samedi 4 février 2012

Un peu de typographie, suite et fin

UK fonts

Suite et fin de mon article sur les différentes polices d'écritures britanniques (voire première partie ci-dessous)...


Johnston, 1916

Johnston

Auteur: Edward Johnston, né en Uruguay et éduqué à Londres, l’un des plus grand créateur de caractère d'imprimerie britannique et le plus lus des calligraphes par les Londoniens. C’est aussi l'auteur du fameux sigle du métro londonien, le roundel.

Histoire: En 1913, le London Underground (LU) commande à Johnston une nouvelle police, qui fait partie de sa stratégie d’unification (le métro étant constitué de lignes ayant appartenu à de diverses compagnies), de communication et de publicité. Frank Pick du LU demande à Johnston que la nouvelle police soit bien différenciable des posters publicitaires, et qu'elle soit à la fois forte et simple.

Caractéristiques: Cette sans-sérif typeface se reconnaît à son O parfait, et ses points faits de rectangles en diagonale. Les majuscules sont inspirées des lettres Romaines, les minuscules de l’écriture humanistique de l’Italie du 15ème siècle.

Johnston-usage

Usages: Toutes les communications de Transport for London, des numéros et destinations sur les bus aux noms des stations, publicités, prospectus et cartes. Beaucoup pensent que c’est grâce à la Johnston que Londres a une personnalité si forte....

 

Gill Sans, 1926

Gill sans

Auteur: Eric Gill, un mec très douteux, avec plein d'idées bizarres sur la religion, la sexualité et l'art. Sculpteur, graphiste, il a appris son métier en partie avec Edward Johnston (voir ci-dessus). Certaines de ses sculptures sont visibles sur la Broadcasting House de la BBC à Londres et le Palais des Nations à Genève.

Histoire: Gill a créé cette police, inspirée de la Johnston, pour la devanture d’un libraire de Bristol, et l’a ensuite développée pour la compagnie Monotype. Elle est devenue très populaire en 1929, quand elle est apparue sur les posters d’une compagnie ferroviaire anglaise. C'est devenu un des plus grands classiques de la typographie.

Caractéristiques: La Gill Sans a été créée pour être la plus lisible des sans-sérif, fonctionnant en gros sur des posters comme en tout petit dans des livres. Les proportions de la police sont inspirées de la tradition romaine comme c’est le cas pour la Johnston.

Gill-Sans-usage

Usages: Utilisée sur les couvertures des Penguin books à partir de 1935, Gill Sans est devenue un bestseller. Elle est utilisée par la BBC, Network Rail, the Church of England, Benetton, Tommy Hilfiger, et le gouvernement britannique, qui l’a adoptée comme police standard pour tous ses documents et ses logos.

 

Albertus, 1932

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Auteur: Berthold Wolpe, un Allemand fuyant les Nazis venu s'établir en Angleterre.

Histoire: Wolpe étant d'abord un sculpteur de métal, et cette police ressemble aux lettres gravée dans des plaques de bronze. Elle tient son nom de Albertus Magnus, un philosophe et théologien allemand du 13ème siècle.

Caractéristiques: Avec des empattements triangulaires pointus, dessinés comme un simple élargissement de l’extrémité des lettres.  Pourtant, ce n'est pas une police froide, mais plutôt accueillante.

 Albertus-usages

Usages: C'est la police utilisée sur tous les signes de la City of London, ainsi que sur beaucoup de couvertures des livres Faber & Faber, pour le générique de la série The Prisoner et certains albums de Coldplay.

 

Times New Roman, 1931

Times New Roman

Auteurs: Stanley Morison, de la section anglaise de Monotype, et Victor Lardent, un graphiste du département publicité du journal The Times.

Histoire: Après qu’un certain Stanley Morison de la companie Monotype ait écrit un article décrivant The Times comme mal imprimé avec une typo désuète, le journal lui demande de créer une nouvelle police.

Caractérisques: Morison la base sur une vieille police, Plantin. Son but: que la nouvelle police ne prenne pas plus de place que l’ancienne, mais qu’elle ai l’air plus grande et plus lisible. Le résultat fut utilisé par le journal pendant plus de 40 ans.

Times-usages

Usages: Le Times utilise aujourd’hui une variante de Times New Roman, qui reste une des polices les plus utilisées et connues au monde, grâce à son apparition sur les programmes comme Word de Microsoft. La police Georgia, elle aussi inspiré de Times New Roman, est quand à elle très utilisée sur le net. Tous les documents diplomatiques américains sont en Times New Roman.


Transport, 1957-63

Transport

Auteurs: Jock Kinneir et Margaret Calvert

Histoire: La police Transport remplace les signes disparates et souvent illisibles sur les routes du pays. Elle a été commandée à Kinneir et Calvert par le Ministère du Transport, à la suite de l'ouverture de la première autoroute, la M1, construite en 1950. Kinneir et Calvert ont aussi créé la police Rail Alphabet, utilisée dans la majorité des gares du pays depuis 1965.

Caractéristiques: Transport a été conçue pour être extrêmement bien lisible en voiture bien sûr. Cette police a été créée après de nombreux tests, les designers devant convaincre les autorités entre autres du fait que les mots tout en majuscules n'étaient pas aussi lisibles que ceux en minuscules, même de loin (il est plus facile reconnaître la forme d'un mot en minuscule).

