Les Thames Frost Fairs

Thames Frost Fair, 1814
Brrrrrrr! It's freezing! On se les gèle en Angleterre, comme partout en Europe. Mais si vous pensez qu'il fait froid, imaginez un peu se que devaient subir nos aïeux, qui du 15ème au 19ème ont vécu une période véritablement glaciale, appelée par ici le Little Ice Age (en vf le petit âge glaciaire). Pendant ces siècles, durant lesquels les glaciers avançaient, l'Europe était sous la neige pendant de longs hivers, de grands champs de glace s'étendaient sur les côtes britanniques et françaises, bloquant les ports, et les rivières et lacs étaient gelés. C'est l'époque de Bruegel et ses paysages d'hiver, et du Révérend Patineur, l'un des plus célèbres tableaux écossais, peint par un certain Henry Raeburn dans les années 1790s...


La Tamise gelée avec London Bridge et Southwark Cathedral à l'horizon, 1677
Mais surtout, c'est durant le Little Ice Age que la Tamise gèle. Apparemment, elle se serait transformée en patinoire géante plus de 24 fois, et souvent pendant des semaines. Et ce parce que les températures étaient très basses, mais aussi car la rivière était beaucoup plus large et moins profonde qu'aujourd'hui (l'Embankment n'avait pas encore été construit) et que le London Bridge médiéval était construit d'une série d'arches très rapprochées, qui gelaient et formaient un barrage très facilement.
Comme la glace était épaisse et durait longtemps, les gens utilisaient les surfaces gelées pour voyager (le roi Henry VIII est allé en traîneau de Londres à Greenwich en 1536), et y installer des festivals et fêtes foraines. La première Thames Frost Fair a eu lieu en 1608, et la plus grande en 1683-1684 (durant le Grand Gel de 1683, la Tamise était recouverte d'une couche de glace de 28 cm pendant deux mois).


Les Londoniens descendaient sur la rivière gelée pour jouer aux boules, assister à des course de chevaux, des combats de taureaux, des pièces de théâtre et des spectacles de marionnettes, faire du traîneau, et faire du patin à glace bien sûr... On pouvait même y acheter des cartes postales de l'imprimeur Croom fabriquées sur la Tamise en souvenir. Bref un peu de répit et de fun pour oublier les dures réalité de l'hiver. Et certaines années, les festivaliers s'étaient à peine installés qu'ils devaient battre retraite avant que la glace de se brise sous leurs tentes.

La dernière Thames Frost Fair eu lieu en février 1814, et dura quatre jours (un nouveau pont fut construit peu après et la rivière n'a plus gelé depuis). Apparemment, on a promené un éléphant sur la rivière, près de Blackfriars Bridge. Il y avait aussi de la musique, des jeux, et même des grandes balançoires sur la glace:

The Frost Fair of 1814, by Luke Clenell
Si vous vous promenez sur la South Bank, vous trouverez sous le pont de Southwark une série de plaques de l'artiste Richard Kindersley commémorant les Frost Fairs...
The Londoners, de Tyla Arabas

Peut-être n'êtes vous jamais allé à Londres, et vous demandez à quoi donc ressemblent les habitants de la capitale britannique? Aujourd'hui je voudrais vous faire découvrir le blog de la très douée photographe Tyla Arabas, qui se promène souvent aux alentours de Colombia Road et Spitalfield dans l'est de Londres pour tirer le portrait des habitants de ce quartier.
Elle fait ça depuis quelques années, et a collectionné sur son blog, The Londoners, une belle brochette de personnalités. Faites un saut sur son blog pour en apprendre plus sur ces personnages, d'où ils viennent, et ce qui les fait sourire. Et voici quelques exemples de son travail.







