dimanche 30 janvier 2011

Bloody Sunday

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En ces temps de révolution à l'étranger, et de manifestations au UK, je voudrais vous parler d'autres soulèvements populaires, d'autres jeunes gens révoltés. Eux aussi sont descendus dans la rue pour protester pacifiquement contre l'injustice et la pauvreté; eux aussi se sont heurtés à la violence de ceux au pouvoir. Des évènements pas tous si lointains dans l'histoire du Royaume-Uni.

En 1887, des ouvriers réclamant une amélioration de leurs conditions de vie et protestant contre la politique de répression en Irlande se font violemment disperser par la police montée sur Trafalgar Square – 3 morts, des centaines de blessés.

En 1920, durant la Guerre d'indépendance irlandaise, une journée de manifestations violentes à Dublin fait 30 morts, les forces britanniques tirant sur une foule de spectateurs de foot pour se venger de 14 des leurs assassinés par l'IRA.

Le 30 janvier 1972, 14 manifestants pacifiques (dont sept adolescents) se font tuer par l'armée britannique à Derry en Irlande du Nord. Ils réclamaient le respect des droits civiques et la fin de la discrimination envers les catholiques. Après ce massacre, les rangs de l'IRA se gonflèrent et l'armée britannique perdit toute crédibilité et fut perçue comme une force de répression.

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Les trois évènements sont tous appelés Bloody Sunday, mais c'est celui de 1972, qui est commémoré aujourd'hui pour la dernière fois par des centaines d'habitants de Derry (les familles des victimes ayant annoncé qu'elles arrêterait la marche suite aux excuses officielles et à l'admission du massacre par le gouvernement britannique en juin dernier).

C'est aussi celui qui a inspiré le célèbre hit de U2, Sunday Bloody Sunday – un bon gros tube qui n'est peut être pas très fin mais qui a eu le mérite de rappeler ce moment de l'histoire du Royaume-Uni au monde entier, et de faire vibrer les stades du monde entiers dans les années 1980.

Sunday Bloody Sunday par U2 (1983)

I can't believe the news today / Je ne peux pas croire les infos aujourd'hui
Oh, I can't close my eyes and make it go away / Je peux pas fermer les yeux et tout faire disparaître
How long, how long must we sing this song? / Pendant combien de temps devrons-nous chanter cette chanson ?
How long? How long? / Combien de temps? Combien de temps ?
'Cause tonight we can be as one, tonight / Parce que ce soir, nous pourrions être unis

Broken bottles under children's feet / Des bouteilles brisées sous les pieds des enfants
Bodies strewn across the dead end streets / Des corps qui jonchent les rues sans issue
But I won't heed the battle call / Mais je n’écouterais pas le cri de guerre
It puts my back up, puts my back up against the wall / Il me met dos au mur, dos au mur

Sunday, Bloody Sunday (x3) / Dimanche, dimanche sanglant

And the battle's just begun / Et la bataille vient de commencer
There's many lost but tell me who has won / Beaucoup sont perdus, mais dites-moi qui a gagné
The trench is dug within our hearts / Une tranchée est creusée dans nos cœurs
And mothers, children, brothers, sisters torn apart / Et des mères, des frères et des sœurs déchirés

Sunday, Bloody Sunday (x2) / Dimanche, dimanche sanglant

How long, how long must we sing this song? /
Combien de temps, combien de temps devrons nous chanter cette chanson ?
How long? How long? 'Cause tonight we can be as one/
Combien de temps ? Ce soir, nous pouvons être unis
Tonight, tonight / Ce soir, ce soir

Sunday, Bloody Sunday (x2) / Dimanche, dimanche sanglant

Wipe the tears from your eyes / Sèche tes larmes
Wipe your tears away / Essuie tes larmes
Oh, wipe your tears away, Oh, wipe your tears away
Oh, wipe your blood shot eyes / Essuie tes yeux injectés de sang

Sunday, Bloody Sunday (x2) / Dimanche, dimanche sanglant

And it's true we are immune when fact is fiction and TV reality /
Et c'est vrai que nous sommes immunisés quand les faits sont de la fiction et la télé la réalité
And today the millions cry / Et aujourd'hui des millions pleurent
We eat and drink while tomorrow they die /
Nous mangeons et nous buvons tandis que demain ils mourront
The real battle just begun to claim the victory Jesus won on /
Pour clamer la victoire remportée par Jésus

Sunday, Bloody Sunday (x2) / Dimanche, dimanche sanglant

> Quelques photos du 30 janvier 1972

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vendredi 10 décembre 2010

Secrets d'états et techniques policières


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Mais qu'est-ce que cette mystérieuse et menaçante bâtisse? Serait-ce une prison de carton pâte, construite pour le tournage du dernier Harry Potter? Un bagne sur une île écossaise, où l'on envoie les Britanniques qui refusent de manger des mince pies? Ou peut-être sont-ce les anciens bureaux de Margaret Thatcher?

