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British Heroes, de Slinkachu

Bon y'a pas que Banksy dans la vie. Voici trois autres artistes de rue qui ont décidé que leur truc, c'était de voir tout petit au lieu de très grand. Et plutôt que des pochoirs en noir et blanc, leurs matériels de base ce sont des déchets, des figurines, des escargots, des sculptures en miniature et même des chewings-gum...

Commençons par Slinkachu. Un matin, à peine réveillé vous allez prendre votre bus et vous apercevez une basket oubliée dans une flaque:

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Fantastic Voyage, 2011, par Slinkachu

Attiré par le lacet vert fluo, vous vous approchez... et découvrez un monstre du Loch Ness:

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Dans le monde merveilleux de Slinkachu, les balles de tennis deviennent des îles désertes:

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Concrete Ocean, 2011, par Slinkachu

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Et les pelures d'orange deviennent des skate parks:

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Depuis 2006, ce Londonien abandonne de petites figurines (normalement utilisées dans les maquettes de trains) à travers la capitale, utilisant les détritus trouvés dans la rue comme source d'inspiration. Le projet s'appelle "Little People" et Slinkachu explique sa démarche ainsi: 'I aim to encourage city-dwellers to be more aware of their surroundings. The scenes I set up,  and the titles I give these scenes aim to reflect the loneliness and melancholy of living in a big city, almost being lost and overwhelmed. But underneath this, there is always some humour. I want people to be able to empathise with the tiny people in my works.' (J'essaye d'encourager les citadins à mieux observer ce qui les entoure. Les scènes que je construis, et les titres que je leur donne, visent à refléter la solitude et la mélancolie que l'on éprouve parfois en vivant dans une grande ville. Mais derrière cela, il y toujours de l'humour. J'aimerais que les gens sympathisent avec mes petits personnages.)

Regardez d'autres photos de sa série Little People, ou de son travail avec des escargots (!). Sinon il y aussi une expo lui étant consacrée à la Andipa gallery, à Knightsbridge, jusqu'au 2 avril.

En tout cas, c'est une approche que semble partager Isaac Cordal, un Espagnol basé à Londres, avec ses figurines placées dans les rues de Shoreditch:

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Perchées sur des coins d'immeubles ou des lampadaires, ou s'enfonçant dans des flaques, elles semblent méditer pour nous, apportant une toute petite présence calme dans la vie pressée des Londoniens:

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Finissons avec un drôle de zigoto, Ben Wilson. Lui a décidé que les chewing-gums collés aux trottoirs de la capitale étaient de parfaites mini-toiles pour ses oeuvres colorées:

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Cela fait plus de 5 ans que Wilson peint dans la rue. Il a commencé dans son quartier, vers High Barnet et Muswell Hill, et petit à petit les gens lui ont demandé de peindre des messages pour eux (y compris une demande en mariage!). En voici deux de plus près:

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Wilson dit aimer 'turning a thoughtless action into something positive. And, technically, it is not criminal damage, because you are painting the gum, not the pavement.' (J'aime transformer une action stupide en quelque chose de positif. Et, techniquement, ce n'est pas illégal, puisque je peins le chewing-gum et non le trottoir.) Vous pouvez voir plus d'images de ces oeuvres et de Wilson en action ici.

J'ai eu la chance de le voir en vrai il y a quelques mois, allongé sur le Millennium Bridge (j'ai d'abord cru que c'était un clochard qui y avait passé la nuit). Il en a fait toute une série, et les chewing-gums peints sont encore là. Ouvrez-bien les yeux, et vous les trouverez sur la partie du pont du côté de St Paul (nord-ouest).