Si son travail vous plait, vous pouvez l'engager pour vous tirer le portrait...
ou aller voir d'autres de ses projets sur flickr...
Les Black cab sessions

J'ai découvert récemment les Black Cab Sessions, un superbe site rassemblant de superbes vidéos de musique. Le concept, inventé par deux amis (de Just So Productions et Hidden Fruit) en 2008 pour promouvoir leurs groupes et leurs concerts: filmer des musiciens jouant une de leurs chansons à l'arrière d'un fameux black cab, les taxis noirs londoniens. Le résultat, c'est des centaines de performances acoustiques de chanteurs au sommet de leur profession.
L'endroit est intime, pour ne pas dire minuscule (la chanteuse Joanna Newsom a dû refuser, sa harpe ne rentrait pas dans le cab), les performances à couper le souffle (c'est fou le pouvoir de la musique simple, sans production) et les paysages qui défilent derrière les vitres on ne peut plus londoniens (sauf quand les artistes reviennent d'un festival...). Le tout présenté par le chauffeur de taxi, qui accepte pour une course seulement d'assister à un concert impromptu.
On trouve de tout à l'arrière (où il y a de la place pour cinq, je vous le rappelle): des stars étrangères, comme Seasick Steve, Amadou & Mariam, Martha Wainwright, My Morning Jacket ou Lykke Li cotôient les musiciens britanniques comme la toute jeune Lianne La Havas, les poètes Ghostpoet et Benjamin Zephaniah ou le groupe Bombay Bicycle Club... Bref de quoi passer des soirées entières à découvrir ou redécouvrir des musiciens. Voici trois artistes du UK pour vous donner envie:
King Charles (son album sort l'année prochaine, il va être une méga star – cf Love Lust, Bam Bam ou Mr Flick):
VV Brown, une chanteuse originaire de Northampton signée chez Islands Records:
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Ou encore The Maccabees, un groupe de rock indé de Brighton, avec Love you Better:
Have a nice ride!
The City of London

L'histoire des campeurs devant la cathédrale Saint-Paul n'en finit pas. Après la démission de deux membres de l'église, opposés à leur hiérarchie, et de multiple péripéties, l'Église et la City of London ont finalement décidés de ne pas poursuivre les campeurs en justice. Vont-ils pouvoir y rester ad infinitum, comme les amis de Brian Haw sur Parliament Square?
Un retournement de situation intéressant, puisque ça faisait presqu'une semaine qu'ils les menaçaient de les expulser (entre temps, les campeurs ont reçu un cadeau de Banksy, et la visite de célébrités comme Vivienne Westwood). La raison de ce volte-face: la bataille judiciaire durerait des mois, voir des années; et bien sûr quelle mauvaise presse pour l'Église... Église qui c'est mis du côté des manifestants, puisque l'archevêque de Canterbury, la plus haute autorité religieuse du pays, vient juste de demander la mise en place d'une Taxe Tobin, et que l'évêque de Londres dis entendre des sonnettes d'alarmes venant du monde entier, remettant en cause les liens entre finance, éthique et prospérité.'
La chose la plus intéressante à sortir de ce campement, c'est que les protestataires se sont unis derrière une cause claire, et sont passés à l'attaque vendredi dernier en demandant une réforme de la City of London, selon eux le Vatican de la finance, un symbole de tout ce qui est pourri dans le capitalisme aujourd'hui – un coup de projecteur bienvenu à une organisation méconnue et surpuissante (lire l'article du Guardian). Certains ont déjà prévu de faire du bruit pendant le Lord Mayor's Show, le défilé annuel du maire de la City, qui sort son gros carrosse en or le 12 novembre prochain.
Alors, la City of London, qu'est ce que c'est?
Le plus petit quartier de Londres
La City of London est un des "arrondissements" de Londres. Il se trouve en plein coeur de la capitale (en rouge ci-dessous), puisque c'est ici que tout a commencé:

