London Calling, le poster

Après les posters du UK gastronomique et de Londres en lettres, voici le London Calling de Nick Patchitt, un jeune designer basé à Brighton (d'ailleurs il a fait la même chose pour sa ville, mais en bleu, Brighton Rocks).
Ce joli rond rouge est composé d'un centaine de symboles de la capitale. Vous pouvez le voir en plus grand ici. On y retrouve du tout et du n'importe quoi, y compris des Banksy, des pigeons, un Mind de Gap, la tête de David Beckham et de Margaret Thatcher, Charlie Chaplin, des groupes de rock comme les Clash ou les Sex Pistols, une tasse de thé et même un éléphant (!?). Bref, un joli cadeau pour les amoureux de Londres.
Saurez-vous reconnaître toutes les icônes?
> Le poster coute £55 sur Nickprints.co.uk
Un joli rainbow

Après l'orage de cet après-midi est venu l'arc-en-ciel... Le soleil était tellement content qu'il nous en a même fait un double (malheureusement moins visible sur cette photo, prise depuis le Millennium Bridge)...
Au Royaume-Uni, ces rainbow ('arcs-de-pluie' – les mauvaises langues diront que c'est parce qu'on ne voit pas le ciel mais la pluie ici) ont des connotations culturelles différentes qu'ailleurs. En voici sept...
1
Les Rainbows, ce sont au UK les Girls Scout agées de 5 à 7 ans (après elles deviennent des Brownies et des Guides). Le scoutisme est par ailleurs une organisation fondé en Angleterre en 1909. Les Rainbows ont été créées quelques années après et fêtent leurs 100 ans en 2011.

2
Sing a Rainbow est une chanson que tout les petits Britanniques connaissent par coeur:
Red and yellow and pink and green
Purple and orange and blue
I can sing a rainbow,
sing a rainbow, sing a rainbow too.
Listen with your eyes,Listen with your ears,
and sing everything you see,
I can sing a rainbow, sing a rainbow,
sing along with me.
Red and yellow and pink and green,
Purple and orange and blue,
I can sing a rainbow, sing a rainbow,
sing a rainbow too!
La chanson a été écrite par Arthur Hamilton (Cry me a River) pour soi-disant apprendre aux enfants les couleurs de l'arc-en-ciel. Sauf que le rose est en trop, et le purple est faux. Même l'ancien ministre de l'éducation britannique, Ed Balls, s'est laissé prendre au piège il y a quelques années... La honte!
3
Les arcs-en-ciel font aussi partie d'une expression, chasing rainbows, qui signifie 'to waste your time trying to get or achieve something impossible' (gacher son temps à essayer d'atteindre quelque chose d'impossible)

www.idiomsbykids.com
4
Ici quand on voit un arc-en-ciel on pense tout de suite à la légende irlandaise qui dit que l'on trouvera au bout d'un rainbow un 'pot of gold', un trésor gardé par un leprechaun, ces petits elfes vêtus de vert qui gagnent plein de sous (qu'ils cachent ensuite sous l'arc-en-ciel) en fabriquant des chaussures.

5
En foot, le rainbow kick est le nom anglais de l'aile de pigeon, d'après la trajectoire de ce trick qui voit le joueur dépasser le ballon, le frappant de derrière avec la jambe pliée, et l'envoyant par dessus sa tête:

6
Saviez-vous que c'est Isaac Newton, le plus grand scientifique britannique, qui comme le dit son compatriote le poète John Keats, a 'unweave the rainbow" (détisser l'arc-en-ciel). En effet c'est grâce l'achat de deux prismes par Newton en 1760 que les secrets de la lumière ont été révelé. Même si vous n'en avez jamais entendu parler, son schéma, montrant comment un rayon de lumière est composé de rayons de différentes couleurs, est connu de par le monde: c'est l'image sur la couverture du Dark Side of the Moon des Pink Floyds.
C'est Newton qui suggéra que les arcs-en-ciel contiennent sept couleurs: rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet, sans doute en voulant faire une analogie avec les intervalles musicaux. Beaucoup aujourd'hui disent qu'il n'y a que six couleurs dans un rainbow, et veulent éjecter le pauvre indigo...