Transport-usages

Usages: C'est la seule police d'écriture autorisée sur les routes anglaises (il y une version spéciale pour les autoroutes, Motorway). Elle est utilisée sur les panneaux routiers de nombreux pays, de l'Islande à Hong Kong en passant par la Grèce et le Qatar. Elle apparaît aussi sur de nombreuses plaques de rue à Londres.

 

London 2012, 2010

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Auteurs: Gareth Hagues et Michael Ives

Histoire: La police spéciale Jeux Olympiques, créée même temps que le logo et l'identité visuelle par l'agence de design et de marketing Wolff Olins. En se différenciant des polices classiques britanniques comme la Gill Sans ou la Johnston, les designers ont pris des risques. Beaucoup de graphistes l'ont trouvée horrible (un peu par jalousie sans doute), criarde, et manquant de subtilité. Le grand public non plus n'a pas beaucoup apprécié. Mais une fois l'effet de choc passé, beaucoup s'accordent à dire que, ma fois, c'est pas mal quand même... En tout cas niveau branding c'est excellent car reconnaissable entre mille.

Caractéristiques: Son côté angulaire rappelle l'écriture grecque et les origines des JO, son côté penché symbolise l'énergie et le dynamisme, son côté écrit à la main renvoie au graffiti des villes contemporaines. La seule lettre non-penchée est le O, un clin d'oeil aux anneaux olympiques bien sûr.

London2012-usages

Usages: Tous les posters et les documents officiels des JO de Londres 2012.

 

 Et aussi...

Si la typographie vous intéresse, vous avez sans déjà vu l'excellent documentaire Helvetica, sur une des polices les plus utilisées au monde. Mais je vous recommande également la lecture de ce très drôle petit billet d'humeur, I'm Comic sans, asshole, dans lequel la police tant ridiculisée répond à ses critiques, et le très intéressant livre Just My Type, de Simon Roberts, sur l'histoire de la typographie et de nombreuses polices d'écriture.

Si vous êtes à Londres et que vous êtes un font geek, le Type Museum et St Bride, deux organisations dédiées au monde de l'imprimerie et du graphisme, organisent parfois des conférences ou des évènements. Par contre, leurs trésors ne sont pas accessibles au public pour le moment; un projet de musée de la typographie et de l'imprimerie est en préparation.

La maison d'édition Penguin publie une très belle série de classiques, Great Ideas, avec des couvertures laissant la part belle à la typographie. Ces petits livres sont tellement beaux qu'on pourrait les encadrer!


Ps

Tous ceux qui travaillent dans le monde de l'édition en Angleterre connaissent la phrase suivante: "The quick brown fox jumps over the lazy dog". Savez vous pourquoi? C'est un pangramme, une phrase contenant toutes les lettres de l'alphabet, et qui permet de voire quelle tête une police d'écriture a en un coup d'oeil. Et une fois qu'on a choisi son Caslon ou son Johnston, on peut ensuite placer un peu de lorem ipsum pour voire de quoi la page aurait l'air (puisque les journalistes ne sont pas foutus d'écrire leurs articles à temps...).

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jeudi 2 février 2012

Un peu de typographie...

UK fonts

D'habitude je m'intéresse plus au fond qu'à la forme, mais voilà, je me suis découverte un penchant pour les mystères de la typographie. Les polices d'écriture sont tellement présentes dans notre vie courante, des étiquettes sur les paquets de biscuits aux enseignes commerciales, que l'on a tendance à les oublier – sauf quand on s'apprête à écrire sur son ordinateur, et qu'on hésite entre Comic Sans (enfantine), Arial (passe-partout), Book Antigua (sérieuse) et Courier New (style machine à écrire/vieux fax, celle que j'ai choisi pour Londres Calling).

C'est quand même merveilleux, comme les différents styles de caractères et leurs tous petits détails ouvrent la porte d'un monde très particulier. De Claude Garamont à Roger Excoffon, les Français en ont inventés de très beaux (tout comme les Italiens, les Américains, les Allemands et les Suisses d'ailleurs)... Mais ici penchons-nous sur les plus belles majuscules et minuscules à être sorties des ateliers de typographie du Royaume-Uni... Elles font parties de l'identité visuelle du pays et méritent d'être (re)découvertes...


Caslon, 1734

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Auteur: William Caslon, ancien graveur de pistolet et découpeur de pièces pour les relieurs de livres, pionnier de la typographie en Angleterre.

Histoire: La première police d'écriture britannique, Caslon a brisé le monopole des polices hollandaises de Van Dyck et Voskens, très en vogue à Londres à l’époque. Caslon a passé plus de 14 ans à travailler sur cette police (et ses versions grecque, arabe, etc). Son travail a un succès immédiat, et Caslon est très vite utilisée dans tout l'empire britannique, sur de nombreux documents historiques.

Caractéristiques: De style baroque hollandais, avec des italiques rythmées et calligraphiques. Les lettres A, V et W sont très penchées; le très beau signe & montre clairement combien les fioritures et boucles plaisaient à Caslon.

Caslon-uses

Usages: La déclaration indépendance des États-Unis a été imprimée en Caslon; l’écrivain George Bernard Shaw voulait que ses oeuvres ne soit publiées qu’en Caslon. Pendant de nombreuses années, la plupart des imprimeurs et typographes avaient pour devise: ‘When in doubt, use Caslon.’ (Si tu hésite, utilise Caslon.)

