lundi 20 février 2012

Tinker Tailor Soldier Spy

Image 5

Le meilleur film britannique de l'année, c'est un spy movie sans courses de voiture improbables, sans scènes de cascade à n'en plus finir, et donc sans Agent 007. La semaine dernière à Londres ont eu lieu les BAFTAs (l'équivalent des Oscars au UK). Évidemment, c'est l'excellent The Artist qui a tout raflé, comme partout. Mais l'autre grand film de la soirée, c'était Tinker Tailor Soldier Spy, une adaptation d'un livre de John Le Carré (l'ancien espion dont les romans à succès sont devenus des classiques de la littérature anglaise) par le réalisateur suédois Tomas Alfredson, l'auteur de Let The Right One In (Morse).

Produit par les Français de Studio Canal, Tinker Tailor a été sélectionné dans 11 catégories aux BAFTAs, et a finalement gagné les prix du Meilleur Film Britannique et Meilleur Script d'une Adaptation (il est aussi sélectionné pour trois Oscars). Malgré son titre pas très inspiré en français, La Taupe, Tinker Tailor semble avoir fait recette en France comme en Angleterre. Si vous n'avez pas encore vu ce très beau film, en voici la bande-annonce:

Bon je vous préviens tout de suite, au début il faut s'accrocher. On est à Londres dans les années 1970s, c'est la guerre froide, et devant nous s'agitent tout plein d'espions du MI6, que des mecs assez posh bien sûr, puisqu'ils étaient tous recruté dans les public schools du pays. Ils se parlent en utilisant tout plein de jargon: le Circus, c'est les bureaux du MI6, les Babysitters, ce sont les gardes du corps, les Mothers, ce sont les secrétaires, et les Cousins, la CIA. La trame du film, c'est qu'il faut débusquer un agent double qui travaille pour les Russes, et est caché au plus haut sommet de la hiérarchie des services secrets de sa majesté.

Ce film est un who's who des stars du cinéma anglais: Control, le chef du service, est joué par John Hurt (Elephant Man), Smiley, le héros, par l'excellentissime Gary Oldman (JFK, Léon) et son allié le jeune espion Peter Guillam par Benedict Cumberbatch (Sherlock). Quant aux haut-gradés, ceux aux manettes du MI6, tous soupçonnés d'être la fameuse taupe du titre, ils sont incarnés par Colin Firth (The King's Speech), Toby Jones (Frost/Nixon) et Ciarán Hinds (There Will Be Blood). Le suédois David Dencik joue le quatrième suspect. Quant à Mark Strong (Kick Ass) et Tom Hardy (Inception), ils jouent les agents spéciaux envoyés en mission en Europe de l'East. Bref, un casting du tonnerre.

Image 6

Image 8  Image 11

Image 10

Le scénario de Bridget O'Connor et Peter Straughan est excellent. Le couple est parvenu à condenser un roman à l'intrigue très complexe en un puzzle qu'il nous faut reconstituer petit à petit, à l'aide de nombreux flashbacks de Smiley, qui tente de se rappeler ses échanges avec ses collègues pour trouver l'agent double. Seul un changement dans la couleur des montures de ses grosses lunettes nous aide à savoir dans quelle période on se trouve.

J'ai énormément aimé les très beaux costumes et décors parfaits, avec murs oranges et bruns, salles pleines de poussière, chaises en plastique coloré, vieilles radios, et des vues romantiques d'Istanbul et Budapest. C'est une très belle immersion dans les années 1970s. (Les couleurs et l'ambiance de la guerre froide rappellent beaucoup le très beau film allemand La Vie des Autres.) La scène de la fête de Noël dans les bureaux du Cirque, et de l'atmosphère qui régnait dans ses bureaux si secrets (selon Le Carré, ils se faisaient souvent réprimander par la police pour tapage nocturne lors de ces soirées de fin d'année), avec les agents chantant L'Internationale en russe, est excellente.

Image 1

Image 9

Image 12

Et finalement, un mot aussi sur la réalisation: avec des plans décadrés et des jeux d'ombre et de lumière, Alfredson parvient a créer une atmosphère mystérieuse, désorientant le public qui comme Smiley tente de trouver la taupe dans ce labyrinthe qu'est le MI6. On voit des bouts de gestes, l'arrière de la tête des personnages, des scènes entières à travers des fenêtres et des angles bizarres – et on s'y croit vraiment. Et en plus, on ne voit jamais l'ennemi no 1 russe, ni la femme de Smiley. Un film à énigme, un vrai...