7
Les rainbows ont bien sûr inspiré les peintres britanniques, comme William Turner, 'le peintre de la lumière', représentant ici un arc-en-ciel sur le lac Buttermere:

Ou Constable, avec ce double rainbow sur une vue de Hampstead, London:

The Hitchiker's Guide to the Galaxy

Faites vous partie du Grand Ordre de la Serviette? Demain c'est Towel Day, et les fans de Douglas Adam de par le monde se réunissent avec leur serviettes pour rendre hommage à l'auteur de The Hitchiker's Guide to the Galaxy. À Bregenz, Autriche, une flashmob formera le chiffre 42; à São Paulo il y aura une manif contre la violence Vogon; le bar Warung Tanjung à Bali offre des drinks gratuits aux clients portants des peignoirs; et à Sydney, la librairie Kinokuniya offre 20% de rabais aux porteurs de serviettes.
Vous n'avez rien compris à ce paragraphe? 42 quoi? des serviettes de bains? hein? Et bien visiblement vous n'avez pas encore lu le grand classique de la littérature britannique qu'est Le Guide du voyageur galactique. Profitez donc de ce Jour de la Serviette pour aller acheter un exemplaire de ce livre culte, une trilogie en cinq tomes qui a tant marqué les Inglish (et qui est parfait pour les vacances d'été). H2G2, comme l'appellent ses fans, a débuté en série radiophonique avant de devenir un livre bestseller adoré des geeks du monde entier.
C'est sans aucun doute le livre de science fiction le plus drôle au monde, un pur produit de l'humour britannique (absurde, ironique, autocritique dans la lignée des Monty Pythons) et de la folie des années 1970. C'est l'histoire d'Arthur Dent, "environ 30 ans, grand, brun, et jamais vraiment à l'aise avec lui même." Alors que la Terre, une planète décrite comme étant 'mostly harmless' (plutôt inoffensive), va se faire exploser, Arthur parvient à s'échapper en faisant du stop (hitchhike) sur un vaisseau spatial, encore en pyjama et complètement à l'ouest. Il s'en suit des rencontres avec de drôles de zigotos, y compris un robot dépressif, Marvin the Paranoid Android, et un musicien faisant partie du groupe le plus bruyant de l'univers et s'appelant Hotblack Desiato (du nom d'une agence immobilière du quartier où vivait Douglas Adam).
S'en suit également toutes sortes d'aventures devenues référence dans la culture britannique, y compris la réponse à une question sur la vie, l'univers et le reste, 42; une visite au Restaurant du Bout de l'Univers, ou l'on peut payer en mettant un 1p dans un compte d'épargne, ce qui veut dire que lorsqu'on arrive au Bout du Temps, le prix exorbitant du repas a déjà été payé'; et des rencontre avec des Babelfish, des petits poissons que l'on se glisse dans l'oreille et qui traduisent toutes les langues de l'univers en temps réel (et qui a donné son nom au service de traduction sur internet); et où l'on apprend qu'il ne faut surtout pas paniquer (Don't Panic), quelques soient les circonstances. Ce que le grand Arthur C Clarke, auteur de L'Odyssée de l'Espace, décrit comme le meilleur conseil que l'on peut donner à l'humanité.
Bref, c'est du n'importe quoi, mais c'est très sympa!
PS Le film The Hitchhiker's Guide to the Galaxy est nul, à part Martin Freeman qui est adorable comme d'habitude.
PPS qui n'a rien à voir... J'aurais pu aussi vous parler de la visite d'Obama, ou de celle de la reine en Irlande la semaine passée – c'était la première fois qu'un souverain britannique y mettait les pieds depuis un siècle. Résultat: plus de 6000 policiers l'attendaient à Dublin, avec la moitié du centre ville barricadée. Il y a eu une alerte à la bombe à Londres, une bombe désamorcée en Irlande, et de nombreuses manifestations. En septembre dernier, le niveau d'alerte terroriste au UK avait été élevé à Severe (une attaque est "highly likely" - fort certaine), le deuxième niveau de danger, et pas à cause d'al-Qaida et compagnie, mais bien des à cause des terroristes irlandais. Heureusement rien de grave ne s'est passé – à part que la reine, qui s'était habillée en vert pour faire plaisir aux Irlandais, n'a pas voulu goûter de Guinness alors qu'elle visitait la brasserie – scandale! Plus de contexte ici (en anglais).
Les bonshommes qui marchent