 

Baskerville, 1757

Baskerville

Auteur: John Baskerville, un professeur d’écriture de Birmingham qui après avoir fait fortune dans les objets en laque s’intéressa au monde de l’imprimerie. Un personnage méticuleux, Baskerville aimait à contrôler tout le processus d’imprimerie, des presses, aux encres, aux papiers, pour s’assurer un résultat parfait – comme c’est le cas pour son chef d’oeuvre, une Holy Bible datant de 1763.

Histoire: La police d’écriture Baskerville a été conçue comme une amélioration de celle de Caslon; Baskerville la voulait plus lisible, plus cohérente, plus nette. Il augmente donc le contraste entre traits fins et gras, crée des sérifs plus effilés, et utilise des formes plus circulaires et des lettres plus régulières. Ses matrices furent rachetées par Beaumarchais (Le Mariage de Figaro), et plus tard utilisées pour imprimer de la propagande révolutionaire à Paris.

Caractéristiques: Située entre les vieilles Caslon et les modernes Bodoni, cette police se reconnait à ses longues tiges, ses sérifs très fins, et ses italiques inspirées du mouvement rococo. Son Q majuscule et son g minuscule sont des classiques de la typographie.

Baskerville-usages

Usages: Son air élégant et raffiné en fait une police souvent utilisée pour apporter du sérieux, de la dignité et de la tradition. Baskerville est aussi souvent utilisée pour imprimer des longs textes et des livres, comme ceux du Harvard University Press à partir de 1917. Aujourd'hui c'est l'une des polices disponibles pour lire des livres sur le iPad...

 

Fat faces, 1810

Fat Face 

Auteurs supposés: Robert Thorne du Fann Street Foundry et William Thorowgood

Histoire: Créée à l'ère de la révolution industrielle et de l'urbanisation massive, pour les panneaux publicitaires de Londres (c'est d'ailleurs la première police à avoir été dessinée spécifiquement pour des posters de pub), la Fat Face  est une police qui crie à plein poumon "regardez moi, regardez moi", puisqu'elle était en compétition avec tout les détails de la vie moderne et de la ville surpeuplée.

Caractéristiques: Très grasse, limite obèse, c'est une police très verticale et très imposante évidemment vu son nom: c'est une police du type 'fat face' (gros visage) qui s'appelle parfois éléphant...

Fatface-usages

Usages: Pratiquement sur tous les posters du 19ème en Angleterre, avec ses collègues les égyptiennes et les woodcuts (plutôt d'origines américaines), dans toutes les tailles possibles.

 

Clarendon, 1845

Clarendon

Auteur: Robert Besley de la Thorowgood Foundry (qui apparemment serait ensuite devenu maire de Londres)

Histoire: Au milieu du 19ème, les gens commencent à en avoir marre de se faire crier dessus. C'est à ce moment qu'apparaît Clarendon, qui apporte un peu d'ordre et beaucoup moins d'extravagances que les fat faces précédentes. Du coup, on peut aussi l'utiliser pour composer de plus longs textes, et pas seulement des posters. Elle tient son nom de la Clarendon Press d'Oxford.

Caractéristiques: Selon ses créateurs, la Clarendon possède des contours élégants, évitant le côté maladroit des polices aujourd'hui en vogue chez les imprimeurs, mais plus frappante que les caractères Romains ordinaires. La première police d'écriture à être patentée, la Clarendon fut très populaire et ensuite maintes fois copiée.

Clarendon-usages

Usages: Une de ses versions, la French Clarendon, était autrefois sur les posters "Wanted" du Grand Ouest américains et les posters de cirques. Aujourd'hui elle apparaît dans le logo de Sony, Starbucks, et du journal El Pais.

 

Suite au prochain numéro, avec les polices de la BBC, du métro, et des Penguin books...

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mercredi 25 janvier 2012

Terence Conran au Design Museum

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Difficile de trouver une personnalité qui a plus changé le mode de vie des Anglais que Terence Conran, le créateur d’Habitat. Ce designer et entrepreneur touche-à-tout – meubles, décoration d’intérieur mais aussi cuisine, édition, graphisme, architecture, restauration et hôtellerie – fête ses 80 ans avec une exposition consacrée à sa longue carrière au Design Museum de Londres, une institution qu’il a d'ailleurs fondée dans les années 1980s. ‘The Way We Live Now’ (Comment Nous Vivons Aujourd’hui) retrace donc le parcours de Conran, né en 1931 à Kingston-upon-Thames, ainsi que son influence sur la vie de tous les jours en Angleterre, ses inspirations, ou ses projets autour du monde.

J’ai beaucoup aimé visionner les films d’archives, ou l’on voit des magasins Habitat au décor ultra-moderne, qui pourraient avoir été ouverts aujourd’hui, contrastant fortement avec les habits très datés des vendeurs et les vieilles bagnoles qui passent devant la vitrine. On comprend tout de suite à quel point Conran était en avance par rapport aux modes de l’époque. D’ailleurs il a ouvert ses propres magasins car personne ne voulait vendre ses produits, jugés trop différents...

J’ai aussi été étonnée par ses tapisseries et textiles, créés dans les années 1950s, alors qu’il quitte la Central School of Arts & Crafts pour travailler pour le Festival of Britain, l’architecte Dennis Lennon,  et comme créateur de vitrines pour l’ancien grand magasin Simpson sur Picadilly.