Image 13

En tout cas, cela m'a donné envie de lire le livre et de regarder la minisérie de la BBC sur Tinker Tailor, qui date de la fin des années 1970s et qui a été très appréciée ici. Et Si vous ne connaissez pas l'oeuvre de John Le Carré, lisez le superbe The Constant Gardener (La Constance du Jardinier). Le film tiré de ce roman est également excellent...

Posté par llleeeaaa à 08:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :


mardi 1 novembre 2011

Monsters

Image 24

Comme Moon, Monsters de Gareth Edwards est un excellent film indépendant britannique. Un mélange de science-fiction, road trip et love story sorti fin 2010, ce petit film est un OVNI. L'histoire vous emmènera au Mexique, séparé des États-Unis par une zone infectée par des extra-terrestres sortis d'un sonde NASA qui s'est écrasée dans le coin. Deux jeunes Américains se retrouvent coincés du mauvais côté de la zone, et tentent par tous les moyens de rentrer chez eux en passant par ce territoire peuplé de monstres ressemblants à des poulpes géants et bombardé par l'armée américaine.

Image 23

Jusqu'ici, cela ressemble plus à un film hollywoodien de série Z que d'un film indépendant d'art et d'essai. Et pourtant. Tout dans ce projet est révolutionnaire. D'abord, le film a été tourné avec une équipe de 5 personnes: le réalisateur, le preneur de son, les fixeurs sur place, et le monteur voyageant ensemble à travers l'Amérique centrale. Pas de maquilleuse, de roadie, d'agent, de continuation, de technicien, d'accessoiriste, etc. L'équipement a coûté environ $15,000, et le budget total est de $500,000. Du jamais vu pour un film de cette qualité – je vous assure, il fout vraiment la honte à toutes ces productions hollywoodiennes qui coûtent des millions.

Voici la bande annonce:

Dans le genre, cela fait penser au tout aussi excellent District 9 (un film de sci-fi sud-africain). Sauf que Monsters a été tourné caméra sur l'épaule, avec seulement deux acteurs professionnels, les excellents Scoot McNairy and Whitney Able, qui ont passé des semaines à improviser avec toute sortes de gens. En effet, tous les autres personnages du film sont des figurants, des personnes croisées au hasard durant le tournage. Et leur performance est à couper le souffle. (La bande-son électro de Jon Hopkins est elle aussi excellente).

L'autre aspect étonnant de ce film, c'est le réalisateur Gareth Edwards, dont c'était le premier long métrage (écouter le présenter le projet ici). En plus d'être l'auteur du script, le caméraman, le directeur de la photographie, et assistant monteur, Edwards est aussi l'auteur de tous les effets spéciaux du film. En effet, après ses études de cinéma, il a démarré sa carrière en faisant les effets spéciaux magnifiques pour des séries télé comme Attila. C'est ce qui a convaincu les producteurs de lui laisser sa chance avec Monsters. Il est maintenant en train de travailler sur le prochain Godzilla...

Posté par llleeeaaa à 08:00 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags :
jeudi 13 octobre 2011

Harry Potter Studios Tours

 Image 22

Watford, au nord west de Londres, est une ville de banlieue sans grand charme ni intérêt – sauf si vous aimez le monde magique du cinéma. En effet, c'est en partie ici, aux Leavesden Studios, qu'ont été tournés de nombreux films, comme Goldeneye, Sleepy Hollow, The Dark Knight et surtout les Harry Potter. Les producteurs Hollywoodiens Warner Bros ont récemment décidé de retaper les studios, une ancienne usine Rolls-Royce sur un aérodrome de la RAF, et de les transformer en leur nouvelle base Européenne à coup d'équipement hi-tech et de peinture fraiche. Elle accueillera de nouveaux tournages dès l'année prochaine.

C'est dans ces mêmes studios que Warner Bros ont également décidé d'installer une nouvelle attraction touristique, le Harry Potter Studio Tour. Il y a fort à parier que lorsqu'elle ouvre au printemps prochain, cette visite des studios va faire de Watford un haut-lieu touristique du UK. On y attend tellement de monde que les tickets sont mis en vente dès aujourd'hui, presque six mois en avance. Attention, ce ne sera pas un theme park Harry Potter, comme il y en a déjà un en Floride, avec grands huit et autres manèges enchantés, mais bien une visite des coulisses d'un grand studio de cinéma.

