mercredi 14 décembre 2011

The Snowman

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Chaque Noël à la télé anglaise on peut voir le même dessin animé: The Snowman. Ce grand classique de Christmas, c'est l'histoire d'un petit garçon qui fabrique un bonhomme de neige. Lorsque minuit sonne, le bonhomme devient vivant, et le petit l'invite chez lui avant de faire un tour en moto et de s'envoler pour une fête de bonshommes de neige et le pays du père Noël...

The Snowman, c'est d'abord un très beau livre de Raymond Briggs, datant de 1978:

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Le livre à ensuite été adapté en dessin animé par Diane Jackson en 1982. Tout comme le livre, le dessin animé de 26 minutes est muet mais avec une musique originale de Howard Blake. Voici le début, qui commence avec le petit garçon devenu grand qui se souvient des ses aventures... Ici, c'est David Bowie qui présente le film!

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Mais la partie la plus connue du film, c'est quand le bonhomme s'envole avec le petit garçon, survolant le pays sous la neige, la ville de Brighton et son pavilion, et enfin s'aventurant dans un paysage arctique avec baleine bleue, iceberg, aurores boréales et pingouins. Le tout se déroule en chanson, Walking in the Air (la seule du dessin animé), chanté par un petit choriste de la cathédrale Saint Paul. Une séquence qui met obligatoirement la larme à l'oeil aux Anglais...


Enfin, The Snowman c'est aussi un spectacle, qui est donné chaque année depuis 1997 pour Noël au Peacock Theatre de Londres. Comme le livre et le film, c'est un show sans paroles –  à part la fameuse chanson – mais avec des effets spéciaux sympa et de nouveaux personnages. On m'en a dit le plus grand bien, et les critiques de théâtre comme les enfants adorent. Si vous voulez y emmener vos mioches, c'est jusqu'au 8 janvier au Peacock Theatre, métro Holborn...

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samedi 10 décembre 2011

London, A Pilgrimage, de Gustave Doré

London

Au 19ème siècle, le plus célèbre des illustrateurs et graveurs européen était un Français, Gustave Doré. Un jeune artiste si doué que les maisons d'éditions britanniques, russes ou allemandes eurent vite fait de lui commander des centaines de dessins. À Londres, on lui demanda d'abord d'illustrer les écrits de Byron, ainsi que d'une bible en anglais. Celle-ci connu un énorme succès, qui permis à Doré d'avoir sa propre galerie d'art dans le centre de Londres. Mais surtout, son travail vint à l'attention d'un journaliste, Blanchard Jerrold, qui lui demanda en 1869 de travailler avec lui sur un portrait de la capitale.

Le contrat exigeait de Doré d'habiter à Londres trois mois par an, pendant cinq ans, pour travailler sur le projet – en échange, il reçu l'énorme somme de £10,000 par an. Le résultat est une série de 180 gravures, London: A Pilgrimage, publié en 1872. Un bestseller, il fut critiqué par de nombreuses personnalités pour sa représentation de la ville trop axée sur ses pauvres et ses taudis. Aujourd'hui, ce livre est considéré comme un de ses chefs-d'oeuvres, et c'est un véritable trésor pour les historiens comme pour les Londoniens. Il dresse un portrait de la capitale à un tournant de son histoire, en pleine industrialisation, avec une population passant du simple au double, alors qu'elle représentait le futur des villes du monde entier.

Certaines scènes sont dignes de l'enfer de Dante (également illustré par Doré), d'autres sont féeriques. Voici quelques unes de ces fameuses gravures, pour vous donner une idée. Tout d'abord, Big Ben, Westminster Bridge et une foule de bateaux à vapeurs sur la Tamise:

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Ou encore les premiers métros, avec une foule de travailleurs se pressant pour embarquer:

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London Bridge, vu de la rive sud, avec le Monument et la City à l'horizon:

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Le travail dans les docks de Londres (vous pouvez encore voir les entrepôts à Shad Thames ou Wapping):

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Ainsi qu'une fameuse illustration des maisons de briques en terrace typiquement anglaises:

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On trouve des portraits de travailleurs de rue, comme les vendeuses de lavande et de fleurs; un homme sandwich, une vendeuse d'oranges, et un vendeur de papier attrape-mouches:

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Les marins au travail à Greenwich:

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Le marché aux poissons de Billingsgate, et un joueur d'orgue de barbarie:

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Une rue marchande de Seven Dials, à Covent Garden, où il y avait déjà des vendeurs de chaussures:

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Deux vues de la cathédrale Saint Paul:

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L'intérieur d'un coffee house, les pubs de l'époque:

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Les rues pauvres du East End:

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Les riches au bal et au bord de l'eau

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Et encore et toujours, les rues bondées, les embouteillages et la foule, partout:

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> London, A Pilgrimage, par Blanchard Jerrold et Gustave Doré, réédité par Anthem en 2005.