Conran-fabrics

Conran ne s’arrête pas aux textiles: il commence à produire des meubles et ouvre son premier restaurant, le Soup Kitchen, inspiré par les restos européens. On y trouve la deuxième machine à café Gaggia de Londres – c’est donc en partie grâce à Conran que les Anglais commencent à apprécier leur coffee.

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Dans les Swinging 1960s, c’est l’explosion Habitat. Le premier magasin ouvre à Chelsea, avec les employés portant des uniformes créés par Mary Quant et des coupes de cheveux par Vidal Sassoon – le design devient chic et sexy. On y trouve des objets basés sur des formes simples et des matériaux naturels. Conran croit dur comme fer aux idées du Bauhaus et du mouvement Arts & Crafts: ‘a good design should be available to the whole community, not just to a few.’ (Le beau design devrait être accessible à tous, et pas juste à quelques élus).

Habitat

On y trouve des meubles sortis de l’usine de Conran, ainsi que des plus petits objets venus d’Europe, des carafes à vin, des paniers... Des choses simples, sans prétentions, qui vendent un lifestyle mélangeant le pratique et le romantique. Il distribue aussi de très beaux catalogues qui font rêver les classes moyennes anglaises, bien avant ceux d’Ikea (Conran aurait même inventé le meuble en kit avant les Suédois).

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Je ne m’étais pas rendue compte à quel point Conran avait aussi influencé les rues commerçantes anglaises – il a été derrière le succès de Heals, Next, British Home Stores and Mothercare (et apparemment, la ligne Habitat Basics connu un si grand succès au Japon que le grand magasin qui la vendait, Seibu, s’est empressé de créer sa propre version: Muji).

Mais son influence la plus surprenante à mes yeux c’est son travail dans la restauration. Ouvert en 1970, le Neal Street Restaurant, tenu par sa soeur Priscilla et son mari Antonio Carluccio, popularise la cuisine italienne. (Dans les années 1960s en Angleterre, il fallait aller à la pharmacie pour acheter de l’huile d’olive, utilisée pour déboucher les oreilles). Il ouvre ensuite toute une série de restaurants, les plus à la mode du pays, comme le Lutyens, le Bluebird café dans un ancien garage de la King’s Road, ou Quaglino’s, tellement cool que tous ces cendriers (Conran a créé des cendriers différents pour tous ses restos) se font voler par les clients qui veulent un souvenir de leur diner.

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Aujourd’hui, Habitat n’existe plus vraiment en Angleterre, mais vous pouvez toujours faire un tour au Design Museum (Conran vient d'aider le musée qu'il a fondé en finançant son déménagement vers un lieu plus grand, prévu pour 2014, voir les détails du projet ici) ; acheter des livres de cuisine, de jardinage ou d’architecture publiés par Conran Octopus; faire du shopping au Conran Shop (situé dans la Michelin House de Fulham, à côté du fameux Bibendum); manger au restaurant Skylon dans le Royal Festival Hall; ou se meubler avec ses designs abordables pour M&S

Conran

Et Conran n'a pas perdu la main: après avoir transformé le quartier de Shad Thames avec son musée, il a montré encore plus récemment ses talents de précurseur en ouvrant à Shoreditch, le Boundary, un hotel, restaurant, grill, café et épicerie avec 17 chambres au décor inspiré par des classiques du design. Cela va sans dire que c'est un grand succès; Shoreditch et sa Redchurch Street est devenu depuis le quartier le plus cool de la capitale.

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>  ‘The Way We Live Now’, £8, jusqu'au 4 mars 2012, Design Museum, 28 Shad Thames, London SE1 2YD (voir carte). Il a aussi un  café sympa et une superbe boutique...

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mercredi 9 novembre 2011

Les posters des JO

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JEUX OLYMPIQUES: J - 261

Il y a quelques jours ont été dévoilés les 12 posters officiels des Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres 2012. Créés par 12 artistes britanniques (6 hommes, 6 femmes), ils continuent le mouvement lancé par le logo de l'évènement en préférant pour la plupart l'abstrait au concret – et donc aux clichés. Contrairement aux posters d'antan (officiels, descriptifs, et représentant l'autorité centralisée des organisateurs), cette série est pleine de personnalité: en effet, les artistes ont été priés de créé un poster où leur style bien à eux serait instantanément reconnaissable, et qui célèbrerait les valeurs des JOs.

Le projet a été concu en partenariat avec les musées Tate. Leur directeur, Nicholas Serota, avait promis des posters plein de 'couleur, vitalité, énergie et diversité'. Mission accomplie à mon avis. Ce sont des posters d'art; sans l'indication au bas des oeuvres, impossible de dire avec certitude pour quel évènement ou ville ils ont été créés (c'est la première fois que c'est le cas). D'où des centaines de commentaires de britanniques fâchés qui ressortent l'argument typique de 'mon gamin de quatre ans pourrait faire mieux.' C'est clair, ils ne sont pas tous à mon goût, mais quand même. Quelle classe de souligner cette longue tradition olympique du poster d'art, de refuser les stéréotypes et de choisir l'art contemporain comme symbole de la ville et du pays.

Voici les 12 posters et leurs explications (cliquez sur l'image pour la voir en plus grand):

JEUX OLYMPIQUES

1. Martin Creed – Work No. 1273

MartinCreedMartin Creed est connu pour ses tableaux colorés et répétitifs, son oeuvre Work No. 227: the lights going on and off, une salle avec une lumière qui s'allume, puis s'éteint (avec laquelle il a gagné le Turner Prize);  et son Work No 850, pour laquelle il a fait courir des athlète dans la Tate Britain. Son poster est basé sur ses fameuses peintures de pyramides faites de blocs colorés. Cette fois-ci, elle est fait de cinq étages (pour les anneaux bien sûr). Ici la pyramide devient podium – avec de la place pour les quatrièmes et les cinquièmes... Ça me fait aussi penser à un gâteau de fête à étage qu'aiment tant les Brits.

