mercredi 8 février 2012

Rois et reines d'Angleterre

Rois

Un jour, sans raison particulière, j'ai acheté une règle en bois avec la liste des rois et reines anglais comme celle-ci (en vente dans beaucoup de musées ici, comme à la Tour de Londres par exemple). Cela fait des années qu'elle est sur mon bureau, mais je ne sais toujours pas qui est Stephen I ou à quoi ressemblait Edward III. Du coup je me suis dis, pourquoi ne pas retracer l'histoire des têtes couronnées anglaises pour en savoir un peu plus sur ces personnages historiques qui font suer tous les petits Anglais pendant les tests d'histoire-géo. Voici donc la première partie d'une longue, très longue série sur les rois et reines d'Angleterre. Et ceux au fond de la classe, on arrête de bavarder et on prend des notes! ;)


LES ANCIENS


Avant les rois d'Angleterre, il y a eu comme partout les Romains, de 43 à 450 avant JC. La province romaine s'appelait Britannia, et ses nombreux gouverneurs se sont frottés et piqués aux clans écossais, qui leur en ont fait voir de toutes les couleurs. Les Romains finissent par construire le fameux mur d'Hadrien avant de battre retraite à la fin de l'Empire. L'île est ensuite divisée en plusieurs royaumes anglo-saxons et celtiques, leurs rois portant des noms comme Aelthestan le Glorieux et Edmund le Magnifique, jusqu'à l'arrivée des Vikings, qui petit à petit prennent contrôle de la Grande-Bretagne. Au début du 11ème siècle, l'Angleterre fait partie de l'Empire de la Mer du Nord de Canute (Cnut) le Grand, avec le Danemark, la Norvège, et une partie de la Suède. Jusqu'à l'arrivée des Normands, avec lesquels la longue liste des rois anglais commence traditionnellement...

 

LES NORMANDS

 

roi

William I, the Conqueror (1066 – 1087)

Duc de Normandie, Guillaume le Bâtard est devenu Guillaume le Conquérant en vainquant le roi Harold à la bataille de Hasting grâce à ses troupes de soldats Normands, Bretons, Flamands et Parisiens – une invasion immortalisée par la Tapisserie de Bayeux. Il créa ensuite un état féodal centralisé et stable en Angleterre, ordonnant la construction de nombreux châteaux (dont la Tour de Londres), matant les rébellions anglo-saxonnes, et installant le français comme la langue officielle. Le tout en passant le plus clair de son temps dans sa Normandie natale.

 

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William II (1087 – 1100)

Connu pour son caractère bien trempé et ses guéguerres avec ses frères, le troisième fils de Guillaume le Conquérant avait soi-disant le visage rouge (d'ou son surnom, Guillaume le Roux). Les historiens du XVème ne l'aimaient pas beaucoup et en on fait un personnage peu flatteur. Difficile de les croire, puisqu'ils étaient du côté de l'Église, et que William II n'était pas connu pour sa piété ni sa morale, loin de là. Il meurt sans femme ni descendant, dans des circonstances mystérieuses, tué par la flèche d'un de ses amis, lors d'une partie de chasse dans la New Forest.

 

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Henry I (1100 – 1135)

Le petit frère de William II est connu sous les noms de Beauclerc (il savait lire le latin) et Lion de Justice (il a réformé le système judiciaire britannique, adoptant les traditions anglo-saxonnes). Sous son règne, une période de paix et de prospérité pour l'Angleterre, la cour et l'administration du pays deviennent plus efficace. Henry I a quand même le temps de se marier avec une princesse écossaise, Édith, cimentant ainsi les relations anglo-normandes, et de produire pas moins de 20 enfants illégitimes – un record pour un roi Anglais apparemment.


Stephen-1Stephen I (1135 – 1154)

Petit-fils de Guillaume le Conquérant, et neveu d'Henry I, né à Blois, Stephen (ou Étienne d'Angleterre) a passé son règne à se battre avec Matilda, fille de Henry I. Cette période de guerre civile est connue sous le nom de The Anarchy. Riche, pieux et très aimé, Stephen I fut un courtisan modèle mais un roi faible régnant sur un pays chaotique. La seule trace qu'il reste de son règne en Angleterre, ce sont les ruines de Furness Abbey en Cumbria, un monastère qu'il a fondé en 1123 et dont les arches de grès sont à présent un site touristique.




À suivre...

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lundi 6 février 2012

Les Thames Frost Fairs

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Thames Frost Fair, 1814

Brrrrrrr! It's freezing! On se les gèle en Angleterre, comme partout en Europe. Mais si vous pensez qu'il fait froid, imaginez un peu se que devaient subir nos aïeux, qui du 15ème au 19ème ont vécu une période véritablement glaciale, appelée par ici le Little Ice Age (en vf le petit âge glaciaire). Pendant ces siècles, durant lesquels les glaciers avançaient, l'Europe était sous la neige pendant de longs hivers, de grands champs de glace s'étendaient sur les côtes britanniques et françaises, bloquant les ports, et les rivières et lacs étaient gelés. C'est l'époque de Bruegel et ses paysages d'hiver, et du Révérend Patineur, l'un des plus célèbres tableaux écossais, peint par un certain Henry Raeburn dans les années 1790s...

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La Tamise gelée avec London Bridge et Southwark Cathedral à l'horizon, 1677

Mais surtout, c'est durant le Little Ice Age que la Tamise gèle. Apparemment, elle se serait transformée en patinoire géante plus de 24 fois, et souvent pendant des semaines. Et ce parce que les températures étaient très basses, mais aussi car la rivière était beaucoup plus large et moins profonde qu'aujourd'hui (l'Embankment n'avait pas encore été construit) et que le London Bridge médiéval était construit d'une série d'arches très rapprochées, qui gelaient et formaient un barrage très facilement.

Comme la glace était épaisse et durait longtemps, les gens utilisaient les surfaces gelées pour voyager (le roi Henry VIII est allé en traîneau de Londres à Greenwich en 1536), et y installer des festivals et fêtes foraines. La première Thames Frost Fair a eu lieu en 1608, et la plus grande en 1683-1684 (durant le Grand Gel de 1683, la Tamise était recouverte d'une couche de glace de 28 cm pendant deux mois).

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Les Londoniens descendaient sur la rivière gelée pour jouer aux boules, assister à des course de chevaux, des combats de taureaux, des pièces de théâtre et des spectacles de marionnettes, faire du traîneau, et faire du patin à glace bien sûr... On pouvait même y acheter des cartes postales de l'imprimeur Croom fabriquées sur la Tamise en souvenir. Bref un peu de répit et de fun pour oublier les dures réalité de l'hiver. Et certaines années, les festivaliers s'étaient à peine installés qu'ils devaient battre retraite avant que la glace de se brise sous leurs tentes.

