Hit No 11: Cash and carry me home

On attaque 2012 en douceur avec cette chanson de Ghostpoet illustrant parfaitement à mon sens le blues de janvier. La fête est finie, et qui de mieux pour nous en parler qu'Obaro Ejimiw, 28 ans, "poète fantôme" londonien (originaire du Nigeria et de la Dominique via Coventry) se spécialisant dans le blues urbain. Cet héritier de The Streets, Massive Attack et Tricky a l'air à moitié endormi. Tel un somnambule il se promène avec ses poèmes à travers des scènes de la vie de tous les jours.
La première fois que je l'ai rencontré, c'est lorsque je suis tombée sur ce clip, Survive It, où il se balade en peignoir, une tasse de thé à la main (!), dans les rues de son quartier. Comme Cash and Carry Me Home, elle fait partie du premier album de Ghostpoet, Peanut Butter Blues and Melancholy Jam, sorti l'année dernière. Avec ses boucles minimalistes et envoûtantes, il mêle légèreté et appréhension, rythmes lents et paroles hypnotiques empruntés à la grande tradition britannique du trip-hop.
Cash and Carry Me Home est une chanson décrivant notre poète perdu et saoul après une grosse soirée. Il n'a qu'une envie – qu'on le ramène chez lui... Plus généralement, il cherche une sortie de secours à sa vie qui s'enlise. Mais je ne me fais pas trop de souci pour Ghostpoet... Le très beau clip est de Tim Brown.
Cash and carry me home, de Ghostpoet, 2011
The right distance, the right distance/ la bonne distance, la bonne distance
My hand grip whisky like a newborn child/
Ma main serre le whisky comme si c’était un nouveau né
Last night I must admit it got quite wild now/
Hier soir je dois l’admettre ce fut assez sauvage
Morning's approached and I wrestle with a headache/
Le matin s’est approché et je lutte avec un mal de tête
That was spawned in hell by the devil himself/
Qui fut créé en enfer par le diable lui-même
Now it's not quite clear/ Maintenant c’est pas très clair
But I wonder what shenanigans brought me here/
Mais je me demande quelles embrouilles m’ont amené ici
While I'm cryin' out loud and I'm feeling quite sorry for myself/
Pendant que je crie tout haut et que je m'apitoye sur mon sort
I need to check my health/ Je dois vérifier mon état de santé
Cause I ain't mashin' no one but myself/
Car je n’écrase personne d’autre que moi-même
I know we fuss and fight here a little bit/
Je sais que nous nous tracassons et nous battons ici un petit peu
I've had a couple drinks well a little bit/
J’ai descendu un ou deux verres, enfin un petit peu
I'm beggin' you/ Je t’en supplie
Just carry me home home home home home/
Porte moi juste jusqu’à la maison
I'm all on my own/ Je suis tout seul
Smashed up my phone/ J’ai cassé mon téléphone
Not sure of whereabouts/ Je ne sais pas trop où je suis
My mum kept on callin' me just tellin' me to sort it out, sort it out/
Ma maman ne fait que de m’appeler, me disant de tout arranger, tout arranger
Mum look, readin' books and takin' tests won't take away the pain in chest/
Maman écoute, lire des livres et passer des exams n’enlevera pas la douleur dans mon coeur
The aching limbs decide to vapor, sparked up your cigarette/
Mes membres douloureux décident de s’évaporer, étincelle de ta cigarette
Lookin' out the window at the world/
Regardant le monde par la fenêtre
I just ain't ready yet/ Je ne suis pas encore prêt
Such things just get me stressed/ Les choses comme ça cela me stresse
Grey hairs are springin' up and I'm startin' to shake a bit/
Des cheveux gris poussent, et je commence à trembler un petit peu
I've still got some whisky left, maybe I'll just take a sip/
Il me reste encore un peu de whisky, peut-être que je vais prendre just une gorgée
I know we fuss and fight here a little bit/
Je sais que nous nous tracassons et nous battons ici un petit peu
I've had a couple drinks well a little bit/
J’ai descendu un ou deux verres, enfin un petit peu
I'm beggin' you/ Je t’en supplie
Just carry me home home home home home/
Porte moi juste jusqu’à la maison
I'm all on my own/ Je suis tout seul
I've kinda lost my throne, I'm absent from the scene/
J’ai perdu mon trône en quelque sorte, je suis absent de la scène
I'm searchin' for a way in life, I'm lookin' for a theme/
Je cherche une voie dans la vie, I cherche un thème
A plan or a scheme, a road to a better place/
Un plan ou un projet, une route vers un endroit meilleur
I'm splashin' water on my face/ J’éclabousse mon visage
Wake up lazy bones, please just take me home/
Réveilles-toi feignant, s’il te plait ramène moi juste à la maison
I'm out of my comfort zone, the liquid's wearin' off/
Je suis en dehors de ma zone de confort, le liquide se dissipe
Now I just feel alone/ À présent je me sens juste tout seul
I know we fuss and fight here a little bit/
Je sais que nous nous tracassons et nous battons ici un petit peu
I've had a couple drinks well a little bit/
J’ai descendu un ou deux verres, enfin un petit peu
I'm beggin' you/ Je t’en supplie
Just carry me home home home home home/
Porte moi juste jusqu’à la maison
Les Black cab sessions

J'ai découvert récemment les Black Cab Sessions, un superbe site rassemblant de superbes vidéos de musique. Le concept, inventé par deux amis (de Just So Productions et Hidden Fruit) en 2008 pour promouvoir leurs groupes et leurs concerts: filmer des musiciens jouant une de leurs chansons à l'arrière d'un fameux black cab, les taxis noirs londoniens. Le résultat, c'est des centaines de performances acoustiques de chanteurs au sommet de leur profession.