Image 15
L'exterieur du bureau de Dumbledore

Deux nouveau hangars (heureuse coïncidence, le studios ayant déjà 9 salles de tournages, ces deux nouveaux espaces sont donc Stage J et Stage K, comme les initiales de la maman d'Harry) ont été construit pour abriter la nouvelle exposition, dédiée à la vraie magie des films Harry Potter: l'énorme travail des décorateurs, techniciens et costumier. Les visiteurs pourront y découvrir toutes sortes de merveilles: décor originaux, costumes, effets spéciaux et accessoires.

Image 14
Le Monstre livre des Monstres

Image 13
Pour plus d'images, faites un tour sur la galerie du Guardian

La première chose que l'on verra, c'est le grand hall de Hogwarts (Poudlard), basé sur la salle à manger de Christ Church collège à Oxford, et qui aurait du être détruit une fois la saga Harry Potter terminée. Le moindre de ses accessoires, qui figurent peut-être une demi-seconde seulement à l'écran – les boîtes de céréales Cheeri Owls créées pour les scènes de petit déjeuner, par exemple – y sera exposé. Selon un journaliste qui l'a visité lors d'un tournage, le Great Hall est devenu plus vrai que nature en dix ans d'utilisation: les gargouilles-porte torche sont noire de suie, et les tables sont couvertes de graffitis laissés par les jeunes figurants. Les deux autres sets entiers reconstruits pour le tour sont la maison des Weasley, avec poële auto-nettoyante et aiguilles auto-tricotantes, et le bureau de Dumbledore.

Image 12

>  Harry Potter Studio Tour, Watford. Les tickets sont en vente dès aujourd'hui (il faut les acheter en avance, il n'y aura pas de vente de ticket sur place), l'exposition ouvre le 31 mars 2012 . À £28 (+ de 16 ans), £21 (de 5 à 15 ans) ou £83 (famille), la magie du cinéma coûte cher. Les tours dureront environ 3 heures, avec une petite partie guidée. À la sortie il y aura bien sûr un café et une boutique... Cela prend 20 minute en train depuis London Euston, une navette emmènera les visiteurs de Watford Junction aux studios en 15 minutes.

ET AUSSI...

Du 12 au 27 Octobre a lieu le 55ème London Film Festival, avec toutes sortes d'évènements et de premières. Le Telegraph vous a préparé un guide des points forts; Time Out aussi.

Ce weekend c'est Diwali, le festival de la lumière indien. Tea Time in Wonderland vous a préparé une liste d'activités speciales pour diwali, à vos bougies!

C'est également la London Cocktail Week, la Frieze Art Fair, et la Chocolate Week!

Et enfin last but not least cette semaine c'est aussi l'anniversaire de mon papa: Happy Birthday daddy!

Posté par llleeeaaa à 07:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :
mardi 27 septembre 2011

Tony Blair et son Ghost

Image 10

Ce week-end j'ai enfin eu le temps de visionner The Ghost Writer de Roman Polanski, sorti en 2010. Un film excellent, basé sur le thriller de l'écrivain anglais Robert Harris, et réalisé avec l'aide de grands acteurs: Pierce Brosnan (un irlandais) joue Adam Lang, un ancien premier ministre britannique, Ewan McGregor (un écossais) joue son nègre, chargé d'écrire ses mémoires alors que le nègre précédent est mort noyé, Olivia Williams (une Londonienne) sa femme, et Kim Cattrall (une Liverpudlienne/Canadienne) sa maîtresse:

Harris avait eu l'idée d'un huis-clos avec ces personnages depuis des années, mais ne savait pas trop quoi en faire. Jusqu'au jour où il a entendu quelqu'un à la télé dire que Tony Blair devrait être amené devant le tribunal de la Hague pour crime contre l'humanité pour son rôle en Irak. Et paf, son sujet est devenu d'actualité, Adam Lang rappellant Tony Blair sans trop foncer les traits...