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La dernière Thames Frost Fair eu lieu en février 1814, et dura quatre jours (un nouveau pont fut construit peu après et la rivière n'a plus gelé depuis). Apparemment, on a promené un éléphant sur la rivière, près de Blackfriars Bridge. Il y avait aussi de la musique, des jeux, et même des grandes balançoires sur la glace:

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The Frost Fair of 1814
, by Luke Clenell

Si vous vous promenez sur la South Bank, vous trouverez sous le pont de Southwark une série de plaques de l'artiste Richard Kindersley commémorant les Frost Fairs...

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jeudi 19 janvier 2012

Carte postale de... Blackpool, Lancashire

Blackpool

Je trouve un charme certain aux endroits visités hors saison. Sans touristes, sans fioritures, ces villes désertées sont presque plus intéressantes qu’en plein été. Voici une petite carte postale de Blackpool, une station balnéaire du nord de l’Angleterre, que j’ai découverte un jour de janvier...

 
Blackpool

Avec sa mini-Tour Eiffel, sa plage longue de 11km, ses parcs d’attractions et jeux d’arcades, grands huit et néons, bars gays, théâtres resplendissants, et illuminations d’automne, Blackpool c’est un peu le Las Vegas/Atlantic City de l’Angleterre... un mélange de glamour et de glauque, de paillettes et d'empaillés... Grâce à son ambiance si particulière et ses nuits de folies, Blackpool a quand même été élue station balnéaire préférée des Anglais (devant Brighton, Whitby, Bournemouth and Scarborough). Pas mal pour une ville qui reste quasi-inconnue en dehors du Royaume-Uni...

Où donc?

Blackpool est située dans le Lancashire, dans le nord-ouest de l’Angleterre. C’est une station balnéaire sur la mer d’Irlande, située environ 40km au nord de Liverpool et 60km au nord de Manchester (voir carte). Vous pouvez vous y rendre en train de London Euston avec Virgin Train. Cela met environ 3h, avec souvent un changement à Preston, et coûte environ £80 aller-retour (sauf s’y on s’y prend très en avance ou très en retard bien sûr).

Son histoire

Blackpool apparaît véritablement sur la carte du UK à la fin du 18ème siècle, lorsque la mode est aux bains de mer. Blackpool attire les riches Anglais du nord, qui y viennent dans les années 1780s, puis les classes populaires (les travailleurs des usines de textile du Lancashire), qui viennent y passer leur semaine de congé annuel (les usines ferment chacune une semaine différente, comme ça Blackpool marche tout l'été) à partir des années 1840s, grâce à la nouvelle ligne de train.

Vers la fin du 19ème, Blackpool est un seaside resort en plein boom, avec jetées, diseuses de bonne aventure, fish and chips, théâtres et donkey rides (promenades en ânes sur la plage). C’est aussi une ville électrique: en 1879, Blackpool devient la première municipalité au monde à avoir un éclairage public électrique, et en 1885 on installe sur sa promenade l’un des premiers tramways électriques.

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La promenade de Blackpool en 1898; un poster de 1910 par Wilton Williams; et un poster British Railways des années 1950s

Son heure de gloire survient entre 1900–1950, lorsque Blackpool devient la plus importante des destinations de vacances au Royaume-Uni (Selon des documents retrouvés après la guerre, Blackpool aurait échappé aux bombardements allemands car Hitler avait décidé d’en faire son lieu de villégiature une fois son  invasion du UK réalisée...) Blackpool passe de 8 millions de visiteurs dans les années 1920, à 17 millions dans les années 1950s, lorsque le photographe Bert Hardy prend cette photo devenue classique... les Blackpool Belles de 1951:

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Dans les années 1960s, la fermeture des usines textile et l’apparition des vols peu cher pour l’étranger font que Blackpool est délaissée par les touristes anglais qui lui préfèrent la Méditerrannée. Plus récemment, la ville a retrouvé un peu de son aplomb, en retapant la promenade du bord de mer, et rénovant la fameuse Blackpool tower. Une chapelle de mariage style Las Vegas a même ouvert ce mois-ci. Mais son charme un peu désuet reste intact, sa plage est toujours aussi belle, et sa réputation de party town très kitsch toujours d’actualité font que Blackpool est toujours appréciée par les Anglais pas snobs (environ 10 millions de visiteurs par an aujourd’hui) qui viennent y profiter de ses attractions pour une journée ou un weekend (beaucoup viennent pour des enterrements de vie de jeune fille ou de garçon)...

Qu'y faire?

Commencer par faire une balade au bord de la mer, sur la célèbre Promenade... en admirant les trams qui passent, et les sculptures modernes comme une boule disco géante et le Blackpool High Tide Organ, un orgue de mer...

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Vous pouvez regarder les mouettes sur la mer d'Irlande:

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Ou admirer les néons des magasins et attractions...

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Et puis ensuite grimper sur la Blackpool Tower évidemment! Elle fut construite en 1894, après que le maire de la ville, John Bickerstaffe, soit revenu enchanté par la Tour Eiffel qu’il avait découverte à la Grande Exposition de 1889. Elle fait 158m de haut et offre des vues magnifiques sur la région. Par temps clair, on voit jusqu’à l’île de Man, les montagnes écossaises et les collines du Lake District. Par mauvais temps, l’horizon s’étale à l’infini dans un camaïeu de gris et de blanc. Ceux qui n'ont pas le vertige pourront s'aventurer sur son plancher de verre...

Au bas de la tour se niche le Tower Circus, ouvert en 1894. Les plus grandes troupes de cirque ont joué dans cette salle qui se vante d’avoir une scène se transformant en bassin/piscine, et permettant des finales à coup de ballets aquatiques et de fontaines dansantes (il ne resterait plus que quatre salles de ce type dans le monde). Le bâtiment abrite également le Dungeon (où vous pouvez prendre l'ascenseur pour l'enfer), Jungle Jims, un parc d'aventure pour les enfants, ainsi qu'une magnifique salle de danse, le Tower Ballroom:

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Photo: Visit Lancashire

C'est ici que le célèbre Reginald Dixon jouait sur son orgue Wurlitzer des airs classiques comme 'Oh I do like to be beside the seaside' (ou voir une vidéo avec des vieilles cartes postales et la version du chanteur Mark Sheridan). Blackpool, c’est aussi la capitale du ballroom dancing (juste au cas où vous n'auriez jamais vu ça, c'est un peu Ken et Barbie vont au bal...), et la magnifique Tower Ballroom accueille de nombreuses compétitions et festivals (Blackpool Dance Festival). Y ont été tournés de nombreux épisodes de Strictly Come Dancing, une émission incroyablement populaire au UK...