Vous avez aimé Doré? Vous aimerez peut-être mon post sur Wolf Suschitzky...

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vendredi 11 novembre 2011

Stitch London

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Ce petit soldat m'a fait tellement rigoler quand je l'ai vu l'autre jour que je me suis dit qu'il fallait que je vous parle de ce projet, Stitch London, un livre qui expliquera au tricoteurs et tricoteuses comment fabriquer un soldat de la reine – et même la reine et ses corgis – ainsi que des pigeons, renards et petites souris de Londres... Voici la reine devant Buckingham Palace, avec mini union jack:

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Une petite souris du métro, sur sa jolie moquette TFL:

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Une écharpe porte-Oyster card, et des petits bobbies:

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Et même Tower Bridge, Big Ben et une cabine de téléphone en maille!

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Quelle classe! (et quelle patience!) L'auteur du livre, Lauren O'Farrell, est la fondatrice du club de tricoteurs Stitch London, une artiste de rue spécialisée dans le knitting graffiti, et bien sûr une tricoteuse experte. Regardez-la fabriquer Cooey the Pigeon, la mascotte du livre (c'est beau à voir même si on se fiche des pelotes et des aiguilles):

Bref, de quoi vous occuper pendant les longues soirées d'hiver... En tout cas moi je préfère laisser ça aux pros. Si vous voulez d'autres idées de tricots, lisez mon message de l'année dernière sur le magasin Loop et les chiens tricotés...

> Stitch London, £14.99, publié par David & Charles, vendu avec tout le matériel nécessaire pour fabriquer un Cooey the Pigeon (mais oui, je le sais que vous avez toujours rêvé de savoir tricoter des pigeons londoniens!)

ET AUSSI: LIFE IN A DAY

Filmez votre journée de demain, envoyez le résultat à la BBC et vous pourriez faire partie d'un documentaire de la chaîne sur Britain in a day... (Un jour de la vie de la Grande Bretagne, sur vos écrans l'année prochaine). C'est inspiré d'un documentaire que je n'ai pas encore vu mais dont on m'a dit le plus grand bien, Life In A Day du Britannique Kevin McDonald...Vous pouvez le voir en ligne gratuitement depuis septembre dernier; le film a gagné tout pleins de prix et je me réjouis de le voir.

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samedi 22 octobre 2011

Jamie's Great Britain

Jamie

Bon je l'avoue, j'ai pas pu résister, j'ai craqué devant le nouveau tome de Jamie Oliver. Mon excuse? Il était en solde. Et puis aussi, il faut bien que je le teste pour le blog et mes chers lecteurs... Résultat: un énième livre de cuisine sur mon étagère... alors, qu'en est-il?

Bon ben au point de vue de la production, c'est magnifique comme d'habitude: la mise en page et les photos sont toutes de très très bonne qualité – un point essentiel lorsqu'on sait que les livres de cuisine sont plus regardés qu'utilisés:

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Après avoir exploré les cuisines italiennes, espagnoles ou américaines, Jamie se penche enfin sur ses terres natales – et tombe à pic entre le fameux mariage et les JOs, quel businessman redoutable:

'It has been a long time coming, but sometimes it takes a few decades of looking at other countries to realise how wonderful your own really is," he said as he promoted a book accompanying the series. For many years now, I've been making TV series' about the food from other countries and I've also been defending British food against its reputation overseas. We've got fantastic food here in Britain and it's time we celebrated it, especially as we’ll have the eyes of the world on us in 2012.' 'Cela a mis du temps, mais parfois cela prend quelques décennies à regarder les autres pays pour réaliser combien notre propre pays est merveilleux. Cela fait des années que je fait des séries télés sur la cuisine des autres pays, et que je défend la cuisine britannique contre sa mauvaise réputation. Nous avons une gastronomie fantastique ici en Angleterre, et c'est le moment de la célébrer – surtout que le monde entier aura les yeux sur nous en 2012.'

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Il n'y a pas besoin d'acheter le livre pour essayer ses recettes: vous en trouverez deux sur le site, la Kate & Will pie et la Leigh on Sea Sole. Ce petit aperçu de quelques pages du livre en contient bien d'autres, également disponibles gratuitement. Vous trouverez dans le livre une douzaine de chapitres différents (petit déjeuner, salades, soupe, sunday lunch, légumes, afternoon tea etc) contenant des recettes comme le full english breakfast, Victoria sponge, choux rouge et bacon, ainsi que des plats comme des crèpes yemeni, ou du poulet rôti au curry, ou du jerk-dressed pork d'inspiration caribbéenne:


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J'ai énormément aimé feuilleter ce livre (l'introduction est très bien écrite), mais je me suis aussi mise aux fourneaux. On a décidé d'essayer le plat suivant: Soupe de petits pois et jambon...