L'endroit est intime, pour ne pas dire minuscule (la chanteuse Joanna Newsom a dû refuser, sa harpe ne rentrait pas dans le cab), les performances à couper le souffle (c'est fou le pouvoir de la musique simple, sans production) et les paysages qui défilent derrière les vitres on ne peut plus londoniens (sauf quand les artistes reviennent d'un festival...). Le tout présenté par le chauffeur de taxi, qui accepte pour une course seulement d'assister à un concert impromptu.
On trouve de tout à l'arrière (où il y a de la place pour cinq, je vous le rappelle): des stars étrangères, comme Seasick Steve, Amadou & Mariam, Martha Wainwright, My Morning Jacket ou Lykke Li cotôient les musiciens britanniques comme la toute jeune Lianne La Havas, les poètes Ghostpoet et Benjamin Zephaniah ou le groupe Bombay Bicycle Club... Bref de quoi passer des soirées entières à découvrir ou redécouvrir des musiciens. Voici trois artistes du UK pour vous donner envie:
King Charles (son album sort l'année prochaine, il va être une méga star – cf Love Lust, Bam Bam ou Mr Flick):
VV Brown, une chanteuse originaire de Northampton signée chez Islands Records:
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Ou encore The Maccabees, un groupe de rock indé de Brighton, avec Love you Better:
Have a nice ride!
Hit No 10: I want to break free

Voila ce mois-ci c'est Movember, et qui de mieux pour célébrer le mois de la moustache que le beau Freddie Mercury, la Reine du stadium rock et l'un des plus grands chanteurs de rock de tout les temps. J'ai donc choisi comme Hit No 10, I Want to Break Free de Queen, à cause de son clip tout simplement incroyable: minijupe en cuir, top rose, moustache et aspirateur – que demande le peuple?
Queen bien sûr tout le monde connaît, avec des hits internationaux comme Bohemian Rhapsody; Another One Bites the Dust; et We Will Rock You et le sublime Don't stop me know. Rien de tel pour vous mettre la pêche quand vous faites le ménage... Selon un sondage de la BBC en 2007, les Britanniques auraient choisi Queen comme le meilleur groupe britannique de tous les temps, devant les Beatles et les Stones.
Né Farrokh Bulsara à Zanzibar, d'origine Perse, éduqué en Inde, et à l'accent plus British tu meurs, Freddie Mercury n'a jamais été celui que vous croyez. Et encore moins dans le clip de I Want to Break Free. La chanson a été écrite par le bassiste de Queen John Deacon (apparemment inspiré par les combats féministes de l'époque) et est populaire en Afrique du Sud et même au Brésil.
A part des hits à n'en plus finir, Queen est connu comme un des pionners du clip (voir Radio Ga Ga, inspirée par Métropolis de Fritz Lang), et cette vidéo réalisée par David Mallet (David Bowie, AC/DC, Def Lepard) est complètement folle. Le but, c'était de montrer que malgré leur succès, Queen avait gardé un sens de l'humour et ne se prenait pas trop au sérieux. Le résultat très British, c'est une parodie du feuilleton télé Coronation Street, un beau moment de cross-dressing, et une scène hallucinante avec des danseurs du Royal Ballet.
En 1984, ce clip était si controversé aux États-Unis qu'il fut censuré par MTV. Aujourd'hui la vidéo est soumise à une limite d'âge sur youtube. Incroyable quand on voit les clips sortis ces dernières années...
I want to break free, de Queen (1984)
I want to break free/ Je veux me libérer
I want to break free/ Je veux me libérer
I want to break free from your lies/ Je veux me libérer de tes mensonges
You're so self satisfied I don't need you/ Tu es tellement satisfait de toi que je n'ai pas besoin de toi
I've got to break free/ Je dois me libérer
God knows/ Dieu le sait
God knows I want to break free/ Dieu sait que je veux me libérer
I've fallen in love/ Je suis tombé amoureux
I've fallen in love for the first time/ Je suis tombé amoureux pour la première fois
And this time I know it's for real/ Et cette fois je sais que c'est pour de vrai
I've fallen in love/ Je suis tombé amoureux
God knows/ Dieu sait
God knows I've fallen in love/ Dieu sait que je suis tombé amoureux
It's so strange but it's true/ C'est étrange mais c'est vrai
Oh, I can't get over the way you love me like you do/
Je n'arrive pas à comprendre la façon dont tu m'aimes,
But I've got to be sure/ Mais je dois en être sûr
When I walk out that door/ Quand je franchirais cette porte
Ooh, how I want to be free, baby/ Ooh, comme je veux me libérer, bébé
How I want to be free/ Comme je veux être libre
How I want to break free/ Comme je veux me libérer
But life still goes on/ Mais la vie continue
I can't get used to living without/ Je ne peux pas m'habituer à vivre sans
Living without you by my side/ Vivre sans toi à mes cotés
I don't want to live alone/ Je ne veux pas vivre seul
So baby can't you see/ Alors bébé, ne vois-tu pas
Oh, I've got to break free/ Que je dois me libérer
Baby, baby can't you see/ Bébé, bébé ne vois-tu pas
I've got to break free/ Que je dois me libérer
God knows I want to/ Dieu sait que je veux
God knows I want to/ Dieu sait que je veux
God knows I want to break free/ Dieu sait que je veux me libérer
Hit No 9: Ghost Town

On continue avec les fantômes pour ce nouveau hit, le Ghost Town des Specials, qui vient de fêter ses 30 ans. Les Specials, un groupe fondé à Coventry en 1977, se sont fait connaître avec des tubes comme A Message to You Rudy, Too Much Too Young, ou Gangsters, un mélange détonnant de ska, punk et rocksteady devenu LA musique du début des années 80 au UK.
