leurs courses, classés par style vestimentaire dans un diaporama fascinant, du Hollandais Hans Eijkelboom, l'exposition rassemble des points de vues et des approches artistiques totalement différentes.

J'ai beaucoup aimé l'auto-portrait de Tudor Hart, pris dans un miroir de Caledonian Market à Londres, ainsi que cette image si bien cadrée qui parait sortir tout droit de l'époque victorienne (comme avec beaucoup d'autre photos de l'expo pourtant prises dans les années 1950).

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Gee Street, Finsbury, London, ca. 1936, par Elisabeth Tudor Hart

Quant aux photos du Français Raymond Depardon, elles savent trouver des touches de couleurs dans le Glasgow des années 1980, où il ne faisait vraiment pas bon vivre à première vue...

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Glasgow 1980, par Raymond Depardon

Si le Chilien Sergio Larrain parvient à capturer parfaitement l'énergie de Londres, avec des images en mouvement, l'Allemand Frank Habicht est l'homme des Swinging Sixties. Son portrait d'une festivalière à chapeau à Hyde Park est magnifique, tout comme cette image de deux jeunes femmes demandant l'heure à un City worker:

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Time, Gentleman, please!, City of London (1960s), par Frank Habicht

À ne pas manquer également: les photos d'Henri Cartier-Bresson (ma préférée est ici), les portraits de mineurs gallois de Robert Frank, le travail d'Evelyn Hofer, une découverte, et les footballeurs amateurs dans leur vertes vallées de Hans van der Meer:

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Mytholmroyd, England, 2004, par Hans van der Meer

Si vous aimez ce billet vous aimerez sans doute aussi faire un tour à la Photographer's Gallery...

 

> Strange and Familiar, £12, jusqu'au 19 juin, Barbican Art Gallery, métro Barbican

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lundi 21 mars 2016

Waterloo Bridge

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Photo: Matthew S/Flickr

L'une de mes expériences londoniennes préférées, c'est de traverser Waterloo Bridge, si possible assise tout devant à l'étage d'un double decker. En marchant c'est bien aussi, puisqu'on a plus de temps pour admirer les vues magnifiques de la capitale de chaque côté. À l'ouest, Westminster, Big Ben et le London Eye (dont vous pouvez prendre la photo l'un dans l'autre depuis le côté sud-ouest du pont); à l'est, la cathédrale St Paul, la City et les tours de Canary Wharf à l'horizon.

Mike

Peter Warne
Photos: Mike; Peter Warne

Reliant la South Bank et Covent Garden, Waterloo Bridge est non seulement très pratique mais aussi réputé comme étant l'endroit avec les plus belles vues de Londres. Malheureusement, ses vues vont peut-être bientôt être gâchées (ou améliorées selon les points de vue) par la construction du très controversé Garden Bridge (un projet coûteux, un emplacement douteux, un processus de sélection d'architecte totalement corrompu, et le tout payé en partie par le public mais avec pour résultat un espace privé).

Oubliez donc que son nom célèbre une défaite française et allez y faire un tour au plus vite. Au coucher du soleil, cela vaut certainement le coup d'oeil, et l'on comprend tout de suite pourquoi Ray Davies des Kinks a décidé de nommer ainsi sa ballade Waterloo Sunset, l'un des plus grands classiques de la pop anglaise des Sixties.

Scott Harper
Photo: Scott Harper/Flickr

Le pont que l'on emprunte aujourd'hui est en fait la deuxième version de ce passage sur la Tamise: le premier pont, inauguré en 1817, fait de granite et peint par Claude Monet (il a fait pas moins de 40 versions de la vue ci-dessous depuis sa chambre du Savoy Hotel), a dû être démoli car ses fondations était trop abîmées par la marée.

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Son remplaçant est une structure en béton renforcé (la première sur la Tamise) recouverte de Portland Stone – un trait d'union entre le concrete de la South Bank et la belle pierre de Somerset House. Elle fut conçue par Giles Gilbert Scott, le grand architecte des Bankside (Tate Modern) et Battersea Power Stations, et le designer de la fameuse cabine téléphonique rouge

David Gomes
Photo: David Gomes/Flickr

Le nouveau pont a été construit pendant la Seconde Guerre Mondiale, principalement par des femmes comme Dorothy, ci-dessous. C'est pour cela que les bateliers de la Tamise l'appellent toujours le 'Ladies' Bridge'. Vous pouvez voir un petit documentaire sur le sujet par ici.

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Des vues merveilleuses, un emplacement stratégique entre deux haut-lieux touristiques, une histoire fascinante...  Si vous passez par Londres, ne manquez pas de faire un tour sur Waterloo Bridge...

 


 

 

 

 

 

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mercredi 9 mars 2016

All the china in the world

 

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On produit de magnifiques porcelaines en Angleterre depuis le 17ème siècle, date à laquelle les secrets de fabrication des Chinois (d'où le nom china, très utilisé en anglais pour dire porcelaine) commençaient à être percés. Le coeur de l'industrie était à Stoke-on-Trent (aussi appelé The Potteries), située entre Birmingham et Manchester. C'est là-bas que l'on produisait tout le china adoré des Victoriens, qui avaient tous un beau service dans leur grand buffet et des figurines sur le manteau de leur cheminée.

La ville était parsemée de milliers de bottle kilns, ces fours à céramique aux cheminées arrondies (4000 à son apogée, 2000 dans les années 1950, mais seulement 47 aujourd'hui), un panorama impressionnant:

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Stoke-on-Trent, 1946

Si cela vous intéresse, je vous recommande une visite de la Ceramics Gallery du Victoria & Albert Museum, rénovée il n'y a pas très longtemps et contenant une énorme collection de porcelaines d'Angleterre et d'ailleurs (c'est la plus grande au monde). Et il y a aussi le programme télé The Great Pottery Throw Down, une émission sympa dans la lignée du Bake Off, grâce à laquelle les Britanniques ont retrouvé le goût du tournage et du tournassage...