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...en se basant sur le fait qu'on aurait jamais eu l'idée de le préparer, et que jusqu'à présent toutes les recettes de Jamie que nous avons essayé ont été délicieuses. Encore une fois, nous n'avont pas été déçus, c'était facile à faire et savoureux, plein de umami. Un bon plat pour l'hiver...

Évidemment, la sortie du livre s'accompagne d'une série télé (ça commence mardi 25 à 21h sur Channel 4, pour les fans basés de ce côté-ci de la Manche), dont voici la bande-annonce rigolote:

Les six épisodes verront Jamie visiter le Yorkshire, les East Midlands, l'Essex and l'East London, Bristol et le Somerset, la South Wales and les Scottish Borders à la recherche des traditions gastronomiques du pays. Il cuisinera à l'écran les plats suivants: bubble and squeak, steak and kidney pie, Eccles cake, scones et un arctic roll. Je confirme, pas plus Roastbeef que ces dishes!

> Jamie's Great Britain, £30, Penguin/Michael Joseph. M'est avis qu'une version paperback beaucoup moins chère sortira juste à temps avant Noël, un bestseller assuré...

> Et sinon, pour plus de recettes britanniques, pourquoi ne pas essayer une recette Londres Calling? Explorer le chapitre Cuisine, ou vous trouverez des recettes de saison, comme la butternut squash soup, ou le blackberry and apple crumble...

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mardi 11 octobre 2011

London Unfurled

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Ce très joli petit livre sur Londres, London Unfurled (unfurled signifie déplié, déployé), est un projet de l'architecte italien Matteo Pericoli. Après avoir planché pendant des mois sur ses dessins de New York pour son livre précédent, Manhattan Unfurled, l'artiste s'est attaqué à Londres. Le résultat est un livre en accordéon de 11m de long. De chaque côté de ce dépliant, un portrait de la capitale à travers ses rives nord et sud:

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Pericoli a passé des heures et des heures le long de la Tamise (de Hammersmith Bridge au Millenium Dome) pour prendre plus de 6,000 photos – photos qu'il a ensuite transformé en une série de dessins noir et blanc très détaillés:

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Tout y est, y compris 19 ponts et des centaines de buildings, dans les moindres détails. Voici une vidéo du dessin de la City, qui a pris à Pericoli plus d'une semaine à esquisser:

Le livre sort également sous forme d'application iPad, avec des commentaires audio de l'artiste et de quelques écrivains londoniens comme Will Self, ainsi que des descriptions des bâtiments importants:

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> London Unfurled, de Matteo Pericoli, publié par Picador, £25 (livre); £7.99 (iPad app)

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lundi 22 août 2011

Little Miss... London

 

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Coucou! Je vous présente Little Miss London, mon hommage au Mr Men et Little Miss (les Monsieurs Madames) de Roger Hargreaves, qui fêtent ce mois-ci leurs 40 ans. Avec leurs illustrations très colorées et toutes simples, les petits livres se sont vendus comme des petits pains: plus de 120 millions d'exemplaires traduits en 14 langues (no 2 des bestselling British authors derrière JK Rowling). Aujourd'hui, un livre Mr Men est vendu toute les 2.5 secondes autour du monde.

Tout a commencé quand le fils de Roger, Adam, demanda à son papa à quoi ressemblait une chatouille (tickle). Le dessin qui lui fit, et qu'il transforma en livre, Mr Tickle, fut un succès instantané. Apparemment, une chatouille cela ressemble à ça, un bonhomme orange avec de long bras qui gigotent (en chinois! ci-dessous):

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Il s'en est suivi 47 autres Monsieurs, puis à partir de 1981, 42 Little Misses. Du coup il y en a du monde à Misterland aujourd'hui:

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Dans les années 1970, la série Mr Men a été adaptée pour la télévision. Un classique! L'acteur Arthur Lowe raconte les histoires à la perfection, comme celle de Mr Tickle bien sûr. "Today is very much like a tickling day, he thought to himself" (Aujourd'hui, c'est vraiment un jour à chatouilles, se dit-il)...

Il y a presque toute la série sur Youtube...

Les couvertures toutes simples des Mr Men et Little Miss sont reconnaissables entre mille... mais pouvez-vous me donner le nom des ces 10 personnages (réponses à la fin du message?

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Le petit Adam est devenu grand, et c'est lui qui depuis la mort de son père en 1985 dessine les Mr Men... Sa famille à vendu les droits à la compagnie Chorion pour presque £28 millions, ce qui explique sans doute le nombre de marchandises Mr Men que l'on trouve un peu partout. Mes coups de coeurs (tous trouvés sur amazon...): le parapluie, le tablier, le T-shirt Abbey Road, les tasses et les boutons de manchettes:

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Réponses: zoomez sur le poster des Mr Men, ou: 1. Mr Nobody/Monsieur Personne 2. Little Miss Chatterbox/Madame Bavarde 3. Mr Daydream/Monsieur Rêve 4. Little Miss Lucky/Madame Chance 5. Mr Messy/Monsieur Sale 6. Mr Bounce/Monsieur Bing 7. Mr Wrong/Monsieur Farfelu 8. Mr Greedy/Monsieur Glouton 9. Little Miss Sunshine/Madame Bonheur 10. Mr Rush/Monsieur Pressé.