Ce sont The Specials et leur keyboard player et fondateur Jerry Dammers qui ont créé le label 2 Tone, rassemblant des musiciens ayant grandi dans les alentours de Coventry en écoutant des vieux singles jamaïcains, et permettant l'éclosion de groupes comme Madness et The Selecter (et aussi The Bodysnatchers et Bad Manners).
La mascotte du label, le personnage de Walt Jabsco, imaginée par Dammers comme le mix d'une vieille photo de Peter Tosh et du style de Paul Simonon, le bassiste des Clash, représente parfaitement le mélange des influences. Il est devenu le symbole d'une rébellion de jeunes qui se battaient pour un futur meilleur dans l'Angleterre de Margaret Thatcher et une société plus multiculturelle (la plupart des groupes étaient composés de musiciens noirs et blancs). Leur uniforme: noir et blanc bien sûr, avec cravate ou accessoire en damier, et chapeau porkpie.
'Ghost Town' dépeint une Grande-Bretagne pauvre, grise, sans espoir, à coup de sirènes de police, notes hantées d'orgues et de saxophone, le tout sur une basse reggae... Cela parle de magasins fermés, de chômage et de violence – et comme par hasard, la chanson est devenue No 1 au UK au même moment ou des quartiers de Londres s'embrasaient avec les émeutes de l'été 1981. Cet été, avec les nouvelles émeutes, on l'a de nouveau beaucoup entendue ici... Le clip est tout simplement génial.
Les Specials, qui se sont séparés juste après la sortie de 'Ghost Town', ont fait un come-back ces dernières années, et sont en concert à Londres lundi soir, après une tournée sold-out en Europe et au UK.
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Ghost Town, des Specials (1981)
This town, is coming like a ghost town/ Cette ville, ça devient une ville fantôme
All the clubs have been closed down/ Tous les clubs se sont fait fermer
This place, is coming like a ghost town/ Cette ville, ça devient une ville fantôme
Bands won't play no more/ Les groupes ne jouent plus
Too much fighting on the dance floor/ Il y a trop de bagarres sur la piste de dance
Do you remember the good old days/ Est-ce que tu te souviens du bon vieux temps
Before the ghost town?/ Avant la ville fantôme?
We danced and sang/ Nous dansions et chantions
And the music played inna da boom town/ Et la musique jouait dans le boom town
This town, is coming like a ghost town/ Cette ville, ça devient une ville fantôme
Why must the youth fight against themselves?/
Pourquoi les jeunes doivent-ils se bagarrer entre eux
Government leaving the youth on the shelf/ Le gouvernement laisse tomber les jeunes
This place, is coming like a ghost town/ Cette ville, ça devient une ville fantôme
No job to be found in this country/ Il n’y a plus de boulot dans ce pays
Can't go on no more/ Ça ne peut pas continuer
The people getting angry/ Les gens sont fâchés
This town, is coming like a ghost town/ Cette ville, ça devient une ville fantôme
Hit No 8: Let England Shake

Cette semaine, la chanteuse PJ Harvey est devenue la première artiste à avoir gagner deux fois le Mercury Prize, un des plus prestigieux prix britanniques – il y a dix avec Tales from the City, Tales from the Sea, et cette année avec son huitième album, Let England Shake, un album très original enregistré en 5 semaines dans une église du Dorset, la région dont est originaire Polly Jean. Influencé par les poésies de Harold Pinter et TS Eliot, et la musique des Doors et du Velvet Underground, Let England Shake a pour thème la guerre, la violence de notre monde, des conflits historiques comme la bataille de Gallipoli aux soldats se battant en Iraq et Afghanistan.
Un thème nouveau et percutant pour cette vraie rockeuse – un elfe brun un peu sauvage, aux sourcils épais et à la voix puissante qui vit dans un cottage à la campagne et a grandi en écoutant John Lee Hooker, Robert Johnson, Jimi Hendrix et Captain Beefheart – qui s'est fait connaître avec des chansons comme This is Love, Down by the Water et ma préférée, Good Fortune.
Celle que l'on a décrit comme une 'blues-rock sorceress trafficking in social politics and dark, tormented songwriting" (une sorcière du blues rock qui magouille avec la politique sociale et des chansons sombres et tourmentées) répond par un "People paint me as some kind of black witchcraft-practising devil from hell, that I have to be twisted and dark to do what I am doing. It's a load of rubbish" (Les gens me dépeignent comme une sorte de sorcière venue de l'enfer, pratiquant de la magie noire, et pensent que je dois être sombre et bizarre pour faire ce que je fais. C'est n'importe quoi). Car elle parle pourtant d'une voix douce, et exerce son métier de manière raisonnée et posée. "It makes me want to continue to go about my work as I've always done, taking great care and seriousness over it," (Cela me donne envie de continue de faire mon travail comme je l'ai toujours fait, avec grand soin et sérieux) a-t-elle dit en recevant son prix.
PJ joue de toutes sortes d'instruments (piano, orgue, basse, saxophone, autoharp), mais pour cet album elle s'est d'abord concentrée sur les textes, passant deux ans à peaufiner ses poèmes avant de les mettre en musique. La chanson titre de l'album, Let England Shake, a une mélodie à l'autoharp entraînante malgré son thème. Écoutez PJ expliquer pourquoi elle a choisi de prendre une voix aiguë, enfantine, et comment elle se penche sur chaque détail de ses concerts dans cette interview sur Arte.