C'est un thriller drôlement bien ficelé (lire la critique du Monde), ou les machinations politico-économiques se mêlent aux influences sournoises de la CIA. À la fin du film, on se dit, ouf, heureusement que tout ça ce n'est qu'une belle histoire et que ces complots si convaincants ont été inventés de toutes pièces.

Image 11

Sauf que deux jours après, j'ai visionné un autre film, et appris que la réalité dépasse la fiction. Je parle du documentaire de la chaîne Channel 4, The Wonderful Word of Tony Blair, qui a été diffusé hier soir au UK. C'est une enquête de Peter Oborne pour le  magazine d'investigation de la chaîne, Dispatches, qui se penche sur Tony Blair le businessman et envoyé pour la paix au Moyen-Orient, et sur l'immense fortune qu'il a amassé depuis qu'il n'est plus premier ministre.

En quatre ans, il s'est enrichi plus que tout autre ex-premier ministre, mais son entreprise, Tony Blair Associates, est complètement opaque et profite sans aucun doute de son rôle politique, niant ainsi tous les principes de bonne gouvernance et leadership que le jeune Tony applaudissait il y a quelques années. Un documentaire très intéressant, que vous pouvez voir ici jusqu'à la fin du mois, ou sur Youtube.

PS je vous avais déjà parlé il y a quelque mois des mémoires de Tony et de sa photo op...

Posté par llleeeaaa à 08:48 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
mercredi 24 août 2011

Nowhere boy

Nowhere-boy

Coup de coeur pour Nowhere Boy, le premier long-métrage de l’artiste contemporaine Sam Taylor-Wood, sorti en 2009. C’est l’histoire du jeune John Lennon, un adolescent qui se trouve déchiré entre sa tante Mimi qui l’a adopté, et sa mère Julia qu’il vient de retrouver. C’est grâce à cette dernière, qui lui donne des cours de banjo alors qu’il s’est fait renvoyé de l’école pour mauvaise conduite, qu’il se découvre peu à peu un talent pour la musique.

C’est un film touchant, porté par d’extraordinaires performances des acteurs. Aaron Johnson joue Lennon avec aplomb (il a par ailleurs fait scandale ici en fondant une famille avec Taylor-Wood, de 20 ans son ainée), et deux de mes actrices britanniques préférées se partagent les rôles féminins: Kristin Scott Thomas joue Tante Mimi, stricte et coincée mais avec un coeur grand comme ça; Anne-Marie Duff joue Julia, une fan de rock’n’roll qui croque la vie à pleines dents, parfois un peu trop.

Image 5

En bonus dans les second roles, on a le droit à David Threlfall qui réussi à nous faire aimer son personnage (l’oncle de John) en seulement une poignée de minutes à l’écran, et Thomas Brodie Sangster (le petit blondinet tout mignon de Love Actually) qui se transforme en un Paul McCartney émouvant. J'ai beaucoup aimé également la cinématographie, et les décors très réussis.

Image 2

La bande son est très sympa (Screamin’ Jay Hawkins, Buddy Holly, Fats Domino), mais ne vous attendez pas à un documentaire sur les Beatles. C'est un film sur un jeune ado de Liverpool et la naissance de son groupe de rock. Quoique très traditionnel, Nowhere Boy apporte un nouveau regard sur un moment historique dans l’histoire de la musique.

Voici la bande-annonce...

Et vous, vous avez aimé?

Posté par llleeeaaa à 09:09 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags :




lundi 11 juillet 2011

Harry Potter: it all ends

Image 4

Ce weekend j'ai eu la chance de voir Harry Potter and the Deathly Hallows Part II (Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie) en avant-première. La compagnie pour laquelle je travaille appartient à Warner Bros, les producteurs du film; la salle de 1,000 places était comble de gens de tous âges – c'est le seul et unique film que la compagnie nous a proposé de visionner ces trois dernières années, c'est dire combien est grande la magie d'Harry Potter... (en plus, les 10 men in black avec leur caméras infra-rouge pour repérer les pirates étaient très photogéniques).

Et c'était pas mal du tout, avec de bons effets spéciaux, un bon scénario, des acteurs toujours au top, de très belles couleurs, deux-trois gags et une fin toute mignonne (la même que dans le livre) – mais à voir surtout si vous êtes des fans des livres (cf bande annonce ci-dessous). Quand on a lu les romans, les films paraissent toujours un peu fades, car ils n'ont pas vraiment le temps de se pencher sur les petits détails et les personnages qui font à mon avis la magie des livres de JK Rowling. Le film sort en France le 13 et au UK le 15 (la semaine dernière, les fans ont campé à Trafalguar Square pour apercevoir leurs héros lors de la première officielle).