Photo: L'Habitant
Ses frontières, basées sur celle du Londinium des Romains, n'ont pas changé depuis le Moyen-Âge. On l'appelle parfois le Square Mile, puisque le quartier fait un tout petit peu plus que 1 sq mi (2.90km2) de superficie. La City s'étend du pont de Blackfriars à la Tour de Londres, sur la rive nord de la Tamise, et comprend les stations de métro Saint Paul's, Barbican, Blackfriars, Moorgate, Mansion House, Bank, Cannon Street, Monument, Liverpoool Street, et Aldgate. Cliquez sur l'image ci-dessous pour voir ce territoire d'un peu plus près:
Beaucoup de ses bâtiments historiques ont été détruit par les incendies et le Blitz. Mais c'est toujours un lieu chargé d'histoire, avec de nombreux monuments et lieux très intéressants: Saint Paul's, le Monument, la Bank of England, Smithfield Market, Leadenhall Market, le Guildhall (ma balade no1 le traverse dans l'axe nord-sud). Vous y trouverez aussi un excellent musée, le Museum of London, et centre culturel, le Barbican. Par contre, c'est une ville fantôme le week-end: presque personne n'y habite (moins de 10,000, la plupart dans le Barbican).

Mais plus de 300,000 personnes y travaillent. Car la City est le plus grand centre d'affaire du monde, et ce depuis des siècles (le quartier d'affaire Canary Wharf, plus à l'Est, un concurrent apparu dans les années 1980, est tout jeune en comparaison). Elle produit plus de 2,5% du PNB du Royaume-Uni, contribue à 34% du marché des changes du monde entier, et accueille les sièges de 500 banques – beaucoup dans des gratte-ciels comme Tower 42 et le Gherkin.

Photo: LondonSLR
Il est facile de savoir quand on rentre dans la City: il n'y plus de mur (le London Wall, dont on peut voir un bout près du Museum of London) depuis belle lurette, mais à la place un cercle de dragons aux armes du quartier, placés tout au long de ses frontières, à l'endroit où se trouvaient les sept portes de la ville. Un autre signe que l'on rentre dans la City, ce sont des chicanes sur la route, et des abris pour policiers. Ils font partie du Ring of Steel, un dispositif de sécurité créé à la suite des attentats de l'IRA au début des années 1990s.
Une organisation médiévale
Il n'y a pas que les frontières qui sont médiévales ici, mais tout le système de gouvernance de ce petit bout du UK. Il est sous la charge de la City of London Corporation, une organisation unique au Royaume-Uni, à laquelle appartient de nombreux bâtiments (Old Spitalfields Market) et parcs autour de la ville (comme Hampstead Heath ou Epping Forest) et même en Irlande du Nord.
À la tête de l’organisation est le Lord Mayor – un poste différent de celui Mayor de Londres, tenu en ce moment par Boris Johnson – qui règne sur une Court of Aldermen, composée de conseillers représentant les 25 différents wards (circonscriptions) de la City, et une Court of Common Council. Il y a aussi des Sheriffs, au rôle quasi-judiciaire; la City a également sa propre police (le reste de Londres est protégé par la Metropolitan Police). La Corporation siège à Guildhall depuis le 12ème siècle:

Pour devenir mayor, sheriff ou alderman, il faut être un freeman. Pour devenir freeman, il faut être approuvé par un alderman. Tout ces gens font partie d’une des centaines de Livery Companies, l’équivalent des anciennes guildes (communauté de métiers; corporations), de la guilde des fabricants de harnais, et de pipes à tabac, à celle des brodeurs – aujourd'hui, il y a même une guilde des informaticiens ou des management consultants (cf leurs armes ci-dessous). Tout ce beau monde se revêt de capes et de costumes bigarrés pour les nombreuses cérémonies qui ont lieu tout au long de l'année depuis des siècles et des siècles.

On devient un freeman de père en fils sans doute (bizarrement, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de femme à Guildhall), ou à travers un réseau professionnel, ou bien en étudiant à une des écoles très réputées de la City. Il reste de nombreuses lois archaïques liées à la City, comme celle permettant à tout freeman de faire passer son troupeau de moutons sur London Bridge sans payer de péage, et de conduire un troupeau d'oies sur la rue Cheapside. Un freeman a aussi le droit de se marier à Saint Paul. Cela vous tente? Vous apprendrez comment postulez ici.