 

 

 

 

 

 2. Anthea Hamilton – Divers

AntheaHamiltonAnthea Hamilton est beaucoup moins connue. Apparemment son truc c'est les installations et les sculptures, et ses thèmes de prédilections sont le corps (surtout féminin) et les prouesses physiques. Son poster représente la natation synchronisée, le seul sport olympique pratiqué uniquement par des femmes. Personnellement, je n'aime pas trop, surtout comparé au suivant ...

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Howard Hodgkin – Swimming

HowardHodgkinHoward Hodgkin a décidé de devenir artiste à l'âge de 5 ans. Un bon choix de carrière, puisque 74 ans plus tard, Hodgkin est devenu l'un des peintres britanniques les plus importants. Il est connu pour son style semi-abstrait, influencé par Matisse, et ses peintures représentant des émotions, des rencontres, des moments précis. Son nageur, tout en fluidité et gros coups de pinceaux, exprime à merveille le mouvement de l'eau et la sensation de nager.

 

 

 

 

 

 

 

 
4. Chris Ofili – For the Unknown Runner

ChrisOfiliChris Ofili s'est fait connaître avec des peintures colorées utilisant des crottes d'éléphants (!). Ça n'a pas l'air dit comme ça, mais c'est plutôt joli. Ses tableaux son inspirés par le folklore, l'ethnicité, ses origines nigériennes, ou l'île de Trinidad où il vit à présent. Son 'Coureur Inconnu', inspiré par les joggeurs qu'il voit passer devant chez lui, sprinte devant une foule anonyme, encadré par un vase, une référence claire au JO de l'Antiquité grecque... bof.

 

 

 

 

 

 

 


5. Bridget Riley – Rose Rose

BridgetRiley
Comme vous pouvez le constatez, Bridget Riley adore les rayures. C'est une des stars du courant Op art, qui joue sur les illusions d'optique et les effets visuels pour créer une énergie incroyable dans les tableaux. Son poster de rayures juxtapose des couleurs différentes  – celle des voies de natation, des pistes d'athlétisme – pour créer un sentiment de mouvement, et tenter de capturer ainsi l'énergie du sport et de la compétition.

 

 

 

 

 

 

 

 

6. Rachel Whiteread – LOndOn 2O12

RachelWhitereadLa sculptrice Rachel Whiteread a rempli la Tate Modern de cubes blancs géants et fabriqué une maison fantôme. Son travail se penche souvent sur le negative space, le vide laissé par les choses. Un thème évident dans son poster, fait d'empreintes de pots de peinture – ou de pintes de bière colorées, sifflées pour célébrer les JO? –  qui bien sûr représentent les anneaux des JO. Sans doute le plus accessible de tous les posters, le tout forme un joli motif qui j'espère va être utilisé pour décorer des souvenirs. Ça ferai un beau parapluie ces petits cercles...

 

 

 

 

 

 

 

JEUX PARALYMPIQUES

7. Fiona Banner – Superhuman Nude

FionaBannerFiona Banner utilise les mots comme matière première et s'intéresse au corps humain et aux nu artistique. Dans une de ses expos, un mur entier de la galerie était consacré à un long texte écrit en rose, une description écrite d'un film porno. Son poster représente le corps d'un athlète paralympique et ses capacités surhumaines; c'est l'athlète vu en super-héro, dépeint grâce à un poème en noir et blanc. Not my cup of tea.

 

 

 

 

 

 

 

 

8. Michael Craig-Martin – GO

MichaelCraigMartinOn trouve les dessins stylisés colorés de Michael Craig-Martin, peintre depuis les années 1960 et professeur de la plupart des Young British Artists, dans la station DLR de Woolwich, ou sur des façades de blocs résidentiels à Nice. Tous ont en commun de dépeindre des sujets de la vie quotidienne, comme des ampoules, chaises, montres ou parapluies. Son poster représente un chronomètre, et tente de représenter l'excitement et le sentiment d'anticipation avant une course.

 

 

 

 

 

 

 

 

9. Tracey Emin – Birds 2012

TraceyEminLe travail de l'artiste Tracey Emin est toujours très personnel, autobiographique et sentimental: ses oeuvres les plus connues sont ses couvertures en appliqués avec ses messages écrits à la main ou en patchwork, mais aussi ses dessins d'oiseaux fragiles. Ici, elle les utilise pour écrire une lettre d'amour à l'esprit des jeux paralympiques et aux athlètes.


 

 

 

 

 

 

 

10. Gary Hume – Capital

GaryHumeGary Hume s'est fait connaître en peignant des portes d'hôpital en taille réelle dans les années 1990s. Aujourd'hui il peint des tableaux avec des sujets simplifiés et en utilisant des peintures vives et brillantes, mais très peu de couleurs différentes ensemble. Son poster représente un joueur de tennis en chaise à roulette. La balle de tennis est le cercle noir, la chaise le cercle violet, et la raquette se cache dans le feuillage.

