mercredi 29 juin 2011

Carte postale de Bradford on Avon, Wiltshire

Bradford

Bradford on Avon

Bradford on Avon, à ne pas confondre avec Bradford, grande ville industrielle du nord de l'Angleterre, est une toute petite ville nichée dans la vallée de la rivière Avon, dans le Wiltshire. Elle est connue pour son joli pont de pierre datant du temps des Normands, ses charmants bâtiments en pierres couleur de miel, rappelant les cartes postales des Costwolds, et ses promenades au bord de la rivière et du Kennet and Avon Canal.

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Où donc?

Bradford on Avon est située 15 kilomètres à l'est de Bath, dans le Wiltshire (voir carte). Pour y arriver il vous faut prendre le First Great Western train de London Paddington à Bath (1 heure 30, toutes les demi-heures), et ensuite changer pour le tout petit train de Bath à Bradford (toute les demi-heures, 15 minutes), un très joli trajet.

Qu'y faire?

Se promener en ville, découvrir les anciennes usines et les cottages des ouvriers, tous bâtis en pierre dorée:

Iansdown 1643
Photo: Iansdown 1643

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Découvrir le green et ses joueurs de cricket:

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Et admirer la belle Tithe Barn, une grange monastique du 14ème, avec un magnifique toit...

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Photo: Chippy 1920

Mais surtout, aller se promener dans la campagne environnante, qui est vraiment magnifique. Pour faire une belle balade, suivez le Kennet and Avon Canal ou la rivière en direction de Bath (voir carte). C'est très bien indiqué, et en plus vous pouvez faire une boucle ou revenir en train de Avoncliff ou même de Freshford:

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Vous pourrez admirer les belles péniches sur le canal:

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Et même vous arrêter déjeuner au Cross Guns, un excellent pub au bord de l'eau situé à une demi-heure à peine de Bradford on Avon. Si vous voulez, vous pouvez continuer votre promenade à travers les champs vers Freshford, où vous trouverez de charmants cottages et église...

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Où manger et dormir?

De retour à Bradford on Avon, ne ratez pas un afternoon tea au Bridge Tea Rooms, une superbe maison de forgeron datant de 1675:

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Photo: Jolly Japers Jen
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Ce salon de thé a gagné de nombreux prix, le dernier en date étant le Tea Guild's Award of Excellence 2010. Les serveuses sont en tablier à froufrous, c'est très traditionnel et un peu kitsch sur les bords. Mais la maison toute biscornue, et les excellents afternoon teas en font un endroit plein de charme. Dégustez une tasse de Breakfast tea avec une sélection de petits sandwiches, meringues, cakes et scones à la crème et la confiture.

La deuxième adresse à ne pas manquer, c'est le Swan, situé de l'autre côté du vieux pont:

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Photo: Jeff Rozwadowski
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C'est un super pub, hôtel et restaurant situé dans un bâtiment classé, un coaching inn (relais de poste) datant du 16ème siècle. On y mange très bien, les chambres sont simples mais jolies, et le pub est très sympa (les chambres, situées à l'étage, sont donc parfois un peu bruyantes le weekend).

C'est tout petit, donc vous pouvez visitez le tout en une journée. Cela fait une excellente pause à la campagne, surtout si vous allez visiter Bath par exemple...

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lundi 27 juin 2011

The Cambridge Satchel Company

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Les vacances d'été n'ont pas encore commencées que c'est déjà la rentrée chez les fashionistas. L'accessoire à la mode ici c'est un cartable en cuir de la Cambridge Satchel Company, une petite compagnie créée par une mère et sa fille en 2008. À leurs débuts, Freda Thomas et Julie Deane vendaient deux-trois sacs fabriqués sur la table de leur cuisine et visaient le marché des écoliers, les cartables étant inspirés de ceux d'Hermione et compagnie dans Harry Potter.

Maintenant, grâce en partie à toutes les blogueuses de mode qui en sont folles, elles en vendent plus de 1,500 par semaine, dans un arc-en-ciel de couleurs. Leur turnover est passé de £15,000 à £3.3 millions en moins de trois ans, et Thomas et Deane rivalisent maintenant avec les plus grands groupes de mode.

