mercredi 22 février 2012

David Hockney: A bigger picture

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L'expo dont tout le monde parle en ce moment, c'est David Hockney: A Bigger Picture, qui a lieu à la Royal Academy sur Picadilly. J'ai été y faire un tour vendredi dernier, et c'était complètement bondé. D'ailleurs tous les tickets internet ont été vendus, et il faut donc aller sur place les acheter. L'expo est si populaire que le musée restera ouvert jusqu'à minuit chaque vendredi et samedi soir jusque début avril. Alors, que peut-il bien avoir dans ce musée qui attire tant les Brits?

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Et bien il y a des toiles géantes, de toutes les couleurs, surtout très très vives, limite fluo. Il s'agit de paysages du Yorkshire, la terre natale du célèbre artiste David Hockney, qui peint depuis les années 1950s. Après un long exil à Los Angeles, où il a dessiné de nombreux palmiers, ainsi que le Grand Canyon (en orange fluo, bien sûr, on peut le voir dans l'expo), beaucoup d'hommes nus avec de belles fesses (il est gay) et son tableau le plus connu, A Bigger Splash (qui n'est pas dans l'expo)

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Vous pouvez voir plus d'images de cette période de sa carrière sur ce blog. Hockney a également fait de magnifiques collages-photo comme celui-ci, aussi exposé à Londres:

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De son séjour à LA il a gardé le goût des couleurs acides, des roses pétants, bleus de printemps et des oranges brûlants.

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La plus grande partie de l'expo est donc consacrée à des paysages de campagne, de forêt, de tunnel de verdure et d'aubépines en fleur. C'est le Yorkshire comme vous ne l'avez jamais vu – un acid trip qui surprend au début, mais dans lequel on se laisse emporter peu à peu – et qui met de très bonne humeur, comme une bonne dose de soleil pendant une semaine grise. Les tableaux sont pour la plupart gigantesques, et composés de plusieurs toiles mises côte à côte. Voici comment Hockney les créée:

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Je l'imagine bien en train de fumer ses clopes et sortir ses pinceaux à l'orée d'une forêt un petit matin d'automne... (Vous pouvez entendre le très cute accent Yorkshire de Hockney dans cette interview... )

Et voici un des très nombreux résultats:

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C'est difficile d'imaginer l'effet que ces immenses tableaux ont en regardant ces petites photos. Mais vraiment, c'est comme plonger dans un grand bain de couleur. C'est vraiment magique de voir ces paysages changer selon les saisons, prenant parfois des allures de conte de fée, avec des chemins fuschia, des buissons en forme de lapin...

Une autre grande partie de l'expo est consacrée au travail de Hockney sur iPad. En effet, l'artiste a toujours été à l'avant-garde des nouvelles technologies, et n'a pas manqué d'exploiter ce nouveau média. Les murs d'une salle immense sont donc couverts de dessins fait par Hockney sur iPad avec l'app Brushes (le voir au travail dans cette vidéo), puis imprimé en grand format, comme ces deux là. Cela ne pourrait être qu'un gimmick, mais c'est vraiment super...

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Il y a aussi une section avec des films qui est pas mal du tout. En tout cas c'est une très belle exposition, et malgré la foule, c'est possible d'y passer deux bonnes heures et d'en ressortir enchanté... En plus, la Royal Academy est un très beau building à deux pas de Picadilly et de Fortnum & Mason, pour les touristes qui me lisent...

> David Hockney, A Bigger Picture, jusqu'au 9 avril 2012, £14, Royal Academy, Burlington House, Piccadilly, London W1J 0BD (voir carte)

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mardi 10 janvier 2012

Two Temple place

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Le weekend dernier je suis allée faire un petit tour à Two Temple Place, un magnifique palais du 19ème qui vient juste de rouvrir au public après avoir été réservé pendant des années à des évènements VIP et réceptions privées. La maison vaut le détour: c’est une sorte de Disneyland Victorien, bâti pour le richissime Américain William Waldorf Astor, fondateur – entre autre – des hôtels Waldorf. Un palais qui a coûté plus de £250,000 – £25 millions d’aujourd’hui – à Astor en 1895. L’équivalent d’une maison d’oligarque russe ces temps-ci je suppose.

Situé au bord de la Tamise, le bâtiment a été conçu par l’architecte John Loughborough Pearson. Il est déjà impressionnant de l’extérieur, avec des grilles en fer forgé, une façade en pierre Portland sculptée, et même une girouette représentant le navire Santa Maria de Christophe Colomb.

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Photos: presse, Mmbrooks, Didimendum

Mais c'est encore plus grandiose à l'intérieur, où chaque surface est faite d'un matériel précieux différent, sculpté ou orné par les artistes les plus doués du moment. Vous y  trouverez toutes sortes de sculptures en acajou inspirées de grands personnages littéraires: dans le grand hall 12 personnages tiré du roman gothique Ivanhoe de Walter Scott; dans l’escalier monumental des personnages des Trois Mousquetaires de Dumas, le livre préféré d’Astor. Dans d’autres pièces ce sont les personnages de Shakespeare, ou des légendes du roi Arthur, qui sont alignées en frises sous les plafonds chargés.