Non, ça ne vous dit rien? Vous trouverez la réponse après cette jolie gravure, qui donne presque envie d'aller faire un tour dans le beau potager...

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Il s'agit de Her Majesty's Prison Wandsworth, la plus grande prison du Royaume-Uni, construite en 1851 dans le sud-ouest de Londres, alors que les Britanniques ne savaient plus quoi faire de tous leurs criminels (l'Australie, où ils avaient pris l'habitude de les envoyer, commençait à être bien pleine). Ce magnifique exemple d'architecture Victorienne a très mauvaise réputation encore aujourd'hui, et accueille 1,664 prisonniers. Le plus connu d'entre eux, jusqu'à mercredi dernier, était le grand écrivain et dramaturge Oscar Wilde.

Vous l'avez deviné, la nouvelle star derrière les barreaux, c'est Julien Assange de Wikileaks. L'homme au nom de héros d'un roman de John Le Carré, défendeur du droit à l'information, ennemi numéro un des diplomates du monde entier, habitait ces dernières semaines à Londres au club de journalistes The Frontline Club près de Paddington. Il attend de savoir s'il va être extradé vers la Suède, où il est accusé d'agressions sexuelles. En attendant, les journaux continuent de publier de nouvelles informations sur les révélations de Wikileaks, dont vous pouvez lire les points forts en anglais sur le Guardian. Cet article de la BBC présente les informations de manière très claire, et cet autre article est intéressant aussi. Quand au Daily Mail, il s'intéresse de près aux Suédoises.

Ici on parle aussi beaucoup des attaques des hacktivists (de hacker + activistes) du groupe Anonymous, qui causent bien des problèmes à Visa et Mastercard (deux compagnies qui ont refusé de travailler avec Wikileaks, empêchant l'organisation de recevoir des donations). Cet éditorial du Guardian, montre bien les enjeux révélés par cette histoire fascinante.

Mais bien sûr, ce dont tous les Londoniens parlent vraiment cette semaine, c'est des émeutes à Westminster. Hier a été voté la hausse des frais de scolarités, contre laquelle défilaient les étudiants depuis plus d'un mois. Du coup, la tension est montée, le centre de Londres est devenu un champs de bataille, et Prince Charles et Camilla s'en sont même pris plein la figure.

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Les étudiants se sont énervés, les policiers aussi. Et le mot sur toutes les lèvres des journalistes c'est kettling, cette méthode qui consiste à retenir les protestataires, serrés comme des sardines dans une zone de containment, avant de les laisser partir au compte-goutte pour faire baisser la pression, comme la vapeur qui s'échappe d'une bouilloire (kettle).

Pour résumer: les membres du parlement, qui ont tous été à l'université gratuitement (les fees ayant été votées par le Labour en 1998), ont décidé de faire payer les jeunes étudiants – et donc leur futur électorat – le double de ce qu'ils payaient déjà (lire les détails de l'affaire). Probablement un mauvais calcul politique sur le long terme donc...

> Très belles photos des manifs sur The Big Picture comme celle ci-dessous:

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> Très bon article en français qui résume l'affaire Wikileaks et qui propose une traduction de l'éditorial du Guardian

> La video Wikileaks Samba, un hit sur youtube

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vendredi 10 septembre 2010

Réactions aux mémoires de Tony Blair

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Ou plutôt, j'aurais dû écrire réactions aux memwars de Tony Bliar.

Les memwars, le petit nom donné à l'autobiographie de Mr Blair, ça se prononce comme mémoires en anglais, sauf que ça fait allusion aux guerres (wars) d'Iraq et d'Afghanistan... Et Tony Bliar, c'est le surnom de Blair depuis très longtemps. Liar veut dire menteur en anglais, et nombreux sont ses anciens électeurs qui l'accusent d'avoir menti au sujet des armes de destructions massives de Saddam Hussein.