Let England Shake, de PJ Harvey (2011)
The West's asleep/ L'Occident est endormi
Let England shake/ Laissez l'Angleterre trembler
Weighted down with silent dead/ Lestée par des morts silencieux
I fear our blood won't rise again/ J'ai peur que notre sang ne monte jamais plus
England's dancing days are gone/ Les jours de danse de l'Angleterre sont terminés
Another day, Bobby, for you to come/ Un autre jour, Bobby, pour que tu viennes
home and tell me indifference/ à la maison, et me dises que l'indifférence
is won won won/est gagnée gagnée gagnée
Smile, smile Bobby, with your lovely mouth/ Souris, souris Bobby, avec ta jolie bouche
Pack up your troubles/ Remballes tes soucis
And let's head out/ Et allons
To the fountain of death/ à la fontaine de la mort
And splash about/ et barbotons
Swim back and forth/ Nageons de long en large
Back back, laugh out loud/ En arrière, en arrière, et rions bien fort
Until the day is ending/ Jusqu'à la fin du jour
And the birds are silent in the branches/ Et les oiseaux sont silencieux sur leurs branches
And the insects are courting/ Et les insectes se font la cour
And by the shores/ Et sur les rives
Heavy stones are falling/ De lourdes pierres tombent
Smile, smile Bobby, with your lovely mouth/ Souris, souris Bobby, avec ta jolie bouche
Pack up your troubles/ Remballes tes soucis
And let's head out/ Et allons
To the fountain of death/ à la fontaine de la mort
And splash about/ et barbotons
Swim back and forth/ Nageons de long en large
Back back, laugh out loud/ En arrière, en arrière, et rions bien fort
Hit No 7: Fuck me pumps

Ce weekend ce qui a fait les gros titres en Angleterre – avec la tragédie norvégienne – c'est bien sûr la mort de la chanteuse Amy Winehouse, 27 ans. Connue pour sa voix énorme, sa coiffure beehive immense et ses gros problèmes de drogues, Amy Winehouse a marqué les esprits avec ses chansons Rehab et Valerie, dans lesquelles sa voix était mise en valeur par les trompettes souls de Marc Ronson. Le Guardian revient ici très bien sur sa très brève carrière et son influence.
Personnellement, je n'ai jamais vraiment accroché à son style, malgré sa très belle voix. Mais j'aime beaucoup une de ses premières chansons, F*ck me pumps, tirée de son premier album Frank. C'est une chanson légère, rigolote, et la vidéo la montre heureuse, sans tous les tatouages dont elle se couvrira le corps plus tard, mais quand même avec son air fragile, qui m'a toujours donné l'impression d'une grande vulnérabilité malgré son énorme talent...
Bref, voici F*ck me pumps, une chanson toute bête sur les filles qui mettent des chaussures "baise-moi" (fuck me pumps est un terme d'argot pour des chaussures à talon sexy) et qui veulent se marier à un footballeur, avec un clip tourné sur Brick Lane et devant le magasin Beyond Rétro...
Fuck me pumps, de Amy Winehouse (2003)
When you walk in the bar/ Quand tu entres dans le bar
And you dressed like a star/ Habillée comme une star
Rockin' your F me pumps/ Assurant dans tes talons aiguilles
And the men notice you/ Et les mecs te remarquent
With your Gucci bag crew/ Toi et ta bande en sac Gucci
Can't tell who he's lookin' to/ Mais ils ne savent pas qui tu es
Cause you all look the same/ Car vous vous ressemblez toutes
Everyone knows your name/ Tout le monde connait ton nom
And that's you whole claim to fame/ Et c'est ton seul titre de gloire
Never miss a night/ Tu ne rates jamais une soirée
Cause your dream in life/ Parce que ton rêve dans la vie
Is to be a footballers wife/ C'est d'être une femme de footballeur
You don't like players/ Tu n'aimes pas les playboys
That's what you say-a/ C'est ce que tu dis
But you really wouldn't mind a millionaire/
Mais un millionnaire ça ne te dérangerais pas
You don't like ballers/ Tu n'aimes pas les mecs cools
They don't do nothing for ya/ Ils ne t'intéressent pas
But you'd love a rich man six foot two or taller/
Mais tu adorerais un mec riche d'1m 89 ou plus grand
You're more than a fan/ Tu es plus qu'une fan
Lookin' for a man/ À la recherche d'un mec
But you end up with one-nights-stands/
Mais tu finis avec des liaisons sans lendemain
He could be your whole life/ Il pourrait être toute ta vie
If you got past one night/ Si cela pouvait durer plus qu'une nuit
But that part never goes right/ Mais cette partie finit toujours mal
In the morning you're vexed/ Le matin tu es vexée
He's onto the next/ Il est déjà passé à la prochaine
And you didn't even get no taste/ Et tu n'y a même pas eu goût
Don't be too upset/ Mais ne soit pas trop triste
If they call you a skank/ S'ils t'appellent une fille facile
Cause like the news everyday you get pressed/
Parce que comme les nouvelles tous les jours tu te fais imprimer
You don't like players/ Tu n'aimes pas les playboys
That's what you say-a/ C'est ce que tu dis
But you really wouldn't mind a millionaire/
Mais un millionnaire ça ne te dérangerais pas
You don't like ballers/ Tu n'aimes pas les mecs cools
They don't do nothing for ya/ Ils ne t'intéressent pas
But you'd love a rich man six foot two or taller/
Mais tu adorerais un mec riche d'1m 89 ou plus grand
You can't sit down right/ Tu peux pas t'assoir normalement
Cause you jeans are too tight/ Car tes jeans sont trop étroits
And your lucky it's ladies night/