Aujourd'hui il reste de nombreuses marques et artistes céramistes basés dans le coin, mais aussi tout autour du pays. Voici les producteurs les plus intéressants (et dont les produits sont toujours Made in the UK):

 

Royal Doulton

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Fondé: 1815, à Vauxhall, London
Style: Figurines kitsch ou service d'inspiration scandinave, comme le très joli Fable, il y en a pour tout les goûts. Royal Doulton collabore avec des designers comme Barber Osgerby (Olio) et des artistes comme Pure Evil pour créer des modèles très contemporains.
Bestsellers: Jack the Bulldog (première photo de ce billet), star des derniers films James Bond; les Bunnykins, des petits lapins pour les enfants très classiques; la très jolie série de Charlène Mullen sur Londres, la bien-nommée London Calling.

 

Royal Crown Derby

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Fondé: 1750, Derby
Style: Des services classiques avec motifs floraux ou géométriques traditionnels, et des figurines kitsch, particulièrement des presse-papiers en formes d'animaux, comme ces chats ci-dessus. Le tout décoré à la main avec moultes détails dorés. Et tout plein de modèles pour les fans de la famille royale, comme le Royal Baby Collection...
Bestsellers: Influencée par les arts du Japon, la collection Imari est très recherchée, tout comme le service Posie, avec ses jolis motifs floraux très traditionnels. Plus original: la Steampunk collection, qui ravira les fans de ce style rétro-futuriste si britannique.

 

Royal Worcester

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Fondé: 1751, Worcester
Style:
Ayant fait faillite il y a quelques années, cette très ancienne marque n'est plus ce qu'elle était et fait partie d'un grand groupe, Portmeirion. Elle produit néanmoins de beaux services décorés de motifs inspirés de la nature pour des organisations comme la Royal Horticultural Society.
Bestsellers: Le fameux Evesham Gold, inspiré par les fruits d'automne du Vale of Evesham, grand succès depuis sa création dans les années 1960s; le service Paddington Bear; et l'élégant Peony Black avec ses pivoines monochromes.

 

Wedgwood

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Fondé: 1759, Staffordshire
Style: Le célèbre Joshua Wedgwood, fondateur de la marque, a inventé le Queen's Ware (1762), Black Basalt (1768) and Jasperware (1774), avec des motifs classiques en relief sur des fond unis colorés. Aujourd'hui Wedgwood propose toute sortes de styles, des motifs orientaux d'Hibiscus aux petits pois vintage du service à thé Polka Dot.
Bestsellers: Wild Strawberry, avec un motif fraises et feuilles des années 1960s; Pin Stripe, un service à rayures créé par le couturier Jasper Conran; Butterfly Bloom (ci-dessus) un service à thé très original; et enfin la collection Peter Rabbit, un classique pour les enfants.

 


1882

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Fondé: 2011, Stoke-on-Trent
Style: Issus d'une famille de potiers, Emily Johnson et son père Christopher ont décidé de créer une marque de céramique célébrant le design contemporain et les techniques les plus modernes. Le résultat: des pièces uniques comme Slick, un hommage au vernissage à la main.
Bestsellers: Crockery de Max Lamb (ci-dessus), basé sur des moules en plâtre, ou Indigo Storm de Faye Toogood, décoré à grands coups de pinceaux bleu.

 

Bernard Leach

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Fondé: 1920, St Ives, Cornouailles
Style:
Bernard Leach est considéré comme le père des artistes-céramistes anglais. Inspiré par des années passées au Japon, son travail mélange techniques traditionnelles asiatiques avec des techniques européennes comme l'engobe et le salt glaze, et utilise des formes simples et basiques.
Bestseller: le Leach Standard Ware, produit avec de l'argyle de la région, et des glaçures à base de cendre et métaux. Des bols, assiettes et pichets rustiques dans une palette naturelle.

Burleigh

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Photo: Debi Kirksey

Fondé: 1851, Stoke-on-Trent
Style: Des motifs compliqués, surtout en bleu et blanc, qui ne sont pas peints mais transférés d'un tissu imprimé posé sur la céramique (un procédé inventé en 1750 et toujours utilisé dans l'usine victorienne de Burleigh). Dans le même genre il y a aussi the Bristol China Company.
Bestseller: Blue Calico , le motif le plus célèbre de Burleigh, produit en continu depuis plus de 40 ans; et la série Highgrove, pour nul autre que le Prince Charles...

 

Wade

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Fondé: 1810, Stoke-on-Trent
Style: Wade utilise la porcelaine vitrifiée pour produire toute sorte d'objets: pichets, carafes, vases, lampes mais aussi bonbonnes à distiller et des bouteilles pour les fabricants de boissons, comme ces jolis modèles ci-dessus pour Johnnie Walker. Mais vous ne trouverez pas de service à thé à fleur par ici...
Bestsellers: Leurs drôles de Gluggle Jugs, inventés en 1870, sont des pichets en forme de poisson qui font glou-glou quand on les verse... Humour anglais?

 

The New English

NewEnglish

 

Fondé: 2009, Stoke-on-Trent
Style: Super contemporain, légèrement punk, avec des motifs crânes et os, insectes, tattoo ou graffiti. Les fondateurs de la marque travaillent avec de nombreux artistes originaux.
Bestsellers: Anatomica de Lisa Turner, une collection inspirée par des planches anatomiques du 18ème; Inkhead, de Florian Hutter, pour les fans de tatouages; et Lepidoptera, de drôle de papillons créés par Maxim des Prodigy...

 

Denby

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Fondé: 1809, Derbyshire
Style: Des produits de qualité fabriqués avec du grès du Derbyshire, et fait pour durer sans se casser, dans un choix de 5000 glaçures différentes. De la vaisselle simple mais toujours élégante, à utiliser tout les jours et vendue dans des grands magasins comme John Lewis.
Bestsellers: Natural Canvas, avec son motif en flêche; toutes les mugs, plus jolies les unes que les autres; la collection Heritage Orchard au charme rétro.

 

Emma Bridgewater

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Fondé: 1984, Stoke-on-Trent
Style: Fondé par Emma car elle ne trouvait pas de jolie tasse pour sa maman, cette marque est peut-être la plus connue et la plus populaire aujourd'hui, grâce à son côté rustique, coloré et charmant. Un grand succès qui a aidé à faire revivre la ville de Stoke-on-Trent, la marque propose aujourd'hui toute sorte d'accessoires et cadeaux.
Bestsellers: La ligne Polka Dot, avec ses petits pois de toutes les couleurs; et Black Toast, avec ses grosses lettres noires.


