Orbit

Après la Lune, je vous emmène en Orbit. Ou plutôt dans le East End de Londres, où se construit en ce moment The Orbit, une sculpture en acier rouge de 115 mètres de haut – 22 mètres de plus que la Statue de la Liberté, et 20m de plus que Big Ben, quand même. The Orbit, situé entre le stade et le Aquatic centre de Zaha Hadid dans le future Parc Olympique, sera la plus grande sculpture publique du Royaume-Uni. Symbole des JO, c’est aussi une plateforme d’observation, depuis laquelle les visiteurs pourront admirer le parc olympique et les gratte-ciels londoniens. En gros, c’est la version britannique de la Tour Eiffel (en rouge pétant bien sûr), que les rosbifs envient aux Français depuis toujours.

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Ce concept du grand artiste britannique Anish Kapoor et de l’ingénieur/architecte Cecil Balmond (ARUP) combine sculpture et ingénierie structurale à grande échelle. La tour, qui ressemble un peu aux toboggans traditionnels, les helter skelters, a déjà été surnommée the 'Hubble Bubble' (le narguilé) et même ‘the supersized mutant trombone’ (le trombone mutant géant). Inspiré de la Tour de Babel, et de l’idée de construire l’impossible, l’Orbit représenterait également un nuage d’électrons, à la fois stable et instable – jamais vertical, jamais centré, mais qui tient debout.

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Cette tour, c’est une idée du maire de Londres Boris Johnson, qui voulait un truc en plus pour le East End. Et voulait surtout laisser sa marque sur un projet olympique appartenant complètement à son prédécesseur, Ken Livingstone, qui a poussé les JO à Londres de toutes ses forces. La sculpture est financée par Lakshmi Mittal, l’homme le plus riche du UK grâce à sa compagnie d’acier. Johnson l’a croisé dans les toilettes des gentlemen à une réception à Davos en 2009 et lui a demandé son soutien sur un coup de tête. Résultat de la conversation de 45 secondes entre les deux hommes: Mittal a verse 16 des 19 millions (1,400 tonnes d’acier) nécessaire à la construction de l’Orbit.

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Certains aiment beaucoup, comme Nick Serota de la Tate Modern, trouvent que l’Orbit vient avec ‘l’énergie que l’on associe aux tours, mais aussi avec de surprenantes formes féminines’, ou Jay Merrick du Independent, une forme incomplete qui suggère des possibilités. D’autre dénoncent un vanity project aussi gros que l’égo de Boris Johnson, une publicité géante pour ArcelorMittal, l’une des plus puissantes multinationales au monde, ou bien disent que cela ressemble à 'une collision catastrophique entre deux grues' ou 'un Meccano sous l’influence du crack'.

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L’Orbit devrait être achevée à la fin 2011. Vous pouvez voir la tour prendre forme dans cette vidéo, et trouverez plus d'info sur le site officiel du projet. Pour la voir en vrai, il faut aller au View Tube...


PS Le peintre des chewing-gum Ben Wilson était de retour cette semaine sur Millenium Bridge... Il aurait aussi caché quelques oeuvres à l'intérieur de la Tate Modern. Si vous êtes dans le coin, regardez bien par terre!