Blair a dû annuler pas mal de séances de signature de son livre (y compris la fête de lancement qui aurait dû avoir lieu à la Tate Modern à Londres) par crainte de trop grandes manifestations, comme celle de Dublin où environ 200 manifestants s'époumonaient sous la pluie (voir la vidéo). C'est vrai que des gens qui crient war criminal (criminel de guerre), ça fait un peu tache. Car plus que tout autre aspect de sa politique, c'est vraiment la question de ces deux guerres, déclarées contre l'avis du peuple et de l'ONU, qui ne passe pas chez les Britanniques.

En février 2003, j'ai eu la chance d'être à Londres lors d'une manifestation historique: environ 2 millions de personnes ont défilé en brandissant des pancartes du style: "Make tea not war" (Faites du thé pas la guerre). Des Shetlands aux Cornouailles, tout le pays (toute la planète en fait) a manifesté – en vain. Et c'est pour cela que beaucoup de Britanniques considèrent Blair comme étant "aussi pire" que la premier ministre la plus détestée du pays, Margaret Thatcher.

Même la BBC a présenté un sujet sur le livre aux nouvelles télévisées, avec un désinvolte: "Tony Blair's version of history". Ou sa version de l'Histoire par Tony Blair. C'est subtil, mais cela sous-entend quand même qu'il y a d'autres versions de l'Histoire, peut-être plus vraies. Quand aux journaux, beaucoup en ont profité pour annoncer que Tony Blair venait d'acheter cash une maison de trois chambres dans un quartier chic à presque £1 million de livres pour sa fille de 22 ans, étudiante en droit.

Pour le moment, le livre de Blair est numéro un des ventes en Angleterre, avec plus de 100,000 exemplaires vendus (les recettes du livres seront reversées à une association d'anciens combattants). Mais les opposants à l'ancien premier ministre ne se laissent pas abattre: comme vous avez pu le voir au tout début de ce message, ils ont trouvé un moyen subtil, drôle et légal de montrer leurs sentiments. Il s'agit d'un groupe facebook, Subversively move Tony Blair's memoirs to the crime section in book shops, qui a déjà plus de 11 000 membres 

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Déplacez subversivement les mémoires de Tony Blair dans la section "roman policier' des librairies
Description: Faites partie d'un mouvement littéraire. Littéralement.

Voici quelques photos de ce "mouvement" littéraire très futé:

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C'est vraiment dommage qu'en français, la section "Romans Policiers" ne sonne pas aussi bien que "True Crime"...

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 Vous pouvez lire les extraits de A Journey de Tony Blair ici, voir un drôle de résumé ici, et un autre plus sérieux ici (tous en anglais)

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mardi 20 juillet 2010

La photo op des années 2000

TonyBlairIrakparKennard_Phillipps

Cette œuvre de Peter Kennard and Cat Phillipps est un photomontage datant de 2005, intitulé 'Photo Op', et représentant un Tony Blair souriant se prenant en photo avec son téléphone portable devant des puits de pétrole irakiens en feu.

'Photo Op', c'est vraiment toute une décennie britannique résumée en une photo: on y trouve une critique de la politique- spectacle, de l'importance des relations publiques pour Tony Blair, de la tendance grandissante à prendre tout et n'importe quoi en photo, de l'omniprésence des téléphones portables et du narcissisme, et bien sûr et surtout, de la guerre d'Irak (qui dure depuis 2003, a couté £4.5 milliards au UK et tué plus de 150,000 Irakiens.) 

Je vous en parle maintenant car elle fait partie de l'exposition Rude Britannia, que vous pouvez voir à la Tate Gallery à Londres, jusqu'au 5 Septembre. L'expo célèbre les vieux cartoons politiques et autres blagues visuelles qui font le comic art britannique. 

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vendredi 14 mai 2010

Drôle de politique

Encore un tout petit peu de politique, mais cette fois-ci, c'est juste pour rigoler...

Un montage des meilleurs moments de Gordon Brown, d'après Have I Got News For You, une émission satirique culte de la BBC:

Un étrange message d'information dans une station de métro, vu sur le blog London Underground:

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Mise à jour du service: David Cameron nouveau premier ministre. Nous sommes perdus!

Et finalement Le Figaro raconte très bien comment Nick and Dave sont devenus le nouveau 'double act' (duo comique) du pays:

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mardi 11 mai 2010

David Cameron

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Sept choses à savoir sur le nouveau premier ministre du Royaume-Uni:

1. David a du sang bleu

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Daily Mail

Dave est l'arrière-arrière-arrière-arrière-arrière petit fils du roi William IV, ce qui fait de lui le cinquième cousin au deuxième degré de la Reine. Il aime aller chasser les cerfs dans le grand domaine écossais de son beau-père, le Vicomte Astor. Sa mère est fille d'un baronnet et elle est issue d'une longue lignée de parlementaires conservateurs.