Autres lieux d'entertainment magiques qui ont fait la réputation de Blackpool, la ville qui 'irradie le monde de plaisir': le Grand Theatre et les Winter Gardens qui comprennent six salles (Opera House, Pavilion Theatre, Empress Ballroom, Spanish Hall, Arena and Olympia) et quelques restaurants, et qui est en train d'être rénové...

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Il y a aussi trois différents piers (ou jetées) à Blackpool. Sur le North pier, vous trouverez une belle entrée,

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ainsi que des jeux d'arcades et des carousels...

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Sur le Central Pier, plus de jeux, des auto-tamponneuses et une grande roue. Et sur le South Pier, une fête foraine – l'Adrenaline Zone – avec trampoline géant et grand huit... Le South Pier est situé juste en face de l'autre grande attraction de Blackpool: le Pleasure Beach Blackpool, le parc d’amusement le plus visité du pays: 11 grands huit, dont le Big One, l'Avalanche et le Wild Mouse (Souris Sauvage!), l'un des trois seuls grands huit en bois au monde...

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Si vous aimez les néons qui brillent dans la nuit, faites un tour à Blackpool entre le 31 août – 4 novembre 2012. Chaque automne depuis 1879, la ville et surtout sa promenade du bord de mer s'illuminent avec des millions d'ampoules... cela s'appelle les Blackpool Illuminations. Un invité mystère (en 2010 c'était Robbie Williams) allume les lumières, dont l'électricité provient seulement de sources renouvelables (vent, hydro, déchetterie et biogaz).

Blackpool c'est aussi la capitale gay du Nord (Brighton est celle du sud) et il y a tout plein de radios, bars et hôtels gays – et ce depuis la deuxième guerre mondiale. Toutes les adresses de ces bars (comme Flying Handbag et Mardi Gras) sont sur le site Gayzout Network Blackpool...

Finalement, vous pouvez aussi vous promener à Stanley Park, où on peut faire du bateau sur le petit lac; ou visiter le Model Village, le Madame Tussaud's Waxworks, le Sandcastle Water Park (le plus grand parc aquatique du pays);  et le SeaLifeCentre aquarium. Et si le ballroom dancing ce n'est pas votre truc, il y a aussi le Rebellion Punk Rock Festival début août.

Où manger?

Il y a des fish & chips à tout les coins de rues, bon appétit! Le plus anciens et le plus réputé c'est The Cottage, dans la banlieue de Marton. Sinon n'oubliez pas de vous casser les dents sur de Blackpool rock, un bâton de sucre à la menthe avec Blackpool écrit tout en travers du bonbon. C'est un souvenir traditionnel, en vente à côté des chapeaux Kiss me quick dans tous les magasins de souvenirs tacky de la ville.

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Photo: Dusty Burrito, Flickriver

Apparemment, AJ Bistro sert des trucs british pas mal, et le Mandarin sur Clifton Street est un excellent chinois; il y aussi beaucoup de bon resto italiens très simples. Le meilleur glacier c'est Notarianni, cela fait plus de 70 ans qu'on y sert de délicieuses gelati et sundae. Et pour un brunch/lunch après une soirée au cabaret burlesque trans Funny Girls, essayez Toast – ils servent des english breakfasts.

Où dormir?

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Et pour dormir, la ville est remplie de petits B&B pas chers, mais pas tous aussi chics que le Number One (voir la liste complète ici). Les meilleurs hôtels de la ville seraient le Kenley Hotel ; le Arthington 5.0 of 5 starset le Edenfield Guest House... Le Guardian recommande aussi le Langtrys et les appartements The Beach House. Le plus vieux et le plus imposant des hôtels c'est le Imperial Hotel ouvert en 1867.

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samedi 10 décembre 2011

London, A Pilgrimage, de Gustave Doré

London

Au 19ème siècle, le plus célèbre des illustrateurs et graveurs européen était un Français, Gustave Doré. Un jeune artiste si doué que les maisons d'éditions britanniques, russes ou allemandes eurent vite fait de lui commander des centaines de dessins. À Londres, on lui demanda d'abord d'illustrer les écrits de Byron, ainsi que d'une bible en anglais. Celle-ci connu un énorme succès, qui permis à Doré d'avoir sa propre galerie d'art dans le centre de Londres. Mais surtout, son travail vint à l'attention d'un journaliste, Blanchard Jerrold, qui lui demanda en 1869 de travailler avec lui sur un portrait de la capitale.

Le contrat exigeait de Doré d'habiter à Londres trois mois par an, pendant cinq ans, pour travailler sur le projet – en échange, il reçu l'énorme somme de £10,000 par an. Le résultat est une série de 180 gravures, London: A Pilgrimage, publié en 1872. Un bestseller, il fut critiqué par de nombreuses personnalités pour sa représentation de la ville trop axée sur ses pauvres et ses taudis. Aujourd'hui, ce livre est considéré comme un de ses chefs-d'oeuvres, et c'est un véritable trésor pour les historiens comme pour les Londoniens. Il dresse un portrait de la capitale à un tournant de son histoire, en pleine industrialisation, avec une population passant du simple au double, alors qu'elle représentait le futur des villes du monde entier.

Certaines scènes sont dignes de l'enfer de Dante (également illustré par Doré), d'autres sont féeriques. Voici quelques unes de ces fameuses gravures, pour vous donner une idée. Tout d'abord, Big Ben, Westminster Bridge et une foule de bateaux à vapeurs sur la Tamise:

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Ou encore les premiers métros, avec une foule de travailleurs se pressant pour embarquer:

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London Bridge, vu de la rive sud, avec le Monument et la City à l'horizon:

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Le travail dans les docks de Londres (vous pouvez encore voir les entrepôts à Shad Thames ou Wapping):

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Ainsi qu'une fameuse illustration des maisons de briques en terrace typiquement anglaises:

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On trouve des portraits de travailleurs de rue, comme les vendeuses de lavande et de fleurs; un homme sandwich, une vendeuse d'oranges, et un vendeur de papier attrape-mouches:

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Les marins au travail à Greenwich:

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Le marché aux poissons de Billingsgate, et un joueur d'orgue de barbarie:

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Une rue marchande de Seven Dials, à Covent Garden, où il y avait déjà des vendeurs de chaussures:

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Deux vues de la cathédrale Saint Paul:

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L'intérieur d'un coffee house, les pubs de l'époque:

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Les rues pauvres du East End:

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Les riches au bal et au bord de l'eau

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Et encore et toujours, les rues bondées, les embouteillages et la foule, partout:

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> London, A Pilgrimage, par Blanchard Jerrold et Gustave Doré, réédité par Anthem en 2005.