Le système électoral de la City est unique: à part les 9,000 personnes qui y vivent, la plupart des électeurs (32,000 environ) sont des représentants des grandes banques et compagnies qui y ont un siège (plus ces banques ou assurances ont d’employés, plus elles ont d’électeurs – choisit par les PDGs). Et lorsque les aldermen ont élu le mayor, celui-ci doit contribuer avec sa fortune personnelle aux dépenses liées à sa fonction. Le mayor cette année s’appelle Michael Bear. Il est aussi dirigeant du groupe Spitalfield Development Group – le même qui a été chargé de la reconstruction (très critiquée) du marché du même nom. Coïncidence hallucinante: ce marché appartient à la City. Le monde est petit!
Bref tout ça est un club très très très fermé de gens fortunés; une véritable capsule à remonter dans le temps, car la City est la seule ville du pays à avoir échappé aux réformes municipales de 1835. Ah oui et c'est une organisation médiévale, mais avec un compte twitter, faut pas exagérer.
Un pouvoir sans pareil
Toutes ces traditions médiévales sont très sympas, mais ce que reprochent les manifestants à la City, c'est d'être à la fois unaccountable (elle ne doit pas rendre de compte à personne), et surpuissante. Depuis la conquête normande, de par son importance pour l'économie, la City a reçu toutes sortes de privilèges. En voici deux pris au hasard:
1) la City n'est pas sujette à la Freedom of Information law, qui permet à tout citoyen britannique d'accéder à toute sorte d'information sur leur gouvernement et ses diverses organisations, facilement et gratuitement.
2) Son maire a le droit de refuser l'entrée dans la City à la Reine et au Parlement.

Plus important encore: le pouvoir politique de la City: son lobbyist, le Remenbrancer, s'assoit en face (où d'autre?) du président de la chambre des communes. Il est chargé de défendre les intérêts de la City – et donc des banques et autres compagnies qui en font partie. Et son pouvoir économique bien sûr: un pactole d'environ 3 milliard, amassé au cours de 8 siècles. Avec autant d'argent brassé dans le coin, ce n'est pas étonnant que les parcs, parterres de fleurs et espaces publiques de la City soient toujours élégants et propres sur eux, et que ses musées et salles de spectacles soient magnifiques.
C'est donc un des lobbies les plus puissants et les plus dangereux du monde. Et cela enrage de nombreux politiciens depuis très longtemps: l'ancien premier ministre Clement Attlee disait déja: La City of London, un terme pratique pour une collection d'intérêts financiers, est capable de s'imposer contre le gouvernement. Ceux qui contrôlent l'argent peuvent poursuivre des politiques, dans le pays et à l'étranger, qui sont contraires à ce qui a été décidé par le peuple'.
Ses lois secrètes ont également mis la City dans le collimateur d'Éva Joly: 'La City of London est un état dans l'état qui n'a jamais transmis le moindre bout de preuve utilisable à un magistrat étranger. Selon Nicholas Shaxon, l'auteur du livre Treasure Isands, les lois de la City et son influence énorme protègent les gros poissons et en font l'un des plus grands paradis fiscaux au monde, et la capitale du blanchiment d'argent. Le dernier post sur son blog explique très bien les enjeux.
Je termine avec deux images des slogans des manifestants devant Saint Paul: "Nous nous excusons du dérangement pendant des travaux essentiels d'amélioration globale" et "Ne doutez jamais du fait qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés peut changer le monde. En effet, c'est la seule chose qui l'a jamais fait changer."

