Quentin Blake

Quentin Blake, le plus grand et le plus adoré des illustrateurs britanniques, vient tout juste de gagner le prix Prince Philip Designers 2011, récompensant chaque année les plus importants créatifs britanniques. Voici sept choses à savoir sur l’artiste préféré des petits et des grands, connu pour ses drôles de dessins à la fois tendres, joyeux et brouillons:
1 Quentin porte des tennis blanches
Quentin porte des chaussures de tennis blanches depuis toujours, et ce malgré les moqueries de Roald Dahl, qui l’appelait Quent, et disait des choses comme 'Here's Quent, going out for dinner in his plimsolls.' (Et voilà Quent, qui va dîner en tennis). Les deux compères se sont rencontrés en 1975, et Quentin a ensuite dessiné des dizaines de livres pour le fameux auteur.
Ses dessins plein d’énergie et d’humour ont tant marqué les lecteurs qu’ils sont à présent indissociables des livres de Dahl, tous devenus des classiques de la littérature enfantine. Ici, tout le monde connait le BFG, les Twits et Mathilda. Et vous? Saurez vous reconnaître les personnages les plus connus que Quentin a dessiné pour Roald? Réponses ci-dessous.
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1. The Twits L'histoire de deux débiles, qui sont moches et qui puent. 2. James & the giant peach Un orphelin entre dans une pêche magique... 3. The BFG (Big Friendly Giant) Un géant très gentil qui porte de drôles de sandales 4. Charlie and the chocolate factory Pauvre Charlie gagne le golden ticket: une visite de l'usine de Mr Wonka 5. The witches Un petit garçon et sa grand-mère parte en guerre contre des sorcières 6. Matilda Une petite fille qui adore lire mais qui a des parents trop méchants.
2 Quentin a plus de 300 livres à son compteur
Mais Quentin, ce n’est pas que du Roald Dahl qu’il nous a illustré en plus de 60 ans de carrière. Il s’est aussi penché sur les mots de Charles Dickens et Lewis Carroll (et de Cyrano de Bergerac, Voltaire et Daniel Pennac; Quentin passe beaucoup de son temps dans le Sud-Ouest et adore les huîtres françaises), a illustré les contes d'auteurs pour enfants comme Michael Rosen, Joan Aiken et Russel Hoban, et a écrit une trentaine de livres lui-même.

Ils sont tous merveilleux, mais j'ai un faible pour les aventures de Mrs Armitage et son petit chien. Quentin dit que son préféré c'est Clown, un livre que beaucoup de critiques considèrent comme son chef-d'oeuvre. Et il dit aussi que le plus difficile à illustrer, c'est le Livre Triste de Michael Rosen, sur le deuil d'un père qui a perdu son fils. Et si vous voulez apprendre à dessiner, je vous recommande Drawing for the Artistically Undiscovered (Dessiner, Une méthode pas comme les autres) – c'est vraiment génial. En vente dans une bonne librairie près de chez vous...
3. Quentin est un mec très privé
Quentin habite avec son ami John Yeoman, auteur de livres pour enfants, au dessus de son atelier à South Kensington depuis plus de 30 ans. Ils se connaissent depuis les années 1950, lorsqu’ils étudiaient à Cambridge (Quentin y étudiait la littérature), et ont produit de nombreux livres ensemble. En fait, c’est comme ça que tout a commencé en 1960, lorsque Quentin a demandé à John d’écrire un livre afin de pouvoir dessiner des illustrations.
‘I don't have anything interesting to conceal or reveal in my private life, and it is really only my work and professional life that I want to talk about.’ (Je n’ai rien d’intéressant à cacher ou à révéler de ma vie privée, je veux seulement vraiment parler de mon travail et de ma vie professionnelle), dit-il. On sait pourtant qu’il n’a pas d’enfant. Il dit qu’ainsi il lui est plus façile de s’identifier aux enfants, au lieu de jouer le rôle de parent. Pour mieux le connaître, lisez cette interview (en anglais) sur son très beau site internet.
4 Quentin ne sait pas dessiner les voitures
Selon l’auteur lui-même, les voitures et l’architecture, ce n’est vraiment pas son truc. Par contre, les dragons... ça oui! ‘What I want to convey is movement and gesture and atmosphere. I like drawing anything that is doing something. Dragons are good because you can arrange them in interesting ways across the page, get people to ride on them. I can't seem to keep birds out of my books.’ (Ce que j’essaie de transmettre c’est le mouvement, les gestes, l’atmosphère. J’adore dessiner tout ce qui est en train de faire quelque chose. Les dragons c’est bien parce qu’on peut les arranger de manière intéressante sur la page, faire monter des personnages sur leur dos. Je n’arrive pas à ne pas utiliser d’oiseaux dans mes livres).


Quentin a commencé à dessiner vers 5 ans. Sa famille n’est pas particulièrement artiste (aucun de ses parents ne savait dessiner), mais il adore ça. Un invité de ses parents aurait dit: ‘il dessine beaucoup, mais il ne veut pas parler ce petit’. Plus tard, le mari de sa prof de latin, Mrs Jackson, l’encourage à envoyer ses dessins au magazine Punch, et sa carrière d’illustrateur démarre précocement, à 16 ans.
Depuis, on se régale avec ses personnages étranges, dessinés à l’encre, au stylo et à l’aquarelle. Comme le dit la critique Sue Hubbard: ‘His drawing is wonderfully free and playful, the colour bleeding with carefree abandon over the ink outlines to give a sense of movement and vitality’. (Son dessin est merveilleusement libre et enjoué, les couleurs coulant avec un abandon insouciant sur les contours encrés pour donner un effet de mouvement et de vitalité.)
5 Quentin est très organisé
Son studio de Kensington est plutôt bien rangé (ses étagères sont pleines à craquer avec des dossiers contenant tous les dessins qu'il a fait depuis le début de sa carrière, et il commence chaque journée de travail à 9h30 tapantes, en coupant des feuilles de papier au bon format pour s’échauffer. Il travaille debout, et dessine sur une boîte lumineuse. Voici à quoi ressemble son bureau:



Voici un petit clip très court de Quentin au travail avec ses aquarelles:
6 Quentin a enfin trouvé une maison pour son musée
Alors qu'il était Children's Laureate (l'auteur de livre pour enfant de l'année), en 2002, Quentin a décidé de créer un musée de l'illustration, House of Illustration, contenant toutes ses archives et accueillant des expositions sur les illustrateurs britanniques. Quelques années plus tard, et son association a enfin trouvé chaussure à son pied: l'ancien site industriel juste derrière la gare de King's Cross, qui est en ce moment même en pleine transformation.