 

 

 

 

 

 

 

 

11. Sarah Morris – Big Ben 2012

SarahMorrisSarah Morris aime les symboles, les jeux de géométrie, les détails architecturaux et les pliages d'origami. On retrouve un peu de tout cela dans son poster, qui représente nul autre que Big Ben. Les couleurs vives et lignes claires représentant le cadrant de l'horloge font aussi penser aux signes délimitant les terrains de sport... Un manière originale de dépeindre un symbole de Londres.

 

 

 

 

 

 

 

 

12. Bob and Roberta Smith – LOVE

BobSmithBob and Roberta Smith est le pseudonyme de Patrick Brill, un artiste Londonien qui peint des slogans (J'aurai aimé pouvoir voter pour Barack Obama; Le directeur du musée d'art contemporain de New York est plus important que le premier ministre britannique; Créez votre propre art) écrits en caractères colorés uniques. Son poster résume les éléments principaux de l'expérience d'un athlète paralympique: courage, inspiration, amour, et sueur.

 

 

 

 

 

 

 



Les posters seront exposé à la Tate Britain à partir de janvier prochain. S'ils vous plaisent, vous pouvez les acheter sur le site de London 2012 (à moins que vous ne penchiez plutôt pour un poster Wenlock?). Ils coûtent £7, une fraction du prix moyen des tableaux de ces artistes.

Alors, lequel préférez vous? Lequel de ces posters irait le mieux dans votre hall d'entrée? Personnellement je penche pour les 3, 5 et 10, ou même peut-être le 1 – et vous? Ne me dites pas que vous n'en aimez aucun, et que vous préféreriez un poster Beijing 2008, Athens 2004, ou Sydney 2000?

 

PS qui n'a rien à voir:

Ce soir en rentrant du boulot j'ai croisé des camionnettes de police parquées dans tous les rues, des vans à chevaux ramenant leurs montures au berceaux, des policiers rangeant leur veste jaune fluo et leur bouclier de plexiglas. Par terre, il y avait du crottin de cheval et des signes abandonnés par les manifestants. Les étudiants protestant aujourd'hui contre la hausse des frais de scolarité et la privatisation de l'éducation universitaire se sont heurtés au total policing: plus de 4,000 policiers les attendaient. Contrairement à l'année dernière, pas de casse ni de grosses bagarres. Un succès? Personnellement, je trouve qu'un pays qui fait peur à ses jeunes en colère en les menaçant de tirer des balles en plastique, et un premier ministre qui dit qu'il ne critiquera pas la police si elle utilise ces balles sur les étudiants qui manifestaient , c'est plutôt une défaite.

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mercredi 5 octobre 2011

Information is Beautiful

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David McCandless est un journaliste Londonien spécialisé dans la présentation de données (en VO: a data journalist and information designer). Son truc, c'est de transformer tableaux excels incompréhensibles et page après page de chiffres déroutants en réalisations graphiques percutantes, qui permettent de comprendre en un coup d'oeil un sujet.

Ou comme il le dit lui-même, de visualiser l'information (faits, idées, sujets, statistiques, problèmes) avec le minimum de mots, dans le but de a) révéler la vérité et les connections cachées par trop de bla bla et b) faire un joli dessin. Un travail essentiel aujourd'hui, alors qu'on est bombardé d'informations comme jamais, et qu'il est de plus en plus difficile d'y voir clair.

J'ai vu pour la première fois son travail il y a quelques mois à l'expo High Society à la Wellcome Collection, où il y avait une de ses créations, un poster représentant toutes les sortes de drogues. Mais il a aussi un excellent blog, Information is Beautiful, et travaille beaucoup avec le Data Blog du Guardian, qui a la même optique.

Voici quelques uns des graphiques de McCandless. Les relations entre cafféine et calories:

buzzbulge_960

Voir en plus grand ici.

Si Twitter était 100 personnes:

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Ou la symbolique des différentes couleurs à travers le monde

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Voir en plus grand ici

Ou ces recettes de cocktails, et de remèdes contre la gueule de bois:

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Il a aussi travaillé, entre autres, sur un tableau comparatif des dépenses en milliards; les goûts et les saveurs; ou la censure internet en Chine. Certains sont vendus sous formes de posters ou de téléchargements haute-résolution sur son site.

McCandless est aussi l'auteur d'un livre, Information Is Beautiful, qui rassemble plus de 200 dessins. J'ai eu l'occasion de le feuilleter à la librairie de la Wellcome Collection, et effectivement, il est beautiful.

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mardi 6 septembre 2011

Falcon Enamelware

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Avec leurs bordures bleues et leur blanc étincelant, les plats en émail Falcon Enamelware sont de vrais classiques du design britannique. Cela fait depuis les années 1920 qu'ils sont produits à Sheffield, dans le nord de l'Angleterre (à présent c'est l'entreprise familiale Nimbus qui les fabrique). Leurs lignes épurées, leur côté rétro mais pas trop, et leur solidité font que l'on en retrouve dans presque toutes les cuisines du pays.

Falcon-Enamel

Ce nouveau site, magasin en ligne et packaging redonne un coup de jeune à ces vieux classiques, à présent disponibles en Bake et Pie sets (£55 pour set de cinq plats):

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Ces plats, tasses, boites et théières (qui vont au lave-vaisselle, dans les fours jusqu'à 270C et peuvent être utilisés sur les plaques électriques ou à gaz) se trouvent aussi pour quelques pounds chacun sur amazon, ainsi que dans les petits magasins genre pound shop que l'on trouve dans tous les quartiers et qui vendent toutes sortes de trucs (surtout en plastique) pour la maison...