Vous avez aimé Doré? Vous aimerez peut-être mon post sur Wolf Suschitzky...

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mercredi 30 novembre 2011

La grève générale

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Photo: la grève générale de 1926, DM

Les Anglais adorent se moquer des Frenchies qui font grève à tout bout de champ, mais aujourd'hui on va voir de quoi ils sont capables: presque 2 millions d'employés du secteur public sont en grève ce mercredi contre la réforme des pensions. La plupart des écoles ou des tribunaux seront fermés aujourd'hui, les hôpitaux fonctionneront au minimum et les opérations non essentielles sont annulées, les douanes d’aéroports aussi. Une grande manifestation partira de Lincoln’s Inn Fields à midi et se dirigera vers Victoria Embankment. Seul les pompiers sont encore en discussion avec le gouvernement.

Cette grève a lieu aujourd'hui car c'est le jour d'après le discours d'automne du ministre des finances Georges Osbourne, qui a confirmé un gel des salaires et la venue de plusieurs années très difficiles (Les experts prédisent tous une hausse du chômage et une baisse des dépenses des ménages pour l'année prochaine). La grève sera sans doute la plus importante depuis la General Strike de 1926. D’après un sondage récent, les grévistes ont le soutient de 61% de la population. Ils en auront besoin, et doivent vraiment être au bout du rouleau, car l’histoire des grèves britanniques est surtout faite de grandes défaites pour les travailleurs. Petit récapitulatif:


La bataille de George Square, 1919

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Les tanks sont de sorties à Saltmarket à Glasgow

Les mineurs écossais ne veulent pas travailler moins: lorsque le gouvernement décide de passer d’une semaine de 54h à une semaine de 40h (pour faire baisser le taux de chômage après la première guerre mondiale), les travailleurs se révoltent. Il y a émeute, l’armée intervient, et finalement tout le monde se met d’accord pour une semaine de 47h. La gauche gagne les élections suivantes.

Black Friday, 1921

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Des chalutiers bloqués au port de Milford pendant la grève de 1921

Les syndicats des travailleurs du rail et des transports abandonnent les mineurs et les dockers qui se battaient contre la baisse de leurs salaires. A cette époque, le charbon est encore un produit crucial utilisé comme chauffage et source d'énergie pour les locomotives etc. Seuls contre le gouvernement, les mineurs doivent attendre 1925 pour une subvention permettant de maintenir leurs salaires.

General strike, 1926

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Cette grève générale, contre la baisse des salaires et les conditions de travail des mineurs, a duré 9 jours. Malheureusement, ce fut un échec total. Beaucoup de grévistes ne retrouvèrent jamais de travail, et les mineurs toujours au charbon furent forcés d’accepter de travailler plus longtemps pour moins d’argent.

Industrial actions, 1970s


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Dans les années 1970s, plusieurs professions font grève séparément. Durant la Colour Strike, les techniciens de la chaîne télé ITV, refusent de diffuser en couleur pendant plusieurs mois pour protester contre leurs salaires. Ensuite c’est au tour des postiers puis des journalistes et imprimeurs de faire grève dans ce que l'on a appelé la Wapping Dispute (les nouvelles technologies mettant en cause les postes de beaucoup d’employés). Là encore, les grévistes ont perdu. À part beaucoup de violence et de nombreuses arrestations, la seule conséquence c'est de faire perdre à l'union des imprimeurs son contrôle sur l'industrie.

Winter of Discontent, 1977-1978

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Lorsque pour combattre l’inflation le gouvernement propose un gel des salaires, le secteur public et les syndicats se révoltent: les routiers arrêtent de travailler, les stations essence ferment, les magasins se vident, les poubelles restent dans la rue. Tout cela durant un hiver très froid. La faiblesse du gouvernement de gauche face à cette situation est l’un des principaux facteurs aidant l’élection de Margaret Thatcher.

UK Miners’ strike, 1984-1985

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Dans les années 1980s, comme partout en Europe, l’industrie du charbon était subventionnée par l’état en Angleterre. La plupart des mines étant déficitaires, le gouvernement décide de les fermer. L’un après l’autre, les pits ferment, et les mineurs se mettent en grève. Ils résistent pendant un an, durant lequel le gouvernement les fait crever de faim, en gros. Sans revenus, eux et leurs familles survivent grâce à des organisation caritatives et des subventions de la CEE. Le film et la comédie musicale Billy Elliott se déroule pendant cette période. Résultat: les mines furent fermées, et la grève se termina en une énorme victoire politique et idéologique pour Margaret Thatcher.

 

Aujourd’hui ce n’est plus les mineurs sans avenir, ou des professions mises en péril par de nouvelles technologies qui font grève, mais des profs, douaniers, infirmiers et juges. Une foule de gens symbolisant le ‘squeezed middle,' Cette expression, élue mot de l’année 2011 (voir la liste 2010), désigne les classes moyennes souffrant particulièrement du climat économique, des coupes budgétaires et gels de salaire. Voyons donc jusqu'à où on peut les squeezer.

Mise à jour: C'était effectivement la plus grande grève générale depuis 1926, comme l'explique cet article de la BBC. Il y avait plus de 30,000 grévistes manifestant à Londres. Et on en a entendu de belles: pour le premier ministre Cameron, c'était 'futile' et 'a damp squib' (un pétard mouillé). Le présentateur de Top Gear, Jeremy Clarkson, a dit des grévistes "I'd have them all shot. I would take them outside and execute them in front of their families." (Je les ferais tous tuer. Je les ferai sortir dehors et les exécuterai devant leur famille.) Dave Prentis, secrétaire général d'Unison, réplique: 'Whilst he is driving round in fast cars for a living, public sector workers are busy holding our society together - they save others' lives on a daily basis, they care for the sick, the vulnerable, the elderly. They wipe bottoms, noses, they help children to learn, and empty bins. They deserve all our thanks - certainly not the unbelievable level of abuse he threw at them' (Alors que lui gagne sa vie en conduisant des voitures de course, les travailleurs du secteur public sont occupés à maintenir l'union de notre société – ils sauvent des vies chaque jour, ils s'occupent des malades, des personnes vulnérables, des personnes agées. Ils torchent les derrières, les nez, ils aident les enfants à apprendre, et vides les poubelles. Ils méritent nos remerciements, et certainement pas ces incroyables insultes.')