Ian McIntyre pour Another Country

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Fondé: 2011, London
Style:
Another Country n'est pas une marque de porcelaine mais de meubles et d'accessoires, mais je l'ai inclue ici car elle collabore avec le pottier Ian McIntyre pour produire une collection qui plaira au minimalistes.
Bestseller:
Le petit pot à crème est particulièrement élégant...

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La personnalité des Tube Lines

Tube-Lines


Illustration: Alexandra Bucktin


L'autre jour on a appris le nom de la nouvelle ligne de métro de la capitale: la Elizabeth Line. Jusqu'ici connue sous le nom de Crossrail, cette ligne ultra-rapide qui va d'ouest en est sera marquée en violet sur la carte. Tout un programme royal (même si la reine n'a pris le métro que trois fois dans sa vie).

La Lizzie Line, comme on l'a déjà surnommée ici, aura-t-elle une très longue carrière, portera-t-elle de joli chapeaux et accueillera-t-elle les corgis avec plaisir? Ou sera-t-elle un gachis immense d'argent, un symbole d'une organisation désuète? Il faudra attendre son ouverture en 2018 pour le savoir.

En attendant, voici une petite présentation des lignes existantes et de leurs personnalités si différentes (elles ont d'ailleurs toutes des habits variés:


CIRCLE LINE
Née en 1863 (le premier métro au monde), c'est une très vieille grand-mère qui tremblote un peu (d'où les coupures de lumière fréquente), qui tourne en rond (d'où son nom) et qui radote beaucoup (toutes ses stations sont déjà desservies par la District, Hammersmith ou Metropolitan). C'est aussi la plus lente (il faut une environ heure pour faire le tour) de toutes les lignes. Comme elle est très utilisée et surchauffée, je l'évite le plus possible. Dans la plupart des cas, un bus ou une autre ligne ira plus vite.

BAKERLOO LINE
Un gentleman né en 1906, un peu Dr Jekill et Mr Hyde: la fois fin détective bien sapé comme Sherlock et peut-être cruel comme un général en bataille (son nom est composé de Baker Street et Waterloo) lorsque ses trains s'arrêtent à cause d'un signal failure à Oxford Street. Mr Bakerloo est fait de contraste: ses stations sont à la fois sous terre (15) et à l'extérieur (10) dans deux styles différents: art nouveau et arts & crafts. Il fume la pipe et porte un costume en tweed (brun bien sûr).

CENTRAL LINE
Quelqu'un de tout rouge (énervé d'avoir dû laisser passer 3 trains pleins), en sueur et tout coincé comme une sardine entre des centaines d'autres passagers (c'est la plus busy de toutes les lignes londoniennes, avec 260 millions de trajets par an). Je le vois comme un bonhomme au bord de la crise cardiaque, qui s'épuise à atteindre des banlieues très éloignées, et attend impatiemment la relève de la Elizabeth Line qui lui permettra de souffler un peu. Un monsieur à éviter à tout prix à l'heure de pointe...

DISTRICT LINE
Comme sa couleur l'indique, c'est une dame (pas toute jeune, elle est née 1868) qui aime à aller se mettre au vert et se promener dans ses nombreux parcs (Richmond, Wimbledon, Chiswick) à l'ouest. Elle préfère l'air frais, c'est sûr (c'est la seule ligne à traverser la Tamise sur des ponts et non des tunnels). Mais tout ça c'est pour le weekend seulement: elle a aussi un côté très bosseur, reliant le East End ou les travailleurs pauvres londoniens peuvent encore – tout juste – se payer un logement.

METROPOLITAN LINE
Comme sa copine Mme Circle, c'est très vieux monsieur né en 1863. Il a de longs bras (ses stations sont les plus éloignées du centre) et un bon boulot: il porte une cravate magenta et un beau costume, et travaille sûrement à la City (Moorgate, Liverpool Street) et vit dans la banlieue chic du nord-ouest de Londres (Amersham, Chalfont & Latimer) où il a certainement une belle maison et des chevaux dans le pré.

HAMMERSMITH & CITY LINE
Devenue une ligne séparée en 1988, cette jeune fille suit les pas de ses grands-parents Mme Circle et Mr Metropolitan et partage les rails de sa cousine District. Et elle est branchée, reliant les bobos de Ladbroke Grove avec les hipsters de Whitechapel, mais ne va pas très vite du tout. Je dois avouer que je ne la connais pas très bien, je l'ai empruntée peut-être deux fois en 12 ans à Londres (elle a trop de concurrents).

NORTHERN LINE
Né juste avant la guerre en 1937, c'est le goth de l'histoire: non seulement il porte du noir, mais il circule très profond sous terre, passe à Camden et a pour terminus sud la station de Morden (Mordor?). Même à Angel, au nom pourtant si rassurant, il y a une grande soirée goth derrière la station... Méfiez-vous, son côté un peu envoûteur (il nous rend tous confus avec ses deux branches...) fait faire à ses trains et ses passagers des choses bizarres – et il a quand même 4 stations fantômes.

WATERLOO & CITY
Malgré sa jolie couleur d'eau tropicale, Mr WC est un mec qui pue: son surnom, c'est le Drain (les égouts, on comprend tout de suite quand on l'emprunte). Il est utilisé uniquement par les commuters des banlieues sud-ouest qui veulent se rendre à leurs bureaux à la City. Si vous êtes un touriste, éviter et prenez un bateau Thames Clipper, vous verrez du bleu et ça sentira meilleur.

VICTORIA LINE
Régnant sur Londres comme la reine qui lui a donné son nom régnait sur le British Empire, Victoria connecte les gares de Euston, St. Pancras, King's Cross et Victoria. Efficace, très rapide et entièrement sous terre, on ne peut tout simplement pas s'en passer. Elle a une jolie robe bleue et elle aime se parer de carreaux différents pour chacune de ses stations, une pile de briques à Brixton, un labyrinthe à Warren Street.

PICCADILLY LINE
C'est la ligne à tout faire, surtout quand on est en vacances. Un mec sympa qui t'emmène au musée (South Kensington, Holborn), faire du pédalo (Hyde Park Corner), voir un film (Leicester Square), faire du shopping (Covent Garden)... Et puis quand t'en as marre, il te dit prend ta valise, assied toi, prend un bouquin (c'est loin), et je t'emmène à Heathrow pour un quart du prix du Express. Avec un nom de terminus comme Cockfoster, on est sur de bien rigoler sur la Piccadilly.