Photograph: Andrew Winning/Reuters

Photograph: Kirsty Wigglesworth/AP
Je leur souhaite bonne chance, et en attendant j'espère que ce long message vous a intéressé (en même temps si vous lisez la dernière ligne on peut dire que oui hein!)
PS Il y a même un jeu de société City of London!
Highgate Cemetery

Avis à tous les amoureux de croix celtiques et de feuillages sauvages; aux amateurs de romans gothiques et de lieux uniques; à ceux qui aiment à se promener tranquillement en se souvenant des belles choses: ne manquez pas de faire un petit tour au Highgate Cemetary de Londres.
Ce Père Lachaise Londonien, ouvert en 1839, fait partie d’un grand projet de la ville remplaçant les petits cimetières du centre, tous pleins à craquer (la population de Londres a doublé pendant la première moitié du 19ème) par sept cimetières modernes: Kensal Green, West Norwood, Highgate, Abney Park, Nunhead, Brompton et Tower Hamlets (tout plein d'images par ici). Aujourd’hui connus sous le nom de Magnificent Seven, ces cimetières sont pour des lieux classés et même des réserves naturelles.
Highgate est le plus célèbre – et sans doute le plus beau – d’entre eux. Situé sur une colline du nord de Londres, près du joli Waterlow Park, il est composé de deux parties, East et West, de chaque côté de Swains Lane. Il y a environ 170,000 personnes enterrées ici, dans plus de 53,000 tombes et tombeaux.
Si vous avez le temps, je vous conseille de visiter le West Cemetery (visite guidée uniquement, pour protéger la faune et la flore du parc), un lieu absolument magique. La porte d’entrée est grandiose; le Circle of Lebanon, un cercle de tombeaux familiaux surplombé d’un cèdre du Liban géant, et le Egyptian Avenue, avec ses arches monumentale et ses colonnes égyptiennes (les Victoriens étaient passionnés par l’Égypte ancienne et ses trésors), sont vraiment magnifiques.


Le cimetière abrite des centaines d'obelisques et d'anges, ainsi que 50 espèces d’oiseaux, 18 sortes de papillons et des familles de renards. Mais son animal le plus connu, c’est Nero le lion, qui se repose éternellement sur la tombe de son maître, George Wombell, propriétaire de la plus grande ménagerie de cirque au début du 19ème siècle. (La tombe la plus haute et la plus chère est celle du banquier Julius Beer, qui a coûté plus de £2 millions.)
Sinon, vous pouvez faire un tour dans le East Cemetery, un endroit tout aussi enchanté mais moins escarpé et accessible sans guide. Vous y trouverez le même écran de verdure, la même atmosphère mystérieuse et le même fouilli de pierres tombales de travers:

Ainsi que de grandes allées:


Il y a des tombes avec des épitaphes écrit en anglais bien sûr, mais aussi chinois, arabe ou polonais – la capitale est cosmopolite jusque dans ses cimetières. Certaines sont fraîchement fleuries, d'autres abandonnées depuis des décennies. Simplement se promener et tenter d'imaginer ces milliers de vies vécues à Londres, à des périodes si différentes, à l'aide d'un prénom, de dates de naissance et de mort, d'un violon de pierre, d'une frise de bâteaux, de vers (And with the morn those angel faces smile; Et qu'avec ce matin sourient ces visages angéliques) ou de détails touchants (une tête de chien accompagnée d'un Her faithful dog, Emperor).
Un lieu chargé d'histoires.


C’est aussi là où sont enterrés toutes sortes de célébrités (la tombe la plus imposante est celle de Karl Marx, bien sûr, avec son épitaphe Workers of all lands, Unite; Travailleurs de tous pays, unissez-vous), du peintre Patrick Caulfield à l’écrivain Douglas Adams et la sculptrice Anna Mahler, et d’illustres inconnus comme Jim Stanford, l'un des fondateurs de la maison d'édition Penguin:

(Vous pouvez acheter une carte à l'entrée avec les points d'intérêt du cimetière.)