Lorsqu'elle a vendu les droits de ses films à Warner Bros, JK Rowling a gardé un droit de regard très important sur les films et leur merchandising (elle a dit dans plusieurs interview combien de fois elle avait dû refuser des objets ridicules, le pire étant un siège de toilette Moaning Myrtle/Mimi Geignarde!) Mais avant tout, elle a forcé la compagnie américaine à tourner les films entièrement au UK, avec une équipe et des acteurs britanniques, comme les grands Helena Bonham Carter (Beatrix Lestrange), Emma Thompson (professor Trelawney) et mon préféré, Alan Rickman (professor Spade/Rogue). Grâce à elle, l'Angleterre est devenue un leader dans le domaine des effets spéciaux...

Et quelle bonne idée elle a eu de tenir bon face à la pression des ventrus aux gros cigares: les films ont sauvé toute une industrie du Royaume-Uni, ont permis au Shepperton Studios dans le nord de Londres de survivre et même de s'agrandir, et bien sûr de garder un sentiment d'authenticité. Bien sûr le résultat c'est plein de $$$$$$$ pour Warner Bros: c'est la franchise la plus profitable au monde (pour le moment elle a rapporté $5.4 milliards à Warner Bros).

L'attrait de cette séries de films de qualité inégale, c'est bien sur la découverte du monde merveilleux d'Harry Potter, et surtout d'avoir vu grandir Harry, Ron et Hermione film après film – unique dans l'histoire du cinéma. Du coup pour célébrer la fin de la série, voici toutes les bandes annonces, dans l'ordre chronologique... (et si vous ne deviez en voir qu'un seul, c'est le prisoner of Azkhaban, d'Alfonso Cuaron!)

1 Harry Potter & the Philosopher's Stone (2001)

2 Harry Potter & the Chamber of Secrets (2002)

3 Harry Potter & the Prisoner of Azkhaban (2004)

4 Harry Potter & the Goblet of Fire (2005)

5 Harry Potter & the Order of the Phoenix (2007)

6 Harry Potter & the Half-Blood Prince (2009)

7 Harry Potter & the Deathly Hallows, Part 1 (2010)

8 Harry Potter & the Deathly Hallows, Part 2 (2011)

Quand à JK Rowling, elle prépare son nouveau site, Pottermore, un coup de marketing/d'édition de génie, et ses prochains livres bien sûr, qui feront sans doute de très beaux films!

Posté par llleeeaaa à 19:30 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :
mercredi 15 juin 2011

Moon

Image_9

Aujourd’hui la lune est bien ronde, et cela me fait penser à un très beau film britannique que j’ai vu il y a quelques mois: Moon, le premier long métrage de Duncan Jones, avec l’excellent Sam Rockwell. Sorti en 2009, ce film indépendant de science-fiction a été tourné en juste un mois dans les studios de Shepperton près de Londres (où Alien et Robin des Bois ont également été réalisés), avec un tout petit budget de £5m (ça paraît beaucoup mais c'est des cacahouètes dans le monde du cinéma!)

Mais pourtant tout ici est de la plus grande qualité: des effets spéciaux aux dialogues en passant par la musique, c’est un vrai régal (le film a gagné le prix de Best British Independent Film 2009). Le film raconte l’histoire de Sam Bell, un travailleur solitaire installé sur la face cachée de la Lune afin d'exploiter un gisement d'Hélium 3 pour une grande compagnie terrestre, Lunar Industries, et qui arrive au bout de son contrat de trois ans. Son seul compagnon, en tout cas au début, c’est GERTY, un ordinateur qui parle avec la voix de Kevin Spacey.

Voici la bande-annonce:

Cela vous rappellera sans doute HAL de Space Odyssee, mais aussi beaucoup d’autres choses. Car le film, un huit-clos spatial intense et plutôt oppressant, est aussi, comme toute science fiction digne de ce nom, plein de questions sur la nature humaine. Comme Damon Wise du Times l’écrit: ‘Though it uses impressive sci-fi trappings to tell its story—the fabulous models and moonscapes are recognisably retro yet surprisingly real—this is a film about what it means, and takes, to be human.’ (S’il utilise des ruses de science-fiction pour raconter son histoire – les merveilleuses maquettes et paysages lunaires sont à la fois rétro et très réels – ceci est un film à propos de ce que cela veut dire, et ce qu’il faut faire, pour être humain.