2. David est très très très riche

Dave est le rejeton d'une grande famille de la finance (lire l'article du Daily Mail sur la famille de David Cameron). Ce qui explique en partie pourquoi son compte en banque est bien rempli. Certaines sources disent qu'il vaut pas moins de £30 million. Il habite avec sa famille dans une maison londonienne qui vaut £2 million (il n'a pas d'hypothèque...) Ce qui ne l'a pas empêché de réclamer sa part de note de frais sur sa belle résidence secondaire...

Dave serait aussi membre, avec le Prince Charles et ses fils, du gentleman's club White's à Mayfair.

6. David fait du vélo, parce qu'il est écolo


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Daily Mail

Mais il conduit parfois dangereusement et est suivi par une voiture qui transporte ses gros dossiers.

7. David est pragmatique

"I'm a practical person, and pragmatic. I know where I want to get to, but I am not ideologically attached to one particular method." Je suis une personne pratique et pragmatique. Je sais ou je veux arriver, mais je ne suis pas attaché de manière idéologique à une méthode particulière. Autrement dit: je sais retourner ma veste. Lire un portrait de Dave au vitriol du Mirror; ou un autre plus calme par la BBC.

Je pense que l'on aura pas mal d'occasions de voir ce pragmatisme/opportunisme en pleine action ces prochains mois... En attendant, voici des faux posters; et on se moque bien de David, qui ressort des anecdotes du style "J'ai rencontré une mère célibataire qui m'a dit..." J'ai rencontré un homme noir qui m'a dit..." à chaque débat. Ce generator en invente de plus vraies que nature...

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vendredi 7 mai 2010

Les élections, cuvée 2010

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Petit best-of des choses vues et entendues pendant la campagne électorale britannique, qui vient de se conclure par une hausse de participation et un parlement 'pendu' par les électeurs...

Si vous aviez reçu ce prospectus dans votre boîte aux lettres, pour qui auriez-vous voté?

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Les gens de North East Somerset ont choisi: ils ont élu avec 41.3 pour cent des voix Mr Jacob Rees-Mogg, le candidat conservateur. Comme Cameron, il a été éduqué à la fameuse école privée, Eton (plus de €30,000 par an). Il n'a jamais vécu ou travaillé dans le North East Somerset, vit à Londres, et pense que les parlementaires qui n'ont pas été à Oxford ou Cambridge sont des 'plantes en pot'. Il a battu Dan Norris du Labour, dont le grand-père travaillait dans les mines qui appartenaient à la famille Rees-Mogg.

Et maintenant, pouvez-vous trouver lequel de ces partis (qui existent tous réellement et ont participé aux élections) a bien pu proposer les choses suivantes?

PARTIS
1 Labour
2 The Monster Raving Loony Party
3 Tories
4 Lib-Dems
5 UK Independence Party
6 New Millenium Bean Party

PROPOSITIONS
a Construire un nouveau yacht royal, pour que la reine puisse s'éloigner de Camilla.
b Économiser £120 milliards par an en quittant l'Union Européenne.
c Faire que tous les patients suspectés d'avoir une forme de cancer reçoivent
les résultats de leur examen en moins d'une semaine.
d Introduire d'une pièce de 99p pour avoir moins de monnaie dans les poches.
e Hausser le seuil du droit de succession à £1 million
f Instaurer une amnistie générale pour tous les immigrants clandestins
dans le pays depuis plus de 10 ans.

Réponses ci dessous...

On s'aperçoit donc que le fameux sketch des Monty Python's, Election Night Special, dans lequel le Silly Party (parti ridicule) se bat contre le Sensible Party (le parti raisonnable), n'est pas si loin de la réalité. Ceux qui ont eu le courage de regarder les élections hier sur BBC World on eu le droit à un spectacle un peu moins intéressant...

> Vous pouvez vois plus de pamphlets politiques ici

> Le tableau comparatif de la BBC, pour mieux comprendre qui pense quoi

> Et encore plus de posters rigolos sur MyDavidCameron

> Si vous voulez vous mettre à la place du futur gouvernement, vous pouvez jouer au jeu du Financial Times, qui vous demandera de résoudre le déficit du budget du UK

Réponses: 1c 2d 3e 4f 5b 6a

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mercredi 7 avril 2010

Élections, piège à...