En 2004, alors qu'il travaillait sur une carte des pistes cyclables dans le Hertfordshire, Stephen Wragg a eu une idée de génie. En regardant le bitume, cherchant les signes de vélo peints indiquant une 'cycle route', il s'est aperçu que les autorités s'étaient parfois inquiétées pour les piétons, et avaient indiqué clairement le trottoir à l'aide d'un petit bonhomme peint en blanc (comme on est au UK, je pense que c'est aussi pour s'éviter des procès en cas d'accident piéton/cycliste).
Et donc, en regardant par terre, il a vu apparaître une foule de petits bonhommes, tous différents:

Comme un entomologiste, il s'est empressé de les épingler et de les ajouter à sa collection, en prenant des photos de l'environnement dans lequel le bonhomme se trouvait (ci-dessus) ou des portraits de haut (ci-dessous)... C'est vrai que la peinture épaisse blanche, où l'on voit parfois encore les coups de gros pinceau, sur le goudron noir ou coloré, cela fait de jolies images. Il s'est aperçu que les Walking Men étaient très variés:

Car comme il l'explique sur son site, il n'y a pas de symbole officiel, juste des lignes directrices données par le département des transports. Voici à quoi les bonshommes devraient ressembler:

C'est sûr que la plupart des peintres n'ont pas dû regarder ces schémas de très près... Mais est-ce vraiment important qu'ils soient uniformes? Qu'ils soient obèses ou bossus, qu'ils portent une grille d'égouts ou danse le twist, on les reconnaît bien.
Cela fait sept ans que Stephen parcoure le Royaume-Uni, et sa collection est pleine de perles rares. J'aime beaucoup ce fantôme de Leicester qui vient même avec du lierre, pour la touche gothique:

Ou cet extra-terrestre de Manchester Airport (le peintre a sûrement fait une blague?):

Ou encore celui-ci, qui je ne sais pas pourquoi me fait penser à Charlie Chaplin... A moins qu'il n'ait simplement la jambe dans le plâtre?

Tous si uniques mais reconnaissables entre mille... Cela ne fait pas longtemps que ces Walking Men existent, peut-être une quinzaine d'années, et ils ne sont pas très utiles. Pourtant ils me rappellent deux grandes figures mystérieuses, que j'aimerais un jour aller voir: le Wilmington Long Man dans le East Sussex et le Cerne Abbas Giant dans le Dorset, qui datent tous deux du 17ème:

En tout cas cette collection, comme le dit si bien Stephen Wragg, est un triomphe de non-conformité, un symbole de la dérégulation et de la sous-traitance, un signe subtil d'expression personnelle dans un paysage urbain normalement rempli de panneaux de signalisations identiques. Mais au contraire d'un graffiti, c'est un signe officiel qui nous aide à nous repérer face aux voitures... La collection de Walking Men est un documentaire, ainsi qu'une oeuvre d'art par elle-même.
'I am also aware that in recording them, and drawing attention to their diversity, our friends in the Highways department may well become self-conscious and insist on more rigorous standardisation. So we have to appreciate them while they last, before creativity and individualism is stamped out.' Je suis conscient qu'en les documentant, et en attirant l'attention sur leur diversité, nos amis du département du transport pourraient devenir mal à l'aise et insister sur une standardisation rigoureuse. Donc nous devons les apprécier tant qu'ils durent, avant que la créativité et l'individualisme soit effacés.'
Vous pouvez voir plus de bonshommes sur le site de Walking Men, où vous pouvez également envoyer vos spécimens pour que Stephen les ajoute à sa collection...
Deux visions de la France