En effet, Duncan Jones est non seulement le fils de David Bowie, mais aussi un docteur en philosophie (il a écrit une thèse sur l’intelligence artificielle) et passionné de science fiction et de films comme Silent Running ou Solaris. Son film a été écrit pour Sam Rockwell, un acteur époustouflant dans ce rôle, où il doit littéralement se dédoubler. À part sa performance, ce que j’ai préféré c’est de voir rovers lunaires rouler sur le sol Lunaire, des images poétiques réalisées à partir de maquettes et non d’animations digitales.

Image 26

Jones explique son choix d'utiliser la Lune comme décor, car “There is still a mystery to it. As a location, it bridges the gap between science-fiction and science fact. We (humankind) have been there. It is something so close and so plausible and yet at the same time, we really don't know that much about it." (Elle est encore mystérieuse. Elle comble le fossé entre science fiction et faits scientifiques. Nous (l’humanité) y avons été. C’est quelque chose de tout près, de plausible, et en même temps, on n’en sait pas grand chose) La fiction rencontre la science, puisque la NASA est en ce moment même en train de faire des recherches sur les gisements lunaires d’Hélium-3, et le Mooncrete, une sorte de béton fait sur place (comme peut-être le béton utilisé pour faire la base lunaire dans le film).

Jones travaille à présent sur la suite de Moon, un thriller en hommage à Blade Runner situé dans le Berlin du futur. J’ai hâte de voir ça!

 

U+2191.svg eh, y'a pas quelque chose de différent là haut? vous aimez ma nouvelle bannière? 

Posté par llleeeaaa à 09:00 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags :
jeudi 17 février 2011

Secret Cinema

Image_4

Le weekend dernier j'ai testé pour vous Secret Cinema. Le principe: on achète un billet (£28) pour une date précise, et on attend de voir venir. Lorsqu'on achète le billet, pas moyen de savoir quel film on va voir, ni où on va le voir. Ce qui explique pourquoi je n'ai su que quelques jours avant que je devais m'habiller dans le style des années 1940s, et me rendre à Wapping Station pour une soirée organisée par un mouvement artistique et culturel fictif, le Unknown Cultural Movement.

Je me suis creusée la tête sans succès, et je me suis pointée à Wapping – et c'était super! Une excellente soirée que je vous recommande chaudement. D'ailleurs, il reste encore quelques billets je crois (cette session de Secret Cinéma dure jusqu'au 27 février). Je raconte plus en détail ma soirée tout à la fin de ce message, donc pour garder la surprise, ne lisez pas le paragraphe en bleu tout à la fin! En attendant, voici un peu plus d'infos sur les films passés.

Il y a environ 900 personnes par soir: ce qui est secret c'est le film et le lieu, pas l'évènement lui-même. Et ne pensez pas qu'il ne s'agit que de s'assoir et de regarder un film. Non non non, c'est une véritable performance, qui vous transforme en acteur, (et vous fait interagir avec des acteurs), et vous transporte dans un monde magique. Entrez dans le lieu – toujours merveilleusement bien choisi – qu'a investi le Secret Cinéma, c'est comme de découvrir un plateau de cinéma grandeur nature.

Les évènements passés ont vu des rudeboys Jamaicains présenter The Harder They Come au Hackney Empire, et des hôtesses de l'air du futur accueillir des voyageurs sidérés dans un entrepôt des Docklands pour visionner Blade Runner. L'un des évènements les plus récents à eu lieu cet été à Alexandra Palace, dans le nord de la capitale. Les spectateurs avaient pour consigne de s'habiller en nomades du désert.

Tiens, en voilà qui sortent du métro:

Image_7

Une autre consigne leur avait été donnée: apportez vos coussins!

Image_8

Ils sont accueillis et guidé vers le lieu secret par des acteurs et leurs complices à quatre pattes:

Image_12

Image_13

Image_9

Une fois dans Alexandra Palace, ils pouvaient rencontrer tout l'état-major:

Image_14

Faire quelques pas dans le sable:

Image_19

Et se promener, faire du shopping, et dîner dans le souk:

Image_17 

Image_18

Enfin, tout le monde s'est installé pour visionner...