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Les cartables, qui coûtent environ £139, sont fabriqués à la main au UK. Ils doivent leur succès à leur côté nostalgique bien sûr (un client sur le site les remercie d'avoir fabriqué un cartable qui ressemble exactement à celui qu'il avait en 1956), mais la Cambridge Satchel Company a également su injecter une dose de modernité en développant une gamme très colorée. Elle a même collaboré avec la marque Japonaise super-branchée Comme des Garçons sur une collection ultra-fluo, qui se vend comme des petits pains:

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The Cambridge Satchel Company vend aussi des modèles bicolores (tous les sacs peuvent être frappés de vos initiales) et des coffres de voyage. En vente sur le site ou dans ces magasins. Bref une vraie success story venue tout droit de Cambridge!

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samedi 25 juin 2011

Lemon drizzle cake

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Le lemon drizzle cake, ou gâteau arrosé de citron, c'est un classique du tea time anglais. On le retrouve dans tous les bons tea-rooms du UK, préparé avec autant de recettes qu'il y a de cuisiniers dans le pays. Et comme j'adore le citron, c'est un de mes cakes préférés – j'en achète souvent une petite part pour mon Friday treat... Le lemon drizzle cake, c'est acidulé, super sucré, moelleux, ça colle aux doigts, et c'est parfait pour un goûter d'été. Qu'il fasse grand beau ou non, les citrons vous transporteront vers la Méditerranée en quelques bouchées...

Les Victorians, ces Britanniques du 19ème si gourmands, adoraient déguster le lemon drizzle cake en été, car ils trouvaient les lemons so fresh. Et comme on les comprend... Ce sponge cake (cake éponge) est imbibé de sirop de citron à sa sortie du four, donc il y a une triple dose d'agrumes, dans la pâte, le sirop et le glaçage. Absolutely scrumptious!

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Cette recette contient énormément de sucre, sous la forme du glaçage. Donc si vous n'aimez pas trop les gâteaux très sucrés, ne vous embêtez pas avec le glaçage, le cake est délicieux de toute façon. J'utilise des graines de pavot, qui donnent un petit truc en plus et font très joli, mais c'est optionnel bien sûr. Vous pouvez également ajouter quelques gouttes de fleur d'oranger, c'est délicieux.

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LEMON DRIZZLE CAKE

Ingrédients (pour 10 personnes)
- 115g de beurre ramolli
- 215g de sucre en poudre
- 4 oeufs
- 180g d’amandes en poudre
- 30g de graines de pavot
- 5 citrons
- 125g de farine avec levure incorporée

(ou farine normale avec une cuillère à café et demi de levure environ)
- 225g de sucre glace
- fleurs ou zestes de citron confits, pour décorer


1 Préchauffer le four à 180ºC/350ºF/gaz 4. Beurrer un moule à gâteau de 20cm de diamètre.
Couper le beurre ramolli en petit morceau et mélanger avec 115g de sucre (garder le reste de sucre pour le sirop). Battre avec un fouet jusqu’à ce que le mélange soit léger et crémeux.

2 Ajouter les oeufs un par un, en fouettant bien à chaque fois. Ajouter les amandes en poudre, les graines de pavot, le zeste et le jus de deux citrons et la farine tamisée. Bien mélanger, et verser dans le moule beurré. Cuire pendant 45 minutes, ou jusqu’à ce que le gâteau soit légèrement doré. (Piquer le avec un couteau. Si la lame ressort sèche, c'est prêt).

3 Retourner le gâteau sur un plat à rebord et laisser refroidir un peu. Pendant ce temps, préparer le sirop en mélangeant les 100g de sucre restant avec le jus de deux citrons. Faire cuire quelques minutes dans une petite casserole jusqu’à ce que le sucre soit dissout. Faire plein de petits trous dans le gâteau à l’aide d’un cure dent, et verser le sirop petit à petit sur le gâteau. C’est un sponge cake (cake éponge), il absorbera donc très vite le sirop.

4 Laisser le gâteau refroidir encore un peu, et préparer le glaçage. Mélanger 225g de sucre glace tamisé avec le jus et le zeste d’un citron. Rajouter quelques gouttes d’eau si nécessaire pour que le mélange ne soit pas trop sec mais quand même très épais. Recouvrir le gâteau avec ce glaçage, en utilisant une cuillère pour bien répartir le mélange.