Voici une petite comparaison qui m'a bien fait rigoler: que ce passe-t-il quand on lit l'introduction d'un grand guide de voyage sur la France – le Lonely Planet, par exemple – en version française, puis que l'on lit l'introduction de ce même guide de voyage, version anglaise?
Eh bien l'on s'aperçoit qu'un guide en français pour un public francophone reste super classique et super positif:
Oubliez le préjugé selon lequel un séjour en France est forcément tranquille à l'excès. Mosaïque de régions aux personnalités fortes et contrastées, de la Provence à la Bretagne, du Bordelais à l'Alsace, la France est une éternelle inconnue : surprises et aventures sont au bout du chemin. Peut-être rêvez-vous de vous prélasser à la terrasse d'un café sur une place provençale ombragée de tilleuls ou dans l'animation des boulevards parisiens. De marcher sur une plage des Landes bordée de pins ou le long des falaises bretonnes, d'escalader des sommets alpins, de rouler à bicyclette à travers les vignobles de Bourgogne ou les manoirs du Périgord. Au-delà de sa traditionnelle image de marque, faite d'art culinaire et de haute couture, la France multiplie ses visages en une mosaïque de régions. Pas une ne ressemble à l'autre. La pierre des édifices n'a jamais la même couleur : grise en Bretagne, blanche en Anjou, ocre en Lorraine. Pas plus que la lumière lorsqu'elle baigne les paysages de l'Île-de-France, qui inspirèrent les impressionnistes, ou ceux de la côte bretonne, chers à Van Gogh. D'innombrables clichés affublent la France, à commencer par celui du Français le béret basque vissé sur la tête, la baguette de pain sous le bras et le litre de rouge dans la poche... Au risque de vous décevoir, vous avez peu de chance de rencontrer un tel spécimen aujourd'hui. Si les Français montrent parfois peu de patience envers les langues étrangères, la société évolue et l'accueil se fait plus souriant.
Alors que celui publié pour un public anglophone parle de crottes de chien et de révolution!
Good, bad or ugly, everyone has something to say about France and the French: chic, smart, sexy, rude, racist, bureaucratic, bitchy as hell, pavements studded with dog poo, baguettes that dry out by lunchtime and a penchant for torching cars is some of the chitchat on the street. Spice up the cauldron with the odd urban riot, political scandal and a 35-hour working week - not to mention a massive box-office hit like The Da Vinci Code taking over Paris or superstar Angelina Jolie allegedly plumping for a chateau in Normandy; to raise her kids - and the international media is all ears too. This is, after all, that fabled land of good food and wine, of royal chateaux and perfectly restored farmhouses, of landmarks known the world over and hidden landscapes few really know. Savour art and romance in the shining capital on the River Seine. See glorious pasts blaze forth at Versailles. Travel south for Roman civilisation and the sparkling blue Med; indulge your jet-set fantasies in balmy Nice and St-Tropez. Ski the Alps. Sense the subtle infusion of language, music and mythology in Brittany brought by 5th-century Celtic invaders. Smell ignominy on the beaches of Normandy and battlefields of Verdun and the Somme. And know that this is but the tip of that gargantuan iceberg the French call culture. Yes, this is that timeless land whose people have a natural joie de vivre and savoir-faire - and have for centuries. But change is afoot. France and the French are fed up - and inspired. It's on the tip of everyone's tongues.
"Bon, mauvais ou méchant, tout le monde à quelque chose à dire sur la France et les Français: chic, sexy, élégant, impoli, raciste, bureaucratique, très vache, les trottoirs plein de crottes de chien, les baguettes qui sèchent avant le déjeuner, un penchant pour brûler les voitures sont tous sujets de bien des bavardages. Rajoutez à cette marmite un pincée d'émeute urbaine, des scandales politiques et un semaine de 35 heures – sans oublier un gros film comme Le Da Vinci Code envahissant Paris, ou la superstar Angelina Jolie choisissant un château en Normandie pour élever ses enfants – et les média du monde entier sont toutes oreilles. La France est, après tout, ce monde enchanté de bonne bouffe et de bon vin, de châteaux royaux et belles fermes restaurées, de monuments connus dans le monde entier, et de paysages secrets que très peu connaissent. Savourez art et charme dans la capitale scintillante sur la Seine. Voyez le passé briller à Versailles. Voyagez vers le Sud pour des ruines romaines et le bleu étincelant de la Méditerranée; vivez vos rêves de jet-set dans la douce Nice et St-Tropez. Skiez dans les Alpes. Sentez le mélange subtil de langage, musique et mythologies en Bretagne, amené par les invasions celtiques du 5ème siècle. Sentez l'ignominie des plages de Normandie et des champs de batailles de Verdun et de la Somme. Et sachez que tout ceci n'est que le sommet d'un iceberg gigantesque que les Français appellent culture. Oui, c'est un pays intemporel dont le peuple a une joie de vire et un savoir faire inné - et ce, depuis des siècles. Mais un changement arrive. La France et les Français en ont marre - et sont inspirés. C'est sur les lèvres de tout le monde.
Je vous garde l'intro sur Angleterre pour un autre jour...
The Sunday Times Rich List 2011