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vendredi 15 juillet 2011

One Day de David Nicholls

OneDay

Le 15 juillet, pour les Français, c’est juste le jour d’après le 14 juillet (et d’avant le 16, of course). Mais pour les lecteurs de romans britanniques, c’est aussi la fête de la Saint Swithin: le jour où Emma et Dexter, les héros du One Day de David Nicholls, se sont rencontrés.

Ce bestseller a touché un vaste public grâce à une histoire d’amour impossible ou presque, une histoire will-they-won’t they (vont-ils, ne vont-ils pas) comme on dit ici. On suit les deux héros pendant plus de 20 ans, depuis leur rencontre en 1988, alors qu’ils étaient jeune étudiants, mais le truc, c’est que Nicholls  ne raconte seulement ce qui se passe dans leur vie chaque 15 juillet (en s’aidant de flashbacks bien sûr). Année après année, on voit donc Emma et Dexter évoluer, de succès professionnels en désastres amoureux.

Ils se retrouvent, ils se perdent, ils sont fait l’un pour l’autre mais le destin les sépare. Dit comme ça, on pourrait croire que ce n’est qu’ un roman à l’eau de rose… Mais non, One Day est bien plus que ça (d’ailleurs, le roman a plu autant aux hommes qu’aux femmes ici – peut-être parce que la couverture est orange et non rose!). Son auteur, déjà connu pour son roman Starter for Ten (à présent sur ma liste de lecture), parvient à décrire avec justesse la vie au UK de ces dernières années, et rend ses deux personnages très attachants.

Ils sont parfois au bord de la caricature: Emma la rebelle, la fille working class qui fait du théâtre sans conviction et travaille comme serveuse avant de trouver sa voie dans l’enseignement puis en tant qu’écrivaine de roman pour adolescents; et Dexter le fils de riches qui devient présentateur télé sans grands efforts, avant de sombrer dans la drogue. En mettant leurs vies en parallèle, Nicholls parvient à dresser le portrait du pays et de sa culture contemporaine.

Le roman est excellent, ni trop léger, ni trop lourd, touchant, très drôle et très triste aussi, car il explore les thèmes de l’amitié, de la solitude et du destin, la différence entre ce qu’on rêvait d’être quand on était jeune, et ce que l’on est devenu. C’est une fable pleine d’esprit, dont la morale est sans doute qu’il est important de faire attention aux uns et aux autres, car la vie est courte.

Comme tous les romans à succès, One Day vient d'être adapté au cinéma par Lone Scherfig, avec Anne Hathaway et Jim Sturgess. Je parie que vous en entendrez parler quand il sortira fin août. En attendant, si vous cherchez un truc à lire sur la plage, One Day est ce qu’il vous faut… En plus, en anglais il est aussi disponible dans l'édition flapback, ce nouveau format tout petit et tout léger, de la taille d'une cassette audio (pour ceux qui se rappellent ce que c'est!)

> One Day de David Nicholls, Hodder & Stoughton; traduction française parue aux Editions Belfond

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dimanche 3 juillet 2011

JK Rowling

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Il y a quelques jours JK Rowling, l'auteur de la série Harry Potter, a annoncé le lancement de son nouveau projet, Pottermore, un site internet. Elle l'a présenté comme un cadeau à ses nombreux fans ("aucun auteur ne pourrait rêver d'un public plus merveilleux, divers et loyal"). Cette "expérience interactive en ligne consacrée à la lecture" contiendra de nouvelle infos sur le monde d'Harry Potter, et sans doute des jeux et surtout des e-books, mais ne sera accessible qu'à partir d' Octobre prochain. (tout est expliqué dans la jolie vidéo de présentation sur le site). C'est pas grave, le dernier film Harry Potter sort dans quelques jours. En attendant voici sept choses à savoir sur cette grande conteuse britannique dont la cave Gringotts est si remplie qu'elle peut s'offrir de nombreuses virées shopping sur Diagon Alley/Chemin de Traverse sans se soucier d'entamer son tas de Galleons:

1 JK s’appelle Jo en vrai

Le vrai nom de JK, c’est Joanne, et en fait tous ses proches l’appelle Jo. Ce sont ses éditeurs qui lui ont demandé de se trouver un prénom fait d’initiales, une appellation neutre, qui laisserait croire qu’elle est un il. Apparemment, ils avaient peur que les petits garçons ne veulent pas lire une histoire écrite par une femme, et ne se disent que c’est un truc de fille. Du coup elle se retrouve avec un nom de plume qui ressemble un peu à J R R Tolkien ou C S Lewis, deux autres géants de la litérature enfantine. Ça en dit long sur les maisons d’éditions, leurs coups de marketing, et les préjugés sur les écrivains femmes toujours bien vivants. (Et vous, vous préfériez lire un livre de Joanne Rowling, ou de JK Rowling?).

