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Aujourd’hui la lune est bien ronde, et cela me fait penser à un très beau film britannique que j’ai vu il y a quelques mois: Moon, le premier long métrage de Duncan Jones, avec l’excellent Sam Rockwell. Sorti en 2009, ce film indépendant de science-fiction a été tourné en juste un mois dans les studios de Shepperton près de Londres (où Alien et Robin des Bois ont également été réalisés), avec un tout petit budget de £5m (ça paraît beaucoup mais c'est des cacahouètes dans le monde du cinéma!)

Mais pourtant tout ici est de la plus grande qualité: des effets spéciaux aux dialogues en passant par la musique, c’est un vrai régal (le film a gagné le prix de Best British Independent Film 2009). Le film raconte l’histoire de Sam Bell, un travailleur solitaire installé sur la face cachée de la Lune afin d'exploiter un gisement d'Hélium 3 pour une grande compagnie terrestre, Lunar Industries, et qui arrive au bout de son contrat de trois ans. Son seul compagnon, en tout cas au début, c’est GERTY, un ordinateur qui parle avec la voix de Kevin Spacey.

Voici la bande-annonce:

Cela vous rappellera sans doute HAL de Space Odyssee, mais aussi beaucoup d’autres choses. Car le film, un huit-clos spatial intense et plutôt oppressant, est aussi, comme toute science fiction digne de ce nom, plein de questions sur la nature humaine. Comme Damon Wise du Times l’écrit: ‘Though it uses impressive sci-fi trappings to tell its story—the fabulous models and moonscapes are recognisably retro yet surprisingly real—this is a film about what it means, and takes, to be human.’ (S’il utilise des ruses de science-fiction pour raconter son histoire – les merveilleuses maquettes et paysages lunaires sont à la fois rétro et très réels – ceci est un film à propos de ce que cela veut dire, et ce qu’il faut faire, pour être humain.

En effet, Duncan Jones est non seulement le fils de David Bowie, mais aussi un docteur en philosophie (il a écrit une thèse sur l’intelligence artificielle) et passionné de science fiction et de films comme Silent Running ou Solaris. Son film a été écrit pour Sam Rockwell, un acteur époustouflant dans ce rôle, où il doit littéralement se dédoubler. À part sa performance, ce que j’ai préféré c’est de voir rovers lunaires rouler sur le sol Lunaire, des images poétiques réalisées à partir de maquettes et non d’animations digitales.

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Jones explique son choix d'utiliser la Lune comme décor, car “There is still a mystery to it. As a location, it bridges the gap between science-fiction and science fact. We (humankind) have been there. It is something so close and so plausible and yet at the same time, we really don't know that much about it." (Elle est encore mystérieuse. Elle comble le fossé entre science fiction et faits scientifiques. Nous (l’humanité) y avons été. C’est quelque chose de tout près, de plausible, et en même temps, on n’en sait pas grand chose) La fiction rencontre la science, puisque la NASA est en ce moment même en train de faire des recherches sur les gisements lunaires d’Hélium-3, et le Mooncrete, une sorte de béton fait sur place (comme peut-être le béton utilisé pour faire la base lunaire dans le film).

Jones travaille à présent sur la suite de Moon, un thriller en hommage à Blade Runner situé dans le Berlin du futur. J’ai hâte de voir ça!

 

U+2191.svg eh, y'a pas quelque chose de différent là haut? vous aimez ma nouvelle bannière?