5 Décorer avec des fleurs du jardin, du zeste citron fraîchement râpé ou des zestes de citrons confits.

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jeudi 23 juin 2011

Le Parliament Square & Brian Haw

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Situé entre deux des sites les plus touristiques de Londres, Big Ben et Westminster Abbey, Parliament Square devrait être un carré de beauté, un reflet de tous les magnifiques squares qui embellissent la capitale. Malheureusement, c’est probablement la place la plus moche de Londres, et de loin. En fait c’est un îlot de gazon entouré par des rues à quatre voies, et une mer de voitures. Peut-être avez-vous tenté une traversée pour prendre un photo de Big Ben?

À croire que les autorités ne veulent pas que les piétons puissent accéder à la pelouse carrée et ses statues d’hommes politiques. Ou plutôt, ils ne veulent pas que des protestataires envahissent le square, un lieu de rassemblement pour les manifestants britanniques grâce à sa position hautement symbolique entre les différentes branches de l’état: à l’est le législatif avec les Houses of Parliament, à l’ouest le judiciaire avec la Supreme Court, au sud l’église avec Westminster Abbey, au nord l’exécutif avec Whitehall, la rue des ministères.

Datant de 1868, le square a été créé pour améliorer le trafic devant Big Ben. C’est d’ailleurs ici qu’a été installé un des premiers feux rouges du pays. En 1950, on “améliore” le site avec une espèce d’autoroute, la même qui entoure aujourd’hui le square et ses statues représentent des chefs d’état comme Winston Churchill, Abraham Lincoln et Nelson Mandela:

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Les protestataires et les grands hommes se rencontrent parfois, comme en 2000, lors des May Day riots: Churchilll retrouve son côté punk (ne vous avisez pas de le recoiffer, l'auteur de ce mohican s'est pris 30 jours de prison):

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Depuis 2001, ces illustres figures partageaient le coin avec Brian Haw, un chrétien évangélique – très charismatique avec son bob plein de pins – qui campait sur le square pour protester contre l’engagement du Royaume-Uni en Iraq et en Afghanistan. Décédé la semaine dernière d’un cancer du poumon, Haw y a vécu pendant plus de 10 ans, malgré de nombreuses tentatives du gouvernement de le déloger. Les politiques ont même fait passé une loi, interdisant les manifs à moins de 1 mile du parlement, le visant, mais étant contraire à la convention Européenne des droits de l’homme, cela n’a pas marché, et Brian Haw y est resté jusqu’à ce qu’il tombe malade.

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Photo: Scott Barbour/Getty

Si vous êtes venus en touriste prendre des photos de Big Ben, vous avez sûrement vu ses panneaux anti-guerre, photos des victimes de bombardements britanniques, ses drapeaux arc-en-ciel et ses tentes toutes pourries. Ce campement, symbole de la résistance de la population à la guerre et du droit à la liberté d'expression, a tant marqué les esprits qu’il est devenu oeuvre d’art. En 2007, l’artiste Mark Wallinger (qui a mis un Christ sur la Fourth Plinth) a gagné le prestigieux Turner Prize pour son installation State Britain, une reconstruction de 40m de long du campement à la Tate Britain:

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Malgré la mort de Brian Haw, les tentes sont toujours là, et de nouveaux volontaires se sont installés pour protester contre les actions du UK en Afrique et au Moyen-Orient. Et Haw a beau être décédé, il risque d’être sur Parliament Square encore longtemps: certains hommes et femmes politiques demandent qu’on érige une Plaque Bleue ou une statue dédiée à ce ‘true British eccentric'. En attendant, Banksy lui a dédicacé la home page de son site web:

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Et pour ce qui est de Parliament Square, malheureusement en 2008 le maire de Londres a refusé de dépenser £18m pour refaire le square, et transformer le côté sud en rue piétonne. Du coup, Churchill et Mandela risquent d'être isolé sur leur petite île pendant encore bien des années...