Ce n’est pas une attraction touristique mais un cimetière qui est encore utilisé aujourd’hui, avec plusieurs enterrements chaque semaine. Les Amis de Highgate, l’association qui gère le lieu, vous demandent donc d’y aller habillés correctement et de faire votre visite dans le plus grand respect.
West Cemetery Visite guidée les jours de semaine, à 13h45, il faut réserver en téléphonant au 44.20 8340 1834 (maximum 4 personnes par réservation; £7 adultes, £5 étudiants; payement en espèces). Le week-end, les tours sont organisés chaque heure de 11h à 15h30, pas de réservation nécessaire, c’est premier arrivé premier servi.
East Cemetery Ouvert les jours de semaine de 10h à 16h (dernière entrée 15h30); le weekend à partir de 11h (£3 adultes; £2 étudiants; payements en espèces).
> Highgate Cemetery, Swains Lane, Métro Archway (voir carte). Si vous passez par le sud du East Cemetery, jettez un coup d'oeil à Holly Village, un groupe de cottages incroyable au coin de Chester Road et Swain Lane; un des meilleurs example d'architecture gothique résidentielle du pays. Vous pouvez remonter sur Highgate Hill par le charmant Waterlow Park, et allez boire un verre au Angel Inn avant de reprendre le bus.
Parkland Walk

Pour continuer sur le thème d’Halloween, je vous emmène à présent sur un train fantôme, avec une balade d’automne sur le Parkland Walk. Cette ancienne ligne de chemin de fer entre Finsbury Park et Alexandra Palace, dans le nord Londres, a été abandonnée après la Seconde Guerre Mondiale, et plus tard transformée en parc et promenade.
Longue de 9.5km (environ 2h de marche), la balade vous emmène à travers deux parcs et un véritable tunnel de verdure, en passant sur et sous plusieurs ponts, et même devant les quais d’une ancienne gare, envahis par les mauvaises herbes. Il y a juste deux rues à traverser, le reste est un long oasis au milieu de la capitale, que l’on peut découvrir à pied ou à vélo – attention cela peut être boueux. (Vous trouverez un plan à la fin de ce message).
Et comme récompense après vos efforts, vous trouverez de magnifiques vues – le surnom de la promenade, c’est Northern Heights, les hauteurs du nord – sur les rangées de maisons traditionnelles, et les gratte-ciels de la City et des Docklands à l’horizon. Les sportifs ou les fans de glisse pourront finir l’après-midi en beauté, à la patinoire du magnifique Alexandra Palace.
J’y suis allée le week-end dernier, alors que les feuilles des arbres commençaient tout juste à se dorer. Ces prochains jours, elles tourneront à l’orange, et la promenade sera encore plus belle. En attendant, voici quelques images et informations pour vous donner envie de monter à bord ce train fantôme…
En sortant de Finsbury Park station, dirigez vous sur votre gauche, traversez la route et entrez dans Finsbury Park près du gros garage à vélo. Il faut rester sur la gauche, longeant de loin les rails de train. Vous trouverez bientôt un petit pont piétonnier; le Parkland Walk commence de l'autre côté:


Impossible de se tromper: il faut aller tout droit pendant 2.75km!

Avec de temps en temps des percées sur les rues avoisinantes quand on passe sur un pont:
Et des graffitis quand on passe sous un pont:

Il y a aussi un drôle de farfadet qui se cache dans les parages... (la sculpture, et le parc, on inspiré nul autre que Stephen King et apparaissent dans sa nouvelle Crouch End). Voici ensuite la fameuse station abandonnée:


Il y a plusieurs panneaux explicatifs sur le chemin; vous y apprendrez que le parc est une réserve naturelle où poussent chênes, bouleaux, houx, cerisiers, pommiers et aubépines, et où vivent des millions d'écureuils, de renards, de papillons et mêmes de chauve-souris:

Celles-ci vivent plutôt dans le tunnel qui sépare le Parkland South du Parkland Nord. Vous n'avez pas le droit de l'emprunter, donc il vous faut remonter vers Highgate tube station, en tournant à droite à la sortie, et en passant devant le fameux pub The Boogaloo, adoré par beaucoup de musiciens (comme Pete Doherty et Amy Winhouse, pour continuer le thème gothique), et ses muraux très Halloween:

Au carrefour, traversez aux feux, puis remontez un peu sur la droite. Descendez à gauche sur le petit chemin juste avant la bibliothèque. Vous arriverez dans une rue typique, Priory Gardens. Continuez sur votre droite jusqu'à ce que vous trouviez une petite allée descendant sur Queen's Wood. Suivez les panneaux 'Capital Ring' (beaucoup plus petits que ceux ci-dessous) et vous ne devriez pas vous tromper!

Suivez le chemin plutôt sur vôtre gauche dans Queen's Wood en passant devant un joli café très sympa. Ensuite traversez la route pour vous rendre dans Highgate Wood. Ici, il vous faut aller sur votre droite jusqu'à une fontaine en marbre, puis tourner à gauche dans cette belle allée...

Ce sont de très vieilles forêts, denses et sombres... Je ne veux pas que vous nous refassiez un remake du Blair Witch Project, mais voici une carte de Highgate Wood pour vous aider à trouver votre chemin (elle vous montre aussi comment venir directement du carrefour de Highgate tube, au cas où vous voulez éviter de faire un détour dans Queen's Park).
Au bout de cette allée, prendre à droite pour atteindre la porte du parc à Cranley Gate. À la sortie du parc, sur votre gauche, il y a un chemin en pente vous permettant de traverser sous la route, et de rejoindre la partie nord du Parkland Walk. Beaucoup plus courte, elle vous offre des vues magnifiques:

La balade vous amène à présent dans Alexandra Park. Arrêtez-vous boire un coup dans ce charmant café avant de continuer...

... jusqu'à Alexandra Palace, que tout le monde ici appelle Ally Pally. Ce "palais pour le peuple" a été construit par les Victoriens purement comme un lieu de loisirs et de divertissements ouvert à tous. (C'est aussi ici que la BBC a lancé la première transmission télévisuelle régulière et haute définition en 1936, d'où l'antenne télé).

C'est un bâtiment énorme, qui accueille toutes sortes d'évènements, festivals, concerts – et même les championnats du monde de fléchettes. Il est entouré par un terrain de golf et un lac ou l'on peut faire du bateau (voir carte)... Il y a un pub... et aussi une patinoire, donc finissez cette balade avec un petit tour sur la glace! Voici deux dernières photos de la vue depuis Ally Pally (on y voit le Shard, Canary Wharf, le stade, l'Orbit, et bien d'autres choses encore) pour la route:

Voici comme promis une carte de la balade (vous trouverez plus d'infos sur le parc du train fantôme sur le site des amis du Parkland Walk):

> Une autre idée de balade d’automne, moins longue mais toute aussi jolie? Faites un tour à Hamstead Heath!
London Unfurled

Ce très joli petit livre sur Londres, London Unfurled (unfurled signifie déplié, déployé), est un projet de l'architecte italien Matteo Pericoli. Après avoir planché pendant des mois sur ses dessins de New York pour son livre précédent, Manhattan Unfurled, l'artiste s'est attaqué à Londres. Le résultat est un livre en accordéon de 11m de long. De chaque côté de ce dépliant, un portrait de la capitale à travers ses rives nord et sud:

Pericoli a passé des heures et des heures le long de la Tamise (de Hammersmith Bridge au Millenium Dome) pour prendre plus de 6,000 photos – photos qu'il a ensuite transformé en une série de dessins noir et blanc très détaillés:
Le livre sort également sous forme d'application iPad, avec des commentaires audio de l'artiste et de quelques écrivains londoniens comme Will Self, ainsi que des descriptions des bâtiments importants:

> London Unfurled, de Matteo Pericoli, publié par Picador, £25 (livre); £7.99 (iPad app)
London Bus Tour