JUBILEE LINE
Sa couleur argentée et son nom commémorent le Silver Jubilee de la reine Elizabeth, mais cela me fait plutôt penser à un geek qui aime le métal, les gadgets (les quais sont protégés des voies par des vitres) et les trucs hi-tech (de belles stations à l'architecture ultra-moderne). Le jeune homme qui porte une montre Apple et des baskets nous aide à relier le pouvoir politique (Westminster) au big business (Canary Wharf).

DLR
C'est un mec né dans les années 1980, indépendant (pas besoin de chauffeur!), et de petite taille (les trains ne sont pas très longs). Il tremble d'excitation (le DLR bouge beaucoup entre Bank et Shadwell) en se dirigeant vers les grandes tours de Canary Wharf où il travaille (et rêve de rencontrer son pote de Chicago, le L train, lui aussi aérien). Les weekends il aime aller boire un verre ou manger une glace à Greenwich. Comme il n'a pas gagné au lotto il ne vit pas sur le Isle of Dog mais au bout de la ligne à Lewisham.

OVERGROUND
Le petit dernier de la famille, Mr Over est bien sûr un jeune hipster roux à bonnet portant de grosses lunettes, une chemise à carreau et un casque Beats. Il relie tous les quartiers branchés de la capitale, de Dalston à Shoreditch en passant par New Cross et Peckham, et s'il n'était pas une ligne de métro, il serait un vélo fixie, sans aucun doute. Ceci-dit, il est adoré par tous car sacrément pratique: il relie aussi tous les quartiers de zone 2-3 où les gens habitent...


Et enfin: la Emirates Air Line: une imposteur qui se donne des airs et fait la belle mais n'intéresse personne: ce n'est pas un moyen de transport mais un téléphérique pour touristes...

 

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samedi 16 janvier 2016

Poppie's Fish & Chips

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Où manger un bon fish & chips à Londres, that is the question. Eh voilà une très bonne adresse pour vous: Poppie's Fish & Chips à côté de Spitalfields Market (il y en a un autre à Camden également). C'est tout simplement un des meilleurs fish & chips que j'ai mangé dans la capitale; le poisson est cuit comme à la vapeur dans sa croûte de pâte à frire, les frites superbes, et les sauces parfaites.

Un tel délice s'explique tout d'abord par la qualité des ingrédients: le poisson (aiglefin, cabillaud, sole et plie...) vient d'Écosse ou de Cornouailles, et les patates sont des Maris Piper fraîchement débarquées des champs (et les glaces sont préparées par Minghella sur l'Isle of White...) Et ensuite par l'expérience de son patron, Pat 'Pop' Newland, qui a commencé dans le métier en 1952, à 11 ans, en coupant les journaux pour envelopper les fish & chips d'un café du East End (aujourd'hui les siens sont emballés dans des faux journaux d'époque, loi oblige).

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Photo: Leon Neal

Poppie's a aussi son propre poissonnier, qui prépare les filets chaque matin, des chefs qui cuisent le poisson 8 minutes pas plus, et un secret: changer la pâte à frire chaque 30 minutes pour que la texture soit toujours parfaite. Quant à la déco, elle est vintage à souhait, avec jukebox, serveuses en robes 1950s et photos de vieilles stars du East End aux murs.

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N'oubliez pas de commander des mushy peas (une préparation style purée à base de pois à grain ridé), qui ajouteront un peu de verdure à votre assiette, ainsi que d'arroser vos chips de malt vinegar, les deux accompagnements traditionnels. Si vous êtes courageux, vous pouvez aussi goûter à un plat typique du East End, les jellied eels (anguilles en gelée) – perso je n'ai jamais osé.

Sachez que cette adresse est adorée des touristes comme des Londoniens, qui s'y précipitent les vendredis, jour traditionnel du fish & chips. Donc réservez, ou venez en dehors des heures de repas (et avec une grosse faim, les portions sont énormes...). Sinon, s'il ne pleut pas, on peut faire takeaway et s'assoir aux alentours (ce qui par ailleurs est la façon la plus authentiquement anglaise de déguster cette spécialité, à défaut d'être dans sa voiture parquée au bord de la mer, un vendredi soir sous la pluie).

> Poppie's Fish & Chips, 6-8 Hanbury Street, London E1 6QR, Tel: 020 7247 0892. Métro: Liverpool Street

D'autres bons fish & chips: Rock Sole Place, Covent Garden; Sutton & Sons, Stoke Newington; et une liste de Time Out par ici.

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jeudi 7 janvier 2016

Le pouvoir du French accent

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Poster par One Must Dash


Vous n'arrivez pas a prononcer squirrel ou Worcestershire? Vous pouvez pas faire la différence entre hungry et angry? On vous répond tout de suite en Français quand vous achetez un sandwich à Londres? Pas de panique: votre accent français est un atout. Les Anglais en raffolent (même si l'accent British est tout aussi attirant pour les étrangers). Ici on s'en sert pour vendre tout tout tout, des parfums aux voitures, et même aux Petits Filous...


Une prononciation à la Française fait vendre, surtout quant il s'agit de produits typiquement Français ou qui correspondent aux clichés que les étrangers ont sur le pays (d'où la place du village idyllique ci-dessus). Alors en plus quand on ajoute une star du foot (même les Anglais s'y mettent), ou un côté rétro, ça cartonne!


Comme l'explique cet article, la magie de l'accent français tient dans la difficulté de prononcer des voyelles à l'anglaise, et de mettre l'accentuation sur la bonne syllabe dans un mot. C'est aussi son côté mystérieux qui plaît: un Anglais peut savoir d'où vient géographiquement et socialement un de ses compatriotes dès qu'il ouvre la bouche, mais pas un Français ou une Française...

Si vous êtes en train d'apprendre l'anglais, ne vous en faites donc pas trop sur votre prononciation! Beaucoup de Français ont trop peur de parler, mais c'est en pratiquant qu'on apprend! Au pire quelqu'un se moquera de vous en disant "Petit Filous... make your bonz gro ztrunger."

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mercredi 16 décembre 2015

Beep beep

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Dans les années 1950, le UK était le deuxième exportateur de voitures au monde après les États-Unis, avec des marques comme Bentley et Rolls-Royce devenues symboles du luxe à quatre roues autour du monde. Après une période de déclin, son industrie automobile est en pleine résurgence. Le UK aujourd'hui est un centre de production important, avec des usines comme la géante Ford Dagenham dans l'est de Londres ou la super hi-tech Nissan dans le Sunderland.