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mardi 21 juin 2011

Shoreditch, un mélange détonnant

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Le East End, c'est une très grande zone de l'Est de Londre qui englobe plusieurs quartiers, de Spitalfield jusqu'à Stepney et Bow. Aujourd'hui j'aimerais vous parler du coin le plus connu de cette zone, situé grosso modo entre Old Street, Bethnal Green, Whitechapel et Shoreditch. Je vous conseille de découvrir cette région de la capitale un dimanche avec ma Balade no 2. Je vous en parle parce que malgré son nom, qui vient sans doute de 'Sewer Ditch' (fossé d'égout; c'était à l'origine un marécage à la sortie est de la city of London), Shoreditch et ses alentours sont sans doute les quartiers les plus 'cool' de Londres. En fait, c'est tellement cool que ce n'est déjà presque plus cool...

Pendant des siècles, le East End c'était un repère de bandits, un ramassis de taudis, tavernes et de maisons closes, de music halls et de gangsters. Pas grand chose n'a changé depuis que les Victoriens venaient s'y encanailler... Bon il y a quelques graffitis en plus, car c'est ici plus que partout ailleurs à Londres que les street artistes aiment exercer leur talent, comme le montre cette vidéo, qui fait partie d'une campagne du pub par ailleurs – un vrai symbole du quartier je trouve...

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David Walker et Stickmen, Curtain Rd, par Marie A-C

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Hoxton Square un dimanche, par Jack Assean

Comme je vous le disait dans ma Balade no 2, c'est un quartier avec un passé captivant – et pas juste parce qu’il s’agit du territoire de Jack l’Éventreur. Connu pour ses usines de briques au début du 17ème siècle, Brick Lane a accueilli vague après vague de réfugiés: les tisserands Huguenots, qui y ont lancé le commerce du textile; les travailleurs Irlandais, qui bossaient pour rien dans les docks; les Juifs Ashkenaze, qui ont obtenu la permission d’ouvrir leurs marchés le dimanche; et les Bangladeshis, qui ont repris le commerce du textile, ouvert des restos, et réanimé le quartier. Les derniers arrivés sont les Somaliens, venus à leur tour chercher une vie meilleure.

Et grâce aux loyers peu chers et aux grands espaces disponibles (beaucoup de bâtiments sont d'anciens entrepôts), de nombreux artistes, comme Gilbert & George et Tracey Emin, s'y sont aussi installés ces dernières années. Ils sont maintenant rejoint par des start-ups, boîtes de pub et bureaux d'architectes...

Longtemps un quartier working class, avec des caf' et des pies shops (petit cafés où l'on peut boire un thé au lait en mangeant un sandwich au bacon ou une assiette d'anguille et purée patate, la spécialité du East End), l'endroit est ensuite devenu un quartier Bangladeshi, avec l'arrivée des restaurants de curry de Brick Lane. La vague plus récente des hipsters, ces jeunes trop cool for school, a fini de transformer le quartier.

Sur Redchurch Street, les magasins vendant des marques branchées mais hors de prix n'en finissent pas d'ouvrir, et le tout-Londres va se faire voir à Shoreditch House, Pizza East, Bistrotheque et au Boundary. En août, le terrain vague à côté de la station Shoreditch accueillera même un shopping mall temporaire, Boxpark, où de grandes marques comme Fred Perry pourrons louer des boutiques/containers. Encore quelques années et Commercial Street sera un mini Oxford Street!

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Brick Lane par Sixoone et Steve Cadman

L'arrivée de tout ces riches bobos ne va pas sans heurts, et la gentrification du quartier fait que de nombreux habitants se voient forcés d'aller trouver ailleurs, plus loin du centre, des loyers abordables. Beaucoup se moquent des hipsters, et certains ont même créé le groupe Normal in Shoreditch, pour les gens "normaux" cherchant des magasins utiles vendant des aspirateurs ou des torchons plutôt que des saucières à £100 et des T-shirts à £200. En leur honneur, quelqu'un à même fait une parodie du clip de REM avec Aaron Johnson tournée dans les rues du quartier. Énorme.

Cette deuxième vidéo résume bien le monde des hipsters (sauf qu'ici on les appelle dickheads!)