Les pie dish sont parfait pour faire un blackberry and apple crumble, un dessert de saison, comme celui que je vous avais préparé l'année dernière (dans un Falcon dish, bien sûr!)...

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lundi 8 août 2011

Les red phone boxes

PhonePhonePhone


Cela fait depuis que j'ai commencé ce blog que je me dis qu'il faut absolument que je vous parle des red phone boxes,  symbole britannique par excellence. Si vous êtes venus à Londres en touristes, et que vous ne vous êtes pas pris en photo dans une de ces cabines... et bien il faut revenir tout de suite. C'est obligatoire.

La première telephone box, la K1 (elles ont toutes un K pour kiosk suivit d'un numéro) est apparue en 1920; elle avait des petites fioritures sur le dessus. C'est en 1924 que nait la star des phone boxes, la K2 de Sir Giles Gilbert Scott, l'architecte responsable de la Battersea Power Station (et le petit fils de l'architecte de St Pancras). Elle est d'un style classique, inspiré en partie par la tombe de l'architecte et collectioneur Sir John Soane. Comme elles coutaient cher, seules 1,500 de ces cabines K2 ont été installées, pour la plupart à Londres. Sa descendante la K6, plus petite et moins chère, est apparue en 1936 et s'est vite retrouvée sur tous les coins de rues du pays. Vous pouvez voir le prototype de Scott sous une arche de la Royal Academy of Art sur Picadilly à Londres.

À présent il y a plus de 63,000 boxes au Royaume-Uni – mais bien sûr il y a eu bien d'autres sortes de kiosks depuis le K6. Voici une jolie illustration des différentes cabines britanniques:

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Pour plus d'information sur les différents designs et leur histoire, visitez le très beau site Elettra.

Il y en a de toute sorte, et elles sont placées vraiment partout:

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Voir toutes ces images prises par Robert de Redphonebox.info sur Flickr

Et colonies britanniques aidant, on trouve des K6 tout autour du monde:

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Photo: Antigua, © Jeff R. Clow; freshphotographer.co.uk

Le problème évidemment, c'est qu'en 2011 tout le monde a un portable, et qu'elles sont donc de moins en moins utilisées  – à part à Soho, où elles servent de panneaux pour les cartes de prostituées. Ce qui est d'ailleurs l'idée de base derrière cette jolie installation de l'artiste Ben Long, Poubelle de Jour:

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Long a passé deux ans à ramasser plus de 500,000 flyers, à présent bien rangés dans une K6. Ce n'est pas le seul artiste à avoir été inspiré par la fameuse cabine de téléphone. David Mach a installé des K6 en domino à Kingston-upon-Thames:

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Photo: Eddie Keogh, Reuters

Et l'incontournable Banksy s'est pris très violemment à l'icone nationale à plusieurs reprises. Après l'avoir fait fondre, et sortir de terre, il l'a attaquée avec une pioche, la pauvre:

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Les cabines de téléphone peuvent être pratiques pour ceux qui ont des idées plus paisibles. Le millionnaire Stephen Fear, a lancé sa propre compagnie à 17 ans, depuis le K6 au bout de sa rue. Il y avait accroché un panneau "en panne", installé une chaise, et avait même convaincu une amie de prétendre être sa secrétaire. Le voici devant sa cabine:

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Bien sûr, s'il avait 17 ans aujourd'hui, il aurait son propre Blackberry. C'est à cause de cette évidence que British Telecoms cherche à se débarrasser de ses cabines téléphoniques. Sa campagne Adopt a phone box permet à des villes et villages de prendre en charge les K6 sur leur commune, et de les utiliser comme bon leur semble. Ce qui veut dire que certaines phones boxes britanniques ont été transformées en tout et n'importe quoi ces dernières années.

Par exemple, à Draughton, dans le North Yorkshire, les villageois se sont mobilisés après la fermeture de la seule épicerie/poste du village. Un épicier d'un village d'à côté livre lait, conserves, biscuit et journaux à la cabine chaque matin, et les 250 habitants viennent chercher ce qu'il leur faut et laissent de l'argent dans une caisse. Ils peuvent aussi payer par carte par téléphone s'ils passent commande de quelque chose en particulier.

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Photos: Ross Parry Agency

De Point en Cornouailles , à Westbury, Somerset, à Horsley, dans le Surrey, et dans beaucoup d'autre villes britanniques, on a transformé le K6 en petite bibliothèque publique, où les gens du quartier peuvent venir chercher de quoi bouquiner. À Toot Hill, Essex, la cabine est devenue l'office du tourisme du villlage. Selon BT, il y d'autres exemples de phone box transformées en galerie d'art. Certains sont même équipées de défibrillateurs grâce au Community Heartbeat Trust. D'autre encore sont à présent des bancomats.

Si vous voulez votre propre K6, plusieurs compagnies les réparent et les louent (Unicorn Kiosks; Remember When UK); d'autres vendent des copies (The Phoney Box) pour mettre dans votre jardin peut-être. Et on peut aussi les transformer en bar ou même en douche! Vous n'avez pas la place? Des autocollants comme celui là sont aussi disponibles. Pas de mur libre? Il faudra vous rabattre sur un porte-clés en vente dans tous les magasins de souvenirs de Londres.