Le résultat de plus d'un siècle d'expertise en pistons et volants en cuir? Une belle brochette de véhicules devenus des classiques (les Anglais adorent les vintage cars, comme le montre le succès de festivals annuels comme le Goodwood Festival of Speed (photo ci-dessus). Voici quelques-unes des plus belles automobiles inventées par les Britanniques.

 

Rolls-Royce Silver Ghost, 1906

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Ce fantôme d'argent est ainsi nommé car ses créateurs voulaient souligner combien son moteur était silencieux et sa carrosserie en aluminium solide. Célébrée comme étant 'la meilleure voiture au monde', c'est aussi l'une des plus chères. Le fait qu'elle ne tombe pas en panne constamment – elle a roulé pendant 24,000km sans problème, un record à l'époque – contrairement à tout les autres modèles, a été essentiel à son succès.

 

Austin Seven, 1922

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La 'Baby Austin' et le 'Motor for the Millions', cette voiture, fabriquée à Coventry, est l'un des modèles les plus populaires jamais produit pour le marché britannique. C'est la première voiture anglaise de série au prix abordable, et de nombreuses familles dans les années 1930 casaient enfants et valises dans cette minuscule auto pour partir en vacances.

 

Bentley Speed Six, 1926

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La classe, tout simplement. C'est une voiture de course que les riches play-boys anglais des années 1920s conduisaient pour aller épater les petites Françaises, et gagner des prix bien sûr – cette Bentley, malgré sa taille de géante, fut championne du Mans à deux reprises.

 

Morgan 44, 1936

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Entièrement fabriquée à la main à Malvern, la Morgan 44 est un cabriolet léger et facile à manoeuvrer. Mais surtout, la Morgan est très belle, avec son visage aux grands phares et ses protège-roues brillants. Ce qui explique la liste d'attente d'au moins six mois pour cette voiture sportive sur le marché depuis presque un siècle.

 

Land Rover, 1948

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La version britannique de la Jeep, la Land Rover tient ses couleurs du fait qu'elle était fabriquée avec des surplus de l'armée (la compagnie construisait des moteurs d'avion pendant la guerre). Des 4X4 faites pour durer: des 1.5 millions de Land Rover construites (c'est la plus ancienne voiture encore en construction), on dit qu'au moins les deux-tiers sont toujours opérationnelles. Un succès partagé par sa descendante, la Range Rover.

 

Morris Minor, 1948

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La 'Moggie' est l'ancêtre de la Mini (aussi par Alec Issigonis). Elle est moins connue mais toute aussi charmante, et il y en avait sur toutes les routes du UK: c'est la première voiture britannique à avoir été vendue à plus d'un million d'exemplaire. Comme sa cousine allemande la Beetle, elle a de jolies courbes et était un plaisir à conduire pour des automobilistes dont c'était souvent la première voiture.

 

Lotus Seven, 1957

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Simple et légère, cette petite voiture peut être conduite sur route comme sur circuit. Facile à assembler et modifier, elle a fait la joie de nombreux mécaniciens et pilotes de course du dimanche. C'est aussi la voiture de Patrick McGoohan dans The Prisoner.

 

Aston Martin DB5, 1963

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Élégante et puissante, la voiture de James Bond a un design ultra-léger conçu par des Italiens, mais fut produite en Angleterre. C'est aussi la voiture que Paul McCartney s'est empressé d'acheter pour célébrer le succès des Beatles aux États-Unis.

 

Mini Cooper, 1959

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La star incontournable de cette liste, vendue en petit modèle dans tout magasin de souvenirs londonien qui se respecte. Cette deux-portes trop mignonne, icône des Sixties, est adorée de tous – 5.3 millions de Mini originales furent vendues – sauf peut-être ceux qui ont de grandes jambes... Tout fan se doit de visionner le film culte de 1969, The Italian Job.

 

Jaguar E-Type, 1961

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Une supercar à un prix abordable, la E-Type fit tout de suite sensation. Comme la minijupe et les Beatles, elle est devenue un symbole des Swinging Sixties. Ses fans: Brigitte Bardot, Tony Curtis, Steve McQueen (et James Bond!). Son élégance lui vaut une place dans la collection permanente du Museum of Modern Art de New York.

 

Ford GT40, 1964

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Sa marque est américaine, mais le design (par Eric Broadley) et la production (à Slough!) de cette voiture de course est 100% britannique. L'origine de sa création? Henry Ford II voulait à tout prix battre Ferrari (qu'il avait essayé de racheter sans succès) au Mans. Et il a réussi grâce à la GT40, qui pouvait pousser jusqu'à 320km/h – incroyable pour l'époque.

 

McLaren F1, 1992

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La voiture de série la plus rapide au monde (380km/h), la McLaren F1 est une originale: le siège du conducteur se trouve au milieu, il y a de la place pour les bagages malgré le look de voiture de course, et ses portières s'ouvrent en élytre... Ralph Lauren comme Rowan Atkinson (Mr Bean) en sont fans.

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mercredi 18 novembre 2015

Et pendant ce temps là en Angleterre...

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Boire une pinte avec son pote au pub, même si celui-ci est sous les eaux... C'est ce qu'ont fait John et Steve au Kirkstall Bridge Inn de Leeds, alors que la région subit de graves inondations. Mais comprenez-vous, c'était plein à l'intérieur ("tout le monde mangeait son Sunday Roast") et l'eau ne montait plus ("alors autant s'assoir dans le beer garden et boire un verre"). Le verdict: il faisait froid. "Les premières 15 minutes [!] étaient difficiles, mais ensuite c'était étonnamment agréable". "Les autres clients nous ont  trouvé bien stupides", raconte John, et "à la fin la patronne nous a crié dessus, et nous avons du sortir de l'eau comme des gosses qui avaient fait une bêtise."

Morale de l'histoire: rien ni personne n'empêchera les Anglais – ou les Français – de boire un coup en terrasse.


PS: Désolée pour le manque de billets de ces derniers mois, j'ai tout simplement trop de travail. Mais je ne vous oublie pas, et dès que j'ai cinq minutes je reprend le blog. Ce ne sont pas les idées qui manquent...