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Photo: presse, Urban Squirrel, Stiffleaf

Il y également de beaux vitraux, dont un plafond en verre coloré au dessus de l’escalier, et deux fenêtres kitsch représentant des montagnes suisses avec même un bateau avec un drapeau à la croix blanche naviguant sur un lac (la Suisse était la destination touristique à la mode à l’époque).

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Photo: Victorianlondon

Tout ce luxe déplairait sans doute à William Morris, l'un des artistes anglais les plus important du 19ème et le fondateur du très influent mouvement Arts & Crafts (l'équivalent de l'art nouveau français), qui était socialiste et bien moins bling bling. Et pourtant c’est bien lui et son travail qui sont à l’honneur à Two Temple Place. En effet les propriétaires de la maison, l’organisation caritative The Bulldog Trust (il y une figurine de bouledogue sur la cheminée), ont décidé d’utiliser ce lieu pour y exposer gratuitement des oeuvres des musées du pays manquant de place ou étant en travaux.

Ils ont donc profité de la rénovation de la William Morris Gallery de Walthamstow, fermée jusqu’en juillet 2012, pour préparer cette première exposition: “William Morris: Story, Memory, Myth.” On peut y voir de nombreuses oeuvres de Morris, souvent basée sur des  légendes anciennes, par example des illustrations pour les contes de Chaucer, les Saga scandinaves ou une tapisserie inspirée du Roman de la Rose, avec ces motifs floraux si détaillés qui ont fait le succès de ses fameux papiers peints.

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C'est très beau, très fin, et très intéressant de voir les dessins et esquisses de Morris, puis le résultat brodé ou peint. J'ai ramené quelques cartes postales des oeuvres exposées: la déesse des pommes, Pomona (1885); papier peint Acanthus (1874); tissu Wandle (1884) et esquisse pour un textile d'ameublement Acanthus (1885):

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Bref ce sont des dessins envoûtants, exposés dans un palais de conte de fée. Vous avez jusqu'à la fin du mois pour être enchanté par cette histoire londonienne...

> “William Morris: Story, Memory, Myth", entrée gratuite, jusqu'au 29 janvier 2012, Two Temple Place, WC2R 3BD (voir carte). Tel: 020 7836 3715. Ouvert lun-mer-jeu-ven-sam de 10h à 16h30; dimanche de 12h à 17h, fermé les mardis. Métro: Temple

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samedi 10 décembre 2011

London, A Pilgrimage, de Gustave Doré

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Au 19ème siècle, le plus célèbre des illustrateurs et graveurs européen était un Français, Gustave Doré. Un jeune artiste si doué que les maisons d'éditions britanniques, russes ou allemandes eurent vite fait de lui commander des centaines de dessins. À Londres, on lui demanda d'abord d'illustrer les écrits de Byron, ainsi que d'une bible en anglais. Celle-ci connu un énorme succès, qui permis à Doré d'avoir sa propre galerie d'art dans le centre de Londres. Mais surtout, son travail vint à l'attention d'un journaliste, Blanchard Jerrold, qui lui demanda en 1869 de travailler avec lui sur un portrait de la capitale.

Le contrat exigeait de Doré d'habiter à Londres trois mois par an, pendant cinq ans, pour travailler sur le projet – en échange, il reçu l'énorme somme de £10,000 par an. Le résultat est une série de 180 gravures, London: A Pilgrimage, publié en 1872. Un bestseller, il fut critiqué par de nombreuses personnalités pour sa représentation de la ville trop axée sur ses pauvres et ses taudis. Aujourd'hui, ce livre est considéré comme un de ses chefs-d'oeuvres, et c'est un véritable trésor pour les historiens comme pour les Londoniens. Il dresse un portrait de la capitale à un tournant de son histoire, en pleine industrialisation, avec une population passant du simple au double, alors qu'elle représentait le futur des villes du monde entier.

Certaines scènes sont dignes de l'enfer de Dante (également illustré par Doré), d'autres sont féeriques. Voici quelques unes de ces fameuses gravures, pour vous donner une idée. Tout d'abord, Big Ben, Westminster Bridge et une foule de bateaux à vapeurs sur la Tamise:

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Ou encore les premiers métros, avec une foule de travailleurs se pressant pour embarquer:

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London Bridge, vu de la rive sud, avec le Monument et la City à l'horizon:

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Le travail dans les docks de Londres (vous pouvez encore voir les entrepôts à Shad Thames ou Wapping):

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Ainsi qu'une fameuse illustration des maisons de briques en terrace typiquement anglaises:

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On trouve des portraits de travailleurs de rue, comme les vendeuses de lavande et de fleurs; un homme sandwich, une vendeuse d'oranges, et un vendeur de papier attrape-mouches:

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Les marins au travail à Greenwich:

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Le marché aux poissons de Billingsgate, et un joueur d'orgue de barbarie:

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Une rue marchande de Seven Dials, à Covent Garden, où il y avait déjà des vendeurs de chaussures:

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Deux vues de la cathédrale Saint Paul:

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L'intérieur d'un coffee house, les pubs de l'époque:

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Les rues pauvres du East End:

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Les riches au bal et au bord de l'eau

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Et encore et toujours, les rues bondées, les embouteillages et la foule, partout:

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> London, A Pilgrimage, par Blanchard Jerrold et Gustave Doré, réédité par Anthem en 2005.