Mais ce que je trouve le plus intéressant, c'est que cette transformation a eu lieu si vite que des populations totalement différentes cohabitent ensemble dans un melting-pot détonnant. Ainsi des couples gay branchés vivent à côté de musulmans ultra-traditionnels, des filles en mini-mini-jupe à côté de femmes somaliennes en abayas. Londres en général est comme cela, mais ici, le phénomène est vraiment poussé à l'extrême. Dans le ce quartier si cool des extrémistes ont recouvert de peinture noire les filles en bikini sur les posters H&M, et postent des messages anti-homosexuels à tout les coins de rues... Depuis l'année dernière les attaques homophobes sont en hausse... Pas si cool que ça donc.

Bref, un quartier plein de contradictions à la faune colorée, à découvrir sans faute...

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dimanche 19 juin 2011

Chapeaux bas!

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En Angleterre, qui dit grand évènement dit chapeaux (d'ailleurs si vous êtes une fille invitée à un mariage anglais, n'oubliez pas votre couvre-chef). Et comme souvent au UK, le modèle le plus fou est le mieux, of course! Les chapeaux sont déjà sortis du placard pour le Royal Wedding, avec de beaux numéros comme les très critiqués noeud/homard de princesse Beatrice et le truc à plumes de sa soeur Eugenie:

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La boîte à biscuit violette de Victoria Beckham:

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Et les modèles plus classiques (et plus réussis peut-être?) comme ces deux Windsors:

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Mais le sommet des sommets en termes de chapellerie folle, c'est les courses de chevaux royales d'Ascot, Berkshire qui ont lieu chaque année au mois de juin. Voici quelques exemplaires décoiffants vus ces dernières années (la Ladies Day, ou la journée des filles, est toujours très colorée):

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Vous pouvez voir plus de chapeaux ici...

Et cette année, malgré la pluie (et les mecs qui se chamaillent!), cela ne s'est pas arrangé:

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La palme du n'importe quoi revient au chapeau iPad:

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Vous pouvez voir plus de couvre-chefs ici, ici, ici et ici!

En fait, tout le monde s'en fout des chevaux, c'est les chapeaux qu'ils viennent regarder (de toute façon si tu es assis derrière une rose géante, tu dois pas voir grand chose de la course!)

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vendredi 17 juin 2011

The Orbit

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Après la Lune, je vous emmène en Orbit. Ou plutôt dans le East End de Londres, où se construit en ce moment The Orbit, une sculpture en acier rouge de 115 mètres de haut – 22 mètres de plus que la Statue de la Liberté, et 20m de plus que Big Ben, quand même. The Orbit, situé entre le stade et le Aquatic centre de Zaha Hadid dans le future Parc Olympique, sera la plus grande sculpture publique du Royaume-Uni. Symbole des JO, c’est aussi une plateforme d’observation, depuis laquelle les visiteurs pourront admirer le parc olympique et les gratte-ciels londoniens. En gros, c’est la version britannique de la Tour Eiffel (en rouge pétant bien sûr), que les rosbifs envient aux Français depuis toujours.

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Ce concept du grand artiste britannique Anish Kapoor et de l’ingénieur/architecte Cecil Balmond (ARUP) combine sculpture et ingénierie structurale à grande échelle. La tour, qui ressemble un peu aux toboggans traditionnels, les helter skelters, a déjà été surnommée the 'Hubble Bubble' (le narguilé) et même ‘the supersized mutant trombone’ (le trombone mutant géant). Inspiré de la Tour de Babel, et de l’idée de construire l’impossible, l’Orbit représenterait également un nuage d’électrons, à la fois stable et instable – jamais vertical, jamais centré, mais qui tient debout.

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Cette tour, c’est une idée du maire de Londres Boris Johnson, qui voulait un truc en plus pour le East End. Et voulait surtout laisser sa marque sur un projet olympique appartenant complètement à son prédécesseur, Ken Livingstone, qui a poussé les JO à Londres de toutes ses forces. La sculpture est financée par Lakshmi Mittal, l’homme le plus riche du UK grâce à sa compagnie d’acier. Johnson l’a croisé dans les toilettes des gentlemen à une réception à Davos en 2009 et lui a demandé son soutien sur un coup de tête. Résultat de la conversation de 45 secondes entre les deux hommes: Mittal a verse 16 des 19 millions (1,400 tonnes d’acier) nécessaire à la construction de l’Orbit.

