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Les pièces de Shakespeare évoquent des mondes inconnus, des Italiens fringants, des trahisons politiques et des histoires d’amour drôles ou tragiques. Et tout cet univers, plus celui de l’auteur lui-même – le Londres du 17ème siècle – s’anime merveilleusement grâce à la série d’objets et de tableaux rassemblés par le British Museum pour son exposition Shakespeare: Staging the World.

Ou comme l'explique l'introduction officielle, en VO: "William Shakespeare is Britain's greatest cultural contribution to the world. We know that the plays were written by an actor from Stratford-upon-Avon, but this exhibition focuses on his world more than his life. Working in collaboration with the Royal Shakespeare Company, we have created a dialogue between the imaginary worlds of Shakespeare's plays and objects from the real world in which he and his audiences lived. We now view the globe through television and the internet, but in Shakespeare's time the world was staged on the bare platform of the Globe Theatre."

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"My house within the city/Is richly furnished with/plate and gold/Basins and ewers to lave/her dainty hands
(
The Taming of the Shrew)

On se plonge d’abord dans le Londres élizabéthain: après une des premières éditions des oeuvres du Barde (datant de 1623) et le seul manuscrit écrit de sa main en existance, on peut admirer une magnifique carte de Londres montrant l’emplacement du Globe Theatre, suivie d’un poster pour un spectacle de combat d’ours (qui avaient lieu dans les même théâtres, 'ces O de bois'); une épée et un poignard repêchés dans la Tamise; ainsi qu'une fourchette et un jeu de dés trouvés dans le théâtre...

Ensuite, les mots de Shakespeare s’envolent hors des pages, grâces à des petits films et enregistrements d’acteurs de la Royal Shakespeare Company, et des objets tous simplement magnifiques qui auraient pu servir d’inspiration à Shakespeare: un portrait de l’ambassadeur marocain de l'époque, rappelant Othello; des ducats et une petite balance qu’aurait pu utiliser Shylock pour compter ses sous, des aquarelles de fleurs et des vestes brodées qu’aurait sans doute admiré Perdita; un coeur de veau piqué d’aiguille, qu’auraient pu utiliser les sorcières de Macbeth.

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On y apprend qu’il y avait à l’époque 900 Africains à Londres sur une population de 200,000; et que les histoires de Shakespeare, qu’elles soient située à Venise ou en Égypte ancienne,  parlaient surtout de sujets d’époque: les complots royaux, les tentatives de coups d’état comme le Gunpowder Plot. La pièce finale de l'exposition: la Robben Island Bible, un tome des oeuvres de Shakespeare lu par les prisonniers de l’ANC dans leur prison de Robben Island, avec leurs passages préférés soulignés...

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En tout cas j’ai adoré voir un ‘ABC’, un petit hornbook pour apprendre à lire; ainsi que le ‘sword from Spain’, une rapière espagnole magnifique; admirer la maquette du bateau du roi en écoutant les imprécations des sorcières (Thous his bark cannot be lost, yet is shall be tempest-tossed, Macbeth); les chaussures à talon vénitiennes; et la corne de narval, 'preuve' de l’existence des licornes...

Les photos de ce billet sont tirées de l'album Flickr de Swamibu. Vous pouvez y voir tout plein d'autres trésors, y compris la corne de licorne et le petit ABCédaire.

> Shakespeare: Staging the World. Jusqu'au 25 Novembre, £14, British Museum. Métro: Tottenham Court Road, Russell Square.