Image_21

... vous l'avez deviné, c'était Lawrence d'Arabie!

Chut! Secret Cinema Wapping

Donc comme je vous le disais, je me suis retrouvée à Wapping samedi dernier. Accueillis au métro par des manifestants du Unknown Cultural Movement, nous nous somme dirigés vers Tobacco Docks, un centre commercial construit dans un entrepôt du 19ème, et laissé à l'abandon car mal placé. C'est un espace merveilleux, avec des jolies voûtes et des murs en briques. À l'intérieur, nous avons découvert des pubs, des boutiques de fleurs et des cageots de légumes: on se serait cru à Covent Garden. On avait presque deux heures pour explorer le lieu, prendre un cours de ballet à l'étage, manger au resto, grignoter des fish & chips ou des popcorns, découvrir les installations d'art sur le thème de la danse, admirer les super déguisements des autres spectateurs (la majorité avait joué le jeu, et sortait tout droit des années 1940) et regarder une troupe d'acrobates, de musiciens et d'artistes s'en donner à cœur joie. Enfin, on a pris place dans de petites salles avec grands écrans, bonne sono et sièges plutôt confortables. Le film était magnifique, et d'avoir vu toutes ces belles choses avant rendait l'expérience vraiment magique! En plus, on est reparti avec un petit flyer expliquant l'importance du film dans l'histoire du cinéma. Wonderful!

Posté par llleeeaaa à 10:45 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
mardi 1 février 2011

The King's Speech

Image_15

LE film du moment sur les écrans du UK c’est The King’s Speech. Le film, qui sort demain en France, a déjà récolté 12 nominations aux Oscars, 14 nominations aux BAFTA (l’équivalent britannique), et £20 millions de recette au box office. Un record pour un film à petit budget ($15 millions, alors que le coût d’un film hollywoodien moyen est d’à peu près $60 million) financé par le UK Film Council avec l’argent de la loterie nationale.

The King's Speech, c’est l'histoire de Bertie, le père de l'actuelle reine Élisabeth, qui est contraint de monter sur le trône (et de devenir le roi George VI) après l’abdication de son frère Edward VII, qui préfera se marier avec une Américaine divorcée (Wallis Simpson) que de rester roi. Mais voilà, Bertie bégaie – un gros problème quand son seul boulot c’est d’adresser de grands discours à son peuple. Grâce au soutien de sa femme et à un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles, Bertie réussira à surmonter son handicap pour pouvoir déclarer solennellement la guerre à Hitler – le fameux King's Speech du titre. Voici la bande annonce (attention elle est pas terrible, c'est une version accélérée du film):

A priori, une belle tranche d'histoire mais rien de bien transcendant. Alors, pourquoi tant de success?

D’abord, une équipe du tonnerre: des acteurs de renommée internationale, comme Colin Firth (le roi bègue), Guy Pearce (son frère aîné), Helena  Bonham Carter (sa femme), et Geoffrey Rush (son thérapeute); un très bon scénariste David Seidler (The King and I) et réalisateur Tom Hooper (série télé Elizabeth I); et une fine équipe de production: Eve Stewart (Vera Drake) aux décors, Jenny Beavan (Gosford Park) aux costumes, Danny Cohen (This is England) à la cinématographie, et Tariq Anwar (The Madness of King George) au montage.

Image_16

Mais aussi, le côté très anglais du film: tasse de thé à fleurs, reine à chapeau, Londres sous le fog; palais royaux; classes sociales rigides et aristos coincés. Plus le côté histoire vraie romancée, avec de grandes figures comme Churchill et une époque absolument cruciale pour l’histoire Royaume-Uni. Sans compter les grand thèmes universels comme l’idée de transformation de soi à tout prix, du type Pygmalion/My Fair Lady; amitié entre deux hommes que tout oppose; le choix entre devoir ou désir (représenté par les deux princes).

By the way, le film est critiqué par les anti-royalistes et certaines associations juives, car il ne mentionne pas le fait que le roi a longtemps penché pour un apaisement avec Hitler et voulu empêcher les Juifs de se réfugier au UK;  ainsi que par les historiens, car il présente Churchill comme soutenant Bertie, alors qu’il avait tout fait pour garder son frère aîné sur le trône.