Et tu as de la chance que ce soit la Soirée Filles
With your big empty purse/ Avec ton grand sac à main vide
Every week it gets worse/ Chaque semaine ça empire
At least your breasts cost more than hers/
Au moin tes seins ont coûté plus que les siens
So you did Miami/ Comme ça tu as été à Miami
Cause you got there for free/ Parce que tu pouvais y aller gratuit
But somehow you missed the plane/
Mais d'une manière ou d'une autre tu as raté l'avion
You did too much E/ Tu as fait trop d'Ecstasy
Met somebody/ Rencontré quelqu'un
And spent the night getting caned/ Et passé la nuit à te bourrer la gueule
Without girls like you/ Sans des filles comme toi
There'd be no fun/ Il n'y aurait pas de fun
We'd go to the club and not see anyone/ On irait en boîte et verrait personne
Without girls like you/ Sans des filles comme toi
There's no nightlife/ Il n'y a pas de vie nocturne
All those men just go home to their wives/
Et tout ces hommes rentreraient à la maison voir leur femme
Don't be mad at me/ Ne soit pas fâchée contre moi
Cause you're pushing thirty/ Parce que tu as bientôt 30 ans
And your old tricks no longer work/ Et que tes vieilles astuces ne marchent plus
You should have known from the job/ Tu aurais dû savoir par ton boulot
That you always get dumped/ Que tu te fais toujours plaquer
So dust off your fuck me pumps/ Alors dépoussière ces talons aiguilles
Hit No 6: I bet you look good on the dancefloor

Le nouvel album des Arctic Monkeys fait un tabac ici, mais à mon avis rien ne pourra jamais surpasser leur premier hit, I bet you look good on the dancefloor (2005). Un véritable concentré d'énergie, une pilule d'adolescence, ce morceau à réussi l'impossible: c'est une chanson de rock qui vous fera danser, même si d'habitude les mecs à guitares vous laissent de marbre. Ça me rappelle un peu l'énergie des tubes de Franz Ferdinand, et ça donne envie de sauter sur place comme le Song 2 de Blur.
Les Arctic Monkeys, qui viennent des environs de Sheffield, dans le nord (ce qui explique leur accent charmant et vocabulaire parfois incompréhensible), ont été un des premiers phénomènes internet musicaux du monde. Alors qu'ils avaient à peine 17 ans, et n'avaient pas encore sorti d'album, ils ont réussi à remplir la salle de l'Astoria à Londres grâce à leurs fans qui avaient découvert leur musique sur internet. Lorsqu'il est sorti en 2006, leur album Whatever People Say I Am, That's What I'm Not, est passé directement en tête des ventes. De l'avis des experts, on n'avait pas vu un tel phénomène depuis les Beatles.
Ce qui leur donne un truc en plus, c'est les paroles du chanteurs Alex Turner, qui sonnent toujours vrai et sont souvent pleines de poésie. Tous les ados se reconnaîtront dans les situations qu'il décrit avec talent dans leur premier album. Les plus vieux apprécieront la justesse des mots... Par ailleurs "Her name isn't Rio" dans cette chanson est une référence au Rio de Duran Duran, un autre classique venu tout droit des années 1980 (et Montagus et Capulets, c'est les familles de Romeo & Juliet of course).
I bet you look good on the dancefloor,
par les Arctic Monkeys, 2005
Stop making the eyes at me, I'll stop making the eyes at you/
Arrête de me faire de l'oeil, j'arrêterai de te faire de l'oeil
And what it is that surprises me is that I don't really want you to/
Et ce qui me surprend, c'est que je n'ai pas vraiment envie que tu le fasses
And your shoulders are frozen (cold as the night)/
Et tes épaules sont gelées (froides comme la nuit)
Oh, but you're an explosion (you're dynamite)/
Oh, mais tu es une explosion (tu es de la dynamite)
Your name isn't Rio, but I don't care for sand/
Tu ne t'appelles pas Rio, mais je n'aime pas le sable
And lighting the fuse might result in a bang, b-b-bang, go/
Et allumer la mèche pourrait faire un bang, b-b-bang, allez
I bet that you look good on the dancefloor/
Je parie que tu est belle sur la piste de danse
I don't know if you're looking for romance or/
Je ne sais pas si tu cherches une histoire d'amour ou...
I don't know what you're looking for/
Je ne sais pas ce que tu cherches
I said, I bet that you look good on the dancefloor/
J'ai dit, je parie que tu es belle sur la piste de danse
Dancing to electro-pop like a robot from 1984, from 1984/
En dansant sur de l'electro-pop comme un robot de 1984, de 1984
I wish you'd stop ignoring me, because it's sending me to despair/
J'aimerais que tu arrêtes de m'ignorer, parce que ça me désespère
Without a sound, yeah, you're calling me, and I don't think it's very fair/
Sans un bruit, tu m'appelles, et je ne pense pas que ce soit très honnête
That your shoulders are frozen (cold as the night)/
Que tes épaules sont gelées (froides comme la nuit)
Oh, but you're an explosion (you're dynamite)/
Oh, mais tu es une explosion (tu es de la dynamite)
Your name isn't Rio, but I don't care for sand/
Tu ne t'appelles pas Rio, mais je n'aime pas le sable
And lighting the fuse might result in a bang, b-b-bang, go/
Et allumer la mèche pourrait faire un bang, b-b-bang, allez
I bet that you look good on the dancefloor/
Je parie que tu es belle sur la piste de danse
I don't know if you're looking for romance or/
Je ne sais pas si tu cherches une histoire d'amour ou...
I don't know what you're looking for/
Je ne sais pas ce que tu cherches
I said, I bet that you look good on the dancefloor/
J'ai dit, je parie que tu as l'air bien sur la piste de danse
Dancing to electro-pop like a robot from 1984, from 1984/
En dansant sur de l'electro-pop comme un robot de 1984, de 1984
Oh, there ain't no love, no Montagues or Capulets/
Oh, il n'y a pas d'amour, pas de Montaigus ou de Capulets
Are just banging tunes and DJ sets and.../
Il y a juste des chansons bruyantes et des sets de DJ et...
Dirty dancefloors, and dreams of naughtiness!/
Des sales pistes de danse et des rêves de mauvaise conduite
Well, I bet that you look good on the dancefloor/
Eh bien, je parie que tu es belle sur la piste de danse
I don't know if you're looking for romance or/
Je ne sais pas si tu cherches une histoire d'amour ou...
I don't know what you're looking for/
Je ne sais pas ce que tu cherches
I said, I bet that you look good on the dancefloor/
J'ai dit, je parie que tu est belle sur la piste de danse
Dancing to electro-pop like a robot from 1984, from 1984/
En dansant sur de l'electro-pop comme un robot de 1984, de 1984
Londoners, what are you listening to?

Le mois dernier Tyler Cullen, un étudiant à la School of Visual Arts de New York, a réalisé un petit film en demandand à ses compatriotes ce qu'ils écoutaient comme musique. Les Londoniens Joseph Jenson et Michael Fostiropoulos se sont dit que c'était une super idée, et viennent de finir leur version: Londoners, what are you listening to?
Vous pouvez voir les deux playlists ici. Personellement, je trouve que Londres a bien meilleur goût!
Hit No 5: Someone Like You

Adele, une jeune chanteuse Londonienne de 22 ans, est la nouvelle reine des charts du Royaume-Uni. C'est la première artiste à avoir deux singles et deux albums dans le top five des charts anglais depuis les Beatles. Elle aussi devenue la chanteuse avec un single en première position pour le plus de semaines consécutives, dépassant Madonna. Sans parler de son succès international: apparemment, on l'adore en Norvège et aux États-Unis; en ce moment elle est numéro 1 dans 17 pays.
Adele a grandi en écoutant les Spice Girls, The Streets et la chanteuse de soul Etta Jams, et a étudié à la Brit School, une école de musique très connue d'où sont sorties de nombreuses stars, y compris Leona Lewis et Amy Winehouse. Elle doit son succès à sa voix phénoménale, bien sûr, mais aussi à son naturel.
Derrière ses faux airs de pin-up des Sixties se cache une Londonienne à la grande gueule, que l'on décrit comme sassy (impertinente) et bolshie (insolente, pugnace) et qui répond aux journalistes avec des f%cking ci et des f&cking ça. Elle dit: 'I am bolshie yeah, I have an opinion. I don't want to be this girl who just sits there and is told what to say in interviews. My mum taught me how to be independent and not take any bullshit.' (Je veux pas être une fille qui s'assoit sagement et dis ce qu'on lui a dit de dire aux interviews. Ma maman m'a appris à être indépendante et ne pas me laisser faire.)
C'est incroyable: elle parle comme toutes les ados qui vous cassent les oreilles dans les bus, avec un accent à couper au couteau, ricane d'un rire strident, et tout d'un coup se lance à pleins poumons une chansons soul pleine d'émotion (qu'elle écrit et compose elle-même). Vous verrez ce que je veux dire en regardant sa session de MTV Unplugged.
Cela fait depuis 2008 qu'elle a du succès, avec des chansons comme Chasing Pavement et Hometown Glory (un ode à Londres). Mais c'est sa performance de son dernier hit, Someone Like You, au Brits Awards en février qui l'a fait véritablement devenir la chouchou des Britanniques. Une chanson sur le thème de la séparation, qui semble parler à tout le monde...
La voici live à l'émission de Jools Holland en novembre dernier:
Someone Like You, par Adele, 2010
I heard that you're settled down/ J'ai entendu que tu t'es installé
That you found a girl and you're married now/
Que tu a trouvé une fille et que maintenant tu es marié
I heard that your dreams came true/ J'ai entendu que tes rêves se sont réalisés
Guess she gave you things I didn't give to you/
Je suppose qu'elle t'a donné des choses que je ne t'avais pas donné
Old friend, why are you so shy?/ Mon vieil ami, pourquoi es-tu si timide?
Ain't like you to hold back or hide from the light/
C'est pas comme si tu te retenais ou te cachais de la lumière
I hate to turn up out of the blue uninvited/
Je suis désolée d'arriver comme ça sans être invitée
But I couldn't stay away, I couldn't fight it/
Mais je ne pouvais pas rester au loin, je ne pouvais pas résister
I had hoped you'd see my face/ J'avais espéré que tu aurais vu mon visage
And that you'd be reminded that for me it isn't over/
Et que tu te serais rappelé que pour moi ce n'est pas fini
Nevermind, I'll find someone like you/ Ça ne fait rien, je trouverai quelqu'un comme toi
I wish nothing but the best for you, too/ Je ne souhaite que le meilleur pour toi
Don't forget me, I beg/ Ne m'oublie pas, je t'en prie
I remember you said/ Je me souviens que tu as dit
"Sometimes it lasts in love/ Parfois l'amour dure longtemps
But sometimes it hurts instead"/ Mais parfois il y a une blessure à la place
Sometimes it lasts in love/ Parfois l'amour dure longtemps
But sometimes it hurts instead, yeah/ Mais parfois il y a une blessure à la place
You know how the time flies/ Tu sais que le temps file
Only yesterday was the time of our lives/ Hier seulement c'était la belle vie
We were born and raised in a summer haze/ On est né et a été élevé dans une brume d'été
Bound by the surprise of our glory days/ Liés par la surprise de nos jours de gloire
I hate to turn up out of the blue uninvited/
Je suis désolée d'arriver comme ça sans être invitée
But I couldn't stay away, I couldn't fight it/
Mais je ne pouvais pas rester au loin, je ne pouvais pas résister
I had hoped you'd see my face/ J'avais espéré que tu aurais vu mon visage
And that you'd be reminded that for me it isn't over/
Et que tu te serais rappelé que pour moi ce n'est pas fini
Nevermind, I'll find someone like you/ Ça ne fait rien, je trouverai quelqu'un comme toi
I wish nothing but the best for you, too/ Je ne souhaite que le meilleur pour toi
Don't forget me, I beg/ Ne m'oublie pas, je t'en prie
I remember you said/ Je me souviens que tu as dit
"Sometimes it lasts in love/ Parfois l'amour dure longtemps
But sometimes it hurts instead"/ Mais parfois il y a une blessure à la place
Sometimes it lasts in love/ Parfois l'amour dure longtemps
Nothing compares/ Rien n'est aussi bien
No worries or cares/ Ni soucis ni préoccupations
Regrets and mistakes, they're memories made/
Des regrets et erreurs, c'est de l'histoire ancienne
Who would have known how bittersweet this would taste?
Qui aurait su comment tout ça prendrait un goût amer?
Nevermind, I'll find someone like you/ Ça ne fait rien, je trouverai quelqu'un comme toi
I wish nothing but the best for you, too/ Je ne souhaite que le meilleur pour toi
Don't forget me, I beg/ Ne m'oublie pas, je t'en prie
I remember you said/ Je me souviens que tu as dit
"Sometimes it lasts in love/ Parfois l'amour dure longtemps
But sometimes it hurts instead"/ Mais parfois il y a une blessure à la place
Nevermind, I'll find someone like you/ Ça ne fait rien, je trouverai quelqu'un comme toi
I wish nothing but the best for you, too/ Je ne souhaite que le meilleur pour toi
Don't forget me, I beg/ Ne m'oublie pas, je t'en prie
I remember you said/ Je me souviens que tu as dit
"Sometimes it lasts in love/ Parfois l'amour dure longtemps
But sometimes it hurts instead"/ Mais parfois il y a une blessure à la place
Sometimes it lasts in love/ Parfois l'amour dure longtemps
But sometimes it hurts instead"/ Mais parfois il y a une blessure à la place
PS Si vous aimez Adele, vous aimerez peut-être ces autres jeunes filles: MIA, Speech Debelle, Laura Marling; Marina & the Diamonds; et Jessie J
Hit No 4: Has It Come To This?

Cette semaine, le rappeur Mike Skinner a sorti son cinquième album, Computers and Blues, et annoncé la fin de The Streets, préférant plutôt passer à autre chose avant d'être trop à court d'inspiration. À 32 ans, il prend sa retraite musicale pour se consacrer à la réalisation d'un film (un thriller dans un hôpital, apparemment). The Streets, c'est le premier vrai rappeur totalement anglais, plein de verve et d'autodérision, et toujours touchant. 'You can't Google the solution to people's feelings' (tu ne peux pas googler la solution aux sentiments des gens) est une ligne typique de ce dernier album...
Originaire de Birmingham, Skinner s'est fait connaître au début des années 2000 avec son album Original Pirate Material, devenu depuis un classique britannique. Ses chansons sont un mélange étonnant de débit rap, parole poétiques et musique plutôt douce. Si par hasard vous ne le connaissez pas, courrez écouter un des ses hits, comme Let's Push Things Forward, Dry Your Eyes ou Fit But You Know It. Quand j'écoutais Original Pirate Material il y a dix ans, avant d'habiter à Londres, je n'avais qu'à fermer les yeux pour m'imaginer en Angleterre.
Son hit single Has It Come to This? a été décrit comme 'le plus original, le plus lyrique des rap britanniques' par le magazine référence NME. C'est une source d'inspiration majeure pour le style UK garage qui a infiltré toute la pop actuelle. Comme un film de Ken Loach, The Streets c'est une balade hyper-réelle dans le quotidien d'un jeune de banlieue anglaise. Point de bling bling et de grosses voitures: c'est un monde plein de mélancolie, où l'on fume des spliffs en jouant à la Playstation, on va manger des kebabs et on glande en attendant de voir venir un futur meilleur – sans chômage si possible. On peut traduire "has it come to this avec "en est-on arrivé là?"
Et pourtant, rien de déprimant, je trouve que l'on sent une énergie et un espoir certain dans cette lucidité. Une chanson à écouter si possible dans une voiture roulant la nuit dans une grande ville.
Has it Come to This?, par The Streets (2001)
Original Pirate Material / Matériel pirate original
You're listening to the streets / Tu écoutes les Streets
Lock down your aerial / Bloque ton antenne
Make yerself at home / Installe toi confortablement
We got diesel or some of that homegrown / On a de la super forte ou de la faite-maison
Sit back in yer throne, turn off yer phone / Assieds-toi dans ton trône, éteins ton téléphone
Cos this is our zone / Parce que ceci est ta zone
Videos, televisions, 64s, Playstations / Vidéos, télévisions, 64 [Nitendos], Playstations
We're paring with precision / On épluche avec précision
Few herbs and a bit of Benson / Quelques herbes et un peu de Benson [tabac]
But don't forget the Rizla / Mais n'oublie pas le Rizla [feuille à rouler]
Lean like the Tower of Pisa / Penche comme la tour de Pise
Lisa, I'll raise you / Lisa, je vais te fumer
And this is the day in the life of a Geezer / Et telle est une journée dans la vie d'un geezer [mec]
For this ain't a club track / Car ceci n'est pas une musique de boîte
Pull out yer sack and sit back / Tire ton sac et assieds-toi
Whether you white or black / Que tu soies blanc ou noir
Smoke weed, chase brown / Que tu fumes de la beuh, de la marijuana
Or toot rock / Ou que t'aspires une barrette
We're on a mission, support the cause / On est en mission, soutiens la cause
Sign a petition, summon all your wisdom / Signe une pétition, rassemble toute ta sagesse
The Music's a gift from the Man on high / La musique est un don de l'Homme qui plane
The Lord and his children / Le Seigneur et ses enfants
Triple teenyear rudeboys / Triple racailles ados
Come rain or snow the buddha flows / Qu'il pleuve ou qu'il neige la marijuana coule à flots
You don't know? / Tu sais pas?
Stand on the corner watch the show / Tiens-toi dans le coin et regarde le spectacle
Cos life moves slow / Car la vie avance doucement
Sort yer shit out then roll / Arrange tes affaires et roule
Sex, Drugs 'n' On The Dole / Sex, drogues et au chomage
Some men rise, some men fall / Certains hommes se lèvent, certains hommes tombent
I hear ya call, stand tall now / J'entends ton cri, tiens toi droit maintenant
Has it come to this? / En est-on arrivé là
Original Pirate Material / Matériel pirate original
Your listening to the Streets / Tu écoutes les Streets
Lock down your aerial / Bloque ton antenne
I'm just spitting, think I'm ghetto? / Je suis juste en train de cracher, tu crois que je suis ghetto?
Stop dreaming, my data's streaming / Arrête de rêver, mes données sont en train de downloader
I'm giving your bird them feelings / Je donne des drôles de sentiments à ta copine
Touch yer toes and touch the ceiling / Touche des doigts de pieds et touche le plafond
We walk the tightrope of street cred / Marche sur la corde raide de la street credibility
Keep my dogs fed / Je garde mes chiens bien nourris
All jungle all garage heads / Tous ces fans de jungle et de garage [styles de musique]
Gold teeth, valentinos and dreads / Dents en or, playboy et dreadlocks
Now, we were verbally slapped up / À présent, nous nous somme fait gifler verbalement
Physically tip-top, spinally ripped up / Physiquement au top, l'échine déchirée
I do the science on my laptop / Je fais de la science sur mon ordi portable
I get my boys mashed up / Je laisse mes mecs se faire tabasser
Your listening to the Streets / Tu écoutes les Streets
You'll bear witness to some amazing feats / Tu seras témoin d'exploits extraordinaires
Bravery in the face of defeat / La bravoure dans la défaite
All line up and grab yer seat / Tous en ligne et prenez votre place
Cos Tony's got a new motor / Car Tony a un nouveau moteur
SR Nova driving like a joyrider / SR Nova conduit comme un chauffard
Speeding to the corner / Fonçant jusqu'au virage
Your mother warned you to sound system banger /
Ta mère t'avais prévenue du danger des gros hits sur les sound systems
Has it come to this? / En est-on arrivé là
Original Pirate Material / Matériel pirate original
Your listening to the Streets / Tu écoutes les Streets
Lock down your aerial / Bloque ton antenne
My underground train runs from Mile End to Ealing / Mon métro va de Mile End à Ealing
From Brixton to Boundsgreen / De Brixton à Boundsgreen
My spitting's dirty my beats are clean / Mon crachat est sale, mes rythmes sont propres
So smoke weed and be lean / Alors fume de la beuh et reste mince
I step out my yard through the streets / Je sors de ma cour pour aller dans les rues
In the dead heat all I got's my spirit and my beats /
Dans la chaleur tout ce que j'ai c'est mon esprit et mes rythmes
I play fair don't cheat / Je joue clean sans tricher
And keep the gangsters sweet / Et garde les gangsters de mon côté
Turn the page, don't rip it out at yer age / Tourne la page, ne la déchire pas à ton âge
Move to the next stage / Avance jusqu'à la prochaine étape
Lock the rage inside the cage / Enferme la rage à l'intérieur de la cage
Like SK it's a new day / Comme SK c'est un nouveau jour
But don't take the shortcut through the subway / Mais ne prend pas le raccourci souterrain
It's pay or play, these geezers walk the gangway / C'est paye ou joue, ces mecs marchent sur la passerelle
[celle que les pirates utilisent pour jeter leur victimes à l'eau]
Deep seated urban decay, deep seated urban decay / Décadence urbaine profonde
Rip down posters alight / Arrache les posters en feu
From last weeks big Garage night / De la grosse soirée Garage de la semaine dernière
And the next Tyson fight / Et ceux du prochain combat de Tyson
I cook em at 90 degrees fahrenheit / Je les cuits à 90 degrés fahrenheit
And don't copy the copyright / Et ne copie pas le copyright
I got em in my sights, blinding with the lights / Je les ais dans ma ligne de vue, aveuglé par les lumières
Taken to dizzy new heights / Emmené vers de nouveaux sommets étourdissants
Blinding with the lights, blinding with the lights / Aveuglé par les lumières
Dizzy new heights / Nouveaux sommets étourdissants
Has it come to this? / En est-on arrivé là
Original Pirate Material / Matériel pirate original
Your listening to the Streets / Tu écoutes les Streets
Lock down your aerial / Bloque ton antenne