Le jeune réalisateur Zurichois Cyril Moritz Oberholzer s'est promené à Londres dans les fameux bus à deux étages de la capitale pour produire ce très beau petit film, qui a été tourné en 30 heures. Toutes les prises de vues sont faites depuis un bus, avec une caméra hd de poche et un adaptateur 35mm fait maison. Une petite poésie visuelle sur Londres à savourer doucement, puisqu'elle est tournée en slow-motion avec des filtres aux teintes automnales:
(La bande-son c'est Loud Pipes du groupe New-Yorkais Ratatat)
Oberholzer à également pris quelques photos se jouant des réflections des vitres du bus, que vous pouvez voir sur Flickr. En voici deux-trois:



Tube Crush

Voici un site complètement débile mais rigolo quand même: Tube Crush (c'est à dire coup de foudre dans le métro). Enfin c'est très sympa surtout pour les filles et les gays, puisque c'est une collection de photos de hunks (beaux gosses) prises (la plupart du temps à leur insu) en flagrant délit de sexy-tude dans le métro londonien. Selon ses créateurs, le site est un "Hommage aux Hommes", pour remercier "tous ceux qui vivent leur vies tranquillement sans se rendre compte de la joie qu'ils apportent aux autres passagers". Toutes les photos sont accompagnées d'une légende souvent très drôle...

Le site est si populaire qu'ils vendent même des T-shirts, et qu'un Tube Crush New York, le Subway Crush, a été créé... Pas de version féminine en vue, peut-être parce que notre société – et nos magazines people – toute entière fait déjà l'objectification des filles à grande échelle? Ou que si c'était des filles prises en photo cela ferait tout de suite pervers et non pas drôle? On ne sait pas trop qu'en penser... (Les mecs qui ne veulent pas apparaître sur le site peuvent demander que leur photo soit retirée.)
Donc si vous êtes plutôt pas mal, méfiez vous des gens avec des téléphones assis en face de vous... vous pourriez être le prochain hunk. Mais j'ai beau eu regarder avec attention (!), je n'ai pas trouvé de connaissances sur le site...
London Shop Fronts

Lorsque j'ai emménagé à Londres, le truc qui m'a le plus frappé (à part les bus et les cabines de téléphones bien sûr) ce sont les signes des magasins. C'est vraiment quelque chose d'unique à chaque ville ou plutôt à chaque pays, et je me souviendrais toute ma vie de la devanture du kebab (!), à la façon d'un signe de cinéma, devant King's Cross. Malheureusement celui-ci à disparu, remplacé par un signe tout moche et tout ennuyant.
Mais ce n'est pas grave, il reste encore tout plein de devantures un peu folles, un peu décrépites ou un peu drôles à Londres. Un blog, London Shop Fronts, leur est même consacré. Créé par Emily Webber (une digital project manager habitant Hackney, adorant les lunettes de soleil et conduisant une Vespa vert pétant), il rassemble des photos, classées par thème et par quartier, de ces devantures loin d'être chic mais totalement London.
Une vraie bouffée d'air dans un pays où les chaînes dominent le paysage urbain. Voici quelques unes des photos d'Emily:

Launderette, Blackstock Road N5

Evans & Witt, Long Lane EC1a

Seashore, Kennington Park Road SE11

H & M fashion, Holloway Road N19

Good News Shop, High Road Leyton E10

Pound Superstore, Kilburn High Road NW6

Bronze n’ Go, Seven Sisters Road N7

UK Supermarket, Church Street N16

Angel Cafe & Restaurant, Esssex Road N1
Si vous voulez un souvenir original de votre séjour à Londres, la boutique en ligne de London Shop Fronts propose des sets de cartes postales (£7.50 pour 5, de votre choix ou au hasard) et des tirages (de n'importe quelle photo sur le site) à partir de £40. Vous pouvez donc encadrer le pound shop d'en face de chez vous et le mettre sur votre cheminée...