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mercredi 23 septembre 2015

Snaps + Rye

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Quand je vais du côté de Notting Hill, je ne manque jamais de m'arrêter au Spice Shop et Rough Trade pour faire le plein d'épices exotiques et de nouveaux sons. Et je fait toujours un petit tour sur Golborne Road, une rue charmante avec un marché et des boutiques de meubles d'occasion très sympas (dont Les Couilles du Chien, ha ha), des magasins marocains et la fameuse Trellick Tower de Goldfinger à l'horizon.

Je vais désormais rajouter un autre arrêt obligatoire quand je suis dans le coin: un déjeuner à Snaps + Rye – le seul et unique café danois de Londres apparemment. C'est un petit resto sympa où l'on peut déguster du yaourt skyr, des smørrebrød au saumon, des frikadeller et des petits plats joliment présentés.

On y retrouve toutes les ingrédients typiques du pays, snaps, pain de seigle, betterave en saumure, sirop de réglisse et compote de pomme...

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Photo: floresemnottinghill.com

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J'y ai dégusté du jus de bouleau Sealand, ainsi qu'une assiette Sun Over Golborne (ci-dessous), une version du plat danois Sol over Gudhjem avec du maquereau fumé, un jaune d'oeuf, de la betterave et des câpres – tout est très frais et délicieux. Quant au dessert, c'est tout simplement le meilleur que j'aie mangé depuis le cheesecake de chez Honey & Co. Il s'agit du Gammeldags Æblekage, une espèce de crumble divin avec de la compote de pomme et de la cannelle.

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> Snaps + Rye, 93 Golborne Rd, London W10 5NL, 020 8964 3004. Métro: Westbourne Park ou Ladbroke Grove. Ouvert du mardi au dimanche (breakfast; brunch; lunch) et du jeudi au samedi pour diner (menu dégustation)

(Et il y aussi l'excellente Nordic Bakery...)

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samedi 8 août 2015

Ça pousse

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On a tendance à penser que dans les campagnes bien arrosées du Royaume-Uni il ne pousse que de moutons, voire avec un peu de chance des patates pour les fish & chips et de l'avoine pour le porridge du matin. Mais on a bien tort: progrès agricoles, serres géantes et changement climatique permettent aux Anglais de faire pousser toutes sortes de céréales, fruits et légumes inattendus. Petite récolte ci-dessous:

Abricots
Grâce surtout à la Bardsley Farm dans le Kent, la récolte d'abricot est passé de 30 tonnes à 200 tonnes en un ans. Apparemment, ils sont très sucrés, grâce au climat maritime de la région, chaud la journée et froid la nuit.

Thé
Depuis 2005, le domaine de Tregothnan en Cornouailles du sud vend du tea véritablement britannique. Un exploit qui s'explique par le savoir-faire historique botanique de la maison, fondée en 1334, et le climat particulier de cette région humide qui ressemble à celui de Darjeeling au pied de l'Himalaya. Ils essayent à présent d'y faire pousser du café et des bananes... Il a aussi des producteurs de thé en Écosse: la Wee Tea Company, dont le Dalreoch Smoke White Tea a reçu une médaille d'or au Salon du Thé de Paris cette année.

Quinoa
Les bobo britanniques raffolent de ce superfood, Hodmedod en fait pousser des tonnes dans les champs du Essex mais n'arrive jamais à faire face à la demande qui croit chaque année. Prochain défi: faire pousser du teff, cette céréale éthiopienne très bonne pour la santé.

Olives
Mais oui, on peut déguster des olives britanniques grâce à Huggit's Farm dans le Kent. Un terrain versant sud, 200 oliviers et une récolte qui file directement chez tous les meilleurs restaurateurs du coin.

Vin
Je vous avais déjà parlé du champagne Nyetimber, un des meilleurs au monde. Et bien il n'est plus le seul a tenter les Britanniques: Augjourd'hui il y a plus de 470 vignobles, couvrant 5,000 acres, en Angleterre et au Pays de Galles. L'année dernière, ils ont produit plus de 6.3m de bouteilles, un record.

Mozzarella
Grâce à son troupeau de bufflonnes, Laverstock Park Farm, dans le Hampshire, fabrique de la mozzarella aussi bonne qu'en Italie à ce qu'on dit.

Poivre du Sichuan
Ainsi qu'amandes, noix de pécans, kiwi, goyaves... tout pousse à Otter Farm dans le Devon, ou Mark Diacono passe son temps à expérimenter avec de nouvelles plantes et d'anciennes variétés.

Piments
Cela fait plus de 20 ans que l'on fait pousser des piments par ici, par exemple à la South Devon Chilli Farm ou ils produisent plus de 100 variétés. Peppers by Post vous permet même de faire pousser chez vous le Dorset Naga, l'un des piments les plus forts au monde.

Tomates
De leur base sur la très ensoleillée Isle of Wight, le Tomato Stall fait pousser toutes sortes de tomates, de la Kumato à la Red Tiger. Quand on sait comme il est difficile de trouver des tomates qui ont du goût par ici, on comprend leur importance...

Wasabi
Les premiers en Europe à avoir réussi à faire pousser du wasabi, The Wasabi Company a passé plus de trois ans à expérimenter et adapter les méthodes traditionnelles japonaises. L'emplacement de leurs fermes en Angleterre reste un secret, tant ils ont peur de se faire voler leur technique!

Et enfin, il y a aussi une ferme du future, Thanet Earth. Géante et hydroponique, elle s'étend sous des kilomètres de verrières et produit tomates, concombres et poivrons – un concurrent sérieux pour les Espagnols....

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jeudi 16 juillet 2015

Une soirée au théâtre

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Il y a quelques années, un Londonien pouvait se permettre d'aller voir une comédie musicale de temps en temps. Demain, il lui faudra probablement vendre son appartement pour pouvoir avoir la chance de voir un spectacle. Les prix grimpent de manière vertigineuse: le ticket le plus cher en 2014 c'était Billy Elliot, £97. Cet année on double la mise, avec £202 pour The Book of Mormon. Le prix moyen est passé de £42 à £85 en un an seulement.

Chaque année, plus de 14 millions de spectateurs vont voir un show dans le West End (l'industrie du spectacle rapporte au moins £585 millions chaque année). Beaucoup sont des touristes, puisque c'est une étape obligatoire d'un séjour à Londres, surtout pour les Américains.