PS Ce week-end à Tottenham (et à Enfield) dans le nord de Londres, ces pauvres cabines – et les magasins du coin – se sont fait incendier! Il y a eu des émeutes très graves, causée par la mort d'un des habitants, tué par la police (selon eux en self-defence). Des évènements qui se sont ensuite déclinés dans d'autres quartiers de Londres...

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lundi 30 mai 2011

London Calling, le poster

 

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Après les posters du UK gastronomique et de Londres en lettres, voici le London Calling de Nick Patchitt, un jeune designer basé à Brighton (d'ailleurs il a fait la même chose pour sa ville, mais en bleu, Brighton Rocks).

Ce joli rond rouge est composé d'un centaine de symboles de la capitale. Vous pouvez le voir en plus grand ici. On y retrouve du tout et du n'importe quoi, y compris des Banksy, des pigeons, un Mind de Gap, la tête de David Beckham et de Margaret Thatcher, Charlie Chaplin, des groupes de rock comme les Clash ou les Sex Pistols, une tasse de thé et même un éléphant (!?). Bref, un joli cadeau pour les amoureux de Londres.

Saurez-vous reconnaître toutes les icônes?

> Le poster coute £55 sur Nickprints.co.uk

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dimanche 22 mai 2011

Les bonshommes qui marchent

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En 2004, alors qu'il travaillait sur une carte des pistes cyclables dans le Hertfordshire, Stephen Wragg a eu une idée de génie. En regardant le bitume, cherchant les signes de vélo peints indiquant une 'cycle route', il s'est aperçu que les autorités s'étaient parfois inquiétées pour les piétons, et avaient indiqué clairement le trottoir à l'aide d'un petit bonhomme peint en blanc (comme on est au UK, je pense que c'est aussi pour s'éviter des procès en cas d'accident piéton/cycliste).

Et donc, en regardant par terre, il a vu apparaître une foule de petits bonhommes, tous différents:

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Comme un entomologiste, il s'est empressé de les épingler et de les ajouter à sa collection, en prenant des photos de l'environnement dans lequel le bonhomme se trouvait (ci-dessus) ou des portraits de haut (ci-dessous)... C'est vrai que la peinture épaisse blanche, où l'on voit parfois encore les coups de gros pinceau, sur le goudron noir ou coloré, cela fait de jolies images. Il s'est aperçu que les Walking Men étaient très variés:

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Car comme il l'explique sur son site, il n'y a pas de symbole officiel, juste des lignes directrices données par le département des transports. Voici à quoi les bonshommes devraient ressembler:

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C'est sûr que la plupart des peintres n'ont pas dû regarder ces schémas de très près... Mais est-ce vraiment important qu'ils soient uniformes? Qu'ils soient obèses ou bossus, qu'ils portent une grille d'égouts ou danse le twist, on les reconnaît bien.

Cela fait sept ans que Stephen parcoure le Royaume-Uni, et sa collection est pleine de perles rares. J'aime beaucoup ce fantôme de Leicester qui vient même avec du lierre, pour la touche gothique:

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Ou cet extra-terrestre de Manchester Airport (le peintre a sûrement fait une blague?):

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Ou encore celui-ci, qui je ne sais pas pourquoi me fait penser à Charlie Chaplin... A moins qu'il n'ait simplement la jambe dans le plâtre?

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Tous si uniques mais reconnaissables entre mille... Cela ne fait pas longtemps que ces Walking Men existent, peut-être une quinzaine d'années, et ils ne sont pas très utiles. Pourtant ils me rappellent deux grandes figures mystérieuses, que j'aimerais un jour aller voir: le Wilmington Long Man dans le East Sussex et le Cerne Abbas Giant dans le Dorset, qui datent tous deux du 17ème:

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En tout cas cette collection, comme le dit si bien Stephen Wragg, est un triomphe de non-conformité, un symbole de la dérégulation et de la sous-traitance, un signe subtil d'expression personnelle dans un paysage urbain normalement rempli de panneaux de signalisations identiques. Mais au contraire d'un graffiti, c'est un signe officiel qui nous aide à nous repérer face aux voitures... La collection de Walking Men est un documentaire, ainsi qu'une oeuvre d'art par elle-même.

'I am also aware that in recording them, and drawing attention to their diversity, our friends in the Highways department may well become self-conscious and insist on more rigorous standardisation. So we have to appreciate them while they last, before creativity and individualism is stamped out.' Je suis conscient qu'en les documentant, et en attirant l'attention sur leur diversité, nos amis du département du transport pourraient devenir mal à l'aise et insister sur une standardisation rigoureuse. Donc nous devons les apprécier tant qu'ils durent, avant que la créativité et l'individualisme soit effacés.'

Vous pouvez voir plus de bonshommes sur le site de Walking Men, où vous pouvez également envoyer vos spécimens pour que Stephen les ajoute à sa collection...

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samedi 14 mai 2011

Christopher Gray

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Coup de coeur aujourd'hui pour le travail de Christopher Gray, un jeune designer britannique qui s'est mis au défi de produire un poster différent par jour jusqu'à ce qu'il ait atteint les 100 exemplaires.

Keeping_the_grounds
Keeping the grounds

The_Dress_I_like_and_you_don_t
The Dress I like and you don't

Winter_logs
Winter logs

Seasons
Seasons

Ce site en présente beaucoup d'autres... J'aime beaucoup également cette carte de Manchester réalisée avec Modern Designers:

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Et cette petite animation sur le thème What came first, the chicken or the egg. Plus d'infos sur son site...

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