Birdvote

Comme vous le savez sans doute déjà, la campagne électorale bat son plein au Royaume-Uni. La reine a été officiellement prévenue de la date des élections mardi dernier et les hommes politiques s’agitent dans tous les sens: il ne leur reste que quelques semaines pour convaincre les électeurs les plus indécis depuis plus de 20 ans.

Mais qui donc va réunir le plus grand nombre de votes? C’est le suspense total. Après le scandale des notes de frais, l’opinion générale est qu’il n’y a pas un politicien pour rattraper l’autre. Pour résumer tout ça, le mieux c’est de se pencher sur les slogans des trois grands partis politiques:

- A future fair for all – le Labour (les Travaillistes)
- Year for change – les Tories (les Conservateurs)
- Change that works for you. Building a fairer Britain – les Lib-Dem (les Libéraux Démocrates)


Si l’on traduit, cela donne:
- le Labour promettant l’égalité et la justice pour tous, une attaque directe contre les Tories, qui, pour la plupart, font partie d’une élite privilégiée
- les Tories promettant du changement avec un slogan sans grande substance, modelé sur les techniques de communication d’Obama
- les Lib Dem promettent un peu des deux (un peu de changement, un peu d’égalité), confirmant en un slogan long et pénible leur réputation d’avoir le cul entre deux chaises

Bien sûr, tout cela ne me regarde pas, car en tant que citoyenne européenne, je ne peux pas voter aux élections nationales, mais seulement aux élections locales de mon arrondissement de Londres. Et cela peu importe depuis combien de temps j’habite au Royaume-Uni. Il est très intéressant de noter que les nationaux des pays du Commonwealth (pour la plupart des anciennes colonies britanniques) peuvent eux voter. Donc un Jamaïcain, Bangladeshi ou Kenyan résidant dans le pays peut voter, mais pas un Français, Espagnol ou Allemand. Curieux, n’est-il pas?

Si par hasard il vous prenait l'envie de suivre la campagne dans tous ses détails, je recommande ce blog du Guardian qui vous tiendra au courant en temps presque réel des bourdes et autres déclarations des politiciens.

Sinon, faites un tour sur le site de The Sun, un tabloïd qui n’a pas honte d’être de bas étage et qui se vante d’avoir la plus haute circulation d’un journal anglophone du monde, presque 3 millions de lecteurs chaque jour. Le journal est connu pour ses scandales et ses Page 3 girls (filles à moitié à poil en page 3, une institution) ainsi que ses jeux de mots. Florilège des meilleurs headlines (titres) de la campagne jusqu’à présent:

WHAM BAM SAM CAM'S GOING TO BE A MAM (She’ll need a new pram)
Et bang Samantha Cameron va être maman (elle aura besoin d’une nouvelle poussette)

ORANGE BLAIR GIVES BROWN THE POLL BLUES
Blair orange (bronzé) donne le blues des sondages à Brown (M. Brun)

MAY 6TH D-DAVE
Jeu de mots sur le débarquement, le D-Day, et Dave, le petit nom du leader des Tories

THE END IS NI FOR BROWN
Jeu de mots sur l’expression the end is nigh (la fin est proche) et les NI (National Insurance, l’équivalent de la Sécu) qui fut le sujet d’un débat entre Cameron et Brown

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mardi 23 février 2010

Les îles au trésor

Falkland

La géographie absurde des anciennes colonies veut que même de tout petits bouts de territoires peuvent causer bien des soucis et attirer bien des convoitises. Cette semaine, ce n’est pas les grandes causes de l’Irlande du Nord ou du Tibet qui font parler d’elles, mais bien deux petites ‘drop in the ocean’, deux gouttes de terre perdues dans l’Atlantique Sud. Il s’agit des Falklands, 3,000 habitants, 750,000 moutons, 1 million de pingouins.

Et ce qui met les Falklands (c’est à dire les Malouines ou les Malvinas) au menu des querelles diplomatiques du jour, et met de l’huile sur le feu de l’ancien conflit entre le Royaume-Uni et l’Argentine, c’est bien sur le pétrole. Une société britannique commence cette semaine à forer à 100km au nord de l’île. Elle a remorqué une plate-forme pétrolière depuis l’Écosse – et oui, on ne recule devant rien pour un trésor potentiel de 60 milliards de barils d’or noir. Tout cela plaît moyennement au gouvernement argentin, qui tente de mettre des bâtons dans les proues des navires britanniques (dont beaucoup de bateaux de croisières transportant des touristes venus voir les pingouins) se dirigeant vers la capitale de l’île, Port Stanley.