Le futur musée aura pour voisin l'école d'art Central St Martins, la British Library et la Wellcome Collection. Pas de date d'ouverture annoncée pour le moment, car le projet démarre tout juste, mais ça promet...
7 Quentin aide toutes sortes de bonnes causes
Non seulement il donne de gentil conseils aux jeunes illustrateurs sur son site, mais Quentin travaille aussi avec le Big Draw, une association caritative qui tente de transformer tous les Britanniques en artistes, et le Nightingale Project, une autre association qui installe des oeuvres d’art dans des hôpitaux (on peut voir les dessins de Quentin dans plusieurs hôpitaux de Londres et même un à Paris).
Notre illustrateur préféré est aussi l'ambassadeur de Survival International, une organisation caritative pour la défense des populations indigènes (il y a plein d'organisations pour sauver les pandas et les phoques, mais pour les être humains aux frontières du monde moderne, il n'y en a qu'une – Survival). 'Survival is important for two reasons; one is that I think it’s right that we should give help and support to people who are threatened by the rapacious industrial society we have created; and the other that, more generally, it gives an important signal about how we all ought to be looking after the world. Its message is the most fundamental of any charity I’m connected with.' (Survival est importante pour deux raisons: la première, c'est que je pense que c'est normal d'aider et de soutenir les peuples qui sont menacés par la société industrielle vorace que nous avons créée; la deuxième, c'est que cela donne une indication importante sur la façon dont nous devrions nous occuper de la planète. Son message est le plus fondamental de toutes les organisations caritatives que je soutiens.)
Alors puisque c'est bientôt Noël, pourquoi ne pas faire une BA et vous acheter du papier cadeau ou des belles cartes dessinés par Quentin et de soutenir Survival du même coup?


Vous les trouverez sur le site de Survival (section anglaise) et Survival France. Vous pouvez également envoyer des e-cards Quentin Blake par ici, et vous trouverez des cartes de voeux (fiançailles, anniversaire, etc) de l'illustrateur dans la plupart des magasins de cartes (WH Smith etc) du pays...
PS il y a une expo Quentin Blake au Foundling Museum du 15 janvier au 15 avril; des timbres postes Roald Dahl avec des illustration de Blake sont également en vente en ce moment
JK Rowling

Il y a quelques jours JK Rowling, l'auteur de la série Harry Potter, a annoncé le lancement de son nouveau projet, Pottermore, un site internet. Elle l'a présenté comme un cadeau à ses nombreux fans ("aucun auteur ne pourrait rêver d'un public plus merveilleux, divers et loyal"). Cette "expérience interactive en ligne consacrée à la lecture" contiendra de nouvelle infos sur le monde d'Harry Potter, et sans doute des jeux et surtout des e-books, mais ne sera accessible qu'à partir d' Octobre prochain. (tout est expliqué dans la jolie vidéo de présentation sur le site). C'est pas grave, le dernier film Harry Potter sort dans quelques jours. En attendant voici sept choses à savoir sur cette grande conteuse britannique dont la cave Gringotts est si remplie qu'elle peut s'offrir de nombreuses virées shopping sur Diagon Alley/Chemin de Traverse sans se soucier d'entamer son tas de Galleons:
1 JK s’appelle Jo en vrai
Le vrai nom de JK, c’est Joanne, et en fait tous ses proches l’appelle Jo. Ce sont ses éditeurs qui lui ont demandé de se trouver un prénom fait d’initiales, une appellation neutre, qui laisserait croire qu’elle est un il. Apparemment, ils avaient peur que les petits garçons ne veulent pas lire une histoire écrite par une femme, et ne se disent que c’est un truc de fille. Du coup elle se retrouve avec un nom de plume qui ressemble un peu à J R R Tolkien ou C S Lewis, deux autres géants de la litérature enfantine. Ça en dit long sur les maisons d’éditions, leurs coups de marketing, et les préjugés sur les écrivains femmes toujours bien vivants. (Et vous, vous préfériez lire un livre de Joanne Rowling, ou de JK Rowling?).
Voici la première édition de son premier livre en 1997, et une jeune Jo tout sourire:

Jo a choisi de rajouter l’initiale K, pour Kathleen, le nom de sa grand-mère adorée. Sinon elle a beau s’appeler Rowling elle a aussi du Volant dans le sang, son grand-père français ayant reçu la Légion d’Honneur bien avant elle, pour sa bravoure durant la bataille de Verdun (cette French connection explique sans doute pourquoi elle a choisi d’étudier le français et la littérature classique à Exeter, et comment elle est devenue secrétaire bilingue à Amnesty International puis prof de français).
2 JK vit un vrai conte de fée
Sujet en or pour les journalistes, la vie de JK Rowling est un vrai conte de fée: après son divorce (d’avec un présentateur télé portugais), et des années de galère à élever sa fille seule à Édinbourg sans argent et en se battant contre la dépression ("I totally felt a waste of space", je me sentais complètement inutile, un gaspillage d'espace, dit-elle de cette période), JK se retrouve milliardaire et femme comblée (elle s’est remariée avec un médecin anesthésiste, avec qui elle a deux autres enfants). Il lui a fallu juste cinq ans pour transformer sa vie, et passer d’un HLM à un château en Écosse. JK habite avec sa petite famille à Edinbourg (et a un pied-à-terre à Londres) dans une maison avec un grand jardin ou elle ferait construire une réplique de la cabane d’Hagrid.
Elle peut aussi s’éloigner des paparazzi à Killiechassie House, une grande demeure historique du 19ème:

Mais au lieu d’être une princesse, JK est plutôt une bonne marraine, une gentille fée. Celle qui raconte de jolies histoires évidemment, mais aussi celle qui espère que sa baguette magique aidera à créer un monde meilleur: c’est une philantrope qui donne une grande partie de sa fortune à des causes caritatives qui lui sont chères, y compris Gingerbread (avec qui elle se bat pour soutenir les familles monoparentales), Lumos (une association aidant les enfants défavorisés) et Multiple Sclerosis Society (sa mère, atteinte de sclérose en plaques, est morte alors qu’elle était encore très jeune).
3 JK aime les enfants, et c'est réciproque
Contrairement à beaucoup d’auteurs pour enfants comme Beatrix Potter, qui préférait les moutons aux marmots, et Arthur Ransome, qui chassait les gosses trop bruyants de devant ses fenêtres, JK aime vraiment les enfants. Elle en a trois elle-même, mais cela c’est sans compter les millions de petiots qui l’écoutent bouches bées lire des passages de ses livres, les journalistes juniors qui l’interrogent lors de conférence de presse spécialement organisées pour les enfants, ou les enfants défavorisés et malades qu’elle aide de nombreuses manières, parfois en répondant elle-même à leurs lettres, en envoyant des livres ou en leur rendant visite à l’hôpital.
Et bien sûr, les enfants le lui rendent bien. D’ailleurs, c’est grâce à une petite fille de huit ans que Rowling a enfin trouvé une maison d’édition pour son manuscrit, après plus de 12 refus. La petite en question, c’était la fille de Barry Cunningham, éditeur à Bloomsbury. Une petite qui a tant aimé le livre qu’elle a convaincu son papa de laisser sa chance à Harry. Lorsqu’on lui demande pourquoi les enfants aiment tant ses livres, JK répond qu’elle ne sait pas, parce qu’en fait elle écrit pour elle-même avant tout: "That's such a, such a very hard question to answer, because... without being disingenuous. I wrote what I wanted to write. And I wrote the sort of thing that I knew I'd like to read, I'd like to read now as an adult, and I knew that I would have liked to have read it when I was 11." Ce qui explique peut-être pouquoi de nombreux de ses fans sont des adultes, et pourquoi les éditeurs ont cru bon de faire des couvertures pour enfants, et d'autre pour adultes:

4 JK est une grande lectrice...
JK raconte souvent que l’idée de l’histoire d’Harry Potter lui est venue lors d’un voyage en train de Manchester à Londres en 1990 (ça sonne vrai, le train avait 4 heures de retard). Elle lui est venue d’un coup comme ça, d’accord, mais c’est surtout le résultat d’une enfance passée à dévorer des livres – comme la petite Hermione, qu’elle dit inspirée de son coté première de la classe et bibliophile. JK s’est donc remplie la tête des histoires merveilleuses d’autres auteurs.
Ce qui explique pourquoi ses livres sont plein d’emprunts. Pour les lecteurs anglophones, les livres d’Harry Potter ne sont pas originaux, mais plutôt basés sur les meilleures histoires pour enfants de ces dernières années – ce qui n’enlève rien à leur charme d’ailleurs. Ainsi vous retrouverez dans le monde d’Harry un peu de Tom Brown’s Schooldays (le côté histoire de pensionnat), Mathilda (les méchant Dursley martirisent Harry comme les Wormwood embêtaient Mathilda); Le Seigneur des Anneaux (les Dementors ressemblent beaucoup au Nazguls, et Voldemort à Sauron), Ma soeur est une sorcière (où les objets enchantés crient quand on les vole); et The Worst Witch (où le prof de potions est aussi très méchant). Cf cette liste plus complète.

Quand on lui demande quells sont ses livres préférés, JK répond qu’elle adore Jane Austen et Jessica Mitford, qu’elle a lu et relu The Little White Horse d’Elizabeth Goudge et les livres d’E Nesbit quand elle était petite. En gros, c’était un rat de librairie avec des grosse lunettes qui vivait pour lire: "Basically, I lived for books, and was sustained by literary characters with whom I could identify – I was your basic, common-or-garden bookworm, complete with freckles and National Health spectacles."
5 … plus qu’elle n’est une grande écrivain?
Rowling écrit des histoires depuis qu’elle est toute petite. Et de nombreux critiques trouvent que son style n’a pas beacoup évolué depuis. Selon l’écrivaine AS Byatt, Harry Potter a été écrit pour des gens dont l’imagination est confinée aux dessins animés ("written for people whose imaginative lives are confined to TV cartoons"). Selon Ursula Le Guin, c’est bien pour les enfant, mais c’est aussi stylistiquement moyen, d’une imagination dérivative et plutôt méchant du point de vue éthique ("good fare for its age group, but stylistically ordinary, imaginatively derivative, and ethically rather mean-spirited"). J’adore les livres de Le Guin et de Byatt, et ne comprend pas pourquoi elles sont si critiques envers Rowling. Après tout de nombreux auteurs (Dumas, Dickens, Hugo et Conan Doyle entre autre) maintenant classiques ont été decriés pour leurs sagas populistes en leur temps, et pourquoi choisir entre livres ‘intellos’ et ‘populos’ quand on peut lire les deux!
Personellement, je trouve que son style n’est pas des plus fins, mais par contre elle se rattrape en termes de narration, d’humour et d’imagination. J’aime particulièrement les noms des personnages (Dumbledore j’adore), des lieux (The Leaky Cauldron pour un nom de pub, c’est tout simplement génial), et le nom des sorts (Expelliarmus! et le très glauque Avadra Kedavra), et j’ai attendu avec impatience la suite des aventures d’Harry il y a quelques années. De plus comment peut-on ne pas aimer un livre qui invente un nouveau sport, le quidditch, qui maintenant a même une association et une coupe du monde?
6 JK est une conteuse méticuleuse

JK s’est totalement prise au jeu de son univers Harry Potter, et a créé un monde imaginaire très détaillé et très structuré – comme de nombreux auteurs de fantasy avant elle. Chaque personnage a une histoire, chaque tradition une origine très claire, en tout cas dans sa tête. Par exemple elle a explique dans une interview qu’elle a déjà imaginé toute l’histoire des Death Eaters/Mangemorts, même si elle ne sert pas vraiment dans ses livres: ‘In here is the history of the Death Eaters, which were once called something different: the Knights of Walpurgis. I don't know if I'll need it. But I like knowing it. I like to keep that sort of stuff on hand.’
Écoutez la répondre à une petite Américaine, Celeste, qui demande: En quidditch, si un joueur de Ravenclaw/Serfdaigle attrape le snitch/souaffle, mais Hufflepuff/Poufsouffle avait plus de points grâce à leur buts précédents, qui gagnerait la partie? Rowling répond: "To people who haven't read the books, Celeste has proven herself a true fan, by asking a really technical question about quidditch, which is the wizard sport. This will be completely impenetrable to a lot of people. It's possible for the team to win, even if they don't catch the snitch, but they have to be more than 150 points up on goals. OK? So that can happen. This makes me sound completely insane that I know all this stuff, but of course I would, it's my world." Pour les gens qui n’ont pas lu les livres, Celeste se révèle être une vraie fan en posant une question technique sur le quidditch, le sport des magiciens. Ceci sera complètement incompréhensible pour beaucoup de gens. C’est possible que l’équipe gagne, même si elle n’attrape pas le souaffle, mais ils doivent avoir plus de 150 points en buts. Ok? Donc cela peut arriver. Le fait que je sache cela me fait passer pour une folle, mais bien sur que je sais, c’est mon monde.’
C’est cet univers si crédible (elle l'a même dessiné), si proche de nous (contrairement à celui de Tolkien par example), qui fait la force de la série à mon avis. Un univers que beaucoup disent très vieux jeu, avec sa boarding school et ses grandes familles d’aristocrates, mais en fait pas très éloigné du UK d’aujourd’hui quand on y réfléchi un peu. Un monde vrai, ou il y a des terroristes, et qui devient de plus en plus sombre chaque année – le décor parfait pour un bildungsroman magique.
7 JK est une magicienne
“I don't believe in the kind of magic in my books. But I do believe something very magical can happen when you read a good book.” (Je ne crois pas dans la sorte de magie qui apparaît dans mes livres. Mais je crois que quelque chose de très magique peut arriver quand on lit un bon livre), dit Rowling. L’effet magique qui survient à la lecture de ses livres est accompagné de l’enchantement général qui a redonné le goût à la lecture à des millions d’enfants, et de l’effet incroyable du bouche à oreille qui a fait que ses premiers livres sont devenu cultes sans marketing ni publicité.
Sa magie s’étend en dehors du monde des livres. JK est une source d’inspiration pour tous, sorciers ou non, comme le montre son très bon discours à Harvard en 2008, ou elle explique les avantages de l'échec et l'importance de l'imagination:
Vous pouvez le voir en entier ou le lire sur le site du Harvard Journal. Dans ce discours, elle cite Plutarque: What we achieve inwardly will change outer reality (ce que l'on accompli à l'intérieur de soi changera la réalité extérieure. Une parole sage digne de Dumbledore pour conclure ce billet.
Jamie Oliver
Voici sept choses à savoir sur mon cuisinier britannique préféré, Jamie Oliver:
1. Jamie vends des livres comme des petits pains
À seulement 35 ans, Jamie a déjà publié plus de 14 livres de cuisine (tous basés sur ses émissions télés). Son petit dernier, Jamie's 30 Minute Meals, a remporté un tel succès qu'il est devenu le livre de non-fiction qui s'est vendu le plus vite au monde – devant le Guinness Book of Records. Plus de 735,000 exemplaires ont été vendus au Royaume-Uni en seulement quelques semaines à la fin de l'année dernière. Peut-être parce que ses livres sont extrêmement bien produits et mis en page, avec d'excellentes images et illustrations qui donnent vraiment envie de cuisiner. D’ailleurs, tous sont des best-sellers internationaux – ils ont été traduits en plus de 30 langues. Si vous n'avez jamais essayé une de ses recettes, je vous recommande Jamie's Dinners, un classique.
2. Jamie est tombé dans la marmite
Comme son père avant lui, Jamie a grandi dans un pub-restaurant. Il a passé toute son enfance à aider ses parents, Trevor and Sally, dans les cuisines de leur établissement The Cricketers à Clavering en Essex, pour se faire de l'argent de poche (lire une interview de sa mère). Apparemment, à l'époque il adorait traîner avec les cuistots et expérimenter avec les ingrédients, et raffolait de saumon fumé. Le pub (avec les parents de Jamie derrière les fourneaux) est toujours ouvert – et très mignon:



'As soon as I was old enough to peer over the worktops, I remember being fascinated by what went on in the kitchen. It just seemed such a cool place, everyone working together to make this lovely stuff and having a laugh doing it.' (Dès que j'ai été assez grand pour voir ce qu'il se passait sur les surfaces de préparation de la cuisine, je me souviens d'avoir été fasciné par cet univers. Ça avait vraiment l'air d'être un endroit sympa, où tout le monde travaillait ensemble pour préparer ces jolis plats en rigolant)
3. Jamie ne porte ni toques ni étoiles
Son surnom à l’origine, c’est the Naked Chef – le chef nu – parce que ses recettes sont toutes simples, et qu’il ne porte pas de toque. Un symbole qui reflète en fait complètement la philosophie de Jamie: il est du côté des cuisiniers de tous les jours, ceux qui n’ont même pas le temps d’enfiler un tablier, plutôt que des grands chefs coiffés de blanc qui se la pètent dans leurs restos où seuls les plus riches peuvent goûter à leurs plats étoilés.
D’ailleurs les chefs à toques lui font bien comprendre que malgré son énorme succès, il ne fait pas partie de leur club. Gordon Ramsay l’a déjà critiqué plusieurs fois (Jamie a rétorqué en disant que les livres de cuisine de la femme de Gordon, Tana, étaient bien meilleurs que ceux de son mari), et tout récemment, Marco Pierre White en a remis une tartine en disant que Jamie ne pouvait pas être pris au sérieux ni considéré comme un grand chef puisqu’il n’a jamais gagné d’étoiles Michelin.
4. Jamie se bat contre la malbouffe
Mais Jamie s’en fout des toqués. Il répond que la bonne bouffe bien faite, c’est pour tout le monde; que ce n’est pas si compliqué ni si cher que ça (tant qu’on a de bons ingrédients frais), et qu’il est plus important de se concentrer sur la cuisine de tous les jours, plutôt que celle des grandes occasions.
D’ailleurs le sujet le passionne tant, qu’il est parti en croisade contre la malbouffe. Son organisation caritative, la Jamie Oliver Foundation, a pour mission de faire connaître l’importance de la bonne nourriture et de la cuisine et de leur impact sur la vie de tous, en particulier les enfants et les personnes vulnérables, à travers des projets d’enseignement et d’apprentissage, et en fournissant des information claires et utiles à tous.
Jamie a commencé par créer un restaurant, Fifteen, en 2002, où les employés sont tous des jeunes en difficulté, rejetés par les fillières d’apprentissage plus traditionnelles. Le but: leur donner un coup de pouce et les compétence nécessaires pour faire carrière dans la restauration. C’est un vrai succès: il y a à présent trois restaurants, à Londres, en Cornouailles et à Amsterdam (j’ai testé Fifteen London, et c’était dé-li-cieux! Une bonne manière de faire une BA tout en se régalant). Chaque apprenti coûte plus de £20,000 à former, mais le restaurant (qui sert des plats italiens) fait assez de bénéfices pour reverser plus de £250,000 par an à l’association caritative.



Fifteen London est situé dans un magnifique ancien entrepôt près de Old Street
Et avec cet argent, Jamie s’est attaqué aux écoles et aux cantines scolaires, en montrant quelle daube était servie aux enfants. Sa campagne Feed Me Better a forcé le gouvernement britannique à interdire le junk food dans les écoles, à promettre de verser £280 millions pour transformer les cantines, et remettre des cours de cuisine dans le cursus scolaire. Ensuite, Jamie s’est attaqué à la base du problème: les gens ne savent plus cuisiner. Ses projets de Ministry of Food et Food Revolution (au États-Unis) se concentrent sur des cours de cuisine pour enfants et adultes et veulent convaincre les fans de fast food que c’est sympa, cool, économique et bon pour la santé de savoir cuisiner. Cela a énormément de succès et d'ailleurs un centre Ministry of Food mobile est sur le point d'ouvrir à Londres (à Stratford, le quartier pauvre qui accueille le site Olympique).
Voici le début du premier épisode Jamie's School Dinners, l'émission qui a transformé les cantines du Royaume-Uni:
Je me souviens en particulier de deux scènes effarantes dans cette série: des enfants ne reconnaissaient pas une branche de céleri ni un poireau; et une maman chargée par Jamie d'essayer une nouvelle recette, parcourait le supermarché dans tous les sens à la recherche de basilic – elle ne savait même pas que c'était une herbe. La campagne de Jamie commence déjà à porter ses fruits: à Greenwhich, les élèves ont de meilleurs résultats scolaires grâce à leur nouveau régime.
La dernière campagne de Jamie? Il aide son pote Hugh Fearnley-Whittinghsall dans son Fish Fight, une campagne pour changer la façon dont on consomme et l'on pêche les poissons (et en particulier forcer l'Union Européenne à changer le système des quotas, qui en ce moment fait que la moitié des poissons pêchés dans la mer du nord sont rejetés morts par dessus bord. Vous pouvez signez la pétition sur le site)
5. Jamie est un businessman
Certains disent que tout ça, c’est pour faire de la publicité. Mais bon Jamie roule sur l’or (£65 millions pour être exact), grâce à ses livres, ses émissions télés, ses Jamie's Italian restaurants, ses ustensiles de cuisine et son Party Plan, une sorte de club Tupperware (pour ses collections d’assiettes et accessoires de table), et ses contrats publicitaires avec les supermarchés Sainsbury’s… Bref, il a vraiment pas besoin de passer ses journées à se faire insulter par des parents d’élèves bornés et des dinner ladies (dames cantines) en colère.
Donc Jamie est plein aux as, et ses coffres se remplissent à vitesse grand V (sa fortune est passée de £40 millions en 2009 à £65 en 2010!) Mais en fait, cela fait depuis qu’il est tout petit que ses affaires roulent sur l’or: à 11 ans, il louait les casiers de ses copains à l’école pour pouvoir stocker des bonbons, qu’il revendait à ses camarades de classes au prix fort. Grâce à cette vente de sucreries, il se faisait £30 la semaine… pas mal pour un petit écolier.