Les Londoniens ont toujours aimé une bonne pièce de théâtre – à l'époque de Shakespeare, on estime qu'un tiers des habitants de la capitale allait au théâtre au moins une fois par mois. Aujourd'hui, on y  va toujours – mais on achète seulement des tickets à prix réduits (comme ça il nous reste de l'argent pour aller au pub après).

D'habitude, je les achète au kiosque TKTS à Leicester Square, le jour même. Il y a aussi un site pour comparer les différents prix proposés, et des discounts sur le très très moche Theatre Monkey. (ils ont aussi un guide des places à éviter). Quant au National Theatre sur la South Bank, il propose chaque année des places à £15, et même parfois £5 pour les moins de 25 ans. Quand aux enfants, ils entrent gratuitement dans tous les théâtres londoniens durant le mois d'août, grâce à l'initiative Kids Week.

Un autre manière d'avoir des tickets pas chers, c'est de prendre des places moins comfortable, debout ou tout en haut ("in the gods", au poulailler) – cela coûte seulement £8 au Royal Opera House; le Royal Albert Hall en propose aussi. Il faut prendre des jumelles, et un manteau comfortable faisant office de coussin. Pour £10, on peut voir Carlos Acosta danser au Royal Opera House par exemple.

 

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jeudi 9 juillet 2015

Very British Problems

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Petit exemple sympa d'humour anglais: le compte twitter Very British Problems, devenu livre à succès. Écrit par le Londonien Rob Temple, il est plein de cette auto-dérision adorée des Britanniques qui rigolent en buvant leur Earl Grey.

Ce sont des exagérations bien sûr, mais il a toujours du vrai dans ses observations des comportements, non-dits et maladresses typiquement British. Tweet de ces derniers jours: "Suddenly remembering your tea and necking it like a massive, lukewarm shot"; "Things most said at a British BBQ: 1. It was nice yesterday 2. Can I borrow a jumper? 3. Quick bring the cushions in!!!" et "You know, I might just do that" - Translation: Nope" Incompréhensible pour les gens qui n'habitent pas par ici, mais très clair pour ceux qui ont la chance de connaître des Anglais et de travailler avec eux...

Si vous préférez votre humour twitter avec une pincée de célébrité, vous pouvez également lire les réactions de Shakespeare, Voldemort et même la reine. L'écrivain Samuel Pepys réécrit son fameux journal en live, quelques siècles plus tard; quant à Larry le chat de 10 Downing Street, il donne dans le commentaire politique. Mon préféré c'est Dieu, mais il est Américain (!). Et Malheureusement TFL Travel Alerts est en break, mais c'était très drôle. 

Ah et un autre compte rigolo: celui de Big Ben...

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mardi 7 juillet 2015

7/7, 10 ans plus tard

Quelques jours après avoir marqué une minute de silence pour les victimes de l'attentat en Tunisie, les Britanniques se souviennent d'un autre incident qui a touché le coeur de leur capitale le 7 juillet 2005. Voici un article que j'avais écris pour La Tribune de Genève à l'époque, montrant la réaction des Londoniens après que des terroristes se soient fait explosé dans leur métro et sur leur bus.


FATALISTES, LES LONDONIENS SONT RENTRES A PIED

Cela devait arriver. Hier, dans les rues de Londres, c’est le caractère inévitable de la situation qui primait dans les esprits. Les Londoniens ne sont pas fatalistes, mais réalistes. Après des années à craindre les bombes de l’IRA, ils se sont fait à l’idée : Londres est une cible de choix pour les terroristes de tout pays, et contrôler les milliers de bus et de métros qui circulent chaque jours à travers la ville est une tâche impossible.

Vers midi pourtant, dans les rues commerçantes à quelques minutes de marche à peine de la gare de King’s Cross, où une bombe a tué au moins 21 passagers, tout était comme d’habitude. Tous les magasins étaient ouverts, les restaurants et pubs bondés, et les agences immobilières recevaient même des clients. Seul signe des attentats: l’entrée de la station de métro était fermée, et pas un seul des fameux bus rouges à deux étages, symboles de la ville, ne circulait.

Mais plus près des scènes des attentats, une atmosphère surréelle régnait dans les rues. Le silence d’abord était surprenant. A part quelques véhicules de secours, pas une voiture en vue, et presque aucun trafic sur les plus grands arcs de circulation qui ceinturent la ville. Et partout, des milliers de gens sur les trottoirs en train de marcher calmement, encadrés par d’innombrables policiers en vestes jaunes fluorescentes, chargés d’aider les gens à trouver leur chemin entre les rues barrées.

Mis à part les témoins des attentats, encore sous le choc, les citadins ne paraissaient pas si surpris, et surtout très peu paniqués par la situation. En quatre heures de marche au centre de la ville, pas une scène d’affolement. Le plus grand problème pour des milliers de citadins était de savoir comment rentrer chez eux. Faisant preuve de solidarité, les taxis prenaient plusieurs passagers en même temps, mais beaucoup restaient coincés au centre-ville. « J’ai été à King’s Cross, j’ai essayé la gare Victoria, mais tout est fermé, aucun train ne circule» explique cette passante qui habite en banlieue. « Je ne sais plus comment rentrer à la maison.» 

Aux alentours de King’s Cross, une des plus grandes gares et station de métros du nord de Londres, de nombreux touristes et voyageurs se retrouvaient perdus, tirant leurs bagages sous la pluie. « Je suis vraiment sous le choc. C’est la première fois que je viens en Angleterre, et je viens d’arriver de l’aéroport. Je ne sais pas comment retrouver mes amis maintenant,» dis Ladislav Tvaruzek, étudiant à Prague. « Mais tout le monde m’aide, et les policiers distribuent des cartes de la ville.» Comme lui, de nombreux touristes se sont retrouvé coincés près de la station de métro Russell Square, qui se situe juste à côté du British Museum. Le musée et toutes les autres attractions touristiques fermées, les touristes n’avaient pas d’autre choix que de marcher vers leur hôtel.