Chaque année le Sunday Times publie sa Rich List, "the definitive guide to wealth in Britain and Ireland". Ce n'est pas un guide des Britanniques les plus riches, mais des personnes les plus riches habitant – et payant leur taxes, achetant les clubs de foot – au UK. C'est pourquoi il n'y a qu'un Anglais dans les cinq premiers:
1 Lashmi Mittal, acier (£17,514m)
2 Alisher Usmanov, acier (£12,400m)
3 Roman Abramovich, pétrole et industrie (£10,300m)
4 The Duke of Westminster, immobilier (£7,000m)
5 Ernesto & Kirsty Bertarelli, pharmaceutique (£920m)
C'est là où l'on s'aperçoit que le business et la finance, ça n'a pas de poids contre les matières premières et les drogues. Le fait que l'Anglais le plus riche est propriétaire d'un groupe immobilier, le Grosvenor Group, est très symbolique vu l'importance qu'accorde les gens ici à leur maison, et au boom de l'immobilier. C'est pas pour rien que viennent juste de se vendre à Londres les apparements les plus chers au monde (£6.5m pour un deux-pièces à One Hyde Park, juste à côté de Harrods).
En fait dans les trente premiers, il n'y a que 5 autres personalités britanniques:
13 Sir Philip Green, commerce (£4,200m) – le patron de Tophsop, BHS, Wallis, Dorothy Perkins, Burton etc etc
19 Richard Branson, transport, internet et téléphones (£3,085m) – le patron de Virgin bien sûr
21 Earl Cadogan group, immobilier (£550m)
26 Sir David & Frederik Barclays, immobilier et média (£400m) – propriétaires du journal The Telegraph
28 John Whittaker Property, immobilier (£1,015bn) – décidemment!
D'après le Sunday Times, les riches sont de plus en plus riches (18% de plus que l'année dernière, en moyenne). En ces temps de coupes budgétaires, où les bibliothèques publiques ferment les unes après les autres, cela paraîtra indécent à beaucoup de Britanniques. D'ailleurs, en parlant au passage des salaires plutôt que des revenus, un nouveau rapport de la commission sur les hauts salaires prévient que si cela continue, la différence entre les plus pauvres et les plus riches au Royaume-Uni va bientôt être la même qu'à l'époque Victorienne (celle de Dickens, ou les orphelins crevaient de faim dans les workhouses).
Dans cette Rich List, il y a 1,007 hommes et 105 femmes. Ils tiennent leur fortunes pour la plupart de leurs biens terriens et immobiliers (198) et de leurs compagnies financières (180), usines (125), films/media et sports (83), ou commerces (81). Il y a parmi eux 11 Dukes, 66 Knights, 26 Lords, 4 Viscounts, un prince et une princesse...
Parmi les héritiers, financiers et propriétaires immobiliers de la liste, il y a quelques têtes connues:
142 JK Rowling, auteur de Harry Potter (£530m)
161 Paul McCartney, ex-Beatles (£495m)
257 The Queen – la reine! (£400m)
357 Sir Elton John, musicien et nouveau papa (£195)
364 Mick Jagger, Rolling Stones (£190m)
381 Sting et Catherine Zeta-Jones, à égalité (£180m)
420 David & Victoria Beckham (£165m)
679 Jamie Oliver (£106m), lire mon article ici
562 Lucien Freud, peintre (£125m)
871 Sean Connery et Jonathan Ive, designer Apple, à égalité (£80m)
968 Tim Burton & Helena Bonham Carter (£70m)
Et deux trois autres qui ont fait fortunes dans des domaines bizarres, comme James and John Martin, place 174 (£460m) qui vendent des sièges éjectables; Sir John Zochonis, place 152 (£305m) qui vend du savon; ou les trois frères Arora, place 230 (£243) qui gagnent des millions grâce à leur chaîne de magasins ultra-discounts.
Moi je n'ai qu'une question – mais que font-ils avec tout ce fric??????? Apparemment cette année la fortune totale de tous les gens dans cette liste est estimée à £395.8 milliards. Ils n'ont donné que £1.67 milliard aux oeuvres caritatives, 33% de moins que l'année précédente.
Mais qu'est ce qu'ils font, ils nagent dans leur pognon?
Christopher Gray

Coup de coeur aujourd'hui pour le travail de Christopher Gray, un jeune designer britannique qui s'est mis au défi de produire un poster différent par jour jusqu'à ce qu'il ait atteint les 100 exemplaires.