Maintenant Jamie vend de tout, des sauces, du fromage, des assiettes et des casseroles...
6. Jamie aime les mots en -y
Depuis ses débuts, Jamie se fait critiquer pour son accent que l’on a appelle mockney (faux cockney). C’est un peu un truc de snob car en fait je dirait qu’il a le même accent de beaucoup d’Anglais d’origine working class. En tout cas, il a l’image d’un cheeky chappie (un type culotté) qui dit des choses comme easy peasy (super facile) et lovely jubbly (super chouette).
Il aime tellement les mots en –y qu’il a appelé trois de ses quatre enfants Poppy (Coquelicot), Daisy (Marguerite) et Buddy (Copain). La troisième fille s’appele Petal et la maman Jools (surnom de Juliette) au cas ou ça vous intéresse. Voici la petite famille:

Dans le vocab de Jamie il y aussi le mot proper (authentique, correct) et pukka (un mot d'argot londonien venant du Hindi pour parfait, de première classe). On décrit sa technique culinaire ainsi: il fait du bish bash bosh (du tac tac et tac?) c'est à dire que ces recettes sont très simples, et faites en deux temps trois mouvements.
7. Jamie partage ses recettes
Le mieux peut-être pour comprendre l'effet bish bash bosh, c'est de voir Jamie en action. Par exemple, regardez-le expliquer comment faire une tarte tatin aux bananes (vous trouverez la recette par écrit ici) pour son programme Ministry of Food. Bon c'est clair pour les grandes pâtissières c'est vraiment pas très intéressant, mais pour Mr Smith qui n'a jamais vu un rouleau à pâtisserie... et pour les gourmandes comme moi... Le truc de Jamie, c'est de savoir communiquer sa passion, d'être clair, d'expliquer comment se rattraper si on s'est trompé quelque part, et de constamment nous faire partager des recettes pleines de couleurs avec des idées toutes simples (genre mais pourquoi n'y avait-je pas pensé avant!).




Photos: David Loftus
Et le mieux, c'est qu'énormément de ses recettes sont disponibles gratuitement sur son site. Jamie a fait son apprentissage au River Café de Londres, un des restaurants italiens les plus réputés de la capitale. Ses recettes sont donc très souvent d'inspiration italienne (gratin de cannelloni, risotto aux champignons) mais y trouverez de tout: salade du Kerala croquante, frittata, cheesecake à la vanille... Bon appétit!
Stephen Fry

Qui d'autre que Stephen Fry pouvait détrôner Tony Blair de la liste de bestsellers britanniques? Intitulée The Fry Chronicles, l'autobiographie du célèbre acteur britannique est devenue numéro un dès sa publication, reléguant A Journey de Blair à la troisième place (après Lee Child et son roman 61 Hours). Voici donc sept choses à savoir sur Mr Fry (qui va bientôt jouer Mycroft dans le prochain Sherlock Holmes de Guy Ritchie)...
1. Stephen est un gentleman
Mr Fry, c'est un peu le stéréotype de l'Englishman qu'on se fait outre-Manche. Il parle avec un accent de Cambridge, est super poli, et dit des choses comme "Oh dear oh dear" et "Lovely!". Bref, celui que les Brits n'hésitent pas à nommer leur national treasure (trésor national), est un vrai gentleman. Mais attention, un gentleman excentrique, et très witty – plein d'esprit et d'auto-dérision. Un peu comme Oscar Wilde, son héros, qu'il a d'ailleurs joué dans le très bon film Wilde (1997). Écoutez-le vous expliquer 'How to be gorgeous' et vous comprendrez de quoi je parle:
2. Stephen est très drôle
Avec ses amis Emma Thompson et Hugh Laurie, rencontrés à Cambridge (où il étudiait la littérature), il s'est découvert un goût pour le théâtre et la comédie. Son duo comique avec Laurie, A bit of Fry and Laurie, a eu énormément de succès. Se sont ensuite enchaînés des rôles – entre autres – dans la série Blackadder avec son ami Mr Bean, le film V for Vendetta, et plus récemment Alice au Pays des Merveilles (il faisait la voix du Cheshire Cat). Bref, cela fait depuis la fin des années 1980 qu'il fait rigoler les Anglais.
3. Stephen est un grand geek