Vous avez aimé Doré? Vous aimerez peut-être mon post sur Wolf Suschitzky...

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dimanche 4 décembre 2011

Quentin Blake

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Quentin Blake, le plus grand et le plus adoré des illustrateurs britanniques, vient tout juste de gagner le prix Prince Philip Designers 2011, récompensant chaque année les plus importants créatifs britanniques. Voici sept choses à savoir sur l’artiste préféré des petits et des grands, connu pour ses drôles de dessins à la fois tendres, joyeux et brouillons:

1 Quentin porte des tennis blanches

Quentin porte des chaussures de tennis blanches depuis toujours, et ce malgré les moqueries de Roald Dahl, qui l’appelait Quent, et disait des choses comme 'Here's Quent, going out for dinner in his plimsolls.' (Et voilà Quent, qui va dîner en tennis). Les deux compères se sont rencontrés en 1975, et Quentin a ensuite dessiné des dizaines de livres pour le fameux auteur.

Ses dessins plein d’énergie et d’humour ont tant marqué les lecteurs qu’ils sont à présent indissociables des livres de Dahl, tous devenus des classiques de la littérature enfantine. Ici, tout le monde connait le BFG, les Twits et Mathilda. Et vous? Saurez vous reconnaître les personnages les plus connus que Quentin a dessiné pour Roald? Réponses ci-dessous.

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1. The Twits L'histoire de deux débiles, qui sont moches et qui puent. 2. James & the giant peach Un orphelin entre dans une pêche magique... 3. The BFG (Big Friendly Giant) Un géant très gentil qui porte de drôles de sandales 4. Charlie and the chocolate factory Pauvre Charlie gagne le golden ticket: une visite de l'usine de Mr Wonka 5. The witches Un petit garçon et sa grand-mère parte en guerre contre des sorcières 6. Matilda Une petite fille qui adore lire mais qui a des parents trop méchants.

2 Quentin a plus de 300 livres à son compteur

Mais Quentin, ce n’est pas que du Roald Dahl qu’il nous a illustré en plus de 60 ans de carrière. Il s’est aussi penché sur les mots de Charles Dickens et Lewis Carroll (et de Cyrano de Bergerac, Voltaire et Daniel Pennac; Quentin passe beaucoup de son temps dans le Sud-Ouest et adore les huîtres françaises), a illustré les contes d'auteurs pour enfants comme Michael Rosen, Joan Aiken et Russel Hoban, et a écrit une trentaine de livres lui-même.

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Ils sont tous merveilleux, mais j'ai un faible pour les aventures de Mrs Armitage et son petit chien. Quentin dit que son préféré c'est Clown, un livre que beaucoup de critiques considèrent comme son chef-d'oeuvre. Et il dit aussi que le plus difficile à illustrer, c'est le Livre Triste de Michael Rosen, sur le deuil d'un père qui a perdu son fils. Et si vous voulez apprendre à dessiner, je vous recommande Drawing for the Artistically Undiscovered (Dessiner, Une méthode pas comme les autres) – c'est vraiment génial. En vente dans une bonne librairie près de chez vous...

3. Quentin est un mec très privé

Quentin habite avec son ami John Yeoman, auteur de livres pour enfants, au dessus de son atelier à South Kensington depuis plus de 30 ans. Ils se connaissent depuis les années 1950, lorsqu’ils étudiaient à Cambridge (Quentin y étudiait la littérature), et ont produit de nombreux livres ensemble. En fait, c’est comme ça que tout a commencé en 1960, lorsque Quentin a demandé à John d’écrire un livre afin de pouvoir dessiner des illustrations.

‘I don't have anything interesting to conceal or reveal in my private life, and it is really only my work and professional life that I want to talk about.’ (Je n’ai rien d’intéressant à cacher ou à révéler de ma vie privée, je veux seulement vraiment parler de mon travail et de ma vie professionnelle), dit-il. On sait pourtant qu’il n’a pas d’enfant. Il dit qu’ainsi il lui est plus façile de s’identifier aux enfants, au lieu de jouer le rôle de parent. Pour mieux le connaître, lisez cette interview (en anglais) sur son très beau site internet.


4 Quentin ne sait pas dessiner les voitures

Selon l’auteur lui-même, les voitures et l’architecture, ce n’est vraiment pas son truc. Par contre, les dragons... ça oui! ‘What I want to convey is movement and gesture and atmosphere. I like drawing anything that is doing something. Dragons are good because you can arrange them in interesting ways across the page, get people to ride on them. I can't seem to keep birds out of my books.’ (Ce que j’essaie de transmettre c’est le mouvement, les gestes, l’atmosphère. J’adore dessiner tout ce qui est en train de faire quelque chose. Les dragons c’est bien parce qu’on peut les arranger de manière intéressante sur la page, faire monter des personnages sur leur dos. Je n’arrive pas à ne pas utiliser d’oiseaux dans mes livres).

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Quentin a commencé à dessiner vers 5 ans. Sa famille n’est pas particulièrement artiste (aucun de ses parents ne savait dessiner), mais il adore ça. Un invité de ses parents aurait dit:  ‘il dessine beaucoup, mais il ne veut pas parler ce petit’. Plus tard, le mari de sa prof de latin, Mrs Jackson, l’encourage à envoyer ses dessins au magazine Punch, et sa carrière d’illustrateur démarre précocement, à 16 ans.

Depuis, on se régale avec ses personnages étranges, dessinés à l’encre, au stylo et à l’aquarelle. Comme le dit la critique Sue Hubbard: ‘His drawing is wonderfully free and playful, the colour bleeding with carefree abandon over the ink outlines to give a sense of movement and vitality’.  (Son dessin est merveilleusement libre et enjoué, les couleurs coulant avec un abandon insouciant sur les contours encrés pour donner un effet de mouvement et de vitalité.)

5 Quentin est très organisé

Son studio de Kensington est plutôt bien rangé (ses étagères sont pleines à craquer avec des dossiers contenant tous les dessins qu'il a fait depuis le début de sa carrière, et il commence chaque journée de travail à 9h30 tapantes, en coupant des feuilles de papier au bon format pour s’échauffer. Il travaille debout, et dessine sur une boîte lumineuse. Voici à quoi ressemble son bureau:

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Voici un petit clip très court de Quentin au travail avec ses aquarelles:

 

6 Quentin a enfin trouvé une maison pour son musée

Alors qu'il était Children's Laureate (l'auteur de livre pour enfant de l'année), en 2002, Quentin a décidé de créer un musée de l'illustration, House of Illustration, contenant toutes ses archives et accueillant des expositions sur les illustrateurs britanniques. Quelques années plus tard, et son association a enfin trouvé chaussure à son pied: l'ancien site industriel juste derrière la gare de King's Cross, qui est en ce moment même en pleine transformation.

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Le futur musée aura pour voisin l'école d'art Central St Martins, la British Library et la Wellcome Collection. Pas de date d'ouverture annoncée pour le moment, car le projet démarre tout juste, mais ça promet...

7 Quentin aide toutes sortes de bonnes causes

Non seulement il donne de gentil conseils aux jeunes illustrateurs sur son site, mais Quentin travaille aussi avec le Big Draw, une association caritative qui tente de transformer tous les Britanniques en artistes, et le Nightingale Project, une autre association qui installe des oeuvres d’art dans des hôpitaux (on peut voir les dessins de Quentin dans plusieurs hôpitaux de Londres et même un à Paris).

Notre illustrateur préféré est aussi l'ambassadeur de Survival International, une organisation caritative pour la défense des populations indigènes (il y a plein d'organisations pour sauver les pandas et les phoques, mais pour les être humains aux frontières du monde moderne, il n'y en a qu'une – Survival). 'Survival is important for two reasons; one is that I think it’s right that we should give help and support to people who are threatened by the rapacious industrial society we have created; and the other that, more generally, it gives an important signal about how we all ought to be looking after the world. Its message is the most fundamental of any charity I’m connected with.' (Survival est importante pour deux raisons: la première, c'est que je pense que c'est normal d'aider et de soutenir les peuples qui sont menacés par la société industrielle vorace que nous avons créée; la deuxième, c'est que cela donne une indication importante sur la façon dont nous devrions nous occuper de la planète. Son message est le plus fondamental de toutes les organisations caritatives que je soutiens.)

Alors puisque c'est bientôt Noël, pourquoi ne pas faire une BA et vous acheter du papier cadeau ou des belles cartes dessinés par Quentin et de soutenir Survival du même coup?

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Vous les trouverez sur le site de Survival (section anglaise) et Survival France. Vous pouvez également envoyer des e-cards Quentin Blake par ici, et vous trouverez des cartes de voeux (fiançailles, anniversaire, etc) de l'illustrateur dans la plupart des magasins de cartes (WH Smith etc) du pays...

PS il y a une expo Quentin Blake au Foundling Museum du 15 janvier au 15 avril; des timbres postes Roald Dahl avec des illustration de Blake sont également en vente en ce moment

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vendredi 2 décembre 2011

Grayson Perry & le British Museum

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Il n’y a vraiment qu’au Royaume-Uni qu’un potier, biker et travesti puisse avoir une carrière aussi fulgurante. Grayson Perry, le potier en question, aime beaucoup se déguiser avec de belles robes roses à froufrous en son alter ego, Claire, et cela au grand amusement de sa femme, psychothérapeute. Mais ne laissez pas ceci vous distraire: Perry est aussi un Royal Artist, le gagnant du Turner Prize 2003, et l’un des artistes contemporains les plus interéssants du pays. Son truc, c’est de fabriquer des poteries et des tapisseries reflétant à la fois ses préoccupations personnelles et le monde d’aujourd’hui.

Perry est en ce moment à l’affiche de nul autre musée que le British Museum, fondé en 1752 et riche de collections de plus de 7 millions d’objets représentant les cultures du monde entier. Je vous conseille vivement de faire d’une pierre deux coups, et d’aller faire un tour à son exposition, The Tomb of the Unknown Craftsman, pour découvrir à la fois l’artiste et le musée.

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Car le principe de cette expo, c’est de laisser Perry choisir parmi les vastes collections du British Museum (dont la plupart ne sortent jamais de leurs entrepôts faute de place) des objets qui lui parlent particulièrement. Pas forcément ceux que les historiens et spécialistes auraient choisis pour leur valeur archéologique, mais plutôt ceux qui sont les plus ‘beaux’ ou les plus mystérieux au regard de l’artiste...  À côté de ces objets l’on peut admirer des oeuvres de Perry inspirées par le musée et ses découvertes.

Du point de vue des trésors du musée, j’ai particulièrement aimé le Boli, un animal tout en courbes du Mali; les sculptures de chiens de traineaux de Sibérie, la carte en cane des Marshall Islands; les esquisses des peintres égyptiens; et les bagues romaines décorées de quiquettes. Du côté de Perry, j’ai beaucoup aimé son pot The Frivolous Now, couvert de mots clés entendus lors d’une soirée passée devant la télé (Botox, phone hacking), le Rosetta Vase (tout jaune) et le I’ve Never Been to Africa, exprimant sa peur et ses préjugés sur l’Afrique, où il n’est jamais allé. Le mieux, c’est quand on s’approche d’une vitrine et que l’on découvre que l’objet qu’on pensait ancien est nouveau, et vice versa.

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Photograph: Antonio Olmos for the Guardian

Perry adore se raconter des histoires, et ce depuis tout petit. Le fil conducteur de son dernier conte, c’est Alan Measles, son nounours, que vous retrouverez sous plusieurs formes dans l’expo. Mais surtout, l’histoire intéressante ici, c’est les parallèles qu’il trouve entre pèlerins et visiteurs, temple et musée, art et sacré, ainsi que la célébration de l’oeuvre du temps, et de tous ces artisans inconnus qui ont créé ces belles choses. Le clou du spectacle c’est son bateau-autel, au centre duquel trône un silex vieux de 250,000. L’outil originel qui a permis la création de toutes les oeuvres contenues dans le British Museum.

> Grayson Perry: The Tomb of the Unknown Crafsman, jusqu'au 19 février, £10 (réservation conseillée), British Museum, Great Russell Street. Métro: Tottenham Court Road, Holborn, Russell Square.

PS: L'expo temporaire est payante, mais le musée, lui, est gratuit (et l'est depuis belle lurette). D'ailleurs les autres grands musées de la capitale sont gratuits aussi – on fêtait hier les dix ans du free entry à plus de 20 musées de Londres, du V&A à la Tate Modern. Une initiative du département de la culture très appréciée du public: en dix ans, le nombre de visiteurs est passé du simple au double.

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mercredi 9 novembre 2011

Les posters des JO

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JEUX OLYMPIQUES: J - 261

Il y a quelques jours ont été dévoilés les 12 posters officiels des Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres 2012. Créés par 12 artistes britanniques (6 hommes, 6 femmes), ils continuent le mouvement lancé par le logo de l'évènement en préférant pour la plupart l'abstrait au concret – et donc aux clichés. Contrairement aux posters d'antan (officiels, descriptifs, et représentant l'autorité centralisée des organisateurs), cette série est pleine de personnalité: en effet, les artistes ont été priés de créé un poster où leur style bien à eux serait instantanément reconnaissable, et qui célèbrerait les valeurs des JOs.

Le projet a été concu en partenariat avec les musées Tate. Leur directeur, Nicholas Serota, avait promis des posters plein de 'couleur, vitalité, énergie et diversité'. Mission accomplie à mon avis. Ce sont des posters d'art; sans l'indication au bas des oeuvres, impossible de dire avec certitude pour quel évènement ou ville ils ont été créés (c'est la première fois que c'est le cas). D'où des centaines de commentaires de britanniques fâchés qui ressortent l'argument typique de 'mon gamin de quatre ans pourrait faire mieux.' C'est clair, ils ne sont pas tous à mon goût, mais quand même. Quelle classe de souligner cette longue tradition olympique du poster d'art, de refuser les stéréotypes et de choisir l'art contemporain comme symbole de la ville et du pays.

Voici les 12 posters et leurs explications (cliquez sur l'image pour la voir en plus grand):

JEUX OLYMPIQUES

1. Martin Creed – Work No. 1273

MartinCreedMartin Creed est connu pour ses tableaux colorés et répétitifs, son oeuvre Work No. 227: the lights going on and off, une salle avec une lumière qui s'allume, puis s'éteint (avec laquelle il a gagné le Turner Prize);  et son Work No 850, pour laquelle il a fait courir des athlète dans la Tate Britain. Son poster est basé sur ses fameuses peintures de pyramides faites de blocs colorés. Cette fois-ci, elle est fait de cinq étages (pour les anneaux bien sûr). Ici la pyramide devient podium – avec de la place pour les quatrièmes et les cinquièmes... Ça me fait aussi penser à un gâteau de fête à étage qu'aiment tant les Brits.

 

 

 

 

 

 2. Anthea Hamilton – Divers

AntheaHamiltonAnthea Hamilton est beaucoup moins connue. Apparemment son truc c'est les installations et les sculptures, et ses thèmes de prédilections sont le corps (surtout féminin) et les prouesses physiques. Son poster représente la natation synchronisée, le seul sport olympique pratiqué uniquement par des femmes. Personnellement, je n'aime pas trop, surtout comparé au suivant ...

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Howard Hodgkin – Swimming

HowardHodgkinHoward Hodgkin a décidé de devenir artiste à l'âge de 5 ans. Un bon choix de carrière, puisque 74 ans plus tard, Hodgkin est devenu l'un des peintres britanniques les plus importants. Il est connu pour son style semi-abstrait, influencé par Matisse, et ses peintures représentant des émotions, des rencontres, des moments précis. Son nageur, tout en fluidité et gros coups de pinceaux, exprime à merveille le mouvement de l'eau et la sensation de nager.

 

 

 

 

 

 

 

 
4. Chris Ofili – For the Unknown Runner

ChrisOfiliChris Ofili s'est fait connaître avec des peintures colorées utilisant des crottes d'éléphants (!). Ça n'a pas l'air dit comme ça, mais c'est plutôt joli. Ses tableaux son inspirés par le folklore, l'ethnicité, ses origines nigériennes, ou l'île de Trinidad où il vit à présent. Son 'Coureur Inconnu', inspiré par les joggeurs qu'il voit passer devant chez lui, sprinte devant une foule anonyme, encadré par un vase, une référence claire au JO de l'Antiquité grecque... bof.

 

 

 

 

 

 

 


5. Bridget Riley – Rose Rose

BridgetRiley
Comme vous pouvez le constatez, Bridget Riley adore les rayures. C'est une des stars du courant Op art, qui joue sur les illusions d'optique et les effets visuels pour créer une énergie incroyable dans les tableaux. Son poster de rayures juxtapose des couleurs différentes  – celle des voies de natation, des pistes d'athlétisme – pour créer un sentiment de mouvement, et tenter de capturer ainsi l'énergie du sport et de la compétition.

 

 

 

 

 

 

 

 

6. Rachel Whiteread – LOndOn 2O12

RachelWhitereadLa sculptrice Rachel Whiteread a rempli la Tate Modern de cubes blancs géants et fabriqué une maison fantôme. Son travail se penche souvent sur le negative space, le vide laissé par les choses. Un thème évident dans son poster, fait d'empreintes de pots de peinture – ou de pintes de bière colorées, sifflées pour célébrer les JO? –  qui bien sûr représentent les anneaux des JO. Sans doute le plus accessible de tous les posters, le tout forme un joli motif qui j'espère va être utilisé pour décorer des souvenirs. Ça ferai un beau parapluie ces petits cercles...

 

 

 

 

 

 

 

JEUX PARALYMPIQUES

7. Fiona Banner – Superhuman Nude

FionaBannerFiona Banner utilise les mots comme matière première et s'intéresse au corps humain et aux nu artistique. Dans une de ses expos, un mur entier de la galerie était consacré à un long texte écrit en rose, une description écrite d'un film porno. Son poster représente le corps d'un athlète paralympique et ses capacités surhumaines; c'est l'athlète vu en super-héro, dépeint grâce à un poème en noir et blanc. Not my cup of tea.

 

 

 

 

 

 

 

 

8. Michael Craig-Martin – GO

MichaelCraigMartinOn trouve les dessins stylisés colorés de Michael Craig-Martin, peintre depuis les années 1960 et professeur de la plupart des Young British Artists, dans la station DLR de Woolwich, ou sur des façades de blocs résidentiels à Nice. Tous ont en commun de dépeindre des sujets de la vie quotidienne, comme des ampoules, chaises, montres ou parapluies. Son poster représente un chronomètre, et tente de représenter l'excitement et le sentiment d'anticipation avant une course.

 

 

 

 

 

 

 

 

9. Tracey Emin – Birds 2012

TraceyEminLe travail de l'artiste Tracey Emin est toujours très personnel, autobiographique et sentimental: ses oeuvres les plus connues sont ses couvertures en appliqués avec ses messages écrits à la main ou en patchwork, mais aussi ses dessins d'oiseaux fragiles. Ici, elle les utilise pour écrire une lettre d'amour à l'esprit des jeux paralympiques et aux athlètes.


 

 

 

 

 

 

 

10. Gary Hume – Capital

GaryHumeGary Hume s'est fait connaître en peignant des portes d'hôpital en taille réelle dans les années 1990s. Aujourd'hui il peint des tableaux avec des sujets simplifiés et en utilisant des peintures vives et brillantes, mais très peu de couleurs différentes ensemble. Son poster représente un joueur de tennis en chaise à roulette. La balle de tennis est le cercle noir, la chaise le cercle violet, et la raquette se cache dans le feuillage.

 

 

 

 

 

 

 

 

11. Sarah Morris – Big Ben 2012

SarahMorrisSarah Morris aime les symboles, les jeux de géométrie, les détails architecturaux et les pliages d'origami. On retrouve un peu de tout cela dans son poster, qui représente nul autre que Big Ben. Les couleurs vives et lignes claires représentant le cadrant de l'horloge font aussi penser aux signes délimitant les terrains de sport... Un manière originale de dépeindre un symbole de Londres.

 

 

 

 

 

 

 

 

12. Bob and Roberta Smith – LOVE

BobSmithBob and Roberta Smith est le pseudonyme de Patrick Brill, un artiste Londonien qui peint des slogans (J'aurai aimé pouvoir voter pour Barack Obama; Le directeur du musée d'art contemporain de New York est plus important que le premier ministre britannique; Créez votre propre art) écrits en caractères colorés uniques. Son poster résume les éléments principaux de l'expérience d'un athlète paralympique: courage, inspiration, amour, et sueur.

 

 

 

 

 

 

 



Les posters seront exposé à la Tate Britain à partir de janvier prochain. S'ils vous plaisent, vous pouvez les acheter sur le site de London 2012 (à moins que vous ne penchiez plutôt pour un poster Wenlock?). Ils coûtent £7, une fraction du prix moyen des tableaux de ces artistes.

Alors, lequel préférez vous? Lequel de ces posters irait le mieux dans votre hall d'entrée? Personnellement je penche pour les 3, 5 et 10, ou même peut-être le 1 – et vous? Ne me dites pas que vous n'en aimez aucun, et que vous préféreriez un poster Beijing 2008, Athens 2004, ou Sydney 2000?

 

PS qui n'a rien à voir:

Ce soir en rentrant du boulot j'ai croisé des camionnettes de police parquées dans tous les rues, des vans à chevaux ramenant leurs montures au berceaux, des policiers rangeant leur veste jaune fluo et leur bouclier de plexiglas. Par terre, il y avait du crottin de cheval et des signes abandonnés par les manifestants. Les étudiants protestant aujourd'hui contre la hausse des frais de scolarité et la privatisation de l'éducation universitaire se sont heurtés au total policing: plus de 4,000 policiers les attendaient. Contrairement à l'année dernière, pas de casse ni de grosses bagarres. Un succès? Personnellement, je trouve qu'un pays qui fait peur à ses jeunes en colère en les menaçant de tirer des balles en plastique, et un premier ministre qui dit qu'il ne critiquera pas la police si elle utilise ces balles sur les étudiants qui manifestaient , c'est plutôt une défaite.

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mardi 11 octobre 2011

London Unfurled

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Ce très joli petit livre sur Londres, London Unfurled (unfurled signifie déplié, déployé), est un projet de l'architecte italien Matteo Pericoli. Après avoir planché pendant des mois sur ses dessins de New York pour son livre précédent, Manhattan Unfurled, l'artiste s'est attaqué à Londres. Le résultat est un livre en accordéon de 11m de long. De chaque côté de ce dépliant, un portrait de la capitale à travers ses rives nord et sud:

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Pericoli a passé des heures et des heures le long de la Tamise (de Hammersmith Bridge au Millenium Dome) pour prendre plus de 6,000 photos – photos qu'il a ensuite transformé en une série de dessins noir et blanc très détaillés:

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Tout y est, y compris 19 ponts et des centaines de buildings, dans les moindres détails. Voici une vidéo du dessin de la City, qui a pris à Pericoli plus d'une semaine à esquisser:

Le livre sort également sous forme d'application iPad, avec des commentaires audio de l'artiste et de quelques écrivains londoniens comme Will Self, ainsi que des descriptions des bâtiments importants:

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> London Unfurled, de Matteo Pericoli, publié par Picador, £25 (livre); £7.99 (iPad app)

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dimanche 18 septembre 2011

Your Paintings

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Your Paintings est un site rassemblant toutes les peintures appartenant à l'état britannique. Un catalogue des trésors artistiques du pays, provenant de tous les musées et galeries du royaume est accessible à tous en ligne. Une magnifique initiative de la BBC et de la Public Catalogue Fondation, le site propose à présent plus de 63,000 tableaux, et vise à terme à rassembler les 200,000 oeuvres d'art de la collection britannique.

Vous pouvez le parcourir en choisissant vos thèmes, musées ou peintres préférés, visionnant des tableaux de Picasso et Van Gogh, mais aussi de milliers de peintres anglais, comme John Constable, Bridget Riley et Neil Murison:

Your-paintings

Certains viennent avec des explications plus détaillées que d'autres, mais le mieux pour découvrir des oeuvres d'art et en savoir plus sur l'histoire de l'art, c'est de suivre un des Guided Tours du site. Ce sont des petites vidéos dans lesquelles historiens ou des personnalités présentent leurs peintres favoris ou explorent un thème qui leur tient à coeur. Je vous recommande Waldemar Januszczak sur les Impressionistes, Gus Casely-Hayford sur les artistes outsiders, et Matt Baker sur les paysages britanniques.

Le site proposera bientôt une option pour que les internautes puissent créer leur mini-musée virtuel, My Collection (c'est à dire une page personnalisée de leurs tableaux favoris), ainsi qu'une boutique en ligne vendant des reproductions de ces oeuvres.

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vendredi 26 août 2011

We English, de Simon Roberts

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Simon Roberts est un jeune photographe originaire de Croydon dans le sud de Londres. L'un de ses nombreux projets est We English, une exposition, puis un livre, qui rassemble des photos des Anglais en vacances. Entre 2007 et 2008, Roberts a voyagé a travers tout le pays en caravane (une Talbot Express Swift Capri de 1993) avec sa femme (enceinte) et son gamin, pour prendre des photos des Anglais au repos, en pique-nique ou à la plage (comme celle ci-dessus de Woolacombe Bay, Devon),

Des photos grand format de gens ordinaires faisant leur balade du dimanche, inspirées par ses vacances d'enfance dans le Lake District. Le résultat est une série de paysages magnifiques, et un très beau portrait quasi-ethnographique de l'Angleterre. Morceaux choisis (il y en a beaucoup plus sur la gallerie du site)

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Devil's Dyke, South Downs, East Sussex

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Bolton Abbey, Skipton, North Yorkshire

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Rushey Hill Caravan Park, Peacehaven, East Sussex

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Chatsworth House, Bakewell, Derbyshire

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Blackpool Beach, Lancashire

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Paul Herrington's 50th Birthday, Grantchester, Cambridgeshire

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Derwent Water, Keswick, Cumbria

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Keynes Country Park Beach, Shornecote, Gloucestershire

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Fountains Fell, Yorkshire Dales

 

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vendredi 29 juillet 2011

Tracey Emin: Love is What You Want

 TraceyEmin

Voici encore une petite dose d'art, mais cette fois-ci je vais vous parler d'une artiste bien différente, Tracey Emin, qui est en ce moment le sujet de l'expo Love Is What You Want à la Hayward Gallery de Londres. Son truc, ce n'est pas les portraits mais plutôt les autoportraits, sous toutes les formes possibles. C'est une expo très intéressante qu'il vaut le coup de voir si vous aimez l'art contemporain.

D'abord, parce que Tracey Emin est une des artistes les plus connues de la scène britannique, grâce à ses oeuvres chocs, comme sa tente (couverte d'une liste de nom de tous les mecs avec qui elle à couché) et son lit sale (aucun des deux ne sont dans l'expo); grâce à sa grande gueule; et malgré ses apparitions genre Gainsbarre à la télé.

C'est aussi un point de vue féminin bienvenu dans un monde artistique très masculin... Une femme qui montre tout, ses avortements, ses tampons usagés, ses culottes sales. Une femme qui parle d'amour, de sexe, de peines de coeur. Une femme qui dévoile son intimité, ses photos de famille, ses failles, mais n'en paraît que plus forte.

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Emin fait de l'art comme d'autre font une thérapie, décrivant sa vie, ses histoires de coeur, ses émotions. Elle déballe tout, ses traumatismes comme ses joies sur des grandes couvertures ou dans des messages en néons. Voir son expo c'est donc un peu comme rentrer dans sa vie, lire son journal intime. Mais ce n'est pas voyeur ni auto-suffisant: au contraire, elle touche à des émotions et des expériences universelles ou presque.


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Photo: Giga Joule

Dans l'expo vous trouverez entre autre une salle de couvertures en appliqué, faites avec des bouts de tissus (draps d'hôtel etc) qu'Emin collectionne, et couvertes de ses fameux slogans qui vont droit au coeur (beaucoup avec des fautes d'orthographe), par exemple I do not expect to be a mother, but I do expect to die alone (je ne m'attends pas être une mère, mais je m'attends à mourir seule):

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Ainsi qu'une salle de néons, inspirés par les signes des restos et des hôtels de Margate, la ville du bord mer où elle a grandi:

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J'ai trouvé deux de ses films particulièrement beaux: "Why I never became a dancer" explique comment elle s'est enfuie en pleurs d'un concours de danse après que les garçons du coin l'aient traitée de trainée, et un autre où elle est à cheval sur un âne (les donkey rides sont une activité traditionnelle dans les stations balnéaires anglaises) comme une cowgirl sans peur, sur la chanson reggae Riding for a Fall de John Holt.

J'ai aussi beaucoup aimé ses dessins, et sa collections d'effets personnels et de lettres. Sur la terrasse de la galerie se cachent trois de ses sculptures, de minuscules objets trouvés coulés en bronze. Cela n'a l'air de rien, mais c'est touchant.

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Sad shower in New York, 1995

Emin est une vraie conteuse, ses mots choquent parfois mais sonnent toujours juste, et son histoire vaut la peine d'être écoutée.

> Tracey Emin: Love Is What You Want, jusqu'au 29 août, £12, Hayward Gallery, Southbank Centre (voir carte). Métro Waterloo ou Embankment.

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