Le secrétaire général du syndicat TUC a dit: 'Uniting so many people in such strong opposition to their pension plans should give the government pause for thought.' (L'union de tant de gens en un mouvement d'opposition si fort devrait donner à réfléchir au gouvernement.) Chris Hill, directeur d'école à Hounslow, explique que son équipe a fait grève pour la première fois. 'It's not a decision we take lightly but we have to take a stand.' (Ce n'est pas une décision que nous avons pris à la légère, mais nous devons prendre position.)

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jeudi 3 novembre 2011

The City of London

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L'histoire des campeurs devant la cathédrale Saint-Paul n'en finit pas. Après la démission de deux membres de l'église, opposés à leur hiérarchie, et de multiple péripéties,  l'Église et la City of London ont finalement décidés de ne pas poursuivre les campeurs en justice. Vont-ils pouvoir y rester ad infinitum, comme les amis de Brian Haw sur Parliament Square?

Un retournement de situation intéressant, puisque ça faisait presqu'une semaine qu'ils les menaçaient de les expulser (entre temps, les campeurs ont reçu un cadeau de Banksy, et la visite de célébrités comme Vivienne Westwood). La raison de ce volte-face: la bataille judiciaire durerait des mois, voir des années; et bien sûr quelle mauvaise presse pour l'Église... Église qui c'est mis du côté des manifestants, puisque l'archevêque de Canterbury, la plus haute autorité religieuse du pays, vient juste de demander la mise en place d'une Taxe Tobin, et que l'évêque de Londres dis entendre des sonnettes d'alarmes venant du monde entier, remettant en cause les liens entre finance, éthique et prospérité.'

La chose la plus intéressante à sortir de ce campement, c'est que les protestataires se sont unis derrière une cause claire,  et sont passés à l'attaque vendredi dernier en demandant une réforme de la City of London, selon eux le Vatican de la finance, un symbole de tout ce qui est pourri dans le capitalisme aujourd'hui – un coup de projecteur bienvenu à une organisation méconnue et surpuissante (lire l'article du Guardian). Certains ont déjà prévu de faire du bruit pendant le Lord Mayor's Show, le défilé annuel du maire de la City, qui sort son gros carrosse en or le 12 novembre prochain.

Alors, la City of London, qu'est ce que c'est?

 

Le plus petit quartier de Londres

La City of London est un des "arrondissements" de Londres. Il se trouve en plein coeur de la capitale (en rouge ci-dessous), puisque c'est ici que tout a commencé:

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Photo: L'Habitant

Ses frontières, basées sur celle du Londinium des Romains, n'ont pas changé depuis le Moyen-Âge. On l'appelle parfois le Square Mile, puisque le quartier fait un tout petit peu plus que 1 sq mi (2.90km2) de superficie. La City s'étend du pont de Blackfriars à la Tour de Londres, sur la rive nord de la Tamise, et comprend les stations de métro Saint Paul's, Barbican, Blackfriars, Moorgate, Mansion House, Bank, Cannon Street, Monument, Liverpoool Street, et Aldgate. Cliquez sur l'image ci-dessous pour voir ce territoire d'un peu plus près:

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Beaucoup de ses bâtiments historiques ont été détruit par les incendies et le Blitz. Mais c'est toujours un lieu chargé d'histoire, avec de nombreux monuments et lieux très intéressants: Saint Paul's, le Monument, la Bank of England, Smithfield Market, Leadenhall Market, le Guildhall (ma balade no1 le traverse dans l'axe nord-sud). Vous y trouverez aussi un excellent musée, le Museum of London, et centre culturel, le Barbican. Par contre, c'est une ville fantôme le week-end: presque personne n'y habite (moins de 10,000, la plupart dans le Barbican).

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Mais plus de 300,000 personnes y travaillent. Car la City est le plus grand centre d'affaire du monde, et ce depuis des siècles (le quartier d'affaire Canary Wharf, plus à l'Est, un concurrent apparu dans les années 1980, est tout jeune en comparaison). Elle produit plus de 2,5% du PNB du Royaume-Uni, contribue à 34% du marché des changes du monde entier, et accueille les sièges de 500 banques – beaucoup dans des gratte-ciels comme Tower 42 et le Gherkin.

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Photo: LondonSLR

Il est facile de savoir quand on rentre dans la City: il n'y plus de mur (le London Wall, dont on peut voir un bout près du Museum of London) depuis belle lurette, mais à la place un cercle de dragons aux armes du quartier, placés tout au long de ses frontières, à l'endroit où se trouvaient les sept portes de la ville. Un autre signe que l'on rentre dans la City, ce sont des chicanes sur la route, et des abris pour policiers. Ils font partie du Ring of Steel, un dispositif de sécurité créé à la suite des attentats de l'IRA au début des années 1990s.

 

Une organisation médiévale

Il n'y a pas que les frontières qui sont médiévales ici, mais tout le système de gouvernance de ce petit bout du UK. Il est sous la charge de la City of London Corporation, une organisation unique au Royaume-Uni, à laquelle appartient de nombreux bâtiments (Old Spitalfields Market) et parcs autour de la ville (comme Hampstead Heath ou Epping Forest) et même en Irlande du Nord.

À la tête de l’organisation est le Lord Mayor – un poste différent de celui Mayor de Londres, tenu en ce moment par Boris Johnson – qui règne sur une Court of Aldermen, composée de  conseillers représentant les 25 différents wards (circonscriptions) de la City, et une Court of Common Council. Il y a aussi des Sheriffs, au rôle quasi-judiciaire; la City a également sa propre police (le reste de Londres est protégé par la Metropolitan Police). La Corporation siège à Guildhall depuis le 12ème siècle:

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Pour devenir mayor, sheriff ou alderman, il faut être un freeman. Pour devenir freeman, il faut être approuvé par un alderman. Tout ces gens font partie d’une des centaines de Livery Companies, l’équivalent des anciennes guildes (communauté de métiers; corporations), de la guilde des fabricants de harnais, et de pipes à tabac, à celle des brodeurs – aujourd'hui, il y a même une guilde des informaticiens ou des management consultants (cf leurs armes ci-dessous). Tout ce beau monde se revêt de capes et de costumes bigarrés pour les nombreuses cérémonies qui ont lieu tout au long de l'année depuis des siècles et des siècles.