Keeping the grounds

The Dress I like and you don't

Winter logs

Seasons
Ce site en présente beaucoup d'autres... J'aime beaucoup également cette carte de Manchester réalisée avec Modern Designers:


Et cette petite animation sur le thème What came first, the chicken or the egg. Plus d'infos sur son site...
Les aéroports de Londres

Me remettant tout juste de mon jet lag mais rêvant déjà de reprendre un Boeing pour une île déserte, je me suis forcée à revenir sur terre pour vous parler d'un sujet pratique: les aéroports de Londres. Oui oui, ces centres commerciaux géants où l'on doit passer la sécurité pour entrer et ou il y que des sandwiches ou du caviar à manger (sans parler des boutiques qui vendent des choses super utiles pour vos vacances, genre nounours géant de Harrods, pack de six bouteilles de Baileys ou parfum Dior à seulement £200).
Si vous êtes Parisiens, Lillois, Bruxellois, ou même Strasbourgeois et Amsterdamois (?), passez votre chemin - c'est l'Eurostar qu'il vous faut. C'est peut-être un peu plus cher que les compagnies aériennes low-cost, mais croyez moi, ça en vaut la chandelle - arriver au coeur de Londres sans tous les encombrements des aéroports (et pour une durée de voyage équivalente, si l'on compte les transferts et les heures passées à la sécurité), c'est magique. Pour les autres, pas de bol: vous allez devoir atterrir dans les "magnifiques" aéroports de Londres.
Il y en a cinq, et ils sont répartis tout autour de la capitale:

Et comme j'habite à Londres depuis plus de 7 ans (et que j'ai beaucoup voyagé pour le travail), j'ai eu la grande chance de les avoirs tous utilisés plusieurs fois. En voici la liste ci-dessous, en commençant par le meilleur, et en finissant par les pires! J'espère que cela vous aidera à planifier votre prochain voyage à Londres. (Évidemment, tout dépend aussi de votre destination à Londres. Si vous allez à Hampstead, Luton est sans doute plus pratique que Gatwick, etc)
1 LONDON CITY AIRPORT
Il est tout petit, plein à craquer de businessmen, avec seulement trois shops et un café. Mais qu'est-ce qu'il est pratique. À seulement 20 minutes de Bank sur la ligne de DLR (le métro aérien des Docklands) c'est le mieux connecté de tous les aéroports de la capitale. Les fauteuils de la salle d'attente sont moelleux et en cuir, on peut siroter un thé en regardant les avions décoller et les DLR passer. Il n'y a pas de gros Boeing, seulement des petits jets pour des destinations européennes. Et pas de compagnies low-cost non plus. Mais si on s'y prend à l'avance, les compagnies comme Cityjet, Swiss, Lufthansa ou KLM font de très bonnes offres pour certaines destinations (Si la différence de prix avec un low-cost atterrissant ailleurs n'est que de £30 ou £40, foncez car de tout manière il faut rajouter au moins £30 par personne à votre ticket low-cost quel qu'il soit: £10 pour dîner et snacks, £10 pour le sac en soute, et £10 minimum pour les trajets en trains jusqu'au centre de Londres) www.londoncityairport.com
2 GATWICK AIRPORT
C'est un énorme truc avec deux terminaux reliés par une petite navette, mais il est bien mieux conçu – et mieux géré que l'autre géant, Heathrow. Les espaces d'attente sont plus grands, les avions beaucoup moins en retard en général. Il y a plein d'options bouffe et magasins, et les gens de la sécurité et de la douane sont d'après mon expérience plus sympas (je ne sais pas pourquoi, peut-être parce qu'ils vivent à Brighton ou au bord de la mer?). L'aéroport est situé à environ 30 minutes de train au sud de Londres, et vous avez deux options pour rejoindre la capitale: prendre le Gatwick Express (£16, 25 minutes) qui vous emmène à Victoria; ou le First Capital Connect (£9.40, 36 minutes)) qui vous déposera à London Bridge. Dans l'autre sens, la gare de Gatwick est sous le terminal sud, il suffit de monter un niveau et vous êtes au check-in (contrairement à Heathrow où il faut marcher des plombes). Quand aux compagnies aériennes, il y a tout un mélange, de Easyjet à BA en passant par Flybe et Virgin Atlantic. www.gatwickairport.com
3 HEATHROW AIRPORT
Bon c'est le gros morceau - le troisième aéroport du monde en termes de nombre de passagers. Construit petit à petit, il compte maintenant 5 terminaux pas vraiment très bien connectés entre eux et de qualité variable. Le vrai problème, c'est que les pistes sont surbookées. Des avions décollent et atterrissent toutes les deux minutes, et au moindre petit hic, tout le système s'écroule, certains avions tournent en rond dans le ciel car ils ont ratés leur place, d'autres sont coincés sur le tarmac pendant des heures (je parle d'expérience). Pour ce qui est des connections avec le centre ville, il y a trois options: le métro (compter au minimum une heure), le train Heathrow Connect jusqu'à Paddington (25 minutes, £8.50, avec arrêts à Ealing Broadway) et le Heathrow Express, aussi jusqu'à Paddington (15 minutes, £16.50). www.heathrowairport.com
4 LUTON & STANSTED AIRPORTS
Ce sont deux gros hangars dans le nord de Londres, respectivement les bases d'Easyjet et de Ryanair (la pire compagnie aérienne que je connaisse). Stansted a la grâce d'avoir été conçu par l'architecte Norman Foster, mais à part ça bof. Si vous partez de Londres pour un week-end à l'étranger, attendez-vous à d'énormes queues à la douane au retour – le dernier truc qu'on veut subir un dimanche soir à 22h. Pour s'y rendre, il faut prendre le Stansted Express depuis Liverpool Street (£20, 46 minutes). Quand à Luton, il faut prendre une navette pendant 5 minutes (£1.50) pour rejoindre la gare et les trains de First Capital Connect et East Midlands Trains (30 à 45 minutes, £12.50 environ) pour St Pancras. www.london-luton.co.uk; www.stanstedairport.com
Et n'oubliez pas: un seul bagage à main. Any liquids? la règle des 100ml est toujours appliquée à la lettre. En espérant qu'il ne neige pas ou qu'il n'y ait pas trop de brouillard. Bon vol!
UPDATE:Southend Airport, Essex, est sur le point de s'aggrandir, acceuillant Easyjet et bientôt d'autres compagnies aérienne. Londres aura donc un sixième aéroport...
PS: La belle météo de ces dernières semaines a un énorme avantage pour les gourmands: les fraises britanniques sont en avance, et elles sont délicieuses. Plus besoin d'attendre jusqu'à Wimbledon pour déguster un Victoria sponge!
PPS: pour toutes les fashionistas qui tombent sur mon blog en se demandant: Mais d'où viennent les collants de Jessie J? Je vous donne la réponse: c'est un design de Henry Holland (sur lequel je reviendrai sûrement dans un prochain message...). Vous pouvez les achetez sur Tightsplease.co.uk.
PPPS:et pour ceux qui veulent acheter des tickets pour les JO - pouet pouet c'est trop tard, il fallait le faire avant fin avril. Par contre, les tickets pour les jeux paralympiques (qui auront lieu du 29 août au 9 septembre 2012) seront en vente à partir de septembre 2011.
Royal mess