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Certains aiment beaucoup, comme Nick Serota de la Tate Modern, trouvent que l’Orbit vient avec ‘l’énergie que l’on associe aux tours, mais aussi avec de surprenantes formes féminines’, ou Jay Merrick du Independent, une forme incomplete qui suggère des possibilités. D’autre dénoncent un vanity project aussi gros que l’égo de Boris Johnson, une publicité géante pour ArcelorMittal, l’une des plus puissantes multinationales au monde, ou bien disent que cela ressemble à 'une collision catastrophique entre deux grues' ou 'un Meccano sous l’influence du crack'.

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L’Orbit devrait être achevée à la fin 2011. Vous pouvez voir la tour prendre forme dans cette vidéo, et trouverez plus d'info sur le site officiel du projet. Pour la voir en vrai, il faut aller au View Tube...


PS Le peintre des chewing-gum Ben Wilson était de retour cette semaine sur Millenium Bridge... Il aurait aussi caché quelques oeuvres à l'intérieur de la Tate Modern. Si vous êtes dans le coin, regardez bien par terre!

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mercredi 15 juin 2011

Moon

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Aujourd’hui la lune est bien ronde, et cela me fait penser à un très beau film britannique que j’ai vu il y a quelques mois: Moon, le premier long métrage de Duncan Jones, avec l’excellent Sam Rockwell. Sorti en 2009, ce film indépendant de science-fiction a été tourné en juste un mois dans les studios de Shepperton près de Londres (où Alien et Robin des Bois ont également été réalisés), avec un tout petit budget de £5m (ça paraît beaucoup mais c'est des cacahouètes dans le monde du cinéma!)

Mais pourtant tout ici est de la plus grande qualité: des effets spéciaux aux dialogues en passant par la musique, c’est un vrai régal (le film a gagné le prix de Best British Independent Film 2009). Le film raconte l’histoire de Sam Bell, un travailleur solitaire installé sur la face cachée de la Lune afin d'exploiter un gisement d'Hélium 3 pour une grande compagnie terrestre, Lunar Industries, et qui arrive au bout de son contrat de trois ans. Son seul compagnon, en tout cas au début, c’est GERTY, un ordinateur qui parle avec la voix de Kevin Spacey.

Voici la bande-annonce:

Cela vous rappellera sans doute HAL de Space Odyssee, mais aussi beaucoup d’autres choses. Car le film, un huit-clos spatial intense et plutôt oppressant, est aussi, comme toute science fiction digne de ce nom, plein de questions sur la nature humaine. Comme Damon Wise du Times l’écrit: ‘Though it uses impressive sci-fi trappings to tell its story—the fabulous models and moonscapes are recognisably retro yet surprisingly real—this is a film about what it means, and takes, to be human.’ (S’il utilise des ruses de science-fiction pour raconter son histoire – les merveilleuses maquettes et paysages lunaires sont à la fois rétro et très réels – ceci est un film à propos de ce que cela veut dire, et ce qu’il faut faire, pour être humain.

En effet, Duncan Jones est non seulement le fils de David Bowie, mais aussi un docteur en philosophie (il a écrit une thèse sur l’intelligence artificielle) et passionné de science fiction et de films comme Silent Running ou Solaris. Son film a été écrit pour Sam Rockwell, un acteur époustouflant dans ce rôle, où il doit littéralement se dédoubler. À part sa performance, ce que j’ai préféré c’est de voir rovers lunaires rouler sur le sol Lunaire, des images poétiques réalisées à partir de maquettes et non d’animations digitales.

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Jones explique son choix d'utiliser la Lune comme décor, car “There is still a mystery to it. As a location, it bridges the gap between science-fiction and science fact. We (humankind) have been there. It is something so close and so plausible and yet at the same time, we really don't know that much about it." (Elle est encore mystérieuse. Elle comble le fossé entre science fiction et faits scientifiques. Nous (l’humanité) y avons été. C’est quelque chose de tout près, de plausible, et en même temps, on n’en sait pas grand chose) La fiction rencontre la science, puisque la NASA est en ce moment même en train de faire des recherches sur les gisements lunaires d’Hélium-3, et le Mooncrete, une sorte de béton fait sur place (comme peut-être le béton utilisé pour faire la base lunaire dans le film).