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On devient un freeman de père en fils sans doute (bizarrement, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de femme à Guildhall), ou à travers un réseau professionnel, ou bien en étudiant à une des écoles très réputées de la City. Il reste de nombreuses lois archaïques liées à la City, comme celle permettant à tout freeman de faire passer son troupeau de moutons sur London Bridge sans payer de péage, et de conduire un troupeau d'oies sur la rue Cheapside. Un freeman a aussi le droit de se marier à Saint Paul. Cela vous tente? Vous apprendrez comment postulez ici.

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Le système électoral de la City est unique: à part les 9,000 personnes qui y vivent, la plupart des électeurs (32,000 environ) sont des représentants des grandes banques et compagnies qui y ont un siège (plus ces banques ou assurances ont d’employés, plus elles ont d’électeurs – choisit par les PDGs). Et lorsque les aldermen ont élu le mayor, celui-ci doit contribuer avec sa fortune personnelle aux dépenses liées à sa fonction. Le mayor cette année s’appelle Michael Bear. Il est aussi dirigeant du groupe Spitalfield Development Group – le même qui a été chargé de la reconstruction (très critiquée) du marché du même nom. Coïncidence hallucinante: ce marché appartient à la City. Le monde est petit!

Bref tout ça est un club très très très fermé de gens fortunés; une véritable capsule à remonter dans le temps, car la City est la seule ville du pays à avoir échappé aux réformes municipales de 1835. Ah oui et c'est une organisation médiévale, mais avec un compte  twitter, faut pas exagérer.

 

Un pouvoir sans pareil

Toutes ces traditions médiévales sont très sympas, mais ce que reprochent les manifestants à la City, c'est d'être à la fois unaccountable (elle ne doit pas rendre de compte à personne), et surpuissante. Depuis la conquête normande, de par son importance pour l'économie, la City a reçu toutes sortes de privilèges. En voici deux pris au hasard:
1) la City n'est pas sujette à la Freedom of Information law, qui permet à tout citoyen britannique d'accéder à toute sorte d'information sur leur gouvernement et ses diverses organisations, facilement et gratuitement.
2) Son maire a le droit de refuser l'entrée dans la City à la Reine et au Parlement.

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Plus important encore: le pouvoir politique de la City: son lobbyist, le Remenbrancer, s'assoit en face (où d'autre?) du président de la chambre des communes. Il est chargé de défendre les intérêts de la City – et donc des banques et autres compagnies qui en font partie. Et son pouvoir économique bien sûr: un pactole d'environ 3 milliard, amassé au cours de 8 siècles. Avec autant d'argent brassé dans le coin, ce n'est pas étonnant que les parcs, parterres de fleurs et espaces publiques de la City soient toujours élégants et propres sur eux, et que ses musées et salles de spectacles soient magnifiques.

C'est donc un des lobbies les plus puissants et les plus dangereux du monde. Et cela enrage de nombreux politiciens depuis très longtemps: l'ancien premier ministre Clement Attlee disait déja: La City of London, un terme pratique pour une collection d'intérêts financiers, est capable de s'imposer contre le gouvernement. Ceux qui contrôlent l'argent peuvent poursuivre des politiques, dans le pays et à l'étranger, qui sont contraires à ce qui a été décidé par le peuple'.

Ses lois secrètes ont également mis la City dans le collimateur d'Éva Joly: 'La City of London est un état dans l'état qui n'a jamais transmis le moindre bout de preuve utilisable à un magistrat étranger. Selon Nicholas Shaxon, l'auteur du livre Treasure Isands, les lois de la City et son influence énorme protègent les gros poissons et en font l'un des plus grands paradis fiscaux au monde, et la capitale du blanchiment d'argent. Le dernier post sur son blog explique très bien les enjeux.

Je termine avec deux images des slogans des manifestants devant Saint Paul: "Nous nous excusons du dérangement pendant des travaux essentiels d'amélioration globale" et "Ne doutez jamais du fait qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés peut changer le monde. En effet, c'est la seule chose qui l'a jamais fait changer."

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Photograph: Andrew Winning/Reuters

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Photograph: Kirsty Wigglesworth/AP

Je leur souhaite bonne chance, et en attendant j'espère que ce long message vous a intéressé (en même temps si vous lisez la dernière ligne on peut dire que oui hein!)

PS Il y a même un jeu de société City of London!

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dimanche 30 octobre 2011

Highgate Cemetery

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Avis à tous les amoureux de croix celtiques et de feuillages sauvages; aux amateurs de romans gothiques et de lieux uniques; à ceux qui aiment à se promener tranquillement en se souvenant des belles choses: ne manquez pas de faire un petit tour au Highgate Cemetary de Londres.

 Ce Père Lachaise Londonien, ouvert en 1839, fait partie d’un grand projet de la ville remplaçant les petits cimetières du centre, tous pleins à craquer (la population de Londres a doublé pendant la première moitié du 19ème) par sept cimetières modernes: Kensal Green, West Norwood, Highgate, Abney Park, Nunhead, Brompton et Tower Hamlets (tout plein d'images par ici). Aujourd’hui connus sous le nom de Magnificent Seven, ces cimetières sont pour des lieux classés et même des réserves naturelles.

Highgate est le plus célèbre – et sans doute le plus beau – d’entre eux. Situé sur une colline du nord de Londres, près du joli Waterlow Park, il est composé de deux parties, East et West, de chaque côté de Swains Lane. Il y a environ 170,000 personnes enterrées ici, dans plus de 53,000 tombes et tombeaux.

Si vous avez le temps, je vous conseille de visiter le West Cemetery (visite guidée uniquement, pour protéger la faune et la flore du parc), un lieu absolument magique. La porte d’entrée est grandiose; le Circle of Lebanon, un cercle de tombeaux familiaux surplombé d’un cèdre du Liban géant, et le Egyptian Avenue, avec ses arches monumentale et ses colonnes égyptiennes (les Victoriens étaient passionnés par l’Égypte ancienne et ses trésors), sont vraiment magnifiques.

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Le cimetière abrite des centaines d'obelisques et d'anges, ainsi que 50 espèces d’oiseaux, 18 sortes de papillons et des familles de renards. Mais son animal le plus connu, c’est Nero le lion, qui se repose éternellement sur la tombe de son maître, George Wombell, propriétaire de la plus grande ménagerie de cirque au début du 19ème siècle. (La tombe la plus haute et la plus chère est celle du banquier Julius Beer, qui a coûté plus de £2 millions.)