Fry fait 1m 96. Et il adooooore les ordis, téléphones, iPads et autres gadgets hi-techs.Pendant un temps, il a même écrit une colonne pour le Guardian, Dork Talk, sur le sujet. Il dit avoir acheté le deuxième ordinateur Mac vendu en Europe, a son propre site web depuis 1997, et son blog (sur lequel il a publié une dissertation de 6,500 mots sur les smartphones) depuis 2007. Il confesse: 'If I added up all the hours I've sat watching a progress bar fill up, I could live another life.' (Si j'additionnais toutes les heures que j'ai passées à regarder la barre de téléchargement se remplir, je pourrai vivre une seconde vie.)
Il aime aussi beaucoup la GNU, la Free Software Foundation – et Wikipedia, 'because I like to find out that I died, and that I'm currently in a ballet in China, and all the other very accurate and important things that Wikipedia brings us all.' (Parce que j'aime bien apprendre que je suis mort, et que je fais partie d'une troupe de ballet en Chine, et toutes les choses vraies et importantes que Wikipédia nous offre.) Vous pouvez lire ici ses autres pensées sur internet et les nouvelles technologies.
4. Stephen est le roi de Twitter
Stephen a 1,823,443 abonnés sur Twitter, où il se décrit comme acteur britannique, Lord of Dance, prince des maillots de bains et blogueur. Quand il a tweeté sur un roman de David Eagleman en septembre de l'année dernière, les ventes se sont envolées à plus de 6000 pour cent. Par ailleurs son dernier one-man show (la semaine dernière au Royal Albert Hall à Londres), est basé uniquement sur les tweets que ses abonnés lui envoient avant et pendant le spectacle.
Voici quelques exemples de ses messages, parfois informatifs (il poste souvent des liens pour des événements ou des associations caritatives):
'It's British Cheese Week! I could more easily live without trousers than I could live without British cheese' (C'est la Semaine du Fromage British! Je pourrai vivre plus facilement sans pantalon que sans fromage anglais)
... souvent geeky:
'I know that anyone who buys a Sony Vaio is asking for it, so I don't deserve sympathy, but it continues to be the worst PC experience ever.' (Je sais que n'importe qui qui achète un Sony Vaio cherche les emmerdes, donc je ne mérite pas vôtre sympathie, mais ça continue d'être l'expérience PC la pire de toute)
... ou des anecdotes triviales:
'All dolled up for a wedding today. Morning suit a bit roomy. Reminder of how appallingly corpulent I was. Topper still fits tho.' (Toute belle pour un mariage aujourd'hui. Le costard est un peu large. Un rappel de comment j'étais horriblement corpulent. Mais mon chapeau est toujours à la bonne taille.')
... et parfois mène combat – un tweet suffi et toute la communauté médiatique réagi:
'I gather a repulsive nobody writing in a paper no one of any decency would be seen dead with has written something loathsome and inhumane.' (Il paraît qu'un personage insignifiant et répugnant, écrivant dans un journal que personne de décent ne voudrait être aperçu en train de lire, a écrit quelque chose de inhumain et exécrable.)
Fry faisait ici allusion à un article de la "journaliste" Jan Moir paru dans le Daily Mail, qui s'attaquait à la Stephen Gately, un chanteur de boyband décédé la semaine précédente, parce qu'il était gay. Son tweet à provoqué un énorme scandale, avec des centaines de personnes portant plainte contre le journal, accusant Moir de diffamation et incitation à la haine.
5. Stephen is a know-it-all...
Stephen a eu une enfance à la fois priviligiée (école privée, bonne famille) et difficile (il est gay et a mis du temps à assumer sa sexualité; il est aussi atteint de trouble bipolaire). Il s'est réfugié dans les livres, passant ses nuits à bouquiner. Ce qui fait qu'aujourd'hui c'est un know-it-all (un monsieur je sais tout). Du coup, son rôle en tant que présentateur de l'émission QI (Quite Interesting; un quizz show qui mêle humour et questions style Trivial Pursuit) lui va à ravir.
6. Stephen lit Harry Potter
Stephen est le lecteur officiel de la saga Harry Potter. Ses audio-books (un support très populaire au UK, parfait pour un long voyage en train par exemple...) ont d'ailleurs gagné pleins de prix, car Stephen sait raconter les histoires, et fait lui-même les voix de tous les personnages:
'I do enjoy the soft wisdom of Dumbledore, but Dobby the house elf in The Chamber Of Secrets was good fun too. Actually, I enjoy Hermione as well. And Hagrid. And Lucius Malfoy - damn it, they're all good fun.' (J'aime la sagesse douce de Dumbledore, mais Dobby l'elfe dans La Chambre des Secrets était très drôle aussi. En fait, j'aime aussi faire la voix d'Hermione. Et Hagrid. Et Lucius Malefoy – damn it, ils sont tous sympa à jouer.)
Son accent très posh aux syllabes bien découpées est très facile à comprendre, je vous recommande d'ailleurs une petite audio-lecture si vous avez besoin de perfectionner votre anglais. Écoutez un extrait.
7. Stephen conduit un black cab

Photo: John Hooper
Stephen se promène à Londres dans un taxi noir typique de la capitale. L'idée, c'est de passer inaperçu, et Fry avoue qu'il se parque parfois sur les stands de taxis et utilise même les voies réservées aux bus et aux taxis... Il a récemment emmené son black cab aux États-Unis, pour l'émission Stephen Fry in America (où vous pouvez le voir en conversation avec Morgan Freeman). Donc si vous voyez FRY écrit en gros dans la petite lumière jaune d'un black cab dans les rues de la capitale, vous saurez qui est derrière le volant...
Naomi Campbell

Photo Vincent Kessler/Reuters
Bon cela fait des semaines qu’on nous bassine avec Naomi et ses diamants. Après David Cameron et Wayne Rooney, c’est donc le moment parfait pour apprendre sept choses sur Naomi Campbell:
1. Naomi a choisi sa famille
Naomi est une sarf (south) london girl: elle vient de Streatham, pas loin de Brixton, dans la banlieue sud de Londres. Sa mère est une danseuse d’origine jamaïcaine qui a eu Naomi à 19 ans et qui était souvent absente car en tournée de par le monde. Elle n’a jamais connu son père, qui serait jamaïcain d’origine chinoise. Elle considère les producteurs Quincy Jones et Chris Blackwell comme ses pères adoptifs, et Nelson Mandela comme son grand-père adoptif. Elle était aussi très proche de Gianni Versace et Yves Saint Laurent.

Noami et sa mère Valerie
À 40 ans, Naomi songe maintenant à fonder une famille avec son compagnon du moment, le milliardaire russe Vladimir Doronin. Ses conquêtes précédentes se nomment Mike Tyson (boxeur), Robert De Niro (acteur), Mohammad Al Habtoor (businessman), Joaquim Cortes (danseur), Flavio Briatore (manager de Formule 1) et Adam Clayton (bassiste de U2).
2. Naomi est une supermodel
C’est même la seule supermodel à la peau noire. Et dans l’univers raciste de la mode, ce n’est pas rien. Elle fait partie des Big Six (avec Claudia Schiffer, Cindy Crawford, Kate Moss, Linda Evangelista, et Christy Turlington), mais contrairement à ses collègues les supermodels blondes, Naomi a dû se battre pour s’imposer.
Sans l’aide de Christy Turlington and Linda Evangelista, qui refusaient de défiler si les agents de castings ne voulaient pas de Naomi ("No Naomi; no Christy or Linda."), Naomi n’aurait jamais pu participer aux défilés de beaucoup de ‘grands’ couturiers. Sans son ami et mentor Yves Saint Laurent, elle n’aurait jamais pu figurer sur la couverture du magazine Vogue français d’août 1998 (ci dessous), le magazine refusant d’afficher un mannequin noir en une.