Jones travaille à présent sur la suite de Moon, un thriller en hommage à Blade Runner situé dans le Berlin du futur. J’ai hâte de voir ça!

 

U+2191.svg eh, y'a pas quelque chose de différent là haut? vous aimez ma nouvelle bannière? 

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lundi 13 juin 2011

Londoners, what are you listening to?

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Le mois dernier Tyler Cullen, un étudiant à la School of Visual Arts de New York, a réalisé un petit film en demandand à ses compatriotes ce qu'ils écoutaient comme musique. Les Londoniens Joseph Jenson et Michael Fostiropoulos se sont dit que c'était une super idée, et viennent de finir leur version: Londoners, what are you listening to?

Vous pouvez voir les deux playlists ici. Personellement, je trouve que Londres a bien meilleur goût!

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samedi 11 juin 2011

Mauvaises nouvelles

Sad

La vie au Royaume-Uni, c’est chouette, mais tout n’est pas rose. Je suis plutôt optimiste (c'est normal, j'ai du travail, un bel appart et je mange à ma faim), mais quand j’entend ce qui se passe dans ce pays, le sixième pays le plus riche au monde en termes de PIB, j’ai parfois du mal à y croire. Je vous ai préparé une petite liste, pas pour vous faire déprimer, mais plutôt pour faire contre poids à ma liste super positive des 100 raisons d’aimer le UK... Je pourrais facilement en trouver 100, mais je n'en ai que cinq, car c'est assez horrible comme ça.

Après la Sunday Times Rich List, voici quelques faits glanés dans les médias britanniques ces dernières semaines.

En 2011, au Royaume-Uni...

1 ... l’inégalité entre riches et pauvres est quasiment au même niveau qu’il y a deux siècles, lorsque le East End était un bidonville géant et que les enfants dormaient dans sur les trottoirs de Londres. Maintenant tout est plus caché, et c'est presque pire...

2 ... la différence d’espérance de vie entre les régions riches du sud, comme Chelsea, et les villes pauvres du nord, comme Glasgow, est d’entre quatre et dix ans, une différence qui n'a fait qu’augmenter ces dernières années.

3 ... plus de 3.5 millions d'enfants britanniques (presque un sur trois) vivent en dessous de seuil de pauvreté, l'un des chiffres les pires de tous les pays industrialisés. Concrètement, ils vivent dans des maisons délabrées qui les rendent malades, et ne mangent pas à leur faim.

4 ... environ 20% de la population ne sait pas lire ni compter, ou à peine. Trois familles sur dix ne possèdent aucun livres. À Londres, un enfant sur quatre quitte l'école primaire sans savoir lire ou écrire.

5 ... l'inégalité entre les hommes et les femmes augmente plutôt qu'elle ne se réduit: il y a moins de femmes au parlement qu'en 2006 (on est passé de 35% à 26%); seul 10% des patrons des plus grandes compagnies sont des femmes; seul 14% des chanceliers des universités sont des femmes; les femmes diplômées gagnent en moyenne 15% de moins que les hommes diplômés; plus de 30,000 femmes perdent leur travail chaque année lorsqu'elles tombent enceintes; etc etc...

Et ce qui vraiment fend le coeur, c'est que dans le monde entier, de la Lybie à l'Afghanistan, le UK représente – avec raison – l'espoir d'une vie meilleure...


ET PUIS AUSSI:

Ici on parle beaucoup de Alice Pyne, 15, atteinte d'un cancer incurable. Son blog, Alice's Bucket List, ou elle décrit les choses qu'elle veux faire avant de mourir et ses plus grands souhaits (1 que tout le monde devienne donneur de moelle osseuse; 2 nager avec les requins 3 aller au Kenya, etc...), est devenu un phénomène internet en seulement une semaine, au point qu'on l'a mentionnée au parlement ce mercredi pour parler des dons d'organes. Certains de ses souhaits se sont déjà réalisés (elle voulait rencontrer Take That, ce sera fait aujourd'hui), et elle a récolté plus de £10,000 pour l'organisation caritative Cancer Research. Mais rien n'y fait, argent ou publicité, à 15 ans seulement, ses jours sont comptés.

Bon ben désolée d'avoir plombé votre week-end...

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