Voici la première édition de son premier livre en 1997, et une jeune Jo tout sourire:

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Jo a choisi de rajouter l’initiale K, pour Kathleen, le nom de sa grand-mère adorée. Sinon elle a beau s’appeler Rowling elle a aussi du Volant dans le sang, son grand-père français ayant reçu la Légion d’Honneur bien avant elle, pour sa bravoure durant la bataille de Verdun (cette French connection explique sans doute pourquoi elle a choisi d’étudier le français et la littérature classique à Exeter, et comment elle est devenue secrétaire bilingue à Amnesty International puis prof de français).

2 JK vit un vrai conte de fée

Sujet en or pour les journalistes, la vie de JK Rowling est un vrai conte de fée: après son divorce (d’avec un présentateur télé portugais), et des années de galère à élever sa fille seule à Édinbourg sans argent et en se battant contre la dépression ("I totally felt a waste of space", je me sentais complètement inutile, un gaspillage d'espace, dit-elle de cette période), JK se retrouve milliardaire et femme comblée (elle s’est remariée avec un médecin anesthésiste, avec qui elle a deux autres enfants). Il lui a fallu juste cinq ans pour transformer sa vie, et passer d’un HLM à un château en Écosse. JK habite avec sa petite famille à Edinbourg (et a un pied-à-terre à Londres) dans une maison avec un grand jardin ou elle ferait construire une réplique de la cabane d’Hagrid.

Elle peut aussi s’éloigner des paparazzi à Killiechassie House, une grande demeure historique du 19ème:

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Mais au lieu d’être une princesse, JK est plutôt une bonne marraine, une gentille fée. Celle qui raconte de jolies histoires évidemment, mais aussi celle qui espère que sa baguette magique aidera à créer un monde meilleur: c’est une philantrope qui donne une grande partie de sa fortune à des causes caritatives qui lui sont chères, y compris Gingerbread (avec qui elle se bat pour soutenir les familles monoparentales), Lumos (une association aidant les enfants défavorisés) et Multiple Sclerosis Society (sa mère, atteinte de sclérose en plaques, est morte alors qu’elle était encore très jeune).

3 JK aime les enfants, et c'est réciproque

Contrairement à beaucoup d’auteurs pour enfants comme Beatrix Potter, qui préférait les moutons aux marmots, et Arthur Ransome, qui chassait les gosses trop bruyants de devant ses fenêtres, JK aime vraiment les enfants. Elle en a trois elle-même, mais cela c’est sans compter les millions de petiots qui l’écoutent bouches bées lire des passages de ses livres, les journalistes juniors qui l’interrogent lors de conférence de presse spécialement organisées pour les enfants, ou les enfants défavorisés et malades qu’elle aide de nombreuses manières, parfois en répondant elle-même à leurs lettres, en envoyant des livres ou en leur rendant visite à l’hôpital.

Et bien sûr, les enfants le lui rendent bien. D’ailleurs, c’est grâce à une petite fille de huit ans que Rowling a enfin trouvé une maison d’édition pour son manuscrit, après plus de 12 refus. La petite en question, c’était la fille de Barry Cunningham, éditeur à Bloomsbury. Une petite qui a tant aimé le livre qu’elle a convaincu son papa de laisser sa chance à Harry. Lorsqu’on lui demande pourquoi les enfants aiment tant ses livres, JK répond qu’elle ne sait pas, parce qu’en fait elle écrit pour elle-même avant tout: "That's such a, such a very hard question to answer, because... without being disingenuous. I wrote what I wanted to write. And I wrote the sort of thing that I knew I'd like to read, I'd like to read now as an adult, and I knew that I would have liked to have read it when I was 11."  Ce qui explique peut-être pouquoi de nombreux de ses fans sont des adultes, et pourquoi les éditeurs ont cru bon de faire des couvertures pour enfants, et d'autre pour adultes:

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4  JK est une grande lectrice...

JK raconte souvent que l’idée de l’histoire d’Harry Potter lui est venue lors d’un voyage en train de Manchester à Londres en 1990 (ça sonne vrai, le train avait 4 heures de retard). Elle lui est venue d’un coup comme ça, d’accord, mais c’est surtout le résultat d’une enfance passée à dévorer des livres – comme la petite Hermione, qu’elle dit inspirée de son coté première de la classe et bibliophile. JK s’est donc remplie la tête des histoires merveilleuses d’autres auteurs.

Ce qui explique pourquoi ses livres sont plein d’emprunts. Pour les lecteurs anglophones, les livres d’Harry Potter ne sont pas originaux, mais plutôt basés sur les meilleures histoires pour enfants de ces dernières années – ce qui n’enlève rien à leur charme d’ailleurs. Ainsi vous retrouverez dans le monde d’Harry un peu de Tom Brown’s Schooldays (le côté histoire de pensionnat), Mathilda (les méchant Dursley martirisent Harry comme les Wormwood embêtaient Mathilda); Le Seigneur des Anneaux (les Dementors ressemblent beaucoup au Nazguls, et Voldemort à Sauron), Ma soeur est une sorcière (où les objets enchantés crient quand on les vole); et The Worst Witch (où le prof de potions est aussi très méchant). Cf cette liste plus complète.

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Quand on lui demande quells sont ses livres préférés, JK répond qu’elle adore Jane Austen et Jessica Mitford, qu’elle a lu et relu The Little White Horse d’Elizabeth Goudge et les livres d’E Nesbit quand elle était petite. En gros, c’était un rat de librairie avec des grosse lunettes qui vivait pour lire: "Basically, I lived for books, and was sustained by literary characters with whom I could identify – I was your basic, common-or-garden bookworm, complete with freckles and National Health spectacles."

5 … plus qu’elle n’est une grande écrivain?

Rowling écrit des histoires depuis qu’elle est toute petite. Et de nombreux critiques trouvent que son style n’a pas beacoup évolué depuis. Selon l’écrivaine AS Byatt, Harry Potter a été écrit pour des gens dont l’imagination est confinée aux dessins animés ("written for people whose imaginative lives are confined to TV cartoons"). Selon Ursula Le Guin, c’est bien pour les enfant, mais c’est aussi stylistiquement moyen, d’une imagination dérivative et plutôt méchant du point de vue éthique ("good fare for its age group, but stylistically ordinary, imaginatively derivative, and ethically rather mean-spirited"). J’adore les livres de Le Guin et de Byatt, et ne comprend pas pourquoi elles sont si critiques envers Rowling. Après tout de nombreux auteurs (Dumas, Dickens, Hugo et Conan Doyle entre autre) maintenant classiques ont été decriés pour leurs sagas populistes en leur temps, et pourquoi choisir entre livres ‘intellos’ et ‘populos’ quand on peut lire les deux!

Personellement, je trouve que son style n’est pas des plus fins, mais par contre elle se rattrape en termes de narration, d’humour et d’imagination. J’aime particulièrement les noms des personnages (Dumbledore j’adore), des lieux (The Leaky Cauldron pour un nom de pub, c’est tout simplement génial), et le nom des sorts (Expelliarmus! et le très glauque Avadra Kedavra), et j’ai attendu avec impatience la suite des aventures d’Harry il y a quelques années. De plus comment peut-on ne pas aimer un livre qui invente un nouveau sport, le quidditch, qui maintenant a même une association et une coupe du monde?

6 JK est une conteuse méticuleuse

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JK s’est totalement prise au jeu de son univers Harry Potter, et a créé un monde imaginaire très détaillé et très structuré – comme de nombreux auteurs de fantasy avant elle. Chaque personnage a une histoire, chaque tradition une origine très claire, en tout cas dans sa tête. Par exemple elle a explique dans une interview qu’elle a déjà imaginé toute l’histoire des Death Eaters/Mangemorts, même si elle ne sert pas vraiment dans ses livres: ‘In here is the history of the Death Eaters, which were once called something different: the Knights of Walpurgis. I don't know if I'll need it. But I like knowing it. I like to keep that sort of stuff on hand.’

Écoutez la répondre à une petite Américaine, Celeste, qui demande: En quidditch, si un joueur de Ravenclaw/Serfdaigle attrape le snitch/souaffle, mais Hufflepuff/Poufsouffle avait plus de points grâce à leur buts précédents, qui gagnerait la partie? Rowling répond: "To people who haven't read the books, Celeste has proven herself a true fan, by asking a really technical question about quidditch, which is the wizard sport. This will be completely impenetrable to a lot of people. It's possible for the team to win, even if they don't catch the snitch, but they have to be more than 150 points up on goals. OK? So that can happen. This makes me sound completely insane that I know all this stuff, but of course I would, it's my world." Pour les gens qui n’ont pas lu les livres, Celeste se révèle être une vraie fan en posant une question technique sur le quidditch, le sport des magiciens. Ceci sera complètement incompréhensible pour beaucoup de gens. C’est possible que l’équipe gagne, même si elle n’attrape pas le souaffle, mais ils doivent avoir plus de 150 points en buts. Ok? Donc cela peut arriver. Le fait que je sache cela me fait passer pour une folle, mais bien sur que je sais, c’est mon monde.’

C’est cet univers si crédible (elle l'a même dessiné), si proche de nous (contrairement à celui de Tolkien par example), qui fait la force de la série à mon avis. Un univers que beaucoup disent très vieux jeu, avec sa boarding school et ses grandes familles d’aristocrates, mais en fait pas très éloigné du UK d’aujourd’hui quand on y réfléchi un peu. Un monde vrai, ou il y a des terroristes, et qui devient de plus en plus sombre chaque année – le décor parfait pour un bildungsroman magique.

7 JK est une magicienne

“I don't believe in the kind of magic in my books. But I do believe something very magical can happen when you read a good book.” (Je ne crois pas dans la sorte de magie qui apparaît dans mes livres. Mais je crois que quelque chose de très magique peut arriver quand on lit un bon livre), dit Rowling. L’effet magique qui survient à la lecture de ses livres est accompagné de l’enchantement général qui a redonné le goût à la lecture à des millions d’enfants, et de l’effet incroyable du bouche à oreille qui a fait que ses premiers livres sont devenu cultes sans marketing ni publicité.

Sa magie s’étend en dehors du monde des livres. JK est une source d’inspiration pour tous, sorciers ou non, comme le montre son très bon discours à Harvard en 2008, ou elle explique les avantages de l'échec et l'importance de l'imagination:

Vous pouvez le voir en entier ou le lire sur le site du Harvard Journal. Dans ce discours, elle cite Plutarque: What we achieve inwardly will change outer reality (ce que l'on accompli à l'intérieur de soi changera la réalité extérieure. Une parole sage digne de Dumbledore pour conclure ce billet.

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mardi 24 mai 2011

The Hitchiker's Guide to the Galaxy

 

 DAdams

Faites vous partie du Grand Ordre de la Serviette? Demain c'est Towel Day, et les fans de Douglas Adam de par le monde se réunissent avec leur serviettes pour rendre hommage à l'auteur de The Hitchiker's Guide to the Galaxy. À Bregenz, Autriche, une flashmob formera le chiffre 42; à São Paulo il y aura une manif contre la violence Vogon; le bar Warung Tanjung à Bali offre des drinks gratuits aux clients portants des peignoirs; et à Sydney, la librairie Kinokuniya offre 20% de rabais aux porteurs de serviettes.

Vous n'avez rien compris à ce paragraphe? 42 quoi? des serviettes de bains? hein? Et bien visiblement vous n'avez pas encore lu le grand classique de la littérature britannique qu'est Le Guide du voyageur galactique. Profitez donc de ce Jour de la Serviette pour aller acheter un exemplaire de ce livre culte, une trilogie en cinq tomes qui a tant marqué les Inglish (et qui est parfait pour les vacances d'été). H2G2, comme l'appellent ses fans, a débuté en série radiophonique avant de devenir un livre bestseller adoré des geeks du monde entier.

C'est sans aucun doute le livre de science fiction le plus drôle au monde, un pur produit de l'humour britannique (absurde, ironique, autocritique dans la lignée des Monty Pythons) et de la folie des années 1970. C'est l'histoire d'Arthur Dent, "environ 30 ans, grand, brun, et jamais vraiment à l'aise avec lui même." Alors que la Terre, une planète décrite comme étant 'mostly harmless' (plutôt inoffensive), va se faire exploser, Arthur parvient à s'échapper en faisant du stop (hitchhike) sur un vaisseau spatial, encore en pyjama et complètement à l'ouest. Il s'en suit des rencontres avec de drôles de zigotos, y compris un robot dépressif, Marvin the Paranoid Android, et un musicien faisant partie du groupe le plus bruyant de l'univers et s'appelant Hotblack Desiato (du nom d'une agence immobilière du quartier où vivait Douglas Adam).

S'en suit également toutes sortes d'aventures devenues référence dans la culture britannique, y compris la réponse à une question sur la vie, l'univers et le reste, 42; une visite au Restaurant du Bout de l'Univers, ou l'on peut payer en mettant un 1p dans un compte d'épargne, ce qui veut dire que lorsqu'on arrive au Bout du Temps, le prix exorbitant du repas a déjà été payé'; et des rencontre avec des Babelfish, des petits poissons que l'on se glisse dans l'oreille et qui traduisent toutes les langues de l'univers en temps réel (et qui a donné son nom au service de traduction sur internet); et où l'on apprend qu'il ne faut surtout pas paniquer (Don't Panic), quelques soient les circonstances. Ce que le grand Arthur C Clarke, auteur de L'Odyssée de l'Espace, décrit comme le meilleur conseil que l'on peut donner à l'humanité.

Bref, c'est du n'importe quoi, mais c'est très sympa!

PS Le film The Hitchhiker's Guide to the Galaxy est nul, à part Martin Freeman qui est adorable comme d'habitude.

PPS qui n'a rien à voir... J'aurais pu aussi vous parler de la visite d'Obama, ou de celle de la reine en Irlande la semaine passée – c'était la première fois qu'un souverain britannique y mettait les pieds depuis un siècle. Résultat: plus de 6000 policiers l'attendaient à Dublin, avec la moitié du centre ville barricadée. Il y a eu une alerte à la bombe à Londres, une bombe désamorcée en Irlande, et de nombreuses manifestations. En septembre dernier, le niveau d'alerte terroriste au UK avait été élevé à Severe (une attaque est "highly likely" - fort certaine), le deuxième niveau de danger, et pas à cause d'al-Qaida et compagnie, mais bien des à cause des terroristes irlandais. Heureusement rien de grave ne s'est passé – à part que la reine, qui s'était habillée en vert pour faire plaisir aux Irlandais, n'a pas voulu goûter de Guinness alors qu'elle visitait la brasserie – scandale! Plus de contexte ici (en anglais).

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lundi 11 avril 2011

The Discovery of France

DiscoveryFrance

The Discovery of France est un livre essentiel pour tout ceux qui ont un pied de chaque côté de la Manche. C'est l'histoire de France vue par un Anglais de Manchester, l'historien francophile Graham Robb. Après quatre ans de recherches, et plus de 14,000 miles à vélo sur les routes de France, Robb nous livre un portrait étonnant d'un pays qu'on croyait pourtant connaître par cœur.

Auteur de superbes biographies de Balzac, Hugo et Rimbaud, Robb dresse le portrait de la France entre la révolution et la Première Guerre Mondiale, des années cruciales pour la construction du pays, qui passe d'un territoire morcelé, avec des milliers de cultures, des tribus sauvages et dialectes différents, à un état unifié, centralisé et 'civilisé'. Le livre contient de nombreuses anecdotes fascinantes, mais en voici quelques unes qui m'ont beaucoup plu:

Le cartographe assassiné
Pour créer la première carte de France complète et détaillée, l'astronome Jacques Cassini envoie des géomètres à travers le pays dans les années 1740. Ils sont chargés de rassembler toutes les données scientifiques nécessaires pour ce qui sera ensuite appelée la Carte de Cassini. Ces petits Parisiens traversent des contrées éloignées et sauvages, et font peur aux paysans avec leurs instruments bizarres. Robb raconte comment l'un d'entre eux se fera assassiner par les villageois du Mézenc, qui l'avaient pris pour un sorcier venu leur apporter le mauvais sort.

Les Cagots
Saviez-vous qu'il existait en France un peuple appelé les Cagots? Ils vivaient dans l'Ouest de la France: on les appelaient gahets en Gascogne, agotac dans le Pays Basque, cacous en Bretagne. Ils étaient traités un peu comme les intouchables en Inde, une espèce de sous-caste devant suivre de nombreuses règles. Par example, ils devaient entrer dans les églises par une petite porte à gauche de l'entrée; ils n'avaient pas le droit de marcher pieds-nu, ni de toucher le parapet d'un pont; ils ne payaient pas d'impôts car leur argent était considéré comme sale, et n'avaient le droit de travailler que comme charpentiers ou comme faiseurs de corde.

Les petits ramoneurs
Au 19ème siècle les gens parcouraient d'énormes distances pour trouver du travail. Et les enfants aussi. Par exemple, chaque année on voyait arriver dans les campagnes les "hirondelles d'hiver", des bandes d'enfants – certains avaient à peine six ans – marchant du Dauphiné, de la Savoie ou du Piémont jusqu'à Paris. Ils marchaient jusqu'à 80 kilomètres par jour, chantant pour se donner du courage... Les petits Savoyards, qui restaient en groupe originaires des mêmes villages (puisqu'ils ne comprenaient pas les autres langues parlées dans la capitale), étaient destinés à ramoner les cheminées parisiennes. Et s'ils survivaient assez longtemps en faisant ce travail dangereux, ils rentraient tous au pays pour se marier.

L'hiver
Pour la plupart des Français, il n'y avait que deux saisons: l'été et l'hiver. En été, c'était boulot boulot boulot: les travaux des champs ne laissaient aucun répit. Mais en hiver, c'était une autre histoire. Sans électricité ni chauffage, les paysans étaient nombreux à hiberner. Et ce n'est pas une métaphore. En hiver, les paysans bougeaient le moins possible pour ne pas avoir à trop manger et épuiser leurs réserves de nourriture avant le printemps, et passaient leurs journées au lit, serré comme des sardines pour avoir bien chaud.

Il y a bien d'autres anecdotes passionantes sur la vie sur les canaux, les milles et un dialectes, les légendes, les migrants, la géographie... Mais pour le moment, pas de traduction française de ce livre pourtant si essentiel pour comprendre "l'identité nationale".... BHL doit surement être en train de le pomper en ce moment même.

> The Discovery of France: A Historical Geography from the Revolution to the First World War, by Graham Robb, Picador, ISBN 0-393-05973-1

Posté par llleeeaaa à 10:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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