L’année dernière, Naomi, qui dit souvent avoir été inspirée par le mannequin Iman, a déclaré dans le magazine Glamour: ‘You know, the American president may be black, but as a black woman, I am still an exception in this business. I always have to work harder to be treated equally.’ (Vous savez, le président américain a beau être noir, moi, en tant que femme noire, je suis toujours une exception dans cette industrie. Je dois toujours travailler plus pour être considérée égale aux autres.)
Tout ça après 25 ans de carrière... Toutes les statistiques (et ce documentaire, The Colour of Beauty) lui donnent raison.
3. Naomi a un grand sourire

Style.com
Contrairement à beaucoup de ses collègues qui font des têtes de zombies, Naomi défile souvent avec un sourire en coin – quand elle ne rigole pas pendant les défilés. Et c'est vrai qu'avec un sourire comme ça, pourquoi se priver... Elle apporte donc de la bonne humeur et peut-être un soupçon d'ironie (il me semble que plus les robes qu'elle porte sont excentriques, plus le sourire est narquois).
Elle n'a pas peur de montrer ses émotions pendant les défilés, pleurant durant le premier show de Donatella Versace après la mort de son frère et rigolant durant le dernier défilé d'Yves Saint Laurent. Bon d'accord, parfois Naomi montre un peu trop ses émotions...
4. Naomi est colérique

Naomi est connue pour ses grosses colères contre ses employées sur lesquelles elle balance des téléphones portables, et ses coups sur des policiers qui tentent de la calmer quand ses bagages n'arrivent pas à l'aéroport. Elle a été condamnée plusieurs fois à des amendes et des peines de travaux d'intérêt général. Mais comme le prouve cette photo, elle ne se prend pas trop au sérieux.... et a du culot.
Elle explique tenter de trouver des solutions à son problème, car: 'Anger is a manifestation of a deeper issue... and that, for me, is based on insecurity, self-esteem and loneliness.' (Mes colères sont une manifestation d'un problème plus profond... et pour moi, cela est basé sur le sentiment d'insécurité, le manque d'estime de soi et la solitude). Comme quoi, être riche et belle ne résout pas tous les problèmes...
5. Naomi a dansé avec Bob!
À l’age de 7 ans, Naomi est apparue dans le clip de Is this Love de Bob Marley. La classe, non? En tout cas c’est une bonne excuse pour revoir ce clip classique de Bob Marley tourné à Londres en 1978 avec une ribambelle d’enfants de toutes les couleurs...

Elle est aussi apparue dans les clips de George Michael, Aretha Franklin, Michael Jackson, Macy Gray, Madonna and Jay-Z. Bref...
6. Naomi ne chôme pas
Naomi bosse dur et exploite ses multiples talents:
• elle danse: elle étudiait le ballet lorsqu’elle s’est fait repérer à 16 ans par l’agence de mannequin.
• elle chante: sa chanson Love and Tears (plutôt nulle, mais pas bien pire que celles de Madonna) s'est fait démolir par les critiques, mais s'est quand même vendue à plus d'un million d'exemplaires dans le monde; son album a même fait un hit au Japon.
• elle écrit: son roman Swan paru en 1994 raconte la vie d'une supermodel. Bon d'accord, c'est plutôt l'auteur Caroline Upcher qui l'a écrit, Naomi expliquant un peu plus tard: 'I just did not have time to sit down and write a book.' (Je n'avais tout simplement pas le temps de m'assoir et d'écrire un livre).
• elle utilise son image et ses contacts pour promouvoir de nombreuses organisations charitables, de Nelson Mandela Children's Fund et Breakthrough Breast Cancer à Atlha Onlus, We Love Brazil, et Fashion For Relief – de quoi faire pâlir Angelina.
7. Naomi a reçu des diamants
D'après ce que j'ai compris, Naomi aurait reçu des diamants au milieu de la nuit après un dîner avec Nelson Mandela où le dictateur Charles Taylor se serait invité. Elle les a ensuite remis à la fondation de Nelson Mandela. Son seul tort serait d'avoir menti en disant qu'elle ne savait pas que les diamants venaient de Charles Taylor. Elle se justifie en disant qu'elle ne veut rien avoir à faire avec Charles Taylor - et là je crois que tout le monde la comprend...
Pourquoi cela fait-il tout un foin? Les journalistes préfèrent sans doute éviter de s'en prendre à un général cruel et sanguinaire à l'origine d'une guerre qui a fait plus de 400 000 morts.
Mais certains spécialistes de la communication disent que la présence de Naomi Campbell aurait été bénéfique à la couverture médiatique du procès, et un très bon prétexte pour faire parler du problème des 'blood diamonds', qui serait sans doute passé largement inaperçu cet 'été.
Wayne Rooney

“Nice to see your own fans booing you. If that's what loyal support is ... for fuck's sake."
“Ça fait plaisir de voir ses propres supporters vous huer. Si c’est ça du soutien loyal... bordel de merde.”
Voilà comment le footballeur chéri des Anglais s’est adressé aux caméras en quittant la pelouse après son match décevant contre l’Algérie. Ça n’a pas fait plaisir aux supporters, qui pour beaucoup avaient dépensé toutes leurs économies pour suivre leur équipe à l’autre bout du monde. Rooney s’est vite excusé...
Voici 7 choses à savoir sur Wayne Rooney:
1. Rooney parle comme un charretier
Wayne, ou plutôt Wazza comme on l’appelle parfois ici, a une ‘filthy mouth (une bouche très sale: il dit beaucoup de gros mots). Il engueule les arbitres, insultes les joueurs, et s’énerve au moindre problème. Ses fans disent que c’est parce qu’il est passionné par son boulot, les autres disent qu’il est “bad-tempered” (qu’il a un mauvais caractère). Lors d’un seul match à Arsenal en 2005, Rooney a été filmé insultant l’arbitre plus de 20 fois. “Fuck you” semble être son insulte de choix.
2. Rooney marque des buts depuis tout petit

Rooney (droite) avec ses deux frères (© Liverpool Daily Post)
Il commence sa carrière à dix ans, en jouant dans la catégorie schoolboys du Everton football club. Juste avant son 17ème anniversaire, Rooney marque un but contre Arsenal et devient le plus jeune buteur dans l’histoire de la Premier League. Quelques mois plus tard, Rooney devient le plus jeune joueur de l’équipe d’Angleterre en 2003. Apparemment, Rooney a marqué 148 buts depuis ses débuts en 2002. Et comme il n’a seulement que 24 ans, il a le temps d’en marquer d’autres. Pour comparer, David Beckham n’en a marqué que 116 de toute sa carrière. Un fan vous a préparé une vidéo de ses 10 meilleurs buts.
3. Rooney aime les choco pops
L’autre jour Wazza a révélé son repas d’avant-match: “I tend to just have cereal before a game, probably a bowl of coco pops. The normal ones, not the moons and stars.” “D’habitude je mange des céréales avant un match, souvent un bowl de coco pops. Les normales, pas celles en lunes et étoiles.”
4. Rooney fut très pauvre...
Wazza a grandi à ‘Crocky’ (Croxeth), une banlieue pauvre de Liverpool connue pour ses problèmes de drogues, gangs et armes. Il vivait avec ses deux frères, sa mère Jeannette (une dinner lady: dame qui travaille à la cantine de l’école) et son père Thomas (un ouvrier du bâtiment souvent au chômage) dans une maison du council (équivalent des HLMs).