Me voici rentrée de vacances (je vous avais préparé des messages en avance) et donc prête à rattraper toute l'actualité britannique que j'ai manquée ces deux dernières semaines. En fait, il n'y avait pas grand chose à rattraper à part le fameux Royal Wedding bien sûr.
Du coup j'ai regardé les belles photos du Big Picture. Et comme je voulais pas me taper trois heures de grande pompe et d'uniformes, j'ai préféré regarder la vidéo en photos du Guardian (le mieux c'est la fin quand ils sont tous sur le balcon de Buckingham Palace), et ce résumé foutage de gueule. Je vous dis ça juste au cas où comme moi vous avez tout raté – sinon désolée, je ne veux surtout pas vous faire faire une overdose de royauté.
Je retiens de tout ça que les chapeliers ont dû faire fortune; que la petite fille sur le balcon en avait vraiment marre de tout ces timbrés qui criaient à qui mieux mieux; que la combi robe/manteau est à la mode chez les invités royaux; et que peux importe ce qu'on met dedans (arbres, princes à bedaines, évêques à mines sombres), Westminster Abbey est toujours aussi classe. En tout cas, cela a coûté bonbon. Et comme l'explique le Guardian, cela a permis de remplacer un tout petit peu la fête nationale britannique, qui n'existe pas.
Lorsque j'étais en vacances, je suis tombée sur un article de Newsweek qui comparait le Royaume-Uni de 1981, lorsque Lady Di se mariait à Prince Charles, et celui de 2011, lorsque leur fils William se marie à Kate Middleton.
Voici ma version de cette comparaison, en chiffres:
1981 2011
Population 56 millions 62 millions
Prix moyen d'une maison £71,883––––––––––––––––––––––––––––––£161,183
Espérance de vie (F) 76.8 ans–––––––––––––––––––––––––––––s82 ans
Espérance de vie (H) 70.9 ans–––––––––––––––––––––––––––––77.9 ans
Modèle de voiture Ford Cortina–––––––––––––––––––––––––– Volkswagen Golf
le plus populaire
Situation économique Récession––––––––––––––––––––––––––––––Récession
Nombre de chômeurs 2.5 millions–––––––––––––––––––– ––––––––2.5 millions
Nombre de mineurs 250,000––––––––––––––––––––– ––––––––moins de 3,000
de charbon
Manifestations Brixton riots Anti-cuts demonstration
Top single Tainted Love, Soft Cell Someone like you, Adele
Prix d'un diplôme Gratuit £3,920 (£9,000 en 2012)
universitaire (par an)
Nombre de téléspectateurs 28 millions 24 millions
britanniques du Wedding
Billy Elliot The Musical

Les comédies musicales, c'est pas trop mon truc. Mais étant donné qu'assister à un musical c'est LE truc à faire à Londres (en tout cas pour les touristes américains, qui ne viennent pas ici sans voir au moins deux spectacles), je me suis dis qu'il fallait quand même que j'essaye ça. Je me suis décidée pour Billy Elliot, qui a d'excellentes critiques et qui a gagné de nombreux prix depuis sa création en 2005 (voir la bande annonce).
J'ai acheté les billets les moins chers (£20), et me suis retrouvée perchée tout en haut de la salle du Victoria Palace Theatre (un très beau bâtiment datant de 1911 juste en face de la gare de Victoria), dans la partie autrefois réservés aux petites bonnes. J'avais peur de ne rien voir, mais ça allait très bien.
Le spectacle est bien sûr inspiré de l'excellent film de Stephen Daldry, qui suit le parcour d'un jeune fils de mineur du nord de l'Angleterre durant les années 1980 se découvrant une passion pour la danse et poursuivant son rêve envers et contre tous. La comédie musicale a été écrite par Lee Hall, le scénariste du film, et Elton John, qui s'est occupé de la musique.
J'ai adoré. Et je vous conseille vivement d'aller voir ce spectacle si vous êtes à Londres... On se laisse prendre par l'histoire, les acteurs/chanteurs/danseurs sont excellents, les chansons aussi. Il y a de très belles scènes, notamment avec les mineurs qui manifestent contre Thatcher, et de Billy et de son meilleur pote. Le personnage de Mme Wilkinson, la professeur de danse, est super. En plus, si vous avez vu le film c'est très facile de suivre le spectacle, donc parfait pour ceux qui ne comprennent pas bien l'anglais...
Je ne vous montre ni photos ni videos du spectacle, parce que je pense qu'elles ne rendent pas du tout compte de la magie de la comédie musicale et de la scène. C'est beaucoup mieux d'avoir la surprise! Que vous aimiez ou non les comédies musicales, vous resterez scotchés devant les performances et le talent de ces comédiens – certains de moins de 15 ans – qui ont tous une énergie incroyable.
Vous avez-vu ce spectacle? Dites moi si vous partagez mon avis ou non!
> Billy Eliott The Musical, tous les soirs à 19h30, les samedis et jeudis à 14h30 également, tickets à partir de £19.50. Victoria Palace Theatre, Victoria Street (voir carte).