Sinon, vous pouvez faire un tour dans le East Cemetery, un endroit tout aussi enchanté mais moins escarpé et accessible sans guide. Vous y trouverez le même écran de verdure, la même atmosphère mystérieuse et le même fouilli de pierres tombales de travers:

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Ainsi que de grandes allées:

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Il y a des tombes avec des épitaphes écrit en anglais bien sûr, mais aussi chinois, arabe ou polonais – la capitale est cosmopolite jusque dans ses cimetières. Certaines sont fraîchement fleuries, d'autres abandonnées depuis des décennies. Simplement se promener et tenter d'imaginer ces milliers de vies vécues à Londres, à des périodes si différentes, à l'aide d'un prénom, de dates de naissance et de mort, d'un violon de pierre, d'une frise de bâteaux, de vers (And with the morn those angel faces smile; Et qu'avec ce matin sourient ces visages angéliques) ou de détails touchants (une tête de chien accompagnée d'un Her faithful dog, Emperor).

Un lieu chargé d'histoires.

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C’est aussi là où sont enterrés toutes sortes de célébrités (la tombe la plus imposante est celle de Karl Marx, bien sûr, avec son épitaphe Workers of all lands, Unite; Travailleurs de tous pays, unissez-vous), du peintre Patrick Caulfield à l’écrivain Douglas Adams et la sculptrice Anna Mahler, et d’illustres inconnus comme Jim Stanford, l'un des fondateurs de la maison d'édition Penguin:

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(Vous pouvez acheter une carte à l'entrée avec les points d'intérêt du cimetière.)

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Ce n’est pas une attraction touristique mais un cimetière qui est encore utilisé aujourd’hui, avec plusieurs enterrements chaque semaine. Les Amis de Highgate, l’association qui gère le lieu, vous demandent donc d’y aller habillés correctement et de faire votre visite dans le plus grand respect.

West Cemetery Visite guidée les jours de semaine, à 13h45, il faut réserver en téléphonant au 44.20 8340 1834 (maximum 4 personnes par réservation; £7 adultes, £5 étudiants; payement en espèces). Le week-end, les tours sont organisés chaque heure de 11h à 15h30, pas de réservation nécessaire, c’est premier arrivé premier servi.

East Cemetery Ouvert les jours de semaine de 10h à 16h (dernière entrée 15h30); le weekend à partir de 11h (£3 adultes; £2 étudiants; payements en espèces).

> Highgate Cemetery, Swains Lane, Métro Archway (voir carte). Si vous passez par le sud du East Cemetery, jettez un coup d'oeil à Holly Village, un groupe de cottages incroyable au coin de Chester Road et Swain Lane; un des meilleurs example d'architecture gothique résidentielle du pays. Vous pouvez remonter sur Highgate Hill par le charmant Waterlow Park, et allez boire un verre au Angel Inn avant de reprendre le bus.

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lundi 24 octobre 2011

Halloween

Navets

Vous pensez peut-être qu’Halloween est une invention de ces Américains malins, près à tout pour vendre des bonbons? Ou un plan des Chinois pour vous faire acheter des citrouilles en plastique? En tout cas, le marketing marche d'enfer et Halloween n'est pas moribonde: c'est la troisième fête la plus importante pour les commerçants (après Noël et Pâques) et cette année les Brits vont dépenser plus de £315m en citrouilles, costumes de sorcière, bonbons et fausses toiles d'araignée.

Je mettrais ma main à couper que votre prof d'anglais vous avait fait un cours spécial Halloween avant les vacances de la Toussaint; mais juste au cas ou vous ne vous en rappeleriez pas – voici la petite histoire d'Halloween et de ses origines dans la nuit des temps.

Arrivée aux États-Unis avec les us et coutumes des immigrants d’origine irlandaise, galloise ou écossaise, Halloween est une fête très très très très ancienne. D’origine celtique, elle fut d’abord connue sous le nom de Samhain; un calendrier trouvé en France et datant du 1er siècle après J-C la mentionnait déjà.

Ce festival était l’un des deux plus importants de l’année pour les Celtes, qui vénéraient tout particulièrement le pouvoir de la nuit et de l’obscurité (forcément, quand on s’éclaire au feu de bois) et pour qui l’automne marquait le commencement d’un nouveau cycle. Le moment où Mère Nature battait retraite dans l’Outremonde, afin de se ressourcer et de réapparaître comme neuve au printemps. Samhain était un festival miroir de celui de Bealtaine (1er mai): par exemple, on allumait les feux sacrés à l’aube pendant le premier, à l’aurore pendant l’autre.

À partir du 9ème et 10ème siècles, sous l’influence de l’église – le pape Grégory III a décidé que le 1er novembre était la date à laquelle on se devait d'honorer les saints et les martyrs –  Samhain a été amalgamée à All Hallows et All Saints (la Toussaint; l'église a construit son empire en incorporant des anciens festivals païens à son nouveau calendrier). La fête est devenue All Hallows' Eve, le Soir de tous les Saints. Au moyen-âge, elle était aussi connue sous le nom de Hallowmas, comme Christmas...

Que reste-t-il de cet ancien festival, que l'on fête toujours les 31 octobre aujourd’hui? Eh bien en fait, pas mal de choses… Voici les coutumes les plus connues et leurs origines:

La nourriture

Certains avaient pour coutume de laisser de la nourriture de côté pour les morts (un peu comme on le fait toujours pour le Père Noël...), préparant des gâteaux spéciaux pour leurs ancêtres (comme les boued an Anaon en Bretagne). Aujourd’hui en Irlande, on prépare toujours le barmbrack, un petit pain aux raisins, pour Halloween. On mange aussi des toffee apples (pommes d'amour), bien que celles ci soient de plus en plus remplacées par des bonbons. Et bien sûr, à présent tout le monde mange des gâteaux en forme de petits fantômes et des punchs couleur rouge sang (cf ces recettes de la BBC).

Les citrouilles

Au Royaume-Uni, on sculptait des navets et des rutabagas pour en faire des lanternes (ce qui explique mon dessin ci-dessus. Non, ce ne sont pas des citrouilles violettes et décolorées). On les laissait devant la porte de la maison pour empêcher les mauvais esprits d'entrer. L'influence des États-Unis, où il y a tout plein de citrouilles, se faisant sentir, et les pauvres navets se retrouvent un peu mis de côté, même en Irlande et en Écosse. Leur nom, Jack'o'Lantern, vient à l'origine des feux follets que l'on trouvait dans les marécages du UK et de la légende de Jack, un forgeron irlandais.