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Port Stanley, capitale des Falklands

Tout cela donne une bonne excuse pour se pencher sur l’histoire fascinante de ces deux îles isolées, qui apparaissaient déjà sur les cartes espagnoles et hollandaises au début du 16eme siècle, et furent redécouvertes – inhabitées – en 1764 par Louis Antoine de Bougainville. Et si l’on considère que les îles et leurs trésors appartiennent à leur premiers habitants, le pétrole des Falklands doit donc revenir aux Bretons. Ce sont bien des marin-pêcheurs de St Malo (d’où le nom de l’île en français) qui se sont installés sur les deux bouts de rocher les premiers. Mais comme d’habitude, les questions de frontières et d’identité nationale sont bien plus compliquées.

C’est pourquoi, malgré la géographie (400km les séparent des côtes argentines, contre 8,000km du Royaume-Uni) et l’histoire (découvertes les Amérindiens, repérées par les Espagnols et les Hollandais, colonisées par des Bretons, abandonnées à l’Espagne par le Royaume-Uni en 1776, reprises par l’Empire Britannique en 1883) les Falklands sont bien l’un des 14 Territoires d’Outremer du Royaume-Uni – comme Gibraltar ou les Cayman Islands. Avec leur propre gouvernement, monnaie (la Falkland pound) et timbres, et surtout le plus haut niveau de vie d’Amérique du Sud.

Les 3,000 Falklanders n’ont jamais voté pour ou contre l’indépendance de leurs îles. On dit que la grande majorité étant d’origine britannique, il est évident que leurs votes ne seraient pas en faveur de l’Argentine. Mais ce qui fait surtout pencher la balance du côté du UK, c’est les énormes avantages économiques dont les îles bénéficient en restant liées à Londres et non à Buenos Aires.

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La fameuse Falklands War de 1982, causée par l’invasion des îles par la junte militaire argentine et gagnée par le UK de Margaret Thatcher, dura plus de deux mois et fit 649 victimes argentines et 255 britanniques. Elle ne divisa pas du tout les habitants. Leur gouvernement a encore rappelé l’année dernière que les îles voulaient rester British, thank you very much, et qu’elles considéraient les demandes argentines (tous les gouvernements argentins depuis 1883 ont répété que les îles leur appartenaient et qu’ils les récupéreraient un jour) comme une nouvelle forme de colonisation.

Les anciens colonisés (Nicaragua, Mexico, Venezuela) soutiennent l’Argentine, le Royaume-Uni ne cède pas le terrain, et tout ça va se retrouver sur la pile des dossiers du bureau de l’ONU plus tard cette semaine. Peut-être décideront-ils d’un référendum pour régler le problème en tout et pour tout.

Affaire à suivre.

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lundi 8 février 2010

Mauvaises notes

Et voilà que resurgit le scandale des notes de frais des MPs, les parlementaires britanniques. Aujourd'hui quatre de ces messieurs se voient poursuivi en justice pour avoir bidouillé leurs notes de frais, détournant des dizaines de milliers de livres. Le leader de l'opposition, David Cameron, réussi à encore faire parler de lui en accusant le premier ministre de ne pas être assez sévère avec les parlementaires fautifs.

Petit rappel des faits: cet été, une enquête du quotidien The Daily Telegraph révélait que les parlementaires abusaient des notes de frais pour se faire rembourser des dépenses qui n'étaient pas liées à leurs fonctions. Tous les partis politiques ont été touchés par le scandale; la plupart des MPs ont déjà remboursé ce qu'ils devaient aux contribuables. Il s'est plus tard avéré que 52% des parlementaires abusaient du système. Au total, plus d'un million de livres d'argent public ont été gaspillées en tout et n'importe quoi, y compris jacuzzi, maison pour canard et presse-ail:
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Certain coupables auraient réclamé plus de £180,000 en notes de frais (le plus gros du butin est lié aux hypothèques et maisons secondaires). Il faut savoir que les parlementaires gagnent déjà plus de £60,000 par an. Le salaire minimum au Royaume-Uni est juste en dessous de £15,000; le salaire moyen est d'environ £30,000 dans le pays, et £46,000 à Londres.

> Pour voir les notes de frais les plus dingues

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