Tous les usagers quotidiens du tube, le métro londonien, pensent de temps à autre au scénario catastophe, surtout lorsqu’une rame est en panne ou une station évacuée - ce qui arrive régulièrement d’ailleurs. Mais ces jours-ci, les citadins étaient plus occupés à fêter leur futurs Jeux Olympiques et assister à Live 8, le concert de charité géant organisé pour le G8. James, un consultant financier croisé en fin d’après-midi, s’étonne d’ailleurs qu’aucun incident n’ait eu lieu samedi dernier, alors que des centaines de millier de personnes étaient rassemblées à Hyde Park. « Pourquoi ont-ils attendus jusqu’à aujourd’hui ? Pourquoi pas hier soir, alors qu’il y avait foule à Trafalgar Square pour fêter la victoire de Londres pour les JO ?» se demande-t-il.

Ljiliana Mitevska, une jeune Macédonienne faisant un stage à la City, raconte : « J’était en retard, j’arrivais juste au métro lorsque j’ai appris qu’il y avait eu des explosions. J’ai décidé de rentrer chez moi et en arrivant à la maison, je me suis rendue compte que l’un des métros avait explosé juste avant Moorgate, la station où je descend d’habitude.» Comme la majorité des sept millions d’habitants, elle à l’impression d’y avoir échappé belle.

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dimanche 5 juillet 2015

HMS Belfast

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Photo: 5DII

Cela ne vous a sans doute pas échappé: il y a un navire de guerre amarré en plein centre de Londres – une position très stratégique entre la mairie, Tower Bridge et la Tour de Londres. Pas de panique: il s'agit du musée flottant HMS Belfast, une annexe du Imperial War Museum. Après être passée devant des milliers de fois, j'en ai enfin fait le tour il y a quelques semaines, et je vous en recommande la visite.

C'est une occasion unique de découvrir un bateau de guerre historique qui a participé au Débarquement – il aurait même été l'un des premiers à ouvrir le feu sur des positions allemandes sur Gold Beach, à 5h27, le 6 juin 1944. C'est aussi le seul navire de la Royal Navy ayant servi au D-Day qui n'a pas été mis à la casse à sa retraite, grâce à une association d'enthousiastes et d'historiens qui se sont battus pour le conserver.

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Photo: Mrs Smith

On ne s'en rend pas bien compte depuis la terre ferme, mais c'est un navire géant. On peut explorer de nombreux recoins de ses 9 ponts, en grimpant et descendant des échelles ou des escaliers très très raides (laissez vos mini-jupes et talons aiguilles à la maison), et en se perdant dans un labyrinthe de couloirs et de petites salles biscornues.

 

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Dans ce bateau construit en 1938, on trouvera les dortoirs des 850 soldats, et leurs hamacs accrochés les uns sur les autres, au dessus des tables où ils patientaient en jouant aux cartes, ainsi que la cantine (où l'on peut prendre un café), une boulangerie, des réserves, une salle d'opération et un dentiste, un repriseurs de drapeaux et cordages, les ateliers des mécaniciens... On se rend compte que ce navire était réellement une ville en miniature, puisqu'il devait être autonome en toutes circonstances.

On est libre de visiter dans l'ordre que l'on veut, de grimper sur des trucs, de s'assoir dans la chaise (très inconfortable!) du capitaine, de bidouiller le radar ou de surveiller les ondes avec un expert dans la salle de radio. J'ai beaucoup aimé les petits détails – tout est dans l'état d'origine – comme les casiers pour ranger les drapeaux des sémaphores, les tuyaux qui sortent partout, les peintures qui s'écaillent ou le vieux lino par terre.

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On peut aussi voir la salle des machines, et, très impressionnant, les magasins d'obus, avec un système ultra-perfectionné qui permettait de les remonter vers les canons en quelques secondes.

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Danny Simpson
Photos: Danny Simpson, Graeme, Ibou

Et bien sûr il y a les canons – 12 6-inch guns, 12 4-inch dual-purpose guns, 16 2 lb. AA "Pom-Poms" guns, 8 Vickers 0.5 machine guns, and 6 21-inch torpedo tubes. Certains sont tout rouillés, d'autre entrain d'être réparés car ils sont régulièrement utilisés pour marquer des occasions importantes, comme l'anniversaire du D-Day l'année dernière. Les six canons de devant sont pointés vers une station-service de l'autoroute – cible facile (et exemple typique d'humour anglais). Incroyable de voir jusqu'où ils portent.

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Photo: 5DII, Martin Hronsky

Finissez votre visite sur le pont principal, d'où autrefois étaient catapultés des hydravions utilisés pour attaquer les sous-marins allemands (ils atterrissaient dans l'eau et étaient repêchés par des grues sur les côtés du bateau), et où se trouve aujourd'hui un magnifique bateau à moteur en bois et des chaînes d'ancre géantes.

Vous l'aurez compris, c'est un endroit très intéressant qui marque bien plus les esprits qu'un cours d'histoire. Comptez une matinée entière pour le visiter, cela prend du temps de monter et descendre toutes ces échelles. Heureusement qu'il y a un bar avec de belles vues. Seuls bémols: les installations d'un artiste qui a déguisé les marins font vraiment tache, et c'est pas donné (£14.50).

> HMS Belfast, 10h-18h en été, 10h-17h en hiver, tous les jours sauf à Noël, £8/£14.50. Métro London Bridge.

 

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mercredi 24 juin 2015

Idris Khan, artiste troublant

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Petit coup de projecteur sur le travail de l’artiste britannique Idris Khan, né en 1978 à Birmingham. Je suis fan de ses oeuvres souvent mystérieuses et poétiques, voir fantomatiques. En superposant des centaines de photos ou peintures des mêmes bâtiments, textes ou photographies, il crée une oeuvre trouble et captivante à la fois.

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J'aime énormément sa série sur Londres créée pour le New York Times, dont vous pouvez voir les images ici (et en un peu plus grand sur le site du quotidien, par ici.)

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Khan a aussi superposé toutes les pages du Coran, toutes les sonates Beethoven, et toutes les fameuses photos de gazomètres de Bernd & Hilla Becher. C’est un tout fait d’un myriade de sommes, qui selon l’artiste est une exploration des thèmes de la mémoire, l’expérience et de la créativité.

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Basé à Londres, Khan travaille à la fois la répétition et l’effacement, ajoutant des strates et effaçant des détails suivant des méthodes préétablies. Le résultat est une sorte de méditation sur le sur-excès d’image dans notre société de l’information, un encouragement à regarder d’une autre façon notre héritage culturel.

Vous pouvez en apprendre plus sur le site de la galerie Victoria Miro qui le représente.

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