Trick or treat

Aujourd'hui, les enfants demandent des bonbons à leurs voisins. À l'origine, il y a la tradition du cennad y meirw (embassy of the dead; l’ambassade des morts) comme on disait au Pays de Galles. Pendant que les riches organisaient des festins pour Halloween, les pauvres jouaient le rôle des ancêtres de la communauté, en se masquant et en allant de porte à porte recevoir des offrandes au nom de ces morts. Il était obligatoire de les nourrir sous peine de punition – comme par exemple la destruction de leurs biens ou des coups de bâtons.

Déguisements

Tout festival ou carnaval est une pause dans l'ordre strict des choses, un moment d'anarchie dans une société, et Halloween n'y fait pas exception. En plus du fait que les pauvres se déguisaient en morts vivants, les jeunes avaient le droit de se moquer des vieux ou des riches, et les hommes de se déguiser en femmes. Au Pays de Galles, certains jeunes hommes se revêtaient de robes et faisaient les pitres à travers le pays. On les surnommaient les sorcières... Aujourd'hui, c'est le déguisement préféré des petites filles. En Écosse, on appelle cette tradition "going guising". Cette année, le costume Angry Bird semble être le favori...

Jeux

Le jeu le plus connu associé avec Halloween est le “apple bobbing”. On place des pommes dans une bassine remplie d'eau, et les participants doivent attraper les pommes avec leurs dents – c'est plus difficile que ça en a l'air... On utilise des pommes, symbole de l'automne, et l'idée à l'origine était de reproduire certain des obstacles rencontrés par les morts lors de leurs voyages vers l'Outremonde.

Et aussi...

Si vous voulez participer à ce festival ancien à Londres, voici deux listes des évènements par Time Out et Londonist. Et voici la liste des magasins de déguisements de Time Out. Et si vous habitez dans un quartier résidentiel de la capitale, faite un stock de bonbons sous peine de décevoir les petits fantômes et monstres trop mignons qui viendront sans faute frapper à votre porte...

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vendredi 7 octobre 2011

Who do you think you are?

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Who do you think you are? (Pour qui tu te prends?)  n'est pas seulement une chanson des Spice Girls... mais aussi une émission de télé superbe qui explore le deuxième sens de cette expression, qui veut également dire: Qui penses-tu être? En fait, c'est une émission qui sous couvert d'explorer la généalogie de célébrités britanniques, donne aux téléspectateurs une belle leçon d'histoire. En retraçant le parcours de tel ou tel ancêtre, on retrouve grâce à des images d'archives, des interviews et des photos un vrai sens du passé – pas celui des livres d'histoires, des rois et des reines, mais bien celui de la vie de tous les jours.

Depuis 2006, Who Do You Think You Are? a permis de retracer les pas des ancêtres de personnalités comme la cuisinière Nigella Lawson, le présentateur télé Jeremy Clarkson, l'actrice Kim Cattrall ou la réalisatrice Gurinder Chadha. Peu importe si vous les connaissez ou non, ils ne sont qu'un prétexte pour découvrir comme les gens vivaient autrefois. Il s'agit aussi de révéler des secrets de familles ou simplement de transmettre des histoires qui se sont perdues avec le temps: certains se découvrent des origines Indiennes, d'autres des demi-frères cachés, d'autres retracent l'enfance de leur grand-mère dans les Caraïbes.

On y découvre aussi que nous sommes tous ou presque des enfants de voyageurs et d'immigrants – le maire de Londres par exemple, Boris Johnson, est l'archétype du gentleman posh anglais. Pourtant, il est d'origine turque et française... Quant à JK Rowling, l'auteure de Harry Potter, elle est française - et même Alsacienne. L'épisode qui lui est consacré (ainsi que ceux de la dernière série) est disponible sur le site de la BBC pendant encore quelques jours, et je vous le conseille vivement. Il vous emmènera du restaurant du Savoy à Londres au siège de Strasbourg, en passant par une chambre de bonne à Paris.

Pas étonnant que l'émission attire plus de 6 millions de téléspectateurs par épisode, et que son concept ait été acheté par des télés norvégienne, australienne, et sud africaine. Elle mériterait vraiment d'être adaptée en France...

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vendredi 3 juin 2011

Appleby Horse Fair

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Photo: John Gravett

Aujourd'hui au lieu d'être au bureau devant mon écran, j'irai bien à la campagne... À Appleby en Cumbria par exemple, où ce weekend a lieu le Appleby Horse Fair (2-8 juin), une foire aux chevaux organisée par la communauté des Travellers du UK (les mêmes qui fêtent des Big Fat Gipsy Weddings). C’est un peu comme les Saintes Maries de la Mer, sauf qu'ici ils vénèrent les chevaux. Une occasion pour les Travellers de se retrouver, et de retrouver aussi la route (certains voyagent depuis début mai pour se rendre à Appleby) alors qu’ils sont le plus souvent devenus quasi-sédentaires, des Voyageurs qui ne voyagent plus.

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Cette année plus de 50,000 visiteurs sont attendus à Appleby pour cet évènement, qui a lieu depuis sans doute le 13ème siècle (et fut légalisé par James II en 1685). Un millier de mobile homes et une centaine de caravanes en bois tirées par des chevaux camperont pour une semaine dans le champ de Fair Hill, juste en dehors de la ville. Les Travellers viennent de partout dans le UK, de l’Écosse comme de l’Irlande, et amènent avec eux chiens, chevaux, vaches, poules et cochons…

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Photos: Steve Frank & AllyBeag

Leur but: retrouver leurs amis et leurs familles, célébrer leur culture si souvent critiquée, vendre et acheter des chevaux, et faire la fête bien sûr. On peut s’y faire lire la paume des mains par des palm-readers, et se faire tirer les cartes par des fortunes tellers. On y vend des produits liés à l’équitation, et aussi des bibelots kitsch et la vaisselle Crown Derby en rouge, bleu et doré très populaire dans cette communauté.

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Photo: RaffaeleCass

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Photo: Emu Imaging

Pendant la Fair, on trouve des chevaux partout, accrochés devant les hôtels et les magasins. Beaucoup se baignent également dans la rivière, où les jeunes lavent leur monture avant d'aller faire la course.

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Photo: PhilWilson

Pour vous donner une idée de l'ambiance, regardez cette vidéo (sans le son si vous n'aimez pas le violon) ou ce diaporama de très belles photos (comme celles ci-dessous) avec des explications d'un Traveller.

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Photo: Steve Franck

Les filles sur leur trente-et-un:

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Photo: Steve Franck

Et un petit gars tout fier:

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Photo: Steve Franck

Vous trouverez plus de photos sur Flickr .

En tout cas c'est sûr que ce monsieur qui se promène partout avec son cheval (il voulait même lui faire prendre le train) y sera la bienvenue, à Appleby!

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