La rue ou vivait Rooney (© Ian Hodgson) et la fenêtre de sa chambre d'enfance (© Paul Lewis)
5. ...et est maintenant très riche
Maintenant, Rooney vit dans une maison coûtant £4.25 millions dans le Cheshire. Il y aurait dépensé plus de £50,000 pour transformer la pelouse: il voulait qu'elle soit exactement la même que celle du stade Old Trafford à Manchester.

© Cavendish Press
Rooney gagne £90,000 par semaine en travaillant pour Manchester United. À cela il faut rajouter £760,000 chaque six mois pour ses droits d’image; £1 million par an pour ses pubs pour Nike (il fait aussi de la pub pour Coca-Cola et EA Sports, entre autre); £3.55 millions en avances pour ses livres, y compris son autobiographie, My Story So Far. Sa femme Colleen, elle aussi de Croxeth, gagne £50,000 par mois pour ses rubriques pour OK! et Closer, et a déjà empoché £8 millions pour ses livres, pubs et émissions télé.
En anglais, c’est ce qu’on appelle une rags-to-riches story: une histoire qui passe de la misère (rags: chiffons) à la richesse, un conte de fée.
6. Rooney n’a pas le droit de parler de sa religion
Issu d’une famille d’origine irlandaise, Rooney est catholique. Durant les entraînements il porte souvent une sorte de rosaire ou une croix. Il a même révélé dans une émission télé qu’il avait pensé devenir prêtre si sa carrière de footballeur n’avait pas marché. Mais la Football Association l’empêche de s’étendre sur sa religion, et bien sûr il n’a pas le droit de porter des signes religieux pendant les matchs.
7. Rooney a de beau tatouages
Wazza a plusieurs tatouages, dont une croix, le nom de sa femme, et des ailes d’ange avec le nom de son fils, Kai. Il a aussi un tatouage des mots: “Just enough education to perform” (Juste assez d’éducation pour fonctionner). C’est le titre d’un album de son groupe préféré, the Stereophonics, et une belle référence au fait qu’il est sorti de l’école sans même avoir un GSCE (équivalent du brevet). Il n’avait pas vraiment le temps d’étudier car il s’entraînait déjà 3 jours par semaine. Il a quand même eu le temps de lire l'autobiographie de Muhammad Ali, qu'il dit être son livre préféré. Pas surprenant quand on sait qu'en plus d'être d'immenses supporters d'Everton FC, son oncle et son père sont boxeurs.
> Cet article du Spiegel (en anglais) raconte bien l'histoire de Rooney
David Cameron
Sept choses à savoir sur le nouveau premier ministre du Royaume-Uni:
1. David a du sang bleu
Daily Mail
Dave est l'arrière-arrière-arrière-arrière-arrière petit fils du roi William IV, ce qui fait de lui le cinquième cousin au deuxième degré de la Reine. Il aime aller chasser les cerfs dans le grand domaine écossais de son beau-père, le Vicomte Astor. Sa mère est fille d'un baronnet et elle est issue d'une longue lignée de parlementaires conservateurs.
2. David est très très très riche
Dave est le rejeton d'une grande famille de la finance. Ce qui explique en partie pourquoi son compte en banque est bien rempli. Certaines sources disent qu'il vaut pas moins de £30 million. Il habite avec sa famille dans une maison londonienne qui vaut £2 million (il n'a pas d'hypothèque...) Ce qui ne l'a pas empêché de réclamer sa part de note de frais sur sa belle résidence secondaire...
3. David est un fils à papa
Dave s'est fait pistonner dès le départ: son premier stage, c'était pour son parrain le parlementaire Tim Rathbone, puis il s'est envolé pour Hong Kong pour travailler pour la compagnie Jardine Matheson (son père connaissait le CEO). Ensuite, les amis de la famille ont sans doute donné quelques coups de pouce pour aider le brillant et ambitieux petit à faire carrière chez les Tories, et dans les relations publiques chez Carlton Communications.
4. David était un élève studieux 
Chanel 4
A sept ans, David s'est installé à l'école Heatherdown, un pensionnat chic où étudiaient également les princes Andrew et Edward. Il y avait de très bonnes notes et a vite rejoint l'élite de la nation à Eton, la fameuse école à la réputation aussi élevée que le prix de ses frais de scolarités, située en face du château de Windsor. Il y a d'ailleurs été puni pour avoir fumé du cannabis. Ensuite, il a continué ses études de Philosophie, Politique et Économie à Oxford où il était aussi le capitaine de l'équipe de tennis.
5. David a de drôle d'amis

Dave faisait partie du Bullingdon Club à Oxford. Cette association d'étudiants très riches est connue pour ses dîners énormément arrosés qui finissent bien souvent avec de la vaisselle cassée.
Sur la photo (dont les propriétaires ont empêché les journaux britanniques de la publier):
1. the Hon. Edward Sebastian Grigg, the heir to Baron Altrincham of Tormarton and current chairman of Credit Suisse (UK)
2. David Cameron
3. Ralph Perry Robinson, a former child actor, designer, furniture-maker
4. Ewen Fergusson, son of the British ambassador to France, Sir Ewen Fergusson and now at City law firm Herbert Smith
5. Matthew Benson, the heir to the Earldom of Wemyss and March
6. Sebastian James, the son of Lord Northbourne, a major landowner in Kent
7. Jonathan Ford, the-then president of the club, a banker with Morgan Grenfell
8. Boris Johnson, the-then president of the Oxford Union, now Lord Mayor of London
9. Harry Eastwood, the investment fund consultant
Dave serait aussi membre, avec le Prince Charles et ses fils, du gentleman's club White's à Mayfair.
6. David fait du vélo, parce qu'il est écolo

Daily Mail
Mais il conduit parfois dangereusement et est suivi par une voiture qui transporte ses gros dossiers.
7. David est pragmatique
"I'm a practical person, and pragmatic. I know where I want to get to, but I am not ideologically attached to one particular method." Je suis une personne pratique et pragmatique. Je sais ou je veux arriver, mais je ne suis pas attaché de manière idéologique à une méthode particulière. Autrement dit: je sais retourner ma veste.
Je pense que l'on aura pas mal d'occasions de voir ce pragmatisme/opportunisme en pleine action ces prochains mois...
Et la prochaine fois, je me pencherais sur Nick Clegg, le nouveau Deputy Prime Minister...
> L'article du Daily Mail sur la famille de David Cameron
> Portrait de Dave au vitriol du Mirror
> Un portrait de Cameron par la BBC
> Cameron et ses amis par The Times
> Les faux posters de David, décidement je ne m'en lasse pas...
> On se moque bien de David, qui ressort des anecdotes du style "J'ai rencontré une mère célibataire qui m'a dit..." J'ai rencontré un homme noir qui m'a dit..." à chaque débat. Ce generator en invente de plus vraies que nature...
