Manifs

Cette semaine en Angleterre il y deux histoires de 'nomades' dans l'actualité: d'un côté, les campeurs de St Paul, et de l'autre, les Travellers de Dale Farm. Toutes deux polarisent l'opinion: faut-il laisser faire ces empêcheurs de tourner en rond?

Occupy London

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Photo: Graeme Robertson/Guardian

Ces campeurs font partie d'un mouvement international (voir carte) né sur Wall Street. Ils sont devant St Paul parce que c'est à côté du London Stock Exchange. Cela fait depuis samedi qu'ils se sont installés, et je dois dire que le nombre de tentes est impressionant (plus de photos ici). J'y suis passée hier en rentrant du boulot, m'attendant à seulement une vingtaine de tentes... En fait, ils seraient déjà plus de 250, et certains prévoient de rester là-bas jusqu'à Noël.

Comme le fait remarquer le Daily Mail (qui propose également des portraits des manifestants et des vidéos), ils sont contre le capitalisme et tout un tas d'autres choses, mais ils font quand même la queue chez Starbucks et boivent du Coca. Certains portent le masque du film V For Vendetta, représantant Guy Fawkes. Leur but: de montrer le mécontentement des 99% de la population qui souffre de la cupidité du 1% restant. Un coup de pub pour des sentiments nobles, mais je ne vois pas bien ce qui va en ressortir.

Le seul résultat concret pour le moment, c'est que les magasins de Paternoster Square, où se trouve le London Stock Exchange, sont en train de couler (la police bloque l'accès à la place), et pensent déjà à virer du personnel pour survivre... Quand aux religieux de St Paul, d'abord bienveillants (ils ont demandé aux policiers de s'en aller de devant l'église, et soutiennent le droit des manifestants à manifester), ils ont eux aussi vu fondre leur chiffre d'affaire...

Dale Farm

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L'autre actualité c'est l'histoire des habitants de Dale Farm, dans l'Essex près de Basildon. Cela fait depuis les années 1960 qu'une communauté de Travellers (les mêmes qui fêtent la Appleby Horse Fair et qui mettent des robes de mariée géantes) s'y est installée légalement - le terrain leur appartient. C'est une ancienne décharge au milieu d'une 'green belt' (ceinture verte) où il est interdit de construire. Seulement le campement de caravanes a doublé de volume, et la moitié est illégale. Cela fait dix ans que la ville tente de régler le problème, en proposant d'autre logements etc, mais rien n'y fait, ils ne veulent pas partir.

Après toutes sortes de rebondissements judiciaires, la police est entrée mardi matin dans le camp – le plus grand du UK – pour les expulser de force (lire le résumé de la BBC; voir plus de photo).  Et ce malgré la condemnation d'organisations comme Amnesty International. Cela s'est fini en bataille rangée, la police utilisant des tasers, les habitants foutant le feux à leur propre caravanes et leur balançant des bouteilles à la gueule.

Ici certains disent tant mieux, il fallait les virer, pourquoi y aurait-il une loi pour les gens 'normaux', qui ne peuvent pas construire dans leur jardin quand ça leur chante, et une autres pour les Travellers? Pourquoi s'appitoyer sur leur sort, alors qu'ils ont refusé des logements proposés par la ville? D'autres rappellent que les Travellers ne peuvent plus voyager, car les autorités municipales ne sont plus obligées de fournir des sites adéquats. Ils sont aussi considérés comme des sous-citoyens par le plus grand nombre, et n'ont aucune envie de se retrouver dans un HLM loin de leur proches, et entouré de gens qui les méprisent. Résultat des courses: des familles sans abris, un terrain vague abandonné, et une facture de £18m pour la ville de Basildon et la police.

Ajoutez à cela des factures qui grimpent et un ministre qui démissione (sans parler des températures qui baissent et des jours qui racourcissent) – l'humeur est certainly maussade en ce moment...