Image 15

Image 16

Image 17


J’ai beaucoup aimé les acteurs et leurs personnages aux traits exagérés, à la limite de la caricature; les dialogues plein d’humour; et les réflexions sur le rôle de la famille royale et les bouleversements provoqués par l’arrivée des medias de masse comme la radio et la télévision. Mais de là à en faire mon film de l’année, ça non: j’ai beaucoup moins aimé les stéréotypes anglais à la chaîne, la fin trop sentimentale, et l’image du roi beaucoup trop positive à mon goût.

les critiques

The King's Speech proves there's fizzing life in old-school British period dramas – it's acted and directed with such sweep, verve, darting lightness. George VI's talking cure is gripping. [Le Discours d'un Roi prouve qu'il y a encore de l'avenir pour les films historiques classiques – le film est réalisé et joué avec une telle légereté. La guérison de Geoge VI est captivante] Peter Bradshaw, The Guardian

A sepia-toned Edwardian newsreel peopled with braying poshos on penny-farthings; a rank compendium of clichés. [Un vieux film Edwardian aux tons sépias peuplé d'aristos beuglant sur des vieilles bicyclettes; un ramassi de clichés moisis ] David Jenkins, Time Out

The King’s Speech is at times uplifting and at other times absurd. But if you are British, or even just an admirer of Britain, it is a deeply flattering film. No wonder that it is proving so roaringly popular. [Le Discours d'un Roi est par moment brillant et par moment absurde. Mais si vous êtes Anglais, ou juste anglophile, c'est un film extrêmement flatteur. Ce n'est pas surprenant qu'il soit si populaire.] Bagehot, The Economist

Yes, this is middlebrow, crowd-pleasing awards bait; but so well-executed, it’s all you can do to resist. It’s the crack cast that make it, though. [Oui, c'est un film grand-public, un appât à récompenses; mais il est si bien réalisé que c'est très difficile d'y résister. Ceci dit, ce sont les acteurs qui font le film.] Philip Kemp, Total Film

Enfin, je vous recommande la critique très intéressante de Jonathan Freedland (en anglais sur le Guardian, en français ici) qui explique le succès du film comme étant basé sur le moment historique de la résistance du UK contre Hitler et le fascisme, qu’il décrit comme le mythe fondateur du Royaume-Uni moderne.

Posté par llleeeaaa à 08:00 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags :
mardi 21 septembre 2010

This is England

Image_2

Juste au cas où vous l'auriez raté quand il est sorti en 2006, j'aimerais vous parler de This is England. Ce film de Shane Meadows suit les aventures du jeune Shaun (Thomas Turgoose), et de ses amis, une bande de jeune skinheads du nord de l'Angleterre. On est en 1983, et les skinheads ne sont pas encore ceux qu'on connaît aujourd'hui, mais des jeunes à la mode, influencés par les rude boys de Jamaïque et leur musique, ainsi que le courant mods britannique.

Le film raconte un tournant dans la vie du jeune Shaun et dans l'histoire du mouvement skinhead. Mais tout cela n'est qu'un prétexte pour revenir sur une période de l'histoire du pays souvent délaissée par les réalisateurs, et filmer les paysages de maisons en briques des council estates (cités) du pays. Les acteurs sont extraordinaires, le réalisateur passionné par son sujet (le film est en grande partie autobiographique), et les décors plus vrais que nature. Ce qui explique pourquoi This is England a gagné plusieurs prix en Angleterre, dont Meilleur Film aux British Academy Awards de 2007.

J'ai vu le film récemment, et suis tombée sous le charme des personnages – et surtout de leur accent bien du nord, parfois incompréhensible, mais si mignon... Un film à ne pas manquer, pour les cinéphiles comme pour les anglophiles. Voici la bande annonce du film:

 

 

> Vous trouverez plein d'autres choses sur ThisisEnglandMovie

Image_5

 

 

 

Je vous en parle maintenant car en ce moment on peut voir la suite du film, This Is England '86, diffusée sous forme de mini-série sur Chanel 4. Vous pouvez voir les épisodes sur 4OD si vous êtes au UK. Attention, âmes sensibles s'abstenir: le langage est très coloré, et la série est bien plus violente que le film.

 

Posté par llleeeaaa à